Généalogies en Deux-Sèvres

chemins blancsDimanche 2 décembre de 10 h à 16 h, à Niort quartier Saint-Florent, au centre socio-culturel les Chemins blancs, le Cercle généalogique des Deux-Sèvres participera à la  rencontre

Généalogies en Deux-Sèvres.

Seront présents avec nous la Maison du protestantisme, la Société d’histoire et généalogie de Mauzé et Val-de-Sèvre généalogie.

L’entrée est gratuite. Venez nombreux nous découvrir.

plan st florent

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R comme : Rente à vie

Le 5ème et dernier article de la très productive Caroline Cesbron, dite La Drôlesse

Pendant des années, j’ai été intriguée par la naissance de mon arrière-arrière grand-mère, Madeleine Justine Goudeau, en 1846, à Dompierre-sur-Mer, près de La Rochelle. Je pensais que ses parents, Magdelaine Couturier et Jacques Goudeau avaient souhaité s’embarquer pour la Nouvelle France, mais je ne comprenais pas, alors, pourquoi ils étaient revenus à Verruyes en Gâtine où ils sont finalement morts et enterrés, après cette escapade charentaise.
Aujourd’hui, je ne connais pas encore toute l’histoire, et je continue mes recherches, mais une partie était cachée depuis plus de cent cinquante ans dans un tiroir de la bonnetière de la salle à manger.
C’est l’histoire de deux femmes, dont l’une a très certainement changé la vie de la seconde.

Magdelaine Couturier 1812-1892

Magdelaine Couturier est l’aînée des enfants du second mariage de Jacques Couturier avec Marie Jeanne Godard. Si Jacques est né à Azay-sur-Thouet, sa famille est malgré tout originaire de Verruyes, en Gâtine. Il s’y marie les deux fois et ses enfants y naissent. Il décède en 1818 en laissant deux filles (à minima) dont l’une déjà mariée, de son premier mariage, et quatre autres enfants, âgés de 6 ans à quelques mois, de son union avec Marie Jeanne.
Magdelaine n’a alors que six ans. Elle grandit. Comment ? Je n’en sais rien mais certainement avec l’aide de ses sœurs aînées, et des familles de ses parents, les Godard et les Couturier, des paysans peut etre un peu aisés de Verruyes. Marie-Jeanne, sa mère ne se remariera pas mais sera déclarée comme mendiante à son décès. Dès qu’elle a l’âge de travailler, Magdelaine est certainement placée comme domestique.
Elle sert notamment chez une noble dame poitevine, Jeanne-Adélaïde de la Broue de Vareilles. Je ne sais toujours pas quand et comment Magdelaine est entrée au service de Jeanne-Adelaïde mais elle devient sa fille de confiance, c’est-à-dire sa servante attitrée, sa gouvernante.

Jeanne-Adelaïde de la Broue-Vareilles 1748-1842

Née vers 1748, Jeanne-Adélaïde est la fille de François de la Broue de Vareilles, Seigneur d’Exireuil, dans les plaines Saint-Maixentaises, et de sa femme, Marguerite Céleste Maron, et fait partie de la noblesse poitevine. Chacune de ses sœurs portent aussi, au temps de leur jeunesse, le nom d’une terre familiale pour mieux les distinguer : Mademoiselle d’Aubigny, Mademoiselle d’Exireuil, Mademoiselle de la Clergerie, Mademoiselle de la Broue.
Mademoiselle de la Broue, c’est Charlotte, qui épouse le 26 aout 1776 Isaac Charles de Lestang, Seigneur de Ringère.

 

Trois ans plus tard, en 1779, à un peu plus de trente ans, Jeanne-Adélaïde se marie à Exireuil, au château familial d’Aubigny, avec Silvain Hubert Lamaisonneuve de Vilbouin, un châtelain deux-sévrien d’Amailloux.
Ils ont une maison à Parthenay, dans la Citadelle, au quartier Sainte-Croix, des biens dans les Deux-Sèvres, en Gâtine évidemment, des biens aussi en Charente où ils semblent avoir des attaches.
En mai 1786, à Dompierre-sur-Mer, près de La Rochelle, ils sont ainsi tous les deux le parrain et la marraine par procuration, n’étant pas sur place, d’un enfant de la famille.
La Révolution arrive… Silvain met en ordre ses affaires en 1789.
Il rédige son testament en faveur de sa femme et décède à l’âge de 67 ans, quelques mois plus tard en mars 1790. Selon les recherches d’Albéric Véron, Jeanne-Adélaïde est déclarée émigrée en 1793.
Après la Révolution, elle semble vivre plutôt dans sa propriété de Dompierre-sur-Mer, au village de Chagnollet.

Premier testament, 20 janvier 1835, Chagnollet, Charente-Maritime

Qu’il doit paraître loin le temps où Jeanne-Adélaïde était appelée Mademoiselle de Faye !
Qu’elle doit être intimidée… ou exulter, Magdelaine, si elle sait que Jeanne-Adélaïde fait ce qu’il faut pour qu’elle se souvienne d’elle après sa mort !
En ce 20 janvier 1835, à Chagnollet, Jeanne-Adélaïde fait son testament, qui sera enregistré à La Rochelle, sept ans plus tard, le 5 juillet 1842 chez Maitre Fournier.
En préambule, elle écrit
Au nom du père, du fils et du Saint esprit.
La vieille dame déclare ensuite :
Je, soussignée, Jeanne-Adélaïde Labroue, veuve de Silvain Hubert Lamaisonneuve de Vilbouin, domicilié à Poitiers, département de la Vienne, et de présent à Chagnollet, département de la Charente inférieure, commune de Dompierre près La Rochelle, je donne à Magdelaine Couturier une rente viagère de cent francs, sans retenue, qui lui sera payée d’avance à commencer du jour de ma mort et continuer ainsy d’estre payée d’années en années jusqu’à sa mort et je luy donne aussi ainsy qu’à Rose Bernard, à partager entre elles deux mes nippes, mes habillements et linge qui servent à mon usage particulier personnel, j’en excepte pourtant deux vrayes dentelles que je donne à Mademoiselle Félicité Fléandraux.
Magdelaine, en janvier 1835 n’a pas encore fêté ses vingt trois printemps. Depuis combien de temps est elle au service de Jeanne-Adélaïde pour que ses années aux côtés de Mademoiselle de Faye lui octroient déjà tant de reconnaissance ?

Second testament, 2 avril 1840, Chagnollet, Charente-Maritime

Cinq ans plus tard, le 2 avril 1840, Jeanne-Adélaïde reprend son testament et y note :
J’ajoute à ce présent testament que je veux et entends qu’il soit payé à Magdelaine Couturier, ma fille de confiance, une rente viagère de cent cinquante francs au lieu de cent francs qu’elle est marquée dans mon présent testament et avec les mêmes clauses et conditions,
À Chagnollet, le 2 avril 1840.

Là encore, que s’est il passé pour que la vieille dame renforce sa reconnaissance envers Magdelaine ?

Exécution testamentaire, 13 juillet 1842, Chagnollet, Charente-Maritime

Le 13 juillet 1842, deux ans après le second testament et sept ans après le premier, Maitre Fournier, le notaire qui a gardé l’original du testament, rédige un acte portant délivrance de legs aux termes duquel Monsieur de l’Estang a fait délivrance à la fille Couturier qui a accepté
1° 150 francs de rente viagère à elle légués par les testaments
2° ses gages jusqu’au 24 juin 1843
3° une somme de quatre vingt francs pour remplacer la nourriture jusqu’à la dite époque du 24 juin
Et encore par le même acte, la dite Couturier s’est reconnue en possession de la part lui revenant dans les nippes, habillement et linge a elle légué par le testament.

Je n’ai pas retrouvé l’acte de décès de Jeanne-Adélaïde, et je ne peux que supposer qu’elle serait décédée peu avant le 13 juillet 1842, à l’âge vénérable de 96 ans. Et certainement sans descendance, puisqu’il semble que ce soit – vraisemblablement – son neveu, qui fait le nécessaire avec le notaire.

En 1835, Magdelaine est à priori seule en Charente-Maritime, Jacques Goudeau son cousin issu de germains, futur époux, est recensé en 1836 à Verruyes.
En 1840 et en 1842, je ne peux pas vérifier si Jacques est arrivé à Dompierre, les recensements des AD17 ne sont toujours pas en ligne à ces dates. Mais en tout état de cause, Jacques et Magdelaine se marient le 27 septembre 1843, à Dompierre, précisément à Chagnollet, où ils semblent s’être installés.
Deux filles y naîtront, Marie-Louise en 1844 et Marie-Madelaine Justine en 1846. Françoise, la troisième fille connue, elle, verra le jour en Gâtine, à Verruyes en 1852, où donc, ils sont revenus, avec la précieuse rente.

Épilogue, 7 octobre 1871, Poitiers, Vienne

Je soussigné, tant en mon nom que me faisant fort de Mesdames de Beauregard, de Chevigné et de Mademoiselle de L’Estang, mes soeurs, reconnais que la rente de cent cinquante francs léguée par Madame de Vilbouin à Madelaine Couturier, pendant sa vie et sur sa tête, continue à être due et je renonce pour moi et pour mes soeurs à invoquer toute péremption du testament ci-dessus.
Bon pour titre nouvel, de l’Estang de Ringère, 7 octobre 1871, par délégation

Jeanne-Adélaïde est décédée depuis près de trente ans et ce sont ses petits neveux – les petits enfants de sa soeur Charlotte -, Marie Delphin de Lestang de Ringère, baron d’Aubigny, Marie Félicité Célina de Beauregard, Marie Caroline Alphonsine de Chevigné, et Marie Caroline de Lestang de Ringère d’Aubigny, qui doivent désormais honorer la rente viagère et continuer à s’engager à son versement annuel.
Magdelaine a désormais soixante ans et a pris soin d’obtenir et surtout conserver ces extraits de testament qui lui prouvent ce qu’on lui doit.

Elle décédera vingt et un ans plus tard, en 1892 à l’âge de 80 ans, le document testamentaire précieusement conservé, pour parvenir plus de cent cinquante ans plus tard à l’arrière-petite-fille de sa petite-fille, cinq générations plus tard.

Une grande cuillerée de pragmatisme, une belle pincée de persévérance, quelques brins d’âpreté pour vivre et survivre… l’âme gâtinelle !

Q comme : Quitter la Gâtine

Le 4ème article de Caroline Cesbron du blog La Drôlesse

1.pngSi, durant les siècles précédents, voyager et bouger pour trouver du travail a bien existé, les moyens de transports n’étant ce qu’ils sont aujourd’hui, les déplacements pouvaient rester cependant limités et les destinations peu lointaines. C’est le cas de mes ancêtres gâtineaux, ceux de ma mère. Ils se sont rarement aventurés très loin, et métayers ou meuniers, ils ne le faisaient que pour trouver la métairie ou le moulin à exploiter. Ils naissaient, se mariaient, vivaient, décédaient, majoritairement au même endroit ou dans un rayon restreint autour de leur village natal.
Plusieurs, cependant, ont tenté une autre aventure. Parfois, pour mieux revenir, d’ailleurs.

La Révolution a soufflé un vent nouveau, y compris en Gâtine, au début du XIXe siècle.
Magdelaine Couturier, mon aïeule, native de Verruyes au Sud de la Gâtine, est allée gagner son pain comme fille de confiance, à Dompierre près de La Rochelle, au service d’une noble dame du Poitou, qui avait échappé aux affres de la période révolutionnaire.
Née en 1812, Magdelaine a tout juste vingt trois ans quand elle bénéficie d’une rente à vie (lettre R comme Rente du ChallengeAZ collaboratif dédié à la Gâtine).
Elle fait venir près d’elle Jacques et Louis Goudeau, ses cousins issus issus de germains. Elle épousera Jacques à Dompierre-sur-Mer, deux premiers enfants y naîtront. Mais le couple, très certainement grâce à la rente à vie de Magdelaine, reviendra en Gâtine, à Verruyes. En 1892, Magdelaine décédera là où elle est née, à Verruyes.

2.pngLa petite fille de Magdelaine et Jacques, Louise, épousera quelques années plus tard, Célestin Babin. Un des oncles de Célestin, Pierre Babin, quitte lui, non seulement la Gâtine, mais abandonne aussi le métier de la terre. Né en 1833 à Verruyes, toujours, il est l’ainé de la fratrie. Ses parents, Pierre et Modeste Texier, se sont mariés contre l’avis des parents de Modeste et ont eu neuf enfants, dont plusieurs n’ont pas atteint l’âge adulte.
Pierre quitte son Verruyes natal pour s’établir à Poitiers, dans la Vienne.
Certes, ce n’est pas très loin mais c’est déjà une grande ville et son métier n’est plus métayer, bordier, cultivateur, journalier ou encore meunier mais désormais employé d’octroi, douanier en quelque sorte.
C’est la profession inscrite sur son acte de mariage avec Julie Augustine Beleaud en 1861, une cuisinière dont le père est décédé à Paris mais dont la mère habite… en Gâtine, à Parthenay. Pierre s’installera définitivement à Poitiers et y décèdera en 1890, une heure après sa mère à Verruyes.

L’appel de la ville commence à se faire sentir pour les jeunes générations en cette fin de siècle et en ce début du XXe. Les jeunes Babin auront plus la bougeotte, et l’administration leur fera des appels du pied auxquels répondront certains. C’est le cas d’un neveu de Pierre, François Augustin Babin, mon arrière grand oncle, le frère ainé de mon arrière grand-père, resté lui à Verruyes. Né en 1863, il devient brigadier des eaux et forets près de Niort, « ce qui n’était pas rien déjà » comme on dit chez nous.
Mais c’est son fils Léon Émile, qui a laissé, de ce côté-ci de la famille, un très grand souvenir.

Léon Émile Babin, né en 1891 à Mazières-en-Gâtine, à trois kilomètres de Verruyes, est décédé en 1976 à Orléans où il s’est marié tardivement en 1936.
Engagé volontaire pour trois ans en 1910, comme soldat 2e classe, il devient caporal six mois après, et sergent moins d’un an plus tard. Il rempile en 1912 et est aspirant-lieutenant lorsque la guerre éclate en 1914.
Sa fiche militaire se compose de pas moins de quatre feuillets rédigés d’une écriture serrée et, si ses faits d’armes pendant la Guerre mériteront qu’on s’y attarde dans des articles à venir, ce n’est pas ce qui a été retenu dans la mémoire familiale mais plutôt
l’opportunité de voyages dans le monde entier.
La paix revenue, il est resté dans l’Armée et y a fait une belle carrière. Ses cartes postales, envoyées après la guerre, religieusement conservées, proviennent en particulier du Maroc, mais aussi de Syrie comme celle-ci, ce qui devait laisser rêveuse l’ensemble de la famille.

 

Le capitaine Babin a apparemment fait partie aussi du renseignement français… ce qui explique tous ses voyages.

Si, du côté de ma grand mère Marie-Louise Babin, certains membres de la famille ont quitté la Gâtine, celui qui, paradoxalement n’a laissé aucun souvenir, est celui qui peut-être est allé le plus loin : le grand-oncle de mon grand père Denis Niveault, Alexandre Robin.
5Dernier d’une famille de sept enfants, il est né en 1856, à la Gauffraire de Verruyes et rien ne le prédestinait… sauf lui-même, à quitter son pays et le métier de la terre.
Près de trente ans avant Léon Émile Babin et quarante ans avant le début de la Grande Guerre, Alexandre s’engage volontairement en 1877 dans le 18ème bataillon de chasseurs à pied de Tours. En 1880, il demande à partir aux colonies en tant que surveillant militaire. Il partira quelques mois plus tard en Nouvelle-Calédonie où il passera plusieurs années. En 1891, il rejoint Cayenne, en Guyane et y fait venir sa femme qui donnera naissance à leur premier fils, Gérald. Alexandre décédera à l’hôpital militaire de Marseille, en 1897, loin de sa Gâtine natale, laissant une veuve de vingt cinq ans, et deux enfants de cinq ans et un an.
Il n’existait qu’une petite trace indirecte d’Alexandre, la carte de communiant de son fils Gérald, envoyée par son épouse Marie-Antoinette à mon arrière grand-mère Marcelline.
Cette carte de communiant m’a menée aux Archives d’Outre-mer à Aix-en-Provence, où j’ai pu découvrir la majeure partie de sa vie. Raconter son histoire est à venir.

En ces jours de célébration du centenaire de la paix revenue, je ne peux pas oublier tous les soldats de la Grande guerre, pour la plus grande partie des paysans, qu’ils soient de Gâtine ou pas, partis loin de chez eux, de force. Parfois, avec l’espoir de découvrir autre chose, de vérifier si l’armée ne pouvait pas être une vie possible, un « métier » comme ils l’écrivent à leurs familles.
Si ceux qui sont revenus ne sont pas devenus militaires, beaucoup ont quitté cependant la vie de la terre, sont partis à la ville, sont devenus conducteur de tramway, cheminot, directeur d’entreprise…
Aujourd’hui, les descendants de mes grands-parents maternels sont encore, pour certains d’entre eux, des Gâtineaux. D’autres vivent au-delà de la Gâtine, dans les Deux-Sèvres, aux États-Unis, dans le sud de la France ou encore la région parisienne bien entendu.

Mais la Gâtine, de temps à autre, les appelle, et ils viennent la voir.

 

P comme : Parthenay, aux origines du nom

Le 2ème article d’Albéric Verdon, responsable du site Histoire de la Gâtine poitevine et de Parthenay.

Les érudits du XIXe siècle ont attribué l’origine du nom de la ville de Parthenay à un romain du nom de Parthenius qui aurait possédé un domaine à Parthenay-le-Vieux. Qu’en est-il exactement ?

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Dessin de l’église Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux à la fin du XIXe siècle. Cet édifice des XI-XIIe siècles est postérieur à la création d’un lieu habité par un Parthénius. (Collection Yves Drillaud) 

Selon nos recherches sur Parthenay, le premier domaine d’un Parthenius se situerait au niveau de l’ancienne Croix-Bouc, au carrefour des rues du Docteur-Émile-Roux, de la Réole, Pierre de Coubertin et route de Pont-Soutain. La Croix-Bouc étant la déformation de Croix du Bourg. Nous considérons que Parthenay-le-Vieux devait être occupé vers le IXe siècle.

Quant au Parthenius, était-il romain, et d’où pouvait venir son patronyme ?
Tous les noms commençant par Parth, pourraient tirer leurs origines des Parthes, un peuple de l’actuel Iran. On peut également évoquer les Parthéniens, peuple Lacédémoniens né, durant la première guerre de Messénie, du commerce des jeunes femmes de Sparte (parthenoi) avec les esclaves. Méprisés par leurs compatriotes, les Parthéniens conspirèrent avec les Hilotes. Découverts et forcés de quitter Sparte, ils s’établirent en Italie sous la conduite de Phalante et bâtirent Tarente en 707 av. J.-C.
Divers lieux situés à l’est de la Méditerranée font références à Parthénius et l’on rencontre dans le Grand dictionnaire historique de Moréri de 1759, que ce nom était « donné à diverses rivières et cité par Strabon, Pline et Ovide. Il y en avoit un dans la Bithynie, appelé aujourd’hui Parthenai, comme le veut Moletius, ou Dolap au sentiment de le Noir : un autre dans l’Arcadie : un autre dans l’isle de Samos, & un autre dans la Sarmatie d’Europe ». On peut encore ajouter que Le Parthénios, dénommé également Fleuve de Bartin (Bartin Çayi), est un fleuve de Paphlagonie qui est une ancienne région côtière du nord de l’Asie Mineure. D’autre part, le Mont Parthénios est une montagne d’Arcadie au centre du Péloponnèse.
Venons-en maintenant aux personnages dénommés Parthenius que l’on rencontre dans l’histoire. Le plus ancien est un compagnon d’Énée, un prince de la légende troyenne attaché à la fondation de Rome.
Le Grand dictionnaire historique de Moréri nous fait encore connaître Parthenius de Nicée : « Poëte, vivoit au commencement du regne d’Auguste. Il composa un livre en prose, que nous avons en intitulé (titre en grec), dédié à Cornelius Gallus, gouverneur d’Egypte, qui est d’autant plus considérable, que toutes les narrations sont prises d’auteurs anciens, qui ne sont pas venus jusqu’à nous. Ce livre a été traduit en françois, par Jean Fornier sous ce titre : Les affections de divers amans. Cette traduction fut d’abord imprimée à Paris en 1555, avec les narrations d’amour de Plutarque. Elle a été réimprimée en 1743 à Paris, in-12. Parthenius composa l’éloge d’Arétas sa femme, & diverses autres pièces. On dit qu’il fut fait esclave pendant la guerre de Mithridate ; qu’il fut affranchi par Cinna, & qu’il mourut du temps de Tibere. S’il faut ajouter foi à tout ce que Suidas rapporte à ce sujet, il faut croire que Parthenius fut pris étant encore fort jeune, car il y a plus de 70 ans depuis cette guerre jusqu’à Tibere. Quoi qu’il en soit, on dit que Virgile fut son disciple, & qu’il imita de lui le poëme qu’on lui attribue, intitulé Mretum ; & il est sur que Tibere se plaisoit à l’imiter dans ses poësies. Ses métamorphoses pouroient bien aussi avoir été le fond de celles d’Ovide ».
Après Parthenius de Nicée, citons Parthenius de Chio, surnommé Chaos, un auteur Grec qui écrivit un traité de la vie de son père Thestor.
L’Italie conserve plusieurs souvenirs attachés à des Parthenius. On trouve tout d’abord sous ce patronyme un valet de chambre de l’empereur Domitien (empereur de 81 à 96). C’est peut-être le même qui est dit « grammairien, disciple de Denys, vivoit encore au temps de Domitien ». Plus tard, se rencontre aussi un eunuque chrétien dénommé Parthenius qui fut martyrisé en 250 et inhumé au cimetière de Callixte à Rome dans une crypte de 4 m de long sur 2,95 m de large en 304. La paroi de la crypte, aujourd’hui disparue, portait un graffiti dont l’inscription PARTENI MARTIRI.

Rapprochons-nous de notre époque et entrons maintenant en France. Ainsi, selon divers auteurs, un autre Parthenius aurait des origines aristocratiques et Arverne par sa filiation avec l’évêque de Limoges Rurice. Il pourrait être petit-fils de l’empereur Avitus, ou encore neveu d’Ennodius de la famille de Anicii, évêque de Pavie. Pour François Clément, historien bénédictin, Parthénius serait né à Arles quelques années avant la fin du Ve siècle. Christian Settipani le dit petit-fils de Firminus et il serait cité dès 485. Selon les auteurs, il aurait étudié à Rome ou à Ravenne. On le trouve en 507 à Arles puis en 508 à Ravenne comme ambassadeur de l’assemblée provinciale et représentant de la citée de Marseille. En 533, lorsqu’Arles est libérée par le préfet des Gaules, il reste à son poste parmi les fonctionnaires. En 536, passé sous la domination franque, il devient patrice voire Préfet des Gaules si l’on en croit Édouard Baratier. Appelé vir illustrissimus, il porte également la dénomination de magister officiorum atque patricius (maître des offices) pour la Gaule en 544. Il se retrouve représentant et principal conseiller de Théodebert 1er en 547. Il décède vers 548, juste après la mort de Théodebert 1er. Il aurait été lapidé par les Francs à Trèves car on lui reprochait une politique fiscale trop oppressante. Cependant, selon François Clément, le Parthénius lapidé à Trèves ne serait pas le maître des offices cité en 544.
Pour terminer, Grégoire de Tours cite un Parthenius évêque de Gévaudan entre 541 et 625. Il est alors connu pour ses querelles avec Palladius auquel le roi Sigebert avait donné puis ôté le gouvernement du Gévaudan.

Et qu’en est-il du Parthenius qui aurait donné son nom à la capitale de la Gâtine ?
Une question sans véritable réponse. Selon nous, il est peut probable que cet homme fut un soldat romain en l’absence de vestiges avérés de cette époque à Parthenay. Nous pensons plutôt que le Parthenius qui donna son nom à la capitale de la Gâtine vivait à l’époque mérovingienne ou carolingienne, mais qu’il pouvait avoir des origines romaines. Les recherches que nous venons de citer font état de plusieurs Parthenius au VIe siècle et l’un d’eux, ou un descendant, ne pourrait-il pas avoir un lieu avec le Parthenius qui donna son nom à Parthenay ?

O comme : Officier d’Académie

C’est encore moi qui m’y colle ! En conséquence, le deuxième article (et dernier) de Raymond Deborde sur une personnalité bien connue de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des communes des Deux-Sèvres.

poignat2Pourquoi évoquer Maurice Poignat (1911-1997), officier d’Académie ? Son lieu de naissance (La Chapelle-Saint-Laurent, le 19 mai 1911) en fait plutôt un Bocain. Né d’un père cordonnier et d’une mère lingère dans une petite commune, il aurait pu être contraint comme beaucoup à une vie rurale et discrète. Pourtant, il va devenir un historien local reconnu, un journaliste, un écrivain, et sa carrière en fera un Gâtineau.
Historien, il est conservateur du musée Georges Turpin à Parthenay, membre de la Société historique des Deux-Sèvres et de la Société des antiquaires de l’Ouest. Il s’intéresse à l’histoire régionale, au folklore, aux guerres de Vendée et fait d’importantes recherches en sillonnant les territoires de Gâtine et du département, recherches qui aboutissent à des milliers de fiches.
Journaliste, il est responsable des chroniques consacrées à Parthenay et à la Gâtine du journal Le Petit Courrier jusqu’à la guerre, puis du Courrier de l’Ouest à partir de 1944.
poignat1Il est aussi écrivain et publie plusieurs livres historiques sur la Gâtine, mais aussi iconographiques avec Parthenay et la Gâtine en cartes postales anciennes. Mais surtout, dès 1948, il commence à rédiger pour Le Courrier de l’Ouest une série d’articles consacrés aux communes des Deux-Sèvres. Ces années de travail se retrouvent compilées dans son œuvre monumentale Histoire des communes des Deux-Sèvres. C’est un bonheur pour les généalogistes : elle fourmille d’anecdotes et de renseignements qui permettent d’approcher au plus près le cadre paroissial puis communal où ont vécu nos aïeux. 2 tomes sont consacrés à sa chère Gâtine. Je ne résiste pas au plaisir d’extraire presque au hasard une petite anecdote qui se situe dans la commune de La Ferrière :
Au mois d’octobre 1836, le recrutement d’une institutrice ayant été envisagé, le maire, M. Bourdin, suggéra qu’il soit fait appel à une religieuse, et ce à fin d’économie, la paroisse s’engagea à lui fournir le logement et le mobilier. Trois conseillers ayant demandé un vote à bulletins secrets « il a été demandé – lit-on sur le registre des délibérations conservé à la mairie – de voter avec des pois, en prenant des pois blancs pour l’adoption et des pois rouges pour contre ». Cette curieuse façon de procéder avait été décidée afin de favoriser la tâche de certains conseillers sachant tout juste signer leur nom. Toujours est-il que la proposition d’accueillir une religieuse comme institutrice communale munie de son « diplôme » fut décidée… par sept pois rouges contre cinq pois blancs !

Maurice Poignat a reçu de justes récompenses honorifiques pour l’ensemble son travail . Il est ainsi Chevalier des Arts et Lettres, mais aussi Officier d’Académie (ou de l’Instruction publique) ce qui me permet de rendre hommage au rôle de transmission qu’il a eu. Avec ses livres, il a donné le goût de l’histoire locale et offert des pistes aux généalogistes de Gâtine et des Deux-Sèvres pour mieux connaître la vie de leurs ancêtres.

 

N comme : Nicolas, une famille en Gâtine

Aujourd’hui, je connais très bien celle qui écrit. Sylvie Deborde est membre du C.A. du Cercle généalogique des Deux-Sèvres et elle écrit aussi sur notre blog de généalogie familiale L’arbre de nos ancêtres. Elle est enfin l’auteure de « 365 jours en Deux-Sèvres » (Geste édition).

ParthenayEgliseSt LaurentCPLes Nicolas sont nombreux dans mon arbre, j’en trouve dès 1590.  Mon ancêtre le plus ancien sur cette branche est Jean Nicolas (sosa 3952), sieur de la Taupelière, qui épouse le 26 octobre 1631 Madeleine Mocquet à Parthenay en l’église Saint-Laurent. Après lui, avec ses descendants qui sont aussi mes ancêtres, je parcours la Gâtine.
Olivier, son fils (sosa 1976), lui aussi Sieur de la Taupelière, naît, se marie et meurt paroisse de Saint-Laurent. Puis Charles, 7e fils d’Olivier, (sosa 988), Sieur de la Mitoisière, de la Taupelière et de la Romplelière, naît à Fenioux, il se marie hors de la Gâtine (en premières noces à Poitiers et en secondes noces à Aigonnay),  mais ses enfants voient le jour à Parthenay et à La Peyratte. Charles-Antoine, fils aîné de Charles, (sosa 494) Sieur de la Mitoisière et de la Valentinière, naît à Parthenay, se marie à Soutiers et est enterré à Beaulieu-sous-Parthenay. Enfin, Marie-Marguerite Nicolas (sosa 247) vient au monde à Gourgé, se marie à Saint-Pardoux et meurt à Soutiers. Me voici donc avec une famille de Gâtine !

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– Plan extrait de l’atlas de Trudaine réalisé de 1745 à 1780 ©Archives de Parthenay

Au fil des générations, la famille se déplace dans toute la Gâtine, mais revient toujours en son berceau : la paroisse Saint-Laurent de Parthenay. C’est la principale des 7 paroisses existant dès le Moyen-Age. Située sur le plateau, dans la ville haute au cœur du bourg, elle s’organise autour de son église gothique, la plus ancienne de la ville. Construite au XIe siècle, l’église a subi de nombreux remaniement au fil des siècles. Au moment où je rencontre mon ancêtre Jean Nicolas, le bâtiment doit être en chantier car, en 1572, les voûtes se sont effondrées, 4 ans après un incendie causé par les Huguenots.

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– Chirons en Gâtine  ©Tourisme Deux-Sèvres

Quand ils ne sont pas à Parthenay, les Nicolas vont dans leurs divers logis : Beaulieu-sous-Parthenay, Fenioux, Gourgé, Saint-Lin, Louin, Xaintray, Soutiers, Vouhé, Saint-Pardoux, autant de destinations qui leur font découvrir les paysages vallonnés de Gâtine, ces « terres gâtées » qu’on parcourt le long de chemins creux et où dans chaque petite parcelle de terre on peut voir un « chiron », un de ces blocs de pierre que l’on trouve souvent par ici.

Les Nicolas, qui appartiennent à la petite noblesse de province, vivent en Gâtine et unissent leur destin à celui d’autres familles locales : leurs enfants épousent des Olivier, des Augron, des Gatet et même une ou 2 fois des de La Porte, la grande famille locale issue de Charles de La Porte, maréchal de La Meilleraye et neveu de Richelieu, arrivé à Parthenay en 1641. Toutes ces familles comptent des officiers seigneuriaux lesquels s’occupent des affaires de police et de justice (lieutenant général de police, avocat au siège présidial, greffier…) ainsi que des médecins et bien sûr des ecclésiastiques.
Les descendants de Jean Nicolas et Madeleine Mocquet ont vécu en Gâtine. Je les accompagne sur 5 générations et je les quitte avec Marie-Marguerite Nicolas, l’arrière-arrière-petite-fille de Jean, seule descendante en vie d’un père mort à 28 ans. Elle perd la relative aisance de la famille en épousant un menuisier à Saint-Pardoux, toujours en Gâtine.

M comme : Ma Mystérieuse Marthe

Aujourd’hui, c’est moi qui m’y colle. Donc, un article de Raymond Deborde, vice-président du Cercle généalogique des Deux-Sèvres, en charge du blog et de la revue. J’écris aussi avec Sylvie, mon épouse, sur notre blog de généalogie familiale et deux-sévrienne, L’arbre de nos ancêtres.

Même si mes aïeux sont dans l’ensemble plutôt issus du Bocage, j’ai quelques ancêtres qui ont vécu dans la proche Gâtine. Parmi eux, il y a Marthe Audebrand qui a été longtemps pour moi juste un prénom et un nom. Je n’avais aucun acte, aucune date, aucun lieu précis à y associer. Je savais juste, grâce à quelques actes de mariage (et par déductions) qu’elle avait épousé un nommé René Jourdain (tout aussi énigmatique pour moi) et qu’elle avait eu au moins 5 enfants. Elle était décédée avant 1745, avant les mariages de plusieurs de ses enfants à Fénery et Amailloux, deux villages de Gâtine.

Je ne pouvais que supposer sans pouvoir l’affirmer que, avant d’être mère, Marthe avait été une fille qui avait grandi au milieu des chirons et ruisseaux de Gâtine !

Chirons1
Paysage de Gâtine

Je ne veux pas dire que je l’ai beaucoup cherchée, mais souvent, oui ! Son prénom plutôt rare et son nom pas si fréquent me laissaient l’espoir de l’identifier plutôt facilement, mais ce fut pendant longtemps en vain. La situation s’est finalement débloquée parce que je lui connaissais une sœur, Perrine Audebrand, présente en tant que tante à différents mariages des enfants de Marthe. J’avais aussi trouvé un fils à Perrine, sans doute unique et sans doute célibataire, Bonaventure Noirault, et c’était tout. Je ne connaissais même pas le prénom de son mari. Pour moi cette piste était définitivement fermée. C’est en cherchant en désespoir de cause l’éventualité que Perrine soit témoin à d’autres baptêmes, mariages ou sépultures (merci à la base de donnée Généa79 d’offrir cette possibilité de recherches) que la situation s’est enfin décoincée pour moi. En fouillant bien, je lui ai trouvé d’autres frères et sœur, et j’ai même, de fil en aiguille, trouvé des actes qui citaient ma mystérieuse Marthe, qui du coup l’est un petit peu moins.

Marthe Audebrand, est donc la fille d’un maréchal, Louis Audebrand, et de son épouse Marie Guignard. Le couple a eu au moins 6 enfants et ils sont de purs Gâtineaux ! Le père est peut-être né à Amailloux. Ils se sont mariés avant 1683 et ont vécu tout près de Parthenay, à Châtillon-sur-Thouet. Ils sont apparemment proches des autres artisans et tisserands du bourg. J’ai maintenant une petite idée de la jeunesse de mon ancêtre Marthe. Je n’ai pas sa place dans la fratrie, mais je sais que son frère Louis est mort jeune en 1691. Elle n’est pas citée au mariage de son frère Jean à Adilly en 1712. Elle est par contre présente au décès de sa mère la même année, au mariages de son frère Pierre à Amailloux en 1715 et de sa sœur Marie à Châtillon en 1716. C’est là que je perds sa trace. Dans quel petite paroisse de Gâtine s’est-elle mariée avec René Jourdain ? Était-ce en même temps que sa sœur Perrine ? Dans quel village le couple a-t-il vécu et donné naissance à 5 enfants ? Où et à quelle date Marthe est-elle morte ? Il me reste encore beaucoup à découvrir ! La Gâtine, terre de mystères je vous dis !