Des officiers des Deux-Sèvres racontent 1870

Pour vous préparer aux futures Journées de la généalogie en octobre à Saint-Maixent-l’Ecole qui approchent (on y croit) et qui commémoreront les 150 ans de la Guerre de 1870-1871, nous avons retrouvé sur Gallica toute une série de livres d’officiers deux-sévriens qui racontent leurs souvenirs ou analysent le conflit. Pour les adhérents, cette sélection est facile à retrouver puisque tous les liens sont sur notre site à l’onglet « Revue et bibliothèque ».

Le plus connu est celui de Jules Barrelle écrit 30 ans après les combats qui, avec le recul du temps, a fait davantage œuvre d’historien que ses collègues. Ceux d’Antonin Lévrier, Ludovic Guette, M. de Larègle et Georges Breuillac ont été publiés juste après le conflit, en 1871, et ils sont des témoignages d’hommes sur cette guerre perdue par la France qui amena la fin du Second Empire et le début de la IIIe République.

Vaccination au XIXe siècle : Un avis issu des fonds de la préfecture (1848).

Dans les fonds des archives départementales des Deux-Sèvres, en série 5M, se trouve la correspondance avec la préfecture au sujet de la vaccination (ou vaccine) : Demande de vaccins, signalements de pic épidémique, listes des médecins vaccinateurs et des personnes faisant la promotion de la vaccination, états de la vaccination chez les enfants de l’assistance publique etc.

Le document suivant est un exposé d’un certain Caillet/Cailler/Taillet/Tailler (vous laisserez vagabonder votre imagination) qui je suppose était soit un scientifique, soit un personnage public. Était-il de Niort ? Ou est-ce que ce document a été adressé à la préfecture comme documentation, des recherches plus poussées sont les bienvenues de celui qui voudra bien les faire.

Eléments sur les procédés de vaccination contre la variole :

Edward Jenner, médecin anglais, le 14 mai 1796 inocule à un enfant du pus prélevé sur la main d’une fermière infectée par la vaccine (variole de la vache), l’enfant sera immunisé contre le virus. La vaccination de l’époque consistait à prélever du pus sur des pustules d’une homme infecté et d’infecter d’autres hommes pour créer la défense immunitaire, dite vaccination de « bras à bras ». Ce procédé de variolisation pouvait malheureusement transmettre d’autres maladies comme la syphilis. En France, l’idée de vaccination sera prise très au sérieux avec l’appui notamment de personnalités de premier plan comme Lucien Bonaparte et Talleyrand. Un comité central de la Vaccine est créé en 1803 et ordonne les campagnes de vaccination. Le procédé de bras à bras restera cependant le plus répandu jusqu’en 1880. Un projet de loi sur l’obligation vaccinale en 1843 échoue et l’obligation vaccinale ne sera imposée qu’a différents cas parmi la population : les enfants placés (1874), les conscrits (1876), les écoliers (1882), collégiens et lycéens (1883), les étudiants en médecine et pharmacie (1891) pour la France métropolitaine.

Il n’est pas question de donner un avis sur notre pandémie actuelle mais bien de donner un recul sur le sujet de la vaccination.

Voici donc le document (seules ont été apportées au document original la correction orthographique et grammaticale) :

A PROPOS DE LA VACCINATION

Ne doit-on pas s’étonner de voir qu’au milieu du dix-neuvième siècle, quand depuis la propagation de la merveilleuse découverte de Jenner, le monde civilisé a cessé d’être désolé par ce terrible fléau qui sous le nom de variole apparaissait à certaines époques et décimait la population. Il se trouve encore des incrédules capables de nier l’utilité de la vaccine ! Cependant, il faut bien le dire, dans nos campagnes et même dans nos villes, nous rencontrons encore des incrédules parents assez absurdes pour nous répondre quand nous proposons de vacciner leurs enfants : que la vaccine est dangereuse ; qu’eux ont bien vécu sans être vaccinés ; que la variole est une humeur qui doit sortir et que le vaccin fait rentrer, enfin que le vaccin est un mal et la variole, une nécessité. Avec de telles gens quel bien peut-on espérer faire ! Et contre d’aussi stupides arguments que l’évidence détruit chaque jour, que des millions de faits sont venus nier et mieux encore, quels moyens employer pour parvenir néanmoins au but que le vaccinateur cherche à atteindre et qui peut se résumer en ces deux mots : proscription de la variole !!!

                Le gouvernement ne pourrait-il point prendre des mesures pour forcer les parents à faire vacciner tous leurs enfants ? En certaines contrées d’Allemagne, il existe une loi qui soumet à l’amende les parents qui n’envoient point leurs fils et leurs filles à l’école. Ne pourrait-on point user d’une mesure analogue à l’égard des pères et mères qui refusent pour leurs (page suivante) enfants le remède préventif que le vaccinateur vient leur offrir contre la variole, lorsque celle-ci plus tard, sans cette précaution, viendra peut-être victimer leur famille ? Ne pourrait-on point aussi exiger des parents qu’ils fissent vacciner leurs enfants avant un certain âge, par exemple lorsqu’ils sont encore à la mamelle ? Car souvent et je décrierai ici, un à un tous les ennuis qui viennent assiéger le vaccinateur ; le motif du jeune âge des enfants, est une des excuses que font valoir les parents pour se récrier contre l’urgence de la vaccination. Si la loi de recrutement fixe une époque de la vie à laquelle tout citoyen se doit à la défense de la patrie, une loi pareille ne pourrait-elle pas limiter l’âge auquel les enfants seraient obligés d’avoir subi l’inoculation du vaccin ?

                Mais, vous dit-on, quand vous arrivez dans une localité où vous devez vacciner ; le vaccin que vous avez sous verre est-il bon ? a-t-il été pris sur un enfant bien sain ? Ou bien l’enfant que vous nous présentez pour vacciner les nôtres de bras à bras n’est-il point entaché de quelqu’une de ces maladies qui peuvent se propager par l’inoculation ? Et très souvent sans même attendre votre réponse, et comme se défaussant de votre bonne foi, la moitié des mères a déjà emporté ses enfants avant que vous ayez répondu à ces assertions inexactes, j’ose dire et toutes sans exceptions dues à l’ignorance où gémit la classe du peuple puisque le vaccin est toujours identique à lui-même, puisque à peu près constamment, les enfants vaccinés n’éprouvent que quelques mouvements fébriles après la vaccination et que je ne sache aucun fait parfaitement concluant et tout à fait prouvé de transmission par le vaccinateur de maladie autre que celle légitime l’éruption des pustules vacciniques. Toutefois je me garderai bien de dire qu’une affection réellement contagieuse, la syphilis par exemple ne pourrait pas être transmise par l’inoculation du vaccin. Mais quel est le vaccinateur qui ne sait pas se mettre à l’abri d’un semblable accident…

Un ennui qui vient encore gêner le vaccinateur dans l’exercice de ses fonctions, c’est la difficulté qu’il éprouve quelquefois pour se procurer du vaccin quand il a épuisé celui qu’il s’était ménagé. Il lui est prescrit de se présenter huit jours après chaque vaccination dans les localités où il a précédemment vacciné. (Page suivante) Certes cette mesure est doublement utile ; elle est motivée dans l’intérêt des enfants chez qui le développement des pustules ne se serait pas développé et qui à cette seconde visite peuvent de nouveau être soumis aux chances d’une revaccination ; en second lieu, elle est indispensable pour le vaccinateur lui-même qui lors de cette deuxième tournée aux lieux qu’il a précédemment visités peut , grâce aux enfants sur lesquels la vaccine a bien réussi, recharger de vaccin ses tablettes de verre épuisées. Eh bien ! Qu’arrive-t-il généralement le plus souvent la seconde fois où le médecin se présente rend dans les endroits où il est déjà venu ? C’est que sur vingt enfants qu’il aura inoculés cinq ou six seulement se présentent. Il est vrai, ce sont généralement ceux chez qui le vaccin a manqué et il a du moins la consolation de les soumettre à une seconde épreuve inoculation mais des enfants aux bras desquels les pustules se sont largement développées, un, deux apparaissent seulement. Les parents des autres n’ont pas voulu les amener. Ils étaient trop occupés sans doute ou plutôt ils n’ont plus besoin de vous ou bien encore ils ne veulent pas que l’on prenne du virus aux pustules de leurs fils et de leurs filles : prendre du vaccin sur un enfant, c’est lui causer dommage, tel est leur dire. Et avec un semblable système vous restez quelques fois sans vaccin, vos plaques de verre sont desséchées quand vous auriez cependant besoin de pouvoir y puiser afin de continuer la mission qui vous est imposée.

                N’y aurait-il pas possibilité de faire disparaître en partie du moins les difficultés que je viens signaler et qui s’opposent à la reproduction du virus. Vous ensemencez un champ ; vous donnez la semence qui devra produire et le propriétaire du sol venu non seulement bénéficier de votre peine mais de la récolte toute entière. Encore si cette récolte, il ne la laissait pas s’annihiler !! En bonne justice, n’avez-vous pas le droit de reprendre une quantité de récolte proportionnée aussi à votre peine… Encore si le virus que vous réclamez comme votre part de bénéfice, quand l’inoculation a bien réussi, avait une valeur réelle et pouvait être utilisée par les parents, mais rien de tout cela.

                Les parents refusent de se rendre à la seconde visite du vaccinateur, époque où ce dernier peut seulement, se reproduire du vaccin

1° parce que des individus aussi ignorants qu’eux-mêmes leur (page suivante) ont affirmés, que de recueillir du virus sur des enfants vaccinés épuise leur constitution.

2° Parce que fort peu intéressé à la santé publique et ne se souciant en aucune façon de la propagation de la vaccine à présent qu’ils en ont usé pour les leurs, ils ne veulent plus se déranger pour rendre service à autrui

Mais l’autorité ne pourrait-elle point arriver à paralyser la mauvaise influence de cette idée fâcheuse qui fait croire que les enfants souffrent si l’on puise du virus à leurs boutons de vaccin ; et ne pourrait-on point aussi parvenir à gourmander l’égoïsme un peu l’égoïsme paresseux de ceux qui ne veulent bouger de leur maison, à l’époque où le vaccin est bon à récolter, au jour dit où le médecin les attend à la mairie de leur commune. Ici qu’il me soit permis de hasarder l’indication d’une série de mesures au moyen de laquelle on pourrait peut-être se garer d’une partie des inconvénients que je viens de signaler et qui entravent la mission du vaccinateur.

1° Ne pourrait-on point dans le contenu des affiches apposées à la porte des mairies par Mrs les Maires pour prévenir de l’époque des vaccinations, non seulement faire mention des avantages que procurent l’inoculation vaccinique ; dire l’innocuité de la vaccination et du bien être qui résulte pour les enfants de la récolte du fluide vaccin mais encore retracer les terribles conséquences de la maladie varioleuse, raconter comment cette affection redoutable défigure pour jamais ceux qu’elle ne fait pas mourir…

                On ne se soucie guère d’un péril qui semble éloigné, mais quand on vous en met sous les yeux le désolant spectacle, on est bien forcé d’y songé : et si le moyen d’y remédier se trouve tout à coup sous votre main, le plus communément du mois, l’on s’empresse d’y avoir recours.

2° Pour donner plus de poids et d’autorité aux paroles exprimées sur les affiches concernant la vaccination, ne serait-il point urgent que le nom de Mr le Préfet se trouvât inscrit au pied de chacune de ces annonces, afin que cette précaution d’intérêt général ne fût point envisagée, seulement, comme une mesure de bienveillance (page suivante) de la part de chaque maire pour ses administrés, mais aussi comme une émanation directe de la sollicitude gouvernementale. En leur qualité de premiers magistrats du pays, Mrs les préfets, sont chargés de faire exécuter par tous les moyens possibles, les mesures que la prudence réclame dans l’intérêt du bien être de la santé des populations. Ne serait ce point se conformer à la haute mission qui leur est confiée et aux intentions d’un gouvernement paternel, que de donner par leur signature une garantie morale, un appui certain à l’œuvre de la propagation de la vaccine. Un arrêté pris Ad hoc par Mr le préfet de notre département aurait certes une immense influence et servirait, nous n’en pouvons douter, à dessiller les yeux d’une foule d’individus que l’ignorance jette dans la voie de l’erreur ou que l’égoïsme mal entendu y entraine.

3°N’y aurait-il pas urgence à ce que, dans chaque commune, l’on dressât un tableau des individus vaccinés afin que chaque fois qu’une tournée de vaccination a lieu, le garde champêtre requis à cet effet par les maires, allât à leur domicile prévenir les personnes non vaccinées du passage d’un vaccinateur.

4° Le garde champêtre de chaque commune ne devrait-il point être tenu à chaque vaccination de se trouver à la mairie afin de pouvoir au besoin avertir les personnes retardataires qui cependant désireux être vaccinées.

5° Chaque curé dans sa paroisse ne pourrait-il pas être prié (et certes un grand nombre d’entre eux ont déjà devancé cette mesure par esprit de charité et de progrès), de vouloir bien faire entendre du haut de leur chaire de vérité quelques paroles d’encouragement, quelques simples discours en faveur de la vaccine et dans l’intérêt bien entendu de leurs administrés spirituels. L’éloquence d’un prédicateur surtout dans nos campagnes possède une puissance prodigieuse, nous avons été à même plus d’une fois d’en recueillir les heureux résultats et nous aimons à croire que puisqu’il s’agirait de vaccination par conséquent d’une bonne œuvre à accomplir, aucun des curés de nos contrées ne voudrait manquer à l’appel qui serait fait à son intelligence et à son cœur.

6° Enfin la vaccination ne constitue-t-elle point au sein de la société un fait d’hygiène assez important pour que nos mandataires à la chambre législative veuillent bien s’en occuper ? Une loi qui régirait la matière ne serait elle point d’une nécessité aussi immédiate que toutes celles qui, comme celles des aliénés etc. etc. ont pour résultat définitif la conservation des citoyens ? Bien entendu que si elle venait (page suivante) à être promulguée les mesures indiquées précédemment par nous deviendraient probablement de simples moyens d’exécution de cette loi.

Chaque fois qu’une épidémie, qu’un fléau meurtrier vient envahir notre pays, le gouvernement ne prend il pas des mesures énergiques et ne se sert il pas de tous les moyens qu’il a à sa disposition pour chercher à en arrêter la marche ou du moins pour en atténuer les effets désastreux ? N’est ce pas contre la peste d’Asie que l’état avait prescrit ces vexantes et prétendues mesures sanitaires au moyen desquelles on se figurait pouvoir en préserver nos populations ; lorsque le choléra eut dépassé nos frontières, nos gouverneurs ne mirent ils pas en œuvre toutes les précautions hygiéniques nécessaires qui sans aucun doute en suspendirent la terrible influence ? Quand dans une localité, le typhus européen ou toute autre grave épidémie vient à sévir contre ses habitants, l’Etat ne s’inquiète-t-il pas à juste titre de la vie des individus et n’agit-il pas de telle sorte que la maladie vient à cesser ses ravages ?

                Eh bien ! contre la variole, cette épidémie constante, qui, chaque année encore et quoi qu’on ait fait avec malgré les mesures prises contre elle avec les encouragements donnés à la vaccination, n’en décime pas moins quelques-unes de nos contrées ; ne devrait-on pas user de précautions capables de la faire disparaître pour jamais du sol de la France.

                N’y a-t-il point urgence absolue pour le gouvernement d’agir contre le fléau variolique ainsi que nous désirerions le voir faire ! Et n’est ce point un devoir pour nous de provoquer l’action gouvernementale dans les circonstances données, puisque pendant le cours de l’année qui vient, de s’écouler, en 1847, une seule commune de notre circonscription de vaccinateur a vu huit de ses habitants succomber aux atteintes de la variole et quatre autres arrivés à être défigurés par cette horrible maladie puisque nous savons qu’au chef-lieu de notre département, un certain nombre de cas de variole s’y est présentés avec de funestes symptômes et qu’enfin à l’hôpital de notre ville, dans les divers services de cet établissement nous avons observé une véritable épidémie varioleuse sur trente individus environ, dont quatre sont mort lors de sa période d’intensité et dont pareil nombre portera toujours sur le visage les traces indélébiles de la fatale épidémie dont ils ont été sur le point de devenir victimes.

                                                               Niort, le 19 février 1848                                               SIGNATURE

Sources :

  • Archives Départementales des Deux-Sèvres, 5M41, « A propos de la Vaccination »
  • « Variole » sur Wikipedia

Villefollet

Carte d’identité

Villefollet semble être une commune bien discrète du canton de Brioux. Sur le site des AD79, il y a juste quelques photos : celles d’une école d’autrefois où il faisait sans doute bon apprendre et de la petite mairie accolée au monument aux morts. Villefollet était en 2018 peuplée de 220 habitants.

Villefollet par le préfet Dupin vers 1800

VILLEFOLET , commune au sud-ouest et à 3 kilomètres de Brioux. Sa population est de 401 individus. Son territoire forme une plaine arrosée par la Belle,le Bé et la Boutonne. Au nord et à l’est, elle produit froment, baillarge, chanvre ; au midi, il y a des vignes peu productives ; à l’ouest, est une prairie assez étendue, un peu marécageuse le long de la Boutonne et du ruisseau du Bé. Il existe un moulin à eau ; quelques carrières de pierre. On y élève des bestiaux, particulièrement des brebis, des jumens poulinières, la plupart propres pour le carosse. On fait le commerce de mulasse.

Les toponymes relevés par Bélisaire Ledain vers 1900

La Boucheterie, la Boustière, Champeau, Couturneau, la Grafferie, Maillé, Villefollet, Voiery.

Villefollet sur la carte de Cassini

Actes dépouillés par le Cercle généalogique des Deux-Sèvres

-Baptêmes : 1943
-Naissances : 1182
-Mariages : 829
-Sépultures : 970
-Décès : 1068

Sources

– Bélisaire Ledain Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres. Éditions UPCP
– Claude Dupin Mémoires sur la statistique du département des Deux-Sèvres. Site Gallica
– Cartes postales : Archives départementales des Deux-Sèvres

La pierre tombale de l’église de Secondigné

à l’occasion de recherches sur mes ancêtres, j’ai été amenée à parcourir les registres paroissiaux de Secondigné-sur-Belle, autrefois Secondigné-sur-Chizé. Dans le registre des Mariages, Sépultures, Abjurations  de 1649-1710, j’ai remarqué les actes écrits par Messire Pierre FEYTI, prêtre curé de Secondigné à cette époque : une très belle écriture et une signature originale.

J’ai remarqué également qu’il y avait eu un certain nombre d’inhumations dans l’église :

  • des personnes laïques, nobles ou bourgeois : tous les défunts qui  jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social, car une inhumation dans l’église  coûtait plus cher que dans le  cimetière.
  • Mais aussi des prêtres : à cette époque, il était a priori d’usage d’enterrer les prêtres dans les églises : les curés des communes voisines assistaient à ces funérailles. Ce devait être une cérémonie importante.

 J’ai donc décidé d’aller faire un tour à Secondigné pour découvrir s’il restait des traces de ces inhumations à l’intérieur de l’église de Saint-Pierre-aux-liens de Secondigné-sur-Belle : c’est  un bâtiment fortifié édifié au XIIe siècle, qui est surmonté d’un clocher octogonal recouvert d’ardoises.

Un magnifique arbre, un if, accompagne l’édifice religieux. Cinq pierres tombales datant de 1840-1860 situées devant l’entrée témoignent de l’emplacement d’un ancien cimetière. Elles préparent l’arrivée sous le balet. Cet auvent fréquent en gâtine est plus rare dans le Mellois. Il abrite un portail sobre flanqué d’un haut relief rapporté, un ou une musicienne, de deux croix de consécration.

L’église étant fermée, je me suis rendue à la mairie et Monsieur le Maire, très accueillant, a bien voulu m’ouvrir l’église qui ne sert désormais plus que pour les enterrements.

Une pierre  tombale est visible à droite lorsqu’on rentre dans l’église :

Son épitaphe est ainsi libellée :

CY GIST LE C

ORPS DE MA

THURINE

GIRARD AA

GEE DE 3 ANS

DECEDEE L

E 5 SEPTE

MBRE 1638

L’acte de décès de Mathurine GIRARD dans le registre de Secondigné précise :

Le cinquieme jour de septembre 1638 a este inhumée en cette église près de la grande porte Mathurine GIRARD aagee de trois mois ou environ fille de Louys GIRARD et Jehanne CEARD demeurant en cette paroisse …

                                      Pierre LUSSAUD Curé

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtaaec83bc76236d4f1/daogrp/0/46

Mathurine est fille de « Noble Homme Louys GIRARD » (ainsi qualifié dans l’acte de naissance de son autre fille Marie en 1637), et de Jeanne CEARD/LERARD /BERARD son épouse ; ce qualificatif peut expliquer l’inhumation de sa fille dans l’église de Secondigné.

L’acte de baptême de Mathurine GIRARD  du 25 mai 1635 précise :

Parrain Nicolas PANIER sieur de la Perardière [signe] et marraine Mathurine FRANÇOIS [signe] tous de cette paroisse

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta55ded9d739c0acc1/daogrp/0/50

Nicolas PANIER, sieur de la Pérardière, et sa femme Mathurine COUTOCHEAU ont été inhumés tous les deux dans l’église de Saint-Hilaire de Ligné, respectivement en 1670 et 1665.

Généa79 n° 112

Il est tout juste déposé à la poste et il ne devrait pas tarder à arriver dans les boîtes aux lettres des abonnés à la version papier de notre revue.
Le numéro 112 de Généa79 est consacré en grande partie à fêter les 30 ans de notre association. 30 ans, il parait que c’est le bel âge ! C’est pour nous l’occasion d’un coup d’œil dans le rétro, de se rappeler des dates importantes, d’activités diverses et variées, de rencontres chaleureuses, de recherches fructueuses… Bref que du bonheur comme l’écrit si bien Monique dans un des articles.

Marguerite Morisson, notre ex-présidente qui a réussi à lire la revue avant tout le monde et qui y a grandement contribué, nous félicite : Et bien bravo ! Pas si simple d’avoir fait loger tout ça en 48 pages ! Un sacré boulot ! J’espère bien qu’un jour je pourrai faire la connaissance de nombreux intervenants que je ne connais pas à cause de ce satané Covid (je ne peux pas arriver à le mettre au féminin !)

Pour compléter la revue, Mauricette Lesaint à partir d’un exemple familial nous montre l’évolution et les variation de l’écriture d’un patronyme et Marie-Jeanne Gandin nous fait découvrir les quartiers de son grand-père Florentin Texier.

Le numéro 112 est à partir d’aujourd’hui accessible en version numérique sur notre site pour pour tous les adhérents. Il faut aller à l’onglet Revue et bibliothèque. Vous y trouverez aussi des liens vers des documents utiles pour les généalogistes des Deux-Sèvres. Bonne lecture !

Deux-Sévriens morts pendant la Commune de Paris

Nous commémorons actuellement les 150 ans de la Commune de Paris (18 mars 1871 – 28 mai 1871) et ses nombreuses victimes. Pour la combattre, la IIIe République fit appel à l’armée. Des jeunes militaires qui avaient lutté quelques mois plus tôt contre les Prussiens furent donc appelés pour réprimer le mouvement. Parmi eux, des hommes originaires des Deux-Sèvres. 8 soldats au moins y ont laissé leur vie. Voici les fiches de renseignements pour chacun d’eux ainsi que les circonstances du décès quand elles sont connues.

AUDEBRAND Pierre Constant – 94e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres),
né le 02/07/1848 à Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres), fils de Jean AUDEBRAND et de Marie GIRAUD,
décédé le 23/05/1871, à Paris (Seine) des suites de ses blessures.
Observations : Déclaration faite en préfecture en 1880 par la mairie d’Azay-sur-Thouet comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871 avec cette précision : « décédé le 23 mai 1871 par la suite de blessures reçues à Paris en combattant pour le rétablissement de l’ordre suivant acte dressé par l’officier [Jeaquen?] du 94e régiment de l’ordre« .

R 165

BARRÉ Jean François – 39e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Souvigné (Deux-Sèvres),
né le 02/01/1850 à Saint-Martin-de-Saint-Maixent (Deux-Sèvres), fils de François BARRÉ et de Marie BONNEMORT,
décédé à l’ambulance de la Presse de Longchamp le 30/05/1871 à Paris (Seine) des suites de ses blessures.
Observations : Déclaré à la préfecture le 09/12/1880 par la mairie de Saint-Martin-de-Saint-Maixent, comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 628-1

BERNARDEAU Pierre Baptiste – caporal – 42e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Maisontiers (Deux-Sèvres),
né le 15/05/1847 à Maisontiers (Deux-Sèvres), fils de Pierre BERNARDEAU et de Madeleine LACAIS,
décédé à l’hôpital militaire le 02/05/1871, à Versailles (Seine-et-Oise) des suites d’une blessure.
Observations : Déclaré à la préfecture le 29/11/1880 par la mairie de Maisontiers comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 625-1

BERTRAND Louis – caporal – 42e régiment de ligne
exerçant la profession de maçon à Coulon (Deux-Sèvres),
né le 30/09/1847 à Coulon (Deux-Sèvres), fils de André BERTRAND et de Marie COCHARD,
tué au combat le 02/05/1871 à Issy (Seine).
Observations : Déclaration faite à la Préfecture le 07/12/1880 par la mairie de Coulon comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871 à Issy.

R 625-1

BIGET Auguste Alexandre – 23e bataillon de chasseurs
exerçant la profession de cultivateur à Saint-Aubin-le-Cloud (Deux-Sèvres),
né le 24/03/1850 à Saint-Aubin-le-Cloud (Deux-Sèvres), fils de Louis BIGET et de Marie COULAIS,
décédé à l’hôpital militaire du Gros-Caillou le 25/10/1871, à Paris (Seine) des suites de blessure.
Observations : Campagnes contre l’Allemagne du 21/12/1870 au 07/03/1871, Intérieur à Versailles du 18/03/1871 au 28/05/1871, blessé au pied gauche d’un coup de feu le 23/05/1871 à Paris. Entré à l’Hôpital militaire du Gros Caillou le 14/10/1871, décédé par suite de fracture par balle à la jambe gauche, infection purulente. Déclaré à la préfecture le 29/11/1880 par la mairie de Saint-Aubin-le-Cloud comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 628-1

BONAMOUR Alexis Olendas – garde mobile des Deux Sèvres
exerçant la profession de carrier à Sainte-Pezenne (Deux-Sèvres),
né le 15/09/1849 à Sainte-Pezenne (Deux-Sèvres), fils de Jean Baptiste BONAMOUR et de Suzanne Adélaïde LEJAUX,
tué au combat le 20/05/1871, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
Observations : Tué à la bataille de Neuilly.

R 627-2

DERÉ Alexis – soldat 2e classe – 135e régiment d’infanterie
exerçant la profession de menuisier à Exireuil (Deux-Sèvres),
né le 28/09/1849 à Exireuil (Deux-Sèvres), fils de François DERÉ et de Marie CAILLET,
tué au combat le 26/04/1871, à Paris (Seine).
Observations : Déclaration faite à la préfecture le 20/12/1880 par la mairie de Celles-sur-Belle comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871. Décédé par suite d’un obus tiré sur l’armée par les insurgés.

Décès Celles-sur-Belle 1863-1882

FROUIN Jean Léon – 3e régiment d’infanterie de marine
exerçant la profession de cultivateur à Deyrançon (Deux-Sèvres),
né le 27/06/1850 à Deyrançon (Deux-Sèvres), fils de Jean FROUIN et de Marie GANDELIN,
décédé à l’hôpital de la Salpétrière le 01/08/1871, à Paris (Seine) de ses blessures.
Observations : Décédé à l’hôpital de la Salpétrière, par suite de blessures reçues dans l’affaire de la Commune. Déclaration faite à la préfecture en 1880 par la mairie de Deyrançon, comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

Décès Deyrançon 1863-1882

Une vingtaine d’autres soldats originaires du département sont morts à Paris et ses alentours durant cette période. La plupart sont décédés de maladie comme François Xavier PILLOT de La Peyratte emporté par une pneumonie le 20 mars 1871 à l’hôpital militaire de Vincennes. Les épidémies étaient alors la cause principale de mortalité dans les troupes. D’autres ont pu périr dans des accidents comme Louis René BERTEAU de Saint-Porchaire suite à l’explosion de la cartoucherie de Vincennes le 14 juillet 1871. Mais pour un certain nombre, nous ignorons la cause du décès et il est bien possible que notre liste soit incomplète.

Et il faudrait bien sûr aussi ajouter les éventuels Deux-Sévriens de Paris morts dans le camp des insurgés. On estime qu’il y eut de 400 à 500 morts du côté de la République et entre 6.500 à 20.000 morts pour les Communards, la plupart exécutés lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 qui vit la fin de la Commune de Paris.

Illustration extraite du « Cri du Peuple de Tardi » (adapté du roman de Vautrin)

Et si vous voulez savoir comment le Mémorial des Deux-Sèvres, journal du département, relatait pour ses lecteurs la Commune de Paris, il suffit de suivre les 3 liens vers le site des AD79 :
Mars 1871
Avril 1871
Mai 1871

Décès insolites dans le registre de Secondigné (1)

Noyade sur la Boutonne en 1673

Lors des recherches sur mes ancêtres, j’ai été amenée à parcourir les registres paroissiaux de Secondigné-sur-Belle, autrefois Secondigné-sur-Chizé. J’y ai découvert quelques anecdotes et actes insolites. Aujourd’hui  je vais vous parler d’un sinistre incident qui est arrivé en 1673 : la noyade de trois personnes sur la Boutonne.

René Izambard Pierre Bonnet
Marie Cochon femme du Sieur du Rocq et
Marie Nadault tous de leur vivant
demeurant au lieu de Sard [1]  en cette paroisse
de Secondigné sont décédés par le
Sinistre accident arrivé
sur la Riviére de la Boutonne entre le dit
lieu du Sard  de Genouillé à leur retour
de Chizé et du dit Genouillé * ce mercredy
dernier huict … de mars mille six cent
soixante et treize et leur corps
onte este enterrés scavoir les dit Izambard et  Bonnet en cette paroisse et la dite Cochon
et Nadault en celle de St-Hiller de Ligné
le dit Izambard par Messire Louis Reynaud
prestre Curé de Bruslain le dixième du dit prnt mois de mars et le dit Bonnet par Claude
Hannequin prestre Curé de Chizé Soubsigné
 
*… noyéz

Ce treizième jour de mars 1673 faisant pour monsr le Curé dudit lieu en son absence

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta64ed806b8e955ae2/daogrp/0/145

J’ai retrouvé les actes de décès de Marie Cochon et Marie Nadault sur le registre de la paroisse de Saint Hilaire de Ligné :

Lire la suite de « Décès insolites dans le registre de Secondigné (1) »

Belle Suzon, que fais-tu là seulette…

En dépouillant pour nous un registre d’état civil de Marnes (naissances 1793-an X), Serge Jardin a trouvé sur plusieurs pages (les vues 19 et 20) un poème ou une chanson qu’il nous a transcrit. Ce texte un peu coquin avait déjà été découvert en 2018 par le site GE86 mais, comme il concerne les Deux-Sèvres, il a toute sa place sur notre blog. Le rédacteur d’antan avait pris sa plus belle plume et s’était entraîné à former de belles lettres (vues 18 et 19) avant de se lancer dans l’écriture de ce texte d’inspiration bucolique.

Le suspense est total ! Quel amant va choisir la bergère Suzon, le riche poète en herbe ou bien Colinet ? Va-t-elle quitter ses agneaux pour Monseigneur ? Vous le saurez (peut-être) en lisant ci-dessous !

Belle Suzon que fais tu la seulette
Sur le gazon je veux faire ton Bonheur
accorde moi sur la plaisante herbette
le Doux plaisir de posséder ton tra deri dera la la
Le doux plaisir de posséder ton Coeur
Je n’entens pas monsieur votre langage
allez allez Chercher fortune ailleurs
Je suis Simple bergere du village
et je ne veux pas vous Donner mon tra deri lalat
et je ne veux pas vous donner mon Coeur
Charmante enfant ton air simple m’enchante
Crois moi ne refuse pas ton bonheur
Je sens pour toi que mon amour augmente
Si tu me fais le maitre de ton tra deri dera la la
Si tu me fais le maitre de ton Coeur
Que dira ton de moi dans le village
Si je m’en vais avec vous mon Seigneur
L’on vit que Suzon ne fût pas sage
Sur le gazon elle a perdu son .. Coeur
oui monsegneur avec vous je m’engage

Soyez mon tout cher amant enchanteur
Adieu agneaux houlette et paturage
Et je vous fais Le maître de mon Coeur
C’est en vain que tu m’abuse
toujours mon coeur te cherit
ce sourit qui t’embellit
Je le vois bien n’est qu’une ruse
mais non …
Si je te donne une rôse
tu l’attache a ton corset
mais celle que t’offre colinet
c’est sur ton sein que tu la pôse
sur ta bouche si mignonne
si je veux ceuillir un baiser
tu ôse me le refuser

Tandis qu’à d’autres tu le donne
Mais mon amour est toujours
Le plus fort, joli minois n’a jamais corti (?) du foyer
Le plus fort mais mon amoure o as fait

La fin est un peu confuse, l’œuvre est sans doute inachevée. Elle se conclut même par quelques calculs qui n’ont plus rien de poétiques.

Quel dommage ! Nous ne saurons sans doute jamais si Suzon aurait préféré la poésie (et une certaine aisance) à sa vie simple de bergère.

Réconciliation du cimetière d’Usseau

Un acte insolite trouvé dans le registre d’Usseau

 Le vingt neufième jour d’août mille sept cens a este par moy curé prieur soussigné réconcilié le cimetière de ce lieu d’Ussaud lequel avait este pollu par trois soldats dragons de la ville de Niort qui s’y estaient battus et dont il y avait un qui avait reçu un coup de fusil avec epanchement de sang et par ordre de Monseigneur de Saintes en datte du vingt cinq du mesme mois d’aoust et signé G évêque de Saintes et plus bas par Monseigneur Chabot loco secretarii ( = secrétaire du lieu) et ay fait la dite réconciliation avec les cérémonies ordinaires de l’église à laquelle ont assisté les Rds (Rds = Révérends) pères de Pallée religieux de la compagnie de Jésus missionnaire du Roy à Mauzé qui a presché a la cérémonie le Rd pére Monvoisin religieux de St-Dominique de la Ville de Saintes + et Messire Pierre Robert prestre prieur Curé de Saint-Pierre et de Nostre Dame de Mauzé qui se sont avec nous soussigné + servant in divinis (au nom de Dieu) la cure de Cormenier+

Signature : Mess. Robert pre.pr.curé d’Ussaud

Mention marginale : Réconciliation du cimetière d’Ussaud

Mais qu’est-ce qu’une réconciliation ? Et pourquoi ?

La réconciliation d’un lieu sacré fait suite à une profanation. En principe une église ne peut être consacrée qu’une seule fois, sauf si elle est détruite par le feu. Mais si un lieu sacré (église, cimetière) est profané, il est considéré « pollué ». Avant qu’il ne puisse être de nouveau utilisé pour tout acte ou cérémonie sacrés, il doit être purifié par une cérémonie de réconciliation. La cérémonie de réconciliation est constituée de prières et d’aspersion d’eau bénite ; elle est plus ou moins longue et complexe selon l’acte qui l’a profané.

Quelles peuvent être les causes d’une profanation?

La profanation peut être due à l’un des actes suivants :

  • Homicide ;
  • Épanchement de sang par la violence, selon trois critères :
    • Le sang doit être répandu par un acte criminel (un saignement suite à un accident ne profane pas l’église)
    • L’épanchement de sang doit être important (quelques gouttes d’un saignement de nez suite à un coup reçu ne sont pas suffisantes pour profaner l’église)
    • L’acte amenant l’épanchement de sang doit être perpétré dans l’église (si l’acte est en dehors de l’église puis que le blessé entre dans l’église et y répand son sang, l’église n’est pas profanée ; d’un autre côté, l’église est profanée si l’acte a été perpétré dans l’église, même si le blessé sort et que le sang ne coule pas dans l’église;
  • Épanchement de sperme (per voluntariam humani seminis effusionem in ea factam), acte sexuel ;
  • Consécration du lieu par un évêque excommunié ;
  • Inhumation d’un hérétique.

Dans le cas présent, le cimetière d’Usseau a été « pollué » par un épanchement de sang, suite à une rixe entre des soldats dragons de la ville de Niort.

Et j’ai trouvé quelques informations relatives à cet incident dans le livre de Christian Simon « Usseau dans l’histoire » [1] [2] :

« Un incident bizarre, attesté par un document d’époque, a lieu le 23 août 1700, à la veille du déclenchement de la guerre de Succession d’Espagne. Trois ans après la paix de Ryswick mettant fin à la guerre de la ligue d’Augsbourg, une troupe de dragons venue de Niort se présente à Usseau (les protestants n’en sont pas la cause). Trois d’entre eux vont s’affronter au cours d’une rixe sanglante à l’intérieur du cimetière paroissial. Que venaient faire ici ces dragons, probablement éméchés (ils en avaient l’habitude)? En cette période de paix, on peut songer à un retour des dragonnades. Pour lère première fois les soldats se trouvaient désœuvrés. Etaient-ils destinés à s’installer chez les protestants de Mauzé? Songeait-on à les envoyer à l’Île de Ré pour la protéger un débarquement anglais toujours possible? Les documents en notre possession ne permettent pas d’en décider.

Toujours est-il que Messire Robert, prêtre d’Usseau, en accord avec l’évêque de Saintes et en présence de plusieurs autres ecclésiastiques, fait procéder, six jours plus tard, à la cérémonie rituelle de réconciliation. »

Si vous voulez en savoir plus sur les cérémonies de réconciliation, vous pouvez prendre connaissance des pages suivantes extraites du Rituel romain, pour l’usage du diocèse de Toulon (Rituel romain, pour l’usage du diocèse de Toulon – Google Livres)

[1] « Usseau dans l’histoire » de Christian Simon, imprimé par les impressions DUMAS, à Niort. Novembre 2014.

[2] S.M.H.L. N°76, 1er trimestre, 1988, p.7 – Jean Deveau : nouvel écho du temps des dragonnades – la réconciliation du cimetière d’Usseau – Soc.Hist. 2/5 Mem.I p.400 : H.Gelin : « Réconciliation du cimetière, 1700 ».

Ils ont quitté les Deux-Sèvres

Notre adhérente Bénédicte REIGNER-TROUDE aime chercher les Deux-Sévriens qui sont partis parfois très loin de notre département. Elle nous communique régulièrement ses trouvailles. Une activité bien utile car ces individus itinérants sont difficiles à retrouver. Mais partir au XIXe siècle, ce n’était pas forcément réussir sa vie. La preuve par l’exemple avec quelques Deux-Sévriens qu’elle a découverts dans différents fonds d’archives, à Brest, à Troyes et vers Paris.

 POLICE DE LA PROSTITUTION (Brest – Finistère)
1858 – 1877
Dispensaire, enregistrement des prostituées

  • MARTEAU Marie : Née le 10 avril 1843 à Clavé, fille de Pierre et Marie FLEURY.
    Le 31 août 1864, s’est présentée volontairement venant de Lorient, porteuse d’un extrait de naissance et d’un passeport délivré à Lorient le 29 août 1864.
    Les parents sont décédés. Quitta le toit paternel (sans profession), époque où elle se livra. Fut à Poitiers, y reste une année, fut successivement à Rochefort, La Rochelle, Orthez, Niort, Nantes, Bordeaux, Villeneuve, Libourne, Lorient qu’elle quitta à destination de Brest.
    Déclare n’avoir subi aucune condamnation.
    Disparue.

 Au XIXe siècle, Brest compte une vingtaine de maisons closes réparties dans le quartier des Sept Saints, à Ker Avel et à Recouvrance et quelques 900 prostituées. À cette époque, une femme qui travaillait 12 heures gagnait 1,50 franc par jour. Une nuit avec un officier de marine lui rapportait 10 francs. La pauvreté, la misère a fait basculer leur vie.


POLICE DES CHANTEURS AMBULANTS (Troyes – Aube)
1867 – 1881
SALTIMBANQUES, REGISTRE DES AUTORISATIONS (AD 10 – Série 4 M)

  • MIMAU Louis : n° 146 Autorisation du 10 octobre 1874 établie pour 10 jours, ancienne autorisation établie le 13 juillet 1874 à Toulouse, né à Vasles, demeurant à Toulouse. Chanteur ambulant / n° 124   Autorisation du 15 novembre 1875 établie pour 10 jours, ancienne autorisation établie le 5 mai 1875 à La Rochelle. Boiteux.
  • ROBICHON Louis : n° 78 autorisation du 18 mars 1879 établie pour 8 jours, ancienne autorisation établie le 11 mai 1878, né à Niort, S.D.F. Chanteur ambulant. Estropié de la jambe droite.

REGISTRES D’ÉCROU (Le Kremlin-Bicêtre – Seine) AD 94
1813 – 1851
détenus administratifs et politiques (Région : Deux-Sèvres)

  • 7 mars 1815
    MESNARD Jean Baptiste : garçon, peintre en miniatures, 37 ans, né à Niort.
    Il a déclaré être déserteur du 1er Régiment de Hussards Hanovrien sous la dépendance du Roi d’Angleterre et avoir été arrêté à Gournay (Seine-Inférieure). Sans domicile fixe.
    1,730 m – cheveux et sourcils blonds – front rond et large – yeux bleus – nez long et large – bouche grande – menton rond et relevé – visage carré ayant la barbe blonde, les oreilles percées, celle de gauche fendue, un petit signe au col à droite, une petite cicatrice sur l’index de la main gauche, une autre sur celui de la main droite.
    A été extrait de la Direction Générale de la Police du Royaume pour être détenu dans celle de Bicêtre comme vagabond et suspecté de s’être évadé des fers et pour être reconnu.
    27 mai 1818, a été transféré à la Préfecture de Police.
  • 21 janvier 1830
    VINATIER Pierre dit Adrien Victor : terrassier, venant de Bergerac, arrivant à Paris lors de son arrestation, 24 ans, né à Mougon.
    1,690 m – cheveux et sourcils blonds – front large – yeux brun clair – nez moyen – bouche un peu grande – menton fort – visage ovale.
    a été extrait de la Préfecture de Police pour être détenu dans celle de Bicêtre comme libéré de condamnation pour vol et vagabondage, jusqu’à décision ultérieure de Son Excellence le Ministre de l’Intérieur.
    12 mars 1830, a été transféré à Niort.