Miracle à Cerizay

Y a-t-il eu un miracle à Cerizay, le 8 septembre 1864 ? C’est la question que nous pose Marc Bouchet, notre adhérent 527. Vous pourrez vous faire une idée en lisant l’article qu’il nous a envoyé :

Le 14 octobre 1864, le sous-préfet de Bressuire adresse au préfet de Niort, une lettre, classée très confidentielle, à propos d’un prétendu miracle à Cerizay.

Voici l’événement tel que le rapporte le sous-préfet.

« Depuis quelques temps les sœurs qui dirigent la salle et l’école publique communale de filles de la commune de Cerizay se sont adjoints trois autres sœurs, lesquelles s’occupent de fabriquer des ornements d’église.

Le dimanche, 8 septembre dernier, l’une de ces dernières qui boitait depuis deux ans et se servait de béquilles avait communié dans la matinée. Vers une heure ou midi, les autres qui avaient été entendre une messe à deux kilomètres, revinrent et trouvèrent leur compagne complètement guérie de son infirmité. Monsieur le curé et son vicaire furent appelés et bientôt le bruit se répandit qu’un miracle venait de se manifester. »

Les prêtres des environs et le curé de Cerizay se réunissent, comme le bruit de la guérison miraculeuse se répand de plus en plus. Ils proposent alors d’organiser des neuvaines et des prières à la Vierge qui a guéri la religieuse.

Les médecins auxquels la nouvelle a été rapportée prétendent que la guérison est arrivée naturellement.

Les personnes incrédules avancent que la sœur malade s’est « guérie insensiblement » mais qu’elle a pris des mesures pour donner à croire à une guérison miraculeuse.

Le sous-préfet conclut son courrier en soulignant « que la tenue de l’école communale dirigée par une des sœurs laisserait beaucoup à désirer. » Il précise qu’il va « s’entourer de nouveaux renseignements sur ce point. »

Après recherches dans les archives départementales, notamment la série V, qui concerne les affaires religieuses, il semblerait qu’il n’y ait pas eu de suite à ce « miracle ». Les neuvaines et les prières n’ont apparemment pas permis d’autres guérisons.

Nulle part on ne retrouve trace d’une reconnaissance de ce miracle par les autorités religieuses de l’époque.

cerisay

Sources : Archives départementales des Deux Sèvres, série 4 M 243.

Remarque : en 1864, Napoléon III est empereur depuis 1852. La loi Falloux du 15 mars 1850 établissait dans l’enseignement primaire et secondaire la liberté de l’enseignement. Cette loi soumettait les instituteurs aux autorités religieuses et favorisait collèges et institutions ecclésiastiques. Ce qui explique que des religieuses dirigent une école publique à Cerizay.

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