Le caractère des Deux-Sévriens en 1800 (1)

deux sevres 10Vers 1800, le préfet Dupin rédige pour le ministre de l’Intérieur un rapport très complet sur notre département. Il détaille les richesses et la misère de chaque commune, il en étudie les activités, la population… À partir de ses différentes statistiques, il tire même le portrait (flatteur) des Deux-Sévriens de l’époque, de nos ancêtres.

Probité, fidélité à sa parole, mœurs douces, humeur enjouée, caractère franc et hospitalier, plus de bonhomie que de politesse, goût très vif pour la danse et les plaisirs de la table ; voilà les principaux traits de l’habitant des Deux-Sèvres.

Bien sûr, tous les Deux-Sévriens se reconnaissent dans cette description encore aujourd’hui. 🙂  Notre brave préfet pousse son étude de caractère encore plus loin, cherchant des nuances entre urbains et ruraux, entre les habitants du nord et ceux du sud du département. Voici comment il voyait les habitants de nos villes à l’époque :

Thouars : Thouars […] offre dans la classe aisée de ses citoyens une instruction une urbanité qui ne se trouve pas à Bressuire.
Bressuire : Si les formes y sont moins polies, ce léger défaut est bien racheté par un fonds inépuisable de courage, de constance et de générosité, vertus éprouvées tous les jours pendant huit ans de malheur et qui ne se sont pas démenties un instant.
Châtillon (Mauléon aujourd’hui) : L’habitant de Châtillon vit comme le Bressuirais au milieu des ruines, mais avec moins de force d’âme, c’est que les évènements de la guerre l’ont frappé différemment : mais le vin d’Anjou lui rend encore son ancienne gaîté.
Parthenay : Les longs repas et les chansons de table y sont en grand honneur mais les femmes sont rarement admises à ces fêtes et là comme dans toute la Gâtine, on désire peu leur société s’il ne s’agit pas de danser.
Niort : On remarque un meilleur ton, plus de luxe d’élégance, plus d’instruction on y paie un plus ample tribut à l’empire de la mode […] L’affabilité naturelle de ses habitant fait de cette ville un séjour agréable.
Saint-Maixent et Melle : …qui ont avec Niort des relations habituelles sont à peu près aussi avancées. On aime la table dans la Plaine comme en Gâtine, mais les femmes en font l’ornement. Il y règne plus de retenue et la grosse joie en est bannie.
Chef-Boutonne : Chef-Boutonne est un lieu de plaisir, il y a une très bonne société, malheureusement les hommes s’y adonnent au jeu d’une manière funeste.

Tous ces portraits, sans grande réalité scientifique, ont sans doute un peu de vrai, même s’ils révèlent quelques menus défauts qu’auraient eu nos ancêtres citadins. Vous saurez très bientôt si ces mêmes traits de caractère se retrouvaient à la campagne, avec la suite de cet article qui sera consacrée au paysan deux-sévrien vu par le préfet Dupin vers 1800 !

 

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