B comme : Bataille de la Bourgonce

Le premier article de Danièle Billaudeau, vice-présidente du Cercle généalogique des Deux-Sèvres, évoque les soldats de Gâtine morts à La Bourgonce (Vosges) lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Danièle fut  présidente pendant 7 ans du Cercle avant d’assurer conjointement la vice-présidence depuis 2015.  Elle coordonne l’activité dépouillements et  anime des séances d’initiation à la généalogie à travers tout le département. Elle est aussi l’auteure d’un roman historique, « Margaux de Montmirail ».

La bataille de la Bourgonce fut pour les gardes mobiles de notre département, une éprouvante journée de combat qui se déroula dans les Vosges, le 6 octobre 1870 et se solda par une cuisante défaite dont les pertes globales restent encore assez mal connues. Elle fut particulièrement meurtrière pour les jeunes hommes des Deux-Sèvres, qui, pour la plupart, appartenaient au 32ème régiment des gardes mobiles.

Ce régiment comprenait 3 bataillons ; le 1er fut constitué à Parthenay, le 14 août 1870, le 2ème à Melle le 15 août et le 3ème à Niort le 13 août. Le régiment complet, regroupé à Niort, comprenait au total 3 600 hommes qui se joignirent à Bruyères, dans les Vosges, à ceux du 34ème régiment de marche. L’ensemble disparate formait une brigade de 9 450 hommes, possédant une artillerie insuffisante et totalement dépourvue de cavalerie et d’ambulances, ce qui pour ce dernier point, revient à dire que faute d’évacuation sanitaire possible, les blessés grossirent rapidement le nombre des morts.

Sans se préoccuper de l’état de fatigue des hommes, le général Dupré fit mettre en marche, au matin du 6 octobre, deux colonnes en direction d’Étival. Leur mouvement à peine commencé, elles se heurtèrent à la brigade du général Degenfeld, composée de 7 000 hommes, 900 chevaux et 12 pièces d’artillerie, qui se dirigeait vers Saint-Dié en empruntant les deux rives de la Meurthe. C’est avec le détachement cheminant sur la rive gauche que s’engagea un combat acharné et longtemps incertain. L’appel en renfort de la colonne allemande remontant par la rive droite contraignit nos troupes à se replier vers Bruyères. Nos pertes s’élevèrent officieusement à 846 tués, blessés et disparus, l’ennemi accusant pour sa part 430 hommes hors de combat.

Monument aux morts situé à Parthenay, érigé à la mémoire des victimes des arrondissements de Melle, Niort, Bressuire et Parthenay. Liste ci-dessus : Parthenay. (source : MémorialGenWeb)

Parmi les victimes du conflit 1870-1871 dont les noms sont encore inscrits sur trois monuments aux morts de notre département, nous avons pu en identifier quelques unes pour l’arrondissement de Parthenay, tués, morts des suites de leurs blessures ou disparus à la Bourgonce.

  • BODIN Alexandre, étudiant en médecine, né le 22 janvier 1849 à Secondigny, fils de Victor et Joséphine BERTON. Il est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital de Saint-Dié (Vosges) le 18 octobre 1870.
  • BONNAIRIER Moïse Omer, né le le 19 février 1848, à Irais, fils d’Antoine et de Marie JOUNAULT. « Disparu à l’armée de l’est le _________ à la Bourgonce. »
  • BONNEAU Paul Eugène, commis marchand, né le 7 janvier 1849 à Airvault, fils de Joseph Alexandre, médecin vétérinaire, et de Ludivine Émilie DROUHET. « Disparu devant l’ennemi, le 6 octobre 1870 à la Bourgonce. ».
  • BOUTIN Jean Henri Aimé, né le 15 juillet 1849 à Azay-sur-Thouet, résidait à Saint-Pardoux. « Disparu à la Bourgonce. »
  • DESSAULT Charles Célestin, cultivateur, né le 2 avril 1848 à Saint-Aubin-le-Cloud, fils de René et de feue Marie GUEDON. Il aurait été blessé au combat de la Bourgonce, mais il n’y est pas mort puisque sa fiche matricule militaire précise qu’il a accompli une période d’exercice du 2 au 28 septembre 1876 et qu’il est réformé le 12 avril 1877. Il est pourtant inscrit sur le monument aux morts.
  • GUIMFOLEAU Jean, cultivateur, né le 6 février 1848 à Fénery, fils de Jean, bordier, et de Marie-Anne GOYAULT. Est décédé le 21 octobre 1870 à Raon-l’Étape (Vosges) à l’âge de 24 ans.
  • LEBEDEL Ernest Eugène, porte-drapeau, sous lieutenant, né le 24 avril 1848 à Napoléon-Vendée, fils d’Eugène et Adèle LEPLAT-DUPLESSIS, demeurant à Parthenay, rue Royale. Il fut blessé au combat de la Bourgonce le 6 octobre et décéda des suites de ses blessures le 3 novembre 1870 à Raon-l’Étape (Vosges) âgé de 22 ans.
  • METAIS Élie, né le 10 novembre 1847 à Marnes. « Disparu à la Bourgonce… ses camarades l’ont vu faire le coup de feu dans un jardin pendant l’action et ne l’ont plus retrouvé parmi eux après le combat. »
  • PERREAU Charles, cultivateur, né le le 24 décembre 1849 à Largeasse, fils de François et de Marie CLISSON. Décédé des suites de ses blessures à l’hôpital de Saint-Dié (Vosges) le 14 octobre 1870.
  • ROUVREAU Adolphe, cultivateur, né le 26 février 1849 à Saint-Pardoux, fils de Bazille et de Marie CHAIGNE, domiciliés à Allonnes. Disparu le 6 octobre 1870 au combat de la Bourgonce.
  • SAPIN Pierre, domestique, né le 26 avril 1849 à Vausseroux, fils de Pierre et de Marie Geneviève DUBREUIL. Disparu le 6 octobre 1870.
  • SAUQUET Augustin Henri, cultivateur, né le 6 août 1849 à Allonnes, fils de Jacques et de Marie BRELAY, domiciliés à Germond. Disparu dans les Vosges le 6 octobre 1870.
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3 commentaires sur « B comme : Bataille de la Bourgonce »

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