C comme : Curé Constitutionnel de Champeaux

Marc Bouchet a été longtemps membre du conseil d’administration du Cercle généalogique des Deux-Sèvres. Il adore chercher dans les différentes archives, il a fourni de nombreux articles à notre revue et il continue de le faire. Son sujet de prédilection : les ecclésiastiques et les religieux et religieuses de la période révolutionnaire, comme Louis René Hercule Terrasson qui a bien sûr officié en Gâtine et n’a pas fait les mêmes choix que d’autres prêtres de cette région juste après la Révolution.

Louis René Hercule Terrasson : ex-vicaire de Saint-Pardoux, excuré de La Boissière-en-Gâtine, demeure à Saint-Denis, près de Champdeniers. Il a prêté serment le 1er jour complémentaire de l’an V. Le certificat de résidence de l’administration municipale passé devant Bastard atteste qu’il réside bien à Champdeniers et qu’il est pensionnaire ecclésiastique. Il est président de l’assemblée cantonale de Champdeniers, de l’an III à l’an VIII. Ensuite il devient commissaire, résidant à Saint-Denis.

Voici son acte de non rétractation, rédigé à Saint-Denis, le 7 messidor de l’an VI. Réf L 97.

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Il est né et a été baptisé à Champdeniers, le 25 novembre 1748, fils de René Terrasson et Suzanne Mimault. Son parrain est Louis Hercule Gaboreau des Brosses et sa marraine est Suzanne Ouvrard. À la sépulture de sa mère, le 1er octobre 1771, à laquelle il assiste, il est encore diacre. Ses parents se sont mariés, le 26 août 1733. Son père René, profession charron, est originaire de la paroisse d’Augé et sa mère de Champdeniers. René a été baptisé à Augé, le 15 janvier 1707.

Le jugement porté sur lui dans l’état du clergé de 1800 est le suivant : « curé légitime, jureur, schismatique ». Il dessert Saint-Denis et Champeau. Réf . Archives diocésaines de Poitiers.
Louis René Hercule fut un prêtre engagé et un républicain convaincu. En 1792, il fait partie du corps d’électeurs du canton de Saint-Pardoux, ainsi qu’Antoine Gilbert, J.-Marie Guérineau, René Château, Jean Robin, Jean Guitton, et Pierre Pineau. Réf. 5 F 38.

Le 8 mai 1791, 153 électeurs du département se réunissent à l’église Notre-Dame de Niort, ils doivent élire un nouvel évêque. À la précédente élection, qui avait eu lieu en 1790, le prêtre Jallet, puis Prieur avaient été élus, mais avaient renoncé à cette dignité. Ces électeurs viennent des six districts : Melle, Niort, Saint-Maixent, Parthenay, Châtillon et Thouars. Le curé Terrasson a obtenu une voix. Mestadier a été élu évêque constitutionnel, avec 64 voix. Réf 6 F 13.
En 1793, il dépose ses lettres de prêtrise. Le 4 juillet 1795, il écrit à l’abbé Grégoire* pour lui demander ce qu’il devait faire, car , selon ses propres mots, il séchait de douleur. Réf. Fracard, bulletin de la Société historique des Deux-Sèvres ; 3ème trimestre 1970.

Louis René Hercule Terrasson est à la fois dans le canton de Champdeniers, prêtre et homme politique.

Le premier jour complémentaire de l’an V, devant Bastard, notaire à Champdeniers, par l’administration de Champdeniers est fourni un certificat de résidence pour le curé Terrasson, ecclésiastique demeurant au dit Champdeniers de même que pour Charles André Texier, Joseph Ayrault et Louis Brelay, tous notés pensionnés ecclésiastiques sauf Charles André Texier.
De l’an III à l’an VIII, il est président de l’administration cantonale de Champdeniers et on le retrouve commissaire, selon un état de tous les membres de l’administration du canton de Champdeniers en exercice lors de sa suppression, dressé par Charles Auguste Texier, maire de Champdeniers, le 8 thermidor de l’an IX. Il demeure à Saint-Denis.

Le 14 vendémiaire de l’an V, Terrasson, au nom de l’administration municipale de Champdeniers adresse une lettre à l’administration du département des Deux-Sèvres, à propos de gardes nationales et notamment de l’article 5 de la loi du 28 prairial de l’an III . Il précise que l’administration municipale s’est réunie en séance.
L’article 5 de la dite loi stipule que les citoyens peu fortunés, les domestiques, journaliers et manouvriers ne seront pas compris dans le contrôle des compagnies à moins qu’ils ne réclament contre cette disposition. Deux opinions se sont exprimées à l’administration municipale. Les uns, dont Terrasson, veulent que cette disposition soit restreinte aux villes, mais les autres veulent qu’on l’étende aux campagnes. Chargé par ses collègues de consulter les administrateurs de département, Louis Hercule Terrasson les prie de donner leur réponse sur ce différend.

Le 5 floréal de l’an VI, Lévèque, receveur de l’agence nationale de l’enregistrement et des domaines procède, en présence des administrateurs du canton, à la ferme de la métairie du Luc, confisquée sur le dernier seigneur de Champdeniers, émigré. Ce qui pourrait impliquer la location d’une salle servant vraisemblablement aux délibérations de l’assemblée cantonale.
Ont signé Terrasson, président de l’administration cantonale, Ayrault, secrétaire adjoint et Pruel, sans désignation de fonction.

Le 8 floréal de l’an VI, comme président de cette administration cantonale, il écrit aux agents municipaux du canton, pour qu’ils invitent les époux de leurs communes qui ont une famille nombreuse, des enfants à la défense de la patrie, qui ont versé leur sang pour elle ou qui se sont recommandables dans les arts, à se réunir le 10 floréal, de 10 heures à 11 heures, à l’autel élevé à l’occasion de la « Fête des époux », pour la commune de Champdeniers. Réf. Histoire de Champdeniers par Léo Dessaivre.

Le 7 prairial de l’an VI, un courrier de l’administration de Champdeniers est adressé à l’administration municipale de Saint-Pardoux, par le président Terrasson. Ce courrier contient sept exemplaires de l’arrêté du 30 floréal de l’an VI, concernant la fixation des foires et des marchés.
Voici les mots du président : «  Convaincus que vous sentez tout le prix des communications, faites pour l’avantage du commerce et qu’il tient à la gloire nationale d’en fixer les rassemblements d’après le calendrier républicain, nous nous plaisons à croire que vous voudrez bien lui donner la plus grande publicité. Salut et fraternité. » Terrasson a signé ainsi qu’Ayrault, secrétaire adjoint.
Par arrêté du 12 fructidor de l’an VI, l’administration municipale, créa des marchés, notamment, les 3, 13, 23, de chaque mois en plus de ceux qui existaient déjà. À la délibération de l’administration municipale du canton de Champdeniers ont assisté Terrasson, président, C.A. Texier, secrétaire, Primault, Lambert, Couzinon, et Robert, administrateurs, Chabosseau, commissaire du pouvoir exécutif. Rapporté par Léo Dessaivre, dans son Histoire de Champdeniers qui cite les registres des délibérations municipales.

Il demeure à Saint-Denis dont il avait acheté la « maison curiale » avec ses dépendances, le 19 prairial de l’an IV pour un prix de 40 livres. Réf 1. Q 67.

Le 3 brumaire de l’an IX, un état général donne la composition des membres composant les conseils municipaux. Voici les noms des membres de la commune de Saint-Denis : Terrasson, ex-commissaire, Louis Pied, Pierre Barreau fils, René Bideau, Pierre Barreau, Saboureau dit Lion, Joseph Bonnin, Thavar de Saigné, Jacques Rimbault, François Thomazeau. Réf. Série 3 M.
On peut supposer qu’il était le secrétaire de la municipalité puisque du 5 messidor de l’an V jusqu’à son décès, il a rédigé tous les actes d’état civil. Son écriture caractéristique étant aisément identifiable.

Le 6 floréal de l’an IX, en vertu de l’article de la loi du 13 ventôse de l’an IX, concernant la nomination des directeurs de scrutin et les scrutateurs des communes de l’arrondissement de Niort, Louis René Hercule Terrasson est nommé directeur du scrutin pour les communes de Saint-Denis et Champeau et Pierre Thomazeau et Pierre Barreau scrutateurs. Réf. 3 M 13 et 18. Arrondissement de Niort.

Après le concordat de 1801, il est desservant de Champeaux et Saint-Denis.

Le 19 vendémiaire de l’an XIII, à l’hôtel de la préfecture de Niort, il fait sa déclaration de fidélité à la République française. Voici sa déclaration :  « Je jure et promets à Dieu sur les saintes Evangiles de garder obéissance et fidélité au gouvernement établi par la constitution de la République française. Je promets aussi de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue soit au dedans soit au dehors qui soit contraire à la tranquillité publique. Et si j’apprends qu’il se trouve contre l’Etat, je le ferai savoir au gouvernement ». Pièce n° 174.
Aux Archives diocésaines de Poitiers, on trouve à son sujet,dans un bref historique anonyme de l’histoire religieuse de Champdeniers, le commentaire suivant : « Il paraît par les actes de baptêmes, décès et mariages qu’il se regardait toujours comme curé de la Boissière, car il signait toujours ainsi, d’abord en toute lettres puis en abrégé. » Réf. Série Q/2- 9-1.

Il décède le 21 février 1807, à Saint-Denis. Un inventaire après décès a été établi par Maîtres Baraton et Robert, ses biens ont été évalués à 6251 francs et 15 centimes. Réf 3 E 4718.

Le préfet des Deux-Sèvres adresse au maire de Champeaux, le 3 mars 1807, une lettre dont voici la teneur :  « Je suis informé, monsieur, que Monsieur Louis René Hercule Terrasson, prêtre, desservant de votre commune est décédé, le 21 février dernier. Je vous invite à m’envoyer son extrait mortuaire sur papier libre. » Réf.1 M 35, n° 6496.

*L’abbé Grégoire (1750- 1831) fut député à la Constituante, évêque constitutionnel.

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