O comme : Officier d’Académie

C’est encore moi qui m’y colle ! En conséquence, le deuxième article (et dernier) de Raymond Deborde sur une personnalité bien connue de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des communes des Deux-Sèvres.

poignat2Pourquoi évoquer Maurice Poignat (1911-1997), officier d’Académie ? Son lieu de naissance (La Chapelle-Saint-Laurent, le 19 mai 1911) en fait plutôt un Bocain. Né d’un père cordonnier et d’une mère lingère dans une petite commune, il aurait pu être contraint comme beaucoup à une vie rurale et discrète. Pourtant, il va devenir un historien local reconnu, un journaliste, un écrivain, et sa carrière en fera un Gâtineau.
Historien, il est conservateur du musée Georges Turpin à Parthenay, membre de la Société historique des Deux-Sèvres et de la Société des antiquaires de l’Ouest. Il s’intéresse à l’histoire régionale, au folklore, aux guerres de Vendée et fait d’importantes recherches en sillonnant les territoires de Gâtine et du département, recherches qui aboutissent à des milliers de fiches.
Journaliste, il est responsable des chroniques consacrées à Parthenay et à la Gâtine du journal Le Petit Courrier jusqu’à la guerre, puis du Courrier de l’Ouest à partir de 1944.
poignat1Il est aussi écrivain et publie plusieurs livres historiques sur la Gâtine, mais aussi iconographiques avec Parthenay et la Gâtine en cartes postales anciennes. Mais surtout, dès 1948, il commence à rédiger pour Le Courrier de l’Ouest une série d’articles consacrés aux communes des Deux-Sèvres. Ces années de travail se retrouvent compilées dans son œuvre monumentale Histoire des communes des Deux-Sèvres. C’est un bonheur pour les généalogistes : elle fourmille d’anecdotes et de renseignements qui permettent d’approcher au plus près le cadre paroissial puis communal où ont vécu nos aïeux. 2 tomes sont consacrés à sa chère Gâtine. Je ne résiste pas au plaisir d’extraire presque au hasard une petite anecdote qui se situe dans la commune de La Ferrière :
Au mois d’octobre 1836, le recrutement d’une institutrice ayant été envisagé, le maire, M. Bourdin, suggéra qu’il soit fait appel à une religieuse, et ce à fin d’économie, la paroisse s’engagea à lui fournir le logement et le mobilier. Trois conseillers ayant demandé un vote à bulletins secrets « il a été demandé – lit-on sur le registre des délibérations conservé à la mairie – de voter avec des pois, en prenant des pois blancs pour l’adoption et des pois rouges pour contre ». Cette curieuse façon de procéder avait été décidée afin de favoriser la tâche de certains conseillers sachant tout juste signer leur nom. Toujours est-il que la proposition d’accueillir une religieuse comme institutrice communale munie de son « diplôme » fut décidée… par sept pois rouges contre cinq pois blancs !

Maurice Poignat a reçu de justes récompenses honorifiques pour l’ensemble son travail . Il est ainsi Chevalier des Arts et Lettres, mais aussi Officier d’Académie (ou de l’Instruction publique) ce qui me permet de rendre hommage au rôle de transmission qu’il a eu. Avec ses livres, il a donné le goût de l’histoire locale et offert des pistes aux généalogistes de Gâtine et des Deux-Sèvres pour mieux connaître la vie de leurs ancêtres.

 

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