Belle Suzon, que fais-tu là seulette…

En dépouillant pour nous un registre d’état civil de Marnes (naissances 1793-an X), Serge Jardin a trouvé sur plusieurs pages (les vues 19 et 20) un poème ou une chanson qu’il nous a transcrit. Ce texte un peu coquin avait déjà été découvert en 2018 par le site GE86 mais, comme il concerne les Deux-Sèvres, il a toute sa place sur notre blog. Le rédacteur d’antan avait pris sa plus belle plume et s’était entraîné à former de belles lettres (vues 18 et 19) avant de se lancer dans l’écriture de ce texte d’inspiration bucolique.

Le suspense est total ! Quel amant va choisir la bergère Suzon, le riche poète en herbe ou bien Colinet ? Va-t-elle quitter ses agneaux pour Monseigneur ? Vous le saurez (peut-être) en lisant ci-dessous !

Belle Suzon que fais tu la seulette
Sur le gazon je veux faire ton Bonheur
accorde moi sur la plaisante herbette
le Doux plaisir de posséder ton tra deri dera la la
Le doux plaisir de posséder ton Coeur
Je n’entens pas monsieur votre langage
allez allez Chercher fortune ailleurs
Je suis Simple bergere du village
et je ne veux pas vous Donner mon tra deri lalat
et je ne veux pas vous donner mon Coeur
Charmante enfant ton air simple m’enchante
Crois moi ne refuse pas ton bonheur
Je sens pour toi que mon amour augmente
Si tu me fais le maitre de ton tra deri dera la la
Si tu me fais le maitre de ton Coeur
Que dira ton de moi dans le village
Si je m’en vais avec vous mon Seigneur
L’on vit que Suzon ne fût pas sage
Sur le gazon elle a perdu son .. Coeur
oui monsegneur avec vous je m’engage

Soyez mon tout cher amant enchanteur
Adieu agneaux houlette et paturage
Et je vous fais Le maître de mon Coeur
C’est en vain que tu m’abuse
toujours mon coeur te cherit
ce sourit qui t’embellit
Je le vois bien n’est qu’une ruse
mais non …
Si je te donne une rôse
tu l’attache a ton corset
mais celle que t’offre colinet
c’est sur ton sein que tu la pôse
sur ta bouche si mignonne
si je veux ceuillir un baiser
tu ôse me le refuser

Tandis qu’à d’autres tu le donne
Mais mon amour est toujours
Le plus fort, joli minois n’a jamais corti (?) du foyer
Le plus fort mais mon amoure o as fait

La fin est un peu confuse, l’œuvre est sans doute inachevée. Elle se conclut même par quelques calculs qui n’ont plus rien de poétiques.

Quel dommage ! Nous ne saurons sans doute jamais si Suzon aurait préféré la poésie (et une certaine aisance) à sa vie simple de bergère.

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