Comment éteindre un incendie dans l’urgence

Ah, si seulement un sacristain comme Jean Thiolet de Ménigoute avait été présent à la cathédrale Notre-Dame à Paris le jour de son incendie ! Dans le registre BMS 1700-1712 Ménigoute, à la vue 152/164, on trouve une note plutôt inattendue du curé : comment la destruction de l’église a été évitée de façon très originale mais efficace.

Le vingt et huictième jour de juillet entre une et deux
heures le tonnerre tomba sur le clocher de la grande eglise, otta
toutes les ardoises et descouvrit l’église des deux costes du
clocher sans pourtant rien bruler parce que le sacristain, jean
tiolet monta a la hauteur et eteignit le feu avec son
urine.
Dieu nous preserve de ces fleaux.

S Bourceau, ptre curé de Menigoute

à un moment, il faut faire appel aux professionnels !

J’aime beaucoup la conclusion religieuse faite par le curé à propos de ce drame évité de justesse : on se demande si le fléau est l’incendie ou l’urine du sacristain. L’acte a été signalé par Thierry Peronnet à Stéphane Dallet qui a donné sur le site Geneanet une analyse très complète et très juste de ce départ de feu à Ménigoute. Merci à tous les deux. Je retranscris tel quel le texte de Stéphane :

Soit l’incendie n’était pas vraiment menaçant, soit le sacristain pissait comme Gargantua sur La Rochelle. Que sait-on du pisseur héroïque de Ménigoute ? Peu de choses, d’autant plus qu’il y a plusieurs Jean Thiolet qui ont vécu à la même époque dans ce village. Le premier, marié à Radegonde Pin en 1703, a trois enfants dont Pierre qui devient maréchal. Le second qui épouse Elizabeth Coulongeat en 1715 est peut-être notre homme car il a quelques relations avec les notables du cru parmi lesquels le chapelain et la sœur du curé qui est marraine de l’un de ses enfants. Plus tard, la veuve Thiolet ira habiter chez les Dames religieuses de La Mothe-Saint-Héray et mariera deux de ses filles à Chenay et à Saint-Maixent. La date de décès du sacristain est incertaine, les actes donnant peu d’information sur les défunts. En fait, les deux homonymes pourraient bien être frères et les enfants de Nicolas Thiolet et Catherine Pillac qui font baptiser à Vasles deux petits Jean en 1670 et en 1676. Les dates concordent. Cependant, on n’affirmera rien faute de mariages filiatifs et compte tenu de l’abondance des Thiolet entre Latillé, Vasles et Thénezay…

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