Les pierres tombales de l’église de Champdeniers

L’église Notre-Dame de Champdeniers est une jolie église romane que j’ai découvert un dimanche de novembre en fin de matinée avant une randonnée à Rouvre : enserrée entre les maisons, elle est construite à l’est du bourg de Champdeniers sur le coteau qui domine la vallée de l’Égray. Son architecture et sa sculpture font de l’édifice un des plus remarquables exemples de l’art roman de la fin du 11e siècle en Deux-Sèvres. Pour y accéder, il faut descendre plusieurs paliers empierrés. La porte est abritée par un balet ; dans la partie latérale droite de ce balet, se trouve la pierre tombale de Catherine CARDINAUT, datant de 1611. Il faut descendre encore sept marches pour accéder à la nef.

C’était la fin de la messe, les fidéles sortaient de l’église. Occupée à prendre des photos  de la nef romane présentant de beaux piliers, des chapiteaux décorés et des pierres tombales dressées le long des murs, j’ai failli me faire enfermer dans l‘église.

Mais le monsieur qui venait de fermer les grandes portes de l’église m’a alors gentiment proposé de visiter la crypte. Contre le pilier sud-est du carré du transept, s’ouvre l’escalier qui mène à la crypte. Deux rangées de colonnettes monolithiques, aux chapiteaux décorés la divise en trois nefs voutées. Une petite ouverture orientale lui apporte un peu de lumière.

Surprise, en remontant, la porte de la sacristie a été fermée, et le monsieur doit taper sur la porte plusieurs fois avant qu’on ne lui ouvre. Après ces péripéties et avoir remercié ce monsieur, je peux enfin sortir de l’église et prendre en photo la pierre tombale de Marie CARDINAUT (+1611) située sur la partie latérale gauche du balet en sortant  de l’église :

CY GIT LE CORPS DE CATHERINE CARDINAUT
QUI DECEDA LE PREMIER JOUR DE JUIN 1611

Les registres en ligne de Champdeniers ne commençant qu’en 1622, je n’ai par conséquent pas pu rechercher son acte de décès.

L’église Notre-Dame de Champdeniers possède à l’intérieur plusieurs autres pierres tombales :

  • Une première située contre le dernier pilier de la nef latérale sud, est celle de Geoffroi DE BERNARD mort en 1535, pierre indiquée dans le livre Mémoires/Société  Historique et scientifique des Deux-Sèvres -1914 [1] :

Gaufredus a Bernardo, scutifer, dum vivet dominus de Prechapon, hic suam terre partem redidit die 28a martii anno Domini 1535, tandem resumpturus dum interim corporis contagiat expiat, spiritus, communem judicem.

 O viator, placato, marcescit otio virtus.

“Geoffroi de Bernard, ecuyer, segneur de Prechapon, ici a rendu sa part à la terre le 28e jour de mars de l’an du seigneur 1535 ; Enfin son esprit retrouvera le juge commun après qu’il ait expié les imperfections du corps.

O voyageur, soix en paix, la vertu se flétrit dans l’oisveté.»

  • Contre le mur de la 4eme travée de la nef latérale sud est dressée la pierre tombale de Marie TURPIN, veuve de Louis CHASTEIGNER, seigneur de Rouvre, morte en mai 1583 :

Épitaphe tout le tour de la pierre tombale :

CY GIST DAME MARIE TURPIN …

CHASTEINIER ESCUYER SIEUR DE ROUVRE LAQUELLE DÉCÉDA LE ..MAY 1583 REQ.M …PACE

Avec en son centre 2 blasons et

…. CHA STAIGNIER … …

Il est précisé dans le Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres – 1918/01/01 (A7,T3) à 1918/06/30 [2] :

« La première tombe est celle de Marie Turpin, veuve de Loys Chasteigner. Elle porte ces mots ou abréviations : F. Amb. Command sti Remigi, mari Kariss. M. H. M. P. D. S., qu’il faut lire d’après le baron Pidoux de la Maduère, l’épigraphiste connu : Frater Ambfosius matri Karissimse monumentum hoc moerens posuit débita solvens. »

Les registres en ligne de Champdeniers ne commençant qu’en 1622, je n’ai par conséquent pas pu rechercher son acte de décès.

Dans le Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou – T2 Auteur : H. Beauchet-Filleau [3], j’ai trouvé des informations sur Louis Chasteigner :

14. — Chasteigner(Louis), 11° du nom, Ec., sgr de Rouvre, Mallevault, le Bourgneuf, St-Gelais, etc., fut blessé d’un coup de canon en défendant courageusement le château de la ville de Poitiers, qu’assiégeait l’amiral de Coligny en 1569, et mourut le 15 août; il fut inhumé dans l’église St-Didier. On y lisait cette épitaphe inscrite sur un tableau:

«Icy gist noble « homme Loys Chasteigner écuver vivant seigneur de

« Rouvre et de Mallevault, lequel fut tué d’une canon-

« nade étant aux défenses du château de cette ville

« durant le siège, de laquelle blessure il mourut le

« quinzième jour d’aoust 1569. Pour maintenir la foy,

« le service de son roy et sa patrie a fini honorablement

«sa vie. Frère Antoine Chasteigner, chevalier de

«l’ordre de S. Jean de Jérusalem, commandeur de

« S. Remy, fils puîné du susdit Louis a fait faire ce

«tableau le quinzième août 1594.»

Il avait épousé, par contrat du 15 nov. 1556, Marie TURPIN, fille de Jean, Ec., sgr de Jouhé, et de Françoise Turpin, dont il eut:

1° CÉSAR, qui suit;

2° ANTOINE, Chev. de l’ordre de St-Jean-de-Jérusalem, commandeur de St-Rémy en Gastine;

3° FRANÇOISE, mariée à Jean de Ponthieu, sgr de Gazon.

  • Contre le mur de la 2eme travée de la nef latérale sud est dressée la pierre tombale de Marie LE CLERC, veuve de Jehan GONDALLIER, morte le 1er mai 1598 :

Epitaphe :

CY GIST MARIE LECLERC VEUFVE DE FEU JEHAN GONDALLIER LAQUELLE DECEDA LE 5 MAI 1598 REQUIESCEM IN PACE

Avec une croix

et un blason où est inscrit :

Luctus occupat extrema gaudii »

« Toute à la joie vient le deuil »

Il est précisé dans le Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres – 1918/01/01 (A7,T3) à 1918/06/30 [2] :

« La deuxième tombe est celle de Marie Leclerc, veuve de Jean Gondalier. C’était la mère de Zacharie Gondalier, qui fut vicaire de Champdeniers et curé de Saint-Denis, où il restaura l’église du lieu, comme en fait foi l’inscription suivante visible encore dans un mur, seul reste de cette église : Z. G. Ssi Diontysii ecclesiam restiiuit rexit et reparavit anno 1606. La tombe de Marie Leclerc porte ce texte si plein de sens dans sa concision latine :

luctus occupât extrema gandii,

qui atteste, au surplus, avec celui de Saint-Denis, que le vicaire-curé possédait parfaitement une langue bien négligée de nos jours! »

J’ai retrouvé dans le registre de Champdeniers BMS 1622-1658 l’acte de décès de Zacharie Gondalier, qui a été inhumé le 18 février 1631 dans le cimetière de Champdeniers.

  • Contre le mur nord de la dernière travée de la nef latérale nord est dressée la pierre tombale de François BOUJEU, mort en 1649 :

CY GIST LE CORPS DE MES F BOUJEU VIVANT

                  II

                  II

                  II

=========================

                  II

CY GIST LE II CORPS DE FEU … UST GUILLEMAIN

    DECED    II E LE VINGT DEUX DAOUST 16.. PRIEZ DI

  EU POUR II  SON AME

SEPTEMBRE  … PRIEZ DIEU POUR SON AME

J’ai trouvé des informations sur cette famille dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 1/ Beauchet-Filleau [3] :

« Boujeu (François), sr de l’Houmeau, procureur fiscal, qui, à son retour d’un pèlerinage à St-Jacques de Compostelle, fonda dans l’église de Champdeniers une chapelle de St-Jacques, dans laquelle il fut inhumé. Son épitaphe s’y lit encore et nous fait connaître les détails précités, et de plus qu’il mourut le 13 sept. 1649, âgé de 53 ans, ayant épousé Marie BERTHOUIN, qui décéda le 11 mai 1660, à l’âge de 60 ans, laquelle fut inhumée dans cette chapelle, près de son époux. Nous le croyons père de :

Boujeu (François), sr de l’Houmeau, également procureur fiscal de Champdeniers, qui s’était marié en premières noces à Marie CHARRUYAU ou CHARRIAU, laquelle mourut le 6 déc. 1688, lui laissant JOSEPH, qui suit, et ensuite à Françoise LE MESLE, morte le 28 oct. 1682, à l’âge de 40 ans. Pour le repos de son âme son mari avait fondé une messe au couvent des Carmélites de Niort.

Boujeu(Joseph), Ec., sr de la Poupelière, avocat en Parlement, garde de la porte du Roi (gentilhomme à bec de corbin), mort à Paris en 1723. Il avait épousé en 1696 Jeanne BÉRANGER, fille de Jean, sr de la Boulaye, et de Marie Chaigneau, et en 1717 Elisabeth LAFFITON, décédée le 5 juin 1776, à l’âge de 85 ans, dont il eut, entre autres:

 1°JOSEPH-ANTOINE, Ec., sgr de la Poupelière, capitaine des chasses en Haut et Bas-Poitou, né le 2 nov. 1720, et mort célibataire à Surin en 1795;

2° MARIE-MARGUERITE, née le 26 mai 1719 et morte en 1802, épousa en 1744 Philippe Richard (de Xaintray). Ses descendants possèdent le portrait de M. de la Poupelière en costume de magistrat. (Notice Arnault de la Ménardière.) . »

NB : On appelait « gentilhomme à bec de corbin» les officiers anoblis par la charge de garde de la porte du roi.

J’ai trouvé également dans les Archives historiques du Poitou de 1893, le journal  de Simon ROBERT, notaire à Germond, en Bas-Poitou de 1621 à 1654 [4] qui donne quelques informations sur l’enterrement de François BOUJEU :

« Le lundi 13 septembre 1649 fut enterré en l’église de Champdenier Me François Boujeu, notaire du dit Champdenier, qui avoit déceddé la nuict précédente, auquel enterrement, y avoit six prestres. Mon fils Simon m’a rapporté que le dict enterrement fut faict fort honorablement y ayant quantité de cierge et du luminaire et personnes qui avoient le dueil en noir et y avoit deux hommes habillés en pèlerins 2.

2. Francois Boujeu avait fait lui-même le pèlerinage de Saint-Jacques en Galice. »

Selon les Bulletins de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres – 1870 [5]), François BOUJEU,  sieur de l’Houmeau et fils de notre François BOUJEU, « avait acheté le domaine de la Poupelière, paroisse de Surin, en 1678. Il était alors indivision entre Catherine Guillemin, épouse de Gille Bastard, et Renée Jourdain, veuve en premières noces d’Antoine Caillo, écuyer, sr de Beaulieu, et en secondes noces de Jacques Cantineau, écuyer, sr de la Cantinière, chef de Saint-Michel. »

Par ailleurs le depliant Surin.pdf  [6] précise que sa 2ème femme Françoise LE MESLE/LE MASLE a été  inhumée le 28 octobre 1682 en l’église de Surin :

« Au mur nord, reste une épitaphe de la fin du 17e siècle :

« Cy gist le corps de dame Françoise Le Masle qui décéda le 28 octobre 1682, âgée de 40 ans et en dessous gist aussi damoiselle Louise Le Masle, femme de François Bouieu Delhommeau, lequel porat fare a ses saintes intentions, par acte passé par Grugnet, notaire a Niort, le 17 janvier 1686, fonda pour toujours une messe par semaine au couvent des carmelites dudit lieu. Elle décéda après avoir vescu 55 ans dans une très grande piété, le 8me janvier 1686 ». »

Une visite de l’église de Surin est donc à programmer pour photographier cette épitaphe et l’église afin d’enrichir notre inventaire des pierres tombales. Si quelqu’un est intéressé, merci de nous le signaler et nous transmettre ensuite les photos, voire un article sur cette église.

  • Enfin une dernière pierre tombale est dressée contre le mur Nord, tombe non citée dans la brochure de l’église Notre-Dame de Champdeniers, à l’épitaphe à moitié effacée, ne permettant pas d’identifier une personne.

A proximité des fonts baptismaux, contre le mur de la 2e travée de la nef latérale, une plaque invite à « se souvenir des curés qui ont ici annoncé la Parole de Dieu » (Mementote praepositorum vestrorum qui vobis locuti sunt Verbum Dei), depuis Jehan Aymeret (1490-1494) jusqu’à Michel Fromenteau (1966).

Une fois la visite de l’église terminée, il faut descendre une des rues qui mène à la rivière souterraine, d’où on a un joli point de vue sur le clocher octogonal de l’église :

Ci-après quelques remarques sur le Journal de Simon ROBERT [4], trouvées en introduction du chapitre pages 385 et 386 :

« Considéré dans son ensemble, ce Journal n’est pas sans analogie avec les registres de l’état civil de cette époque. Simon Robert note avec une scrupuleuse exactitude les baptêmes, mariages et sepultures de ses parents, amis et voisins, et même des gentilshommes on notables des environs de sa résidence. Aucun détail n’est épargné ; il mentionne jusqu’aux maladies auxquelles les défunts ont succombé. Pour donner plus d’authenticité aux divers actes qui concernent sa famille, le notaire y met sa signature et fait même apposer celles du curé de Germond et autres assistants. Ces précautions ne lui semblaient sans doute pas inutiles ; nous le voyons témoigner quelque inquiétude relativement à la présence de certains actes sur le registre paroissial. Les enterrements ont souvent lieu à la date même du décès. On s’étonne qu’il en soit ainsi pour Charles Sentier, curé de Champdeniers, et autres personnages de marque. Ces renseignements individuels permettent de compléter quelques généalogies, mais en cela n’est pas tout l’intérêt du Journal.

Au temps où il débute, le protestantisme n’est point encore vaincu, les passions sont toujours vives entre les gentilshommes des deux confessions, des bandes huguenotes se montrent souvent dans les campagnes. Le calme renaît vers 1633, la Fronde ramène les gens d’armes dès 1648 et les violences continuent jusqu’en 1653. La Fontenelle de Vaudoré n’a fait qu’esquisser l’histoire de la Fronde en Poitou, Simon Robert nous apporte quelques détails sur les premières tentatives du comte du Daugnon.

Un fait plus intéressant est la révolte des Niortais contre les agents du fisc le 22 avril 1633, restée inconnue aux historiens de cette ville.

Bien d’autres détails montreront encore que cet humble journal n’a pas seulement un intérêt local et qu’il méritait à bien des égards d’être tiré de l’oubli. Il serait facile de suivre jusqu’à nos jours la famille de l’auteur du Journal. Les Robert furent de père en fils notaires à Germond ; le dernier exerçait encore en 1814 et il n’y a guère plus de 30 ans que la maison de Simon Robert, toujours possédée par des descendants, n’est plus habitée par les héritiers du nom. »

On peut situer Champdeniers sur la carte de Cassini [7] :

Feuille 100 Luçon : l’ouest (Coulonges, Cerizay, Parthenay, Saint-Maixent…)

Sources :

[1] Mémoires/Société  Historique et scientifique des Deux-Sèvres -1914

[2] Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres – 1918/01/01 (A7,T3) à 1918/06/30 (Auteur : Société historique et scientifique des Deux-Sèvres Edité en 1935 Source: Gallica via Geneanet)

[3] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tomes 1 et 2 / Beauchet-Filleau via Gallica

 [4] Archives historiques du Poitou de 1893, le journal  de Simon ROBERT, notaire à Germond, en Bas-Poitou de 1621 à 1654 Source: Gallica via Geneanet page 411

[5] Bulletins de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres – 1870 (4) Auteur : Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres Edité en 1870

[6] Surin.pdf www.poitiers.catholique.fr/parvis

[7] Carte de Cassini : Feuille 100 Luçon : l’ouest (Coulonges, Cerizay, Parthenay, Saint-Maixent…)

[8] Champdeniers-I.pdf et Champdeniers-II.pdf  www.poitiers.catholique.fr/parvis

2 commentaires sur « Les pierres tombales de l’église de Champdeniers »

  1. Extraordinaires recherches historiques à partir d’un édifice religieux et, comme souvent en Poitou, à ces époques, on reparle des conflits entre catholiques et membres de la RPR. Merci à son auteur.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci beaucoup pour cet article. Vous avez eu de la chance d’entrer dans l’église, rarement ouverte depuis quelques années. Il me semble qu’on y voit une autre tombe, celle de Gaspard Boujeu. (Les Boujeu sont mes ancêtres…) Sous l’église, dans la tannerie qui leur appartenait, plusieurs générations de Paris ont gravé leur nom dans une pierre.
    Je vous confirme la présence de la tombe de Françoise Le Masle à Surin.
    Si vous explorez le secteur, vous trouverez quelques tombes à Germond (la famille Aymer), quelques pierres tombales scellées dans le mur du choeur à Augé (le chirurgien Deshayes, le curé Delacroix…), de très anciennes plaques-tombes à Clavé, de très belles tombes à St-Gelais et Villiers-en-Plaine, mais plus rien à Xaintray, Faye, Béceleuf, Pamplie, Fenioux, Cherveux, St-Christophe, Echiré, Mazières, St-Pardoux, Allonne, St-Maxire, Verruyes, Vouhé… (A vérifier, toutefois.) En Gâtine du nord, on visitera l’église d’Amailloux entièrement pavée de pierres tombales, celle d’Hérisson où gît la tante de Voltaire et de la Peyratte où sont enterrés les Boulard à cinq mètres de l’auberge qu’ils exploitaient. De belles promenades en perspective.

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