Challenge de l’été : une aurore boréale dans le ciel de Brioux-sur-Boutonne en 1726

Un texte de Monique Bureau

En parcourant les anciennes revues du Cercle qui sont depuis quelques jours accessibles par nos adhérents  sur notre site internet,  je suis tombée, dans la revue N° 42 de septembre 2002, sur un événement que je reprends dans cet article et qui est référencé dans notre inventaire des curiosités des Registres des Deux-Sèvres.

Inaugurant son registre paroissial pour l’année 1727, DUBOSFRANC, curé de Brioux-sur-Boutonne consigne ce qui suit :

« nota + [en marge]

nota il parut le 19 octobre dernier un phenomene tel que navoit jamais paru a sept heures et demie du soir toute la terre parut en feu quoi quil fut nuit et que la lune qui estoit dans son dernier cartier ne seclaira point on y voyoit clair comme en plein jour on croyoit que cestoit la fin du monde dieu nous fasse la grace de nous y bien preparer, et dura six heures »

Les aurores boréales sont très rares en Poitou, j’ai recherché sur internet des informations sur cet événement de 1726 et ai trouvé un site qui recense les aurores boréales, dont celle du 19 octobre 1726 :

 http://geneadom.free.fr/meteo/1726.htm

« Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1726 on put observer dans de nombreux pays d’Europe, et jusque loin au sud, une aurore boréale « plus surprenante et plus longue qu’aucune qui ait encore jamais paru. Elle commença sur les sept heures du soir et dura jusqu’à plus d’une heure après minuit. Elle était si lumineuse qu’on lisait facilement les plus petits caractères ». Cette aurore boréale, qui est probablement la plus célèbre de l’histoire, fut à l’origine de la publication intitulée « Traité physique et historique de l’aurore boréale, Suite des Mémoires de l’Académie royale des sciences » et publié en 1731 par M. Jean-Jacques Dortous de Mairan mathématicien, astronome et géophysicien français né à Béziers en 1678. Il fut chargé de cette mission un peu comme l’avait été Edmond Halley dix ans plus tôt en Angleterre suite à l’aurore spectaculaire du 6 mars 1716.

Dans cet ouvrage il relève toutes les aurores boréales dont il a connaissance : la première d’entre elles eut lieu en 502. Entre 1716 et 1731, période particulièrement active, il recense un nombre impressionnant de 163 aurores boréales ! Selon lui, « depuis 1716, l’Aurore Boréale n’a pas discontinué de se montrer en France, en Angleterre et en Allemagne, et on l’y observe assidûment ». La raison en est probablement un regain brutal d’activité solaire faisant suite à une longue période d’accalmie. »

La survenance de l’aurore boréale d’octobre 1726 a été consignée dans les registres paroissiaux par plusieurs curés en France :

  • À Chemilly dans l’Allier, 
  • À Saint-Gourgon, Souday-Glatigny dans le Loir-et-Cher,
  • À Villiers-le-Sec en Haute-Marne,
  • À Corbeilles-en-Gatinais, Echilleuse, Sceaux-du-Gâtinais et Sceaux-du-Gâtinais dans le Loiret,
  • À Loisy-sur-Marne dans la Marne,
  • À Bonnet dans la Meuse,
  • À Flée, La Quinte et René dans la Sarthe,
  • À Chevagny-les-Chevrières, Saint-Romain-sous-Versigny et Frangy en Saône-et-Loire,
  • À La Chapelle-d’Andaine dans l’Orne,
  • À Lempaut-Sainte-Madeleine dans le Tarn,
  • À Arthonnay, Hauterive et Villegardin dans l’Yonne.

Certains curés ont donné des descriptions très détaillées de cette aurore boréale. Je vous invite à aller les consulter.

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