Recherches sur les soldats de la région de la Londe (76) vers 1940

Dans le cadre de l’apposition d’une stèle en mémoire des 15 soldats tombés au champ d’honneur le 13/06/1940 à La Londe (76), monsieur Denis Colange entreprend des recherches sur les familles de ces soldats et si possible retrouver famille proche pour une future cérémonie.

4 soldats sont originaires des Deux-Sèvres. Avec l’aimable autorisation de M. Colange, je reproduis ici les informations sur ces soldats.

  • Joseph Emile FLEAU, né à Allone 79 le 19/03/1913 CM Niort Mat132.Fils de FLEAU Ernest Emile et de GEFFARD Clémentine résidant à Secondigny. Versé au 90e RI à la Courtine en mai 40. Il tombera au champ d’honneur le 13 /06/1940 sur La Londe 76500 au cours de terribles combats et une résistance héroïque.
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Joseph Emile FLEAU (source D.Colange)

 

  • Lucien BERTAUD né le 15/01/1910 à Ménigoute décédé suite à ses blessures le 19 juin 1940 à l’autre bout de notre foret sur Bosc-Bénard-Commin 27 . Il reposerait à Fleury les Aubrais 45. Fils d’Eugène Honoré BERTAUD et de Marie BRACONNIER, époux de Félicia Anne Henriette AVERTY.

 

  • Roger GUILBOT, originaire ou natif de Parthenay, tombé au champ d’honneur le 13/06/1940

 

  • Henri DUTERTRE, plombier chauffagiste à Quincé (49), sera déporté, peut-être revenu.
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Roger GUILBOT (au milieu), Henri DUTERTRE (à droite, maillot rayé) (source D.Colange)

Monsieur Colange cherche toute information sur les 90ème, 125ème, 131ème RI et le 11ème RA de Vernon. Il cherche également à identifier les autres soldats de la photo ci-dessus.

Vous pouvez mettre vos informations en commentaires ou nous contacter, nous transmettrons à M. Colange.

Hiver 1788, notes du curé Imbert de la paroisse de Rigné.

Dans le registre paroissial de Rigné (commune rattachée en 1973 à Mauzé-Thouarsais puis en 2019 à Thouars), en fin d’année 1788 nous trouvons quelques notes rédigées par le curé Imbert sur le terrible hiver qu’a connu sa paroisse. Ce religieux a également effectué quelques notes l’année suivante sur la Révolution Française que vous trouverez ici .

L’hiver 1788-1789 est connu pour avoir été très froid, de nombreuses observations partout en France ont été effectuées. Le curé de Rigné écrit ceci : « Le froid a duré du 15 novembre jusqu’au 12 janvier. Il a été en ce pays 16 degrés et demi en dessous de zéro ou de glace ». Il contextualise par des données reçues de d’autres endroits : « Il a été en Alsace à vingt-quatre degré le 27 décembre, et le 5, 6 et 7 janvier en Lorraine ». Il fait l’observation également que le dégel avait été annoncé pour les 24, 31 décembre et le 1er janvier mais ne sera effectif qu’à compter du 12 janvier. Il note une dernière période de froid le 29 janvier 1789 où « les vignes sont gelées et le bois qui n’a pas été couvert de neige l’a été ».

Il complète ces éléments par le récit d’une épidémie ayant eu lieu sur la paroisse dont voici la description :

« La maladie qui a été commune et très mortelle a eu pour symptômes un grand mal de tête puis un grand point de côté. Trois jours après on crachait et mouchait le sang. On faisait quelques fois des vers, on mourait au sept, au neuf, au onze, au quinze. On a remarqué de la gangrène aux personnes mortes aux jambes, aux parties, aux bras. Les mouches (1) prenaient bien, on a fait des loochs (2) avec du baume et kermès (3) qui ont peu réussi cela facilitait les crachements, les lavements, la fièvre étaient propices au malade. On en a saigné qui ont échappé au danger promptement au reste la plupart avaient le dévoiement (4) c’est pourquoi ils n’ont pas été saignés, et mal à propos leur bouche dès le quatre ou cinquième jour infectait et était un signe mortel. De l’eau peu de bouillon était le meilleur requis. Deux femmes grosses ont accouché avec cette maladie avant le terme et toutes deux sont revenues en santé preuve qu’il fallait évacuer et même saigner dès le principe (5). »
(1) Mouche : Cataplasme
(2) Looch : Sirop
(3) Kermès : Expectorant, vomitif, connu sous le nom de Poudre des Chartreux
(4) Dévoiement : diarrhée
(5) Dès le principe : Dès le commencement
Puis Imbert, dresse la liste des victimes de l’épidémie et ceux qui en ont réchappé.
« Etat des malades de la paroisse de Rigny depuis le vingt cinq nov 1788 qui sont morts de la maladie épidémique.
Le 25 nov Marie GUIGNARD femme de Louis GUERIN fermier
Le 27 nov Jean RAGOT âgé de 34 ans
Le 22 Xbre Jeanne ECUYER âge 30 ans
Le 22 Xbre Jean DE LAUNAY âgé 35 ans
Le 25 Xbre Louis SORIN âgé de 75 ans
Le 26 Xbre Jean SORIN âgé de 52 ans
Le 31 Xbre Jean NEAU âgé de 36 ans
Le 3 janvier Jeanne BROTTIER 30 ans
Le 4 Anne CHARRI 35 ans
Le 5 janvier Louise MACET 30 ans
Le 3 janvier Un enfant de Fille de … SAVARI
Le 6 janvier la femme de Jean SORIN »

« Etat des malades qui l’ont été de la maladie épidémique depuis le 15 nov 1788 et qui n’ont pas succombé
Pierre BONNIN métayer du prioret le 16 nov administré
Jean POIREAU bordier le 18 9bre administré
Et plusieurs autres au meme tems
Depuis les neiges
Louis GUINFOLEAU le 25 9bre adm
Charles RICHARD, sa femme 30 9bre adm
La femme de Pierre DEBEUF conf.
Le domestique à feu Jean SORIN adm
Le vieux JUBELIN d’une chute
La Ve de Jean DE LAUNAY
La Ve GROLEAU
Charles fils de la Ve GENTI
Deux garçons de la fayancerie le 5 jenv
Pierre CARRE
SORIN de la Cholerie le 5 jenv
Une fille à la Cholerie
Francois SAVARY admin
La femme de François BROTIER 3 adminis
Henri JAUBERT, sa femme, sa fille
3 petits enfants le 5 jenvier
Un domestique à M. DE LA HAYE
Une fille nommée Marianne tous au lit »
« Conf. » et « Adm. » sont certainement pour définir confession et le fait d’administrer les derniers sacrements.

Cette maladie n’a pas touché que la petite paroisse de Rigné, elle a eu lieu partout en France, du Lyonnais à la Bretagne.

Ce court passage de fin de registre peut aider le généalogiste à appréhender la période 1788-1789 dans ses conditions climatiques et sanitaires qui furent en partie le terreau des événements de 1789. Il existe certainement d’autres registres à l’échelle du département relatant ces faits. Merci de nous les signaler.

Sources : Archives départementales des Deux-Sèvres, Rigné, BMS, 1730-1792, vue 264/291.