En Deux-Sèvres, on n’a pas de pétrole mais… Vous en êtes sûrs ? Histoire de Gérard GUERIN (1883-1965).

Situons un peu le personnage.

Gérard GUERIN naît le 16 décembre 1883 à Antignac (Charente-Maritime, aujourd’hui Saint-Georges-d’Antignac), il est le fils de Charles GUERIN, instituteur et de Emma Ferdinande FRERE. Ses parents se sont mariés à Saint-Aiguilin (Charente-Maritime), la famille de Charles GUERIN est originaire de La Tremblade (Charente-Maritime) et la famille de Emma FRERE est originaire de Charonne (rattachée à Paris en 1860). Gérard GUERIN se passionne pour la biologie sous toutes ses formes et obtint un doctorat. 1912, marque l’année de son mariage à Fontenay-le-Comte (Vendée) avec Marie Thérèse Clémence MADY, issue d’une famille de la ville. A cette époque il est répétiteur au collège de Fontenay, il le sera jusqu’en 1914 et enseignera jusqu’en 1928 en étant notamment membre de jurys d’examen à Poitiers. Charles GUERIN n’échappe pas au drame de la première guerre mondiale et fut mobilisé au 51ème régiment d’artillerie, fut aviateur de chasse et cité à l’ordre de l’Armée. Passionné d’ornithologie, il se consacra notamment à l’étude des chouettes, auxquelles il consacrera notamment deux livres en 1928 et en 1932 et fut le fondateur, toujours à Fontenay du musée ornithologique du Bas-Poitou dont il fit don d’une énorme collection d’oiseaux toujours visible (enfin quand le confinement sera terminé). Gérard GUERIN sera également actif pendant la Seconde Guerre mondiale sous le pseudonyme de Jean Chouan, menant des actions dans la région de Fontenay. Titulaire de nombreuses décorations dont la légion d’honneur, Gérard GUERIN s’éteint à Fontenay-le-Comte, le 10 octobre 1965.

Alors jusque là vous me dites, c’est bien gentil, un Charentais-Maritime, vivant en Vendée, quel lien avec les Deux-Sèvres ?

Il se trouve que Gérard GUERIN comme beaucoup d’érudits étaient des touche-à-tout, il s’intéressa notamment à l’archéologie et également à la radiesthésie. Le champ d’application de la radiesthésie que nous connaissons tous est représenté par le sourcier pouvant selon la croyance déterminer la présence d’eau pour les forages de puits notamment.

Ce champ de la géobiologie (qualifié de pseudoscience) bien que peu scientifique intéressa Gérard GUERIN, et il se mit en quête de trouver du pétrole. Son érudition et beaucoup de chance lui en ont fait trouver à Sainte-Soline près de Melle dans les Deux-Sèvres.

Ne trouvant rien de probant sur la découverte même de GUERIN à part une mention dans :

Dictionnaire historique des Vendéens célèbres : Additionné des incontournables, de Joël Pérocheau.

J’ai tenté de voir s’il était plausible de trouver du pétrole à Sainte-Soline.

La base du pétrole est un savant mélange de roches-mères, de dépôt argileux et de périodes géologiques permettant de déterminer si cela est plausible.

Sainte-Soline se situe dans une poche partant de Saint-Maixent-l’Ecole jusqu’à à peu près Montalembert qui dénote de la constitution géologique du reste du département. En effet d’après http://sigespoc.brgm.fr/IMG/pdf/atlas_geol.pdf , Sainte-Soline doit sa formation géologique au Jurassique, si nous affinons le résultat via le site Géoportail nous trouvons que Sainte-Soline se situe sur une formation du Kimmergérien dite J6 qui est connue pour ses dépôts argileux et ses sources pétrolifères à l’instar du nord du Royaume-Uni. Ensuite Sainte-Soline possède des dépôts (marnes) datant du Toarcien, autre époque du Jurassique (bien connu chez nous (car découvert à Thouars mais rare dans le sud du département) où les dépôts peuvent également être des sources pétrolifères enfin d’autres dépôts plus récents datent de l’Eocène (Géoportail abréviation RcJa). Ce cumul d’indices concordants a dû dans une démarche scientifique conduire Guérin à l’idée que potentiellement il y avait du pétrole à Sainte-Soline (rappelons que la découverte du Toarcien par Alcide d’Orbigny date de 1849 et a forcément eu un écho local fort dans l’apprentissage du jeune Guérin vers 1900). Ensuite il fallait trouver le pétrole, aussi infime soit-il, et pour cela, il a dû s’appuyer sur la radiesthésie ou d’autres méthodes géobiologiques. Science et chance l’ont conduit à la découverte.

A tout hasard si les habitants de Sainte-Soline, me lisent et essayent de creuser dans leur jardin, la chance de trouver un gisement exploitable de pétrole est infime vu la taille de la zone définie mais la question pourrait se poser en matière environnementale si le pays était amené à changer sa doctrine sur les pétroles dits de schistes.

Léon MAZIN de Mauzé-Thouarsais, prisonnier de guerre 14-18

Sur un site réservé au collectionneur est apparu ces derniers jours un Kriegsgefangenensendung (à vos souhaits), ou plus simplement une carte de prisonnier de guerre 14-18 concernant Léon Mazin de Mauzé Thouarsais.

Léon Mazin né en 1889 à Coulonges Thouarsais est le fils de François et de Jeanne Marliangeas. Il est le frère de Angéline (1892) et Norbert (1897).

Léon Mazin est fait prisonnier de guerre en septembre 1915 ayant été capturé sur la commune de Failly.

D’après le merveilleux site de la Croix Rouge sur les prisonniers de guerre de la première guerre mondiale, Léon Mazin sera prisonnier à Münster jusqu’en décembre 1918 (Lager I et II) date de son rapatriement comme noté sur sa fiche matricule consultable sur le site internet des AD.

Mais revenons à ce mot adressé le 14 janvier 1918 à sa soeur Angéline

« Chère petite soeur,

Heureux de te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment. J’espère que tu es en bonne santé toi aussi ainsi que maman. Reçu une lettre Marcelline ces jours aujourd’hui je lui réponds voici ce qu’elle me dit : Elle va t’écrire pour que tu te rendes à Thouars, Isidorine serait contente de faire connaissance avec toi, si elle ne t’a pas écrit, écris lui je te prie. Reçu également votre colis du 30/10 tout était complet bon état. Ton frère qui t’aime et t’embrasse de tout son cœur.

Léon Mazin »

Institué par la convention de La Haye en 1907 (la convention de Genève lui succédera) les prisonniers pouvaient recevoir lettres et colis selon un cadre très strict et servait de moyen de pression sur les prisonniers, leurs familles et le pays en général. Tout était évidemment contrôlé, les relatives bonnes nouvelles de Léon Mazin ne laissent pas apparaître la dénutrition et la saleté pourtant commune à tous ces lieux de détention.

L’action de la Croix Rouge Internationale, des sociétés philanthropiques et humanistes ont permis aux prisonniers et à leur famille de garder le lien indispensable pour tenir malgré tout.

Après la guerre, Léon Mazin repris son activité de forgeron/maréchal ferrant au hameau de Villiers, il se mariera en 1920 avec Adeline Charbonneau dont deux enfants Gilbert (1920) et Gilberte (1923). Il perdra sa mère Jeanne dans des circonstances tragiques, assassinée pour un crime crapuleux en 1932 et Léon Mazin connaîtra un destin similaire, il sera assassiné en 1945.

Prosper DEPREDOMME (1918-1997), de Thouars aux Flandres

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Le dernier article de cette série estivale portera sur un deux-sévrien d’adoption, né à Thouars mais coureur cycliste belge.

Généalogie et Famille

Prosper Charles DEPREDOMME est né à Thouars le 26 mai 1918 et est décédé le 8 novembre 1997 à Anderlecht en Belgique.

Prosper est le fils de David, originaire de Zarren et de Mary Ludovica DESMEDT originaire de Klerken. L’origine thouarsaise de Prosper vient probablement de la présence du père de Mary Ludovica, Evarist DESMEDT à Thouars lors de sa naissance. David DEPREDOMME est marchand, Evarist est ferrailleur.

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Parcours professionnel

Toute sa carrière il sera quasiment fidèle à l’équipe Wolber.

Côté courses, énormément de courses régionales flamandes et du Brabant. Quelques résultats en Suisse.

Son palmarès est marqué par une victoire par deux fois sur la classique Liège-Bastogne-Liège en 1946 et 1950 et sur le critérium de Bruxelles.

Sur le tour de France, on notera sa troisième place lors de la deuxième étape de l’année 1947.

Sa carrière prit fin au début des années 1950.

C’est ainsi que s’achève ce périple cycliste en Deux-Sèvres, cette série a peut-être porté chance à nos coureurs qui espérons pour Alaphilippe ou Pinot voir un des deux en jaune sur les Champs-Elysées.

Bonnes vacances…

Hiver 1788, notes du curé Imbert de la paroisse de Rigné.

Dans le registre paroissial de Rigné (commune rattachée en 1973 à Mauzé-Thouarsais puis en 2019 à Thouars), en fin d’année 1788 nous trouvons quelques notes rédigées par le curé Imbert sur le terrible hiver qu’a connu sa paroisse. Ce religieux a également effectué quelques notes l’année suivante sur la Révolution Française que vous trouverez ici .

L’hiver 1788-1789 est connu pour avoir été très froid, de nombreuses observations partout en France ont été effectuées. Le curé de Rigné écrit ceci : « Le froid a duré du 15 novembre jusqu’au 12 janvier. Il a été en ce pays 16 degrés et demi en dessous de zéro ou de glace ». Il contextualise par des données reçues de d’autres endroits : « Il a été en Alsace à vingt-quatre degré le 27 décembre, et le 5, 6 et 7 janvier en Lorraine ». Il fait l’observation également que le dégel avait été annoncé pour les 24, 31 décembre et le 1er janvier mais ne sera effectif qu’à compter du 12 janvier. Il note une dernière période de froid le 29 janvier 1789 où « les vignes sont gelées et le bois qui n’a pas été couvert de neige l’a été ».

Il complète ces éléments par le récit d’une épidémie ayant eu lieu sur la paroisse dont voici la description :

« La maladie qui a été commune et très mortelle a eu pour symptômes un grand mal de tête puis un grand point de côté. Trois jours après on crachait et mouchait le sang. On faisait quelques fois des vers, on mourait au sept, au neuf, au onze, au quinze. On a remarqué de la gangrène aux personnes mortes aux jambes, aux parties, aux bras. Les mouches (1) prenaient bien, on a fait des loochs (2) avec du baume et kermès (3) qui ont peu réussi cela facilitait les crachements, les lavements, la fièvre étaient propices au malade. On en a saigné qui ont échappé au danger promptement au reste la plupart avaient le dévoiement (4) c’est pourquoi ils n’ont pas été saignés, et mal à propos leur bouche dès le quatre ou cinquième jour infectait et était un signe mortel. De l’eau peu de bouillon était le meilleur requis. Deux femmes grosses ont accouché avec cette maladie avant le terme et toutes deux sont revenues en santé preuve qu’il fallait évacuer et même saigner dès le principe (5). »
(1) Mouche : Cataplasme
(2) Looch : Sirop
(3) Kermès : Expectorant, vomitif, connu sous le nom de Poudre des Chartreux
(4) Dévoiement : diarrhée
(5) Dès le principe : Dès le commencement
Puis Imbert, dresse la liste des victimes de l’épidémie et ceux qui en ont réchappé.
« Etat des malades de la paroisse de Rigny depuis le vingt cinq nov 1788 qui sont morts de la maladie épidémique.
Le 25 nov Marie GUIGNARD femme de Louis GUERIN fermier
Le 27 nov Jean RAGOT âgé de 34 ans
Le 22 Xbre Jeanne ECUYER âge 30 ans
Le 22 Xbre Jean DE LAUNAY âgé 35 ans
Le 25 Xbre Louis SORIN âgé de 75 ans
Le 26 Xbre Jean SORIN âgé de 52 ans
Le 31 Xbre Jean NEAU âgé de 36 ans
Le 3 janvier Jeanne BROTTIER 30 ans
Le 4 Anne CHARRI 35 ans
Le 5 janvier Louise MACET 30 ans
Le 3 janvier Un enfant de Fille de … SAVARI
Le 6 janvier la femme de Jean SORIN »

« Etat des malades qui l’ont été de la maladie épidémique depuis le 15 nov 1788 et qui n’ont pas succombé
Pierre BONNIN métayer du prioret le 16 nov administré
Jean POIREAU bordier le 18 9bre administré
Et plusieurs autres au meme tems
Depuis les neiges
Louis GUINFOLEAU le 25 9bre adm
Charles RICHARD, sa femme 30 9bre adm
La femme de Pierre DEBEUF conf.
Le domestique à feu Jean SORIN adm
Le vieux JUBELIN d’une chute
La Ve de Jean DE LAUNAY
La Ve GROLEAU
Charles fils de la Ve GENTI
Deux garçons de la fayancerie le 5 jenv
Pierre CARRE
SORIN de la Cholerie le 5 jenv
Une fille à la Cholerie
Francois SAVARY admin
La femme de François BROTIER 3 adminis
Henri JAUBERT, sa femme, sa fille
3 petits enfants le 5 jenvier
Un domestique à M. DE LA HAYE
Une fille nommée Marianne tous au lit »
« Conf. » et « Adm. » sont certainement pour définir confession et le fait d’administrer les derniers sacrements.

Cette maladie n’a pas touché que la petite paroisse de Rigné, elle a eu lieu partout en France, du Lyonnais à la Bretagne.

Ce court passage de fin de registre peut aider le généalogiste à appréhender la période 1788-1789 dans ses conditions climatiques et sanitaires qui furent en partie le terreau des événements de 1789. Il existe certainement d’autres registres à l’échelle du département relatant ces faits. Merci de nous les signaler.

Sources : Archives départementales des Deux-Sèvres, Rigné, BMS, 1730-1792, vue 264/291.

Des montreurs d’ours bosniaques en Deux-Sèvres

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Montreurs d’ours (couverture « Le Pèlerin » 1932)

Claude Brangier m’a signalé un acte de naissance insolite dans les registres de Fomperron. Il s’agit de la naissance du petit Théodore Mitrovvitch le 22 mars 1905. Le père prénommé Petro a 28 ans et il est montreur d’ours, originaire de Banja Luka, principale ville à population serbe de Bosnie. La mère, Marie Théodoro, 30 ans, a accouché « dans sa voiture arrêtée sur la route de Ménigoute à Saint-Maixent, au lieu dit Croix du Chêne aux Loups sur les minuit. »

La trouvaille de Claude m’a rappelé un autre acte découvert au hasard de mes recherches, le décès de Stanko Todorovitch à Terves près de la ferme des Sicaudières le 22 septembre 1907 « sur les 4 heure du soir ». J’en avais parlé il y a 4 ans sur mon blog personnel. L’homme avait 42 ans et était célibataire. Il était lui aussi originaire de Bosnie, du tout petit village de Sitnica situé dans une région montagneuse à population serbe et il exerçait également le métier de montreur d’ours. Il voyageait en groupe, avec au moins un autre montreur d’ours et un dresseur d’animaux, témoins sur l’acte de décès.

Dans les campagnes autrefois, c’était un peu d’aventure et une forme d’exotisme que proposaient ces « sans domicile fixe », comme l’écrivent les  maires de Fomperron et Terves, à une époque où les populations ne bougeaient pas encore beaucoup. Ces montreurs d’ours, qui venaient des Balkans mais aussi des Pyrénées, on peut les retrouver facilement sur des photographies et des cartes postales, preuve de l’intérêt ou de la curiosité qu’ils suscitaient.

Mais, comme Claude et moi, on peut aussi les rencontrer dans les registres d’état civil. Vous aussi, avez-vous trouvé des naissances, des mariages ou des décès de « gens du voyage » dans notre département des Deux-Sèvres ?

Flânerie dans le cimetière de Lageon

Inspirée par l’article sur le site des cimetières du Mellois, Mauricette Lesaint nous raconte une visite à celui de Lageon en Gâtine. Elle  aime  flâner dans les cimetières parce qu’ils sont un reflet des villages et elle y trouve parfois des tombes insolites.

Trois plaques posées sur une vieille tombe renseignent sur ceux qui reposent là. Les cœurs si fréquents dans ce coin de Gâtine m’émeuvent. Trois écritures différentes d’un même nom sur les trois plaques de cette tombe, c’est surprenant !

flanerie5.jpgPlaque supérieure
Baptiste GORIE :
Ici repose le corps
de Baptiste GORIE
décédé à Lageon
le … décembre 1885
… 56 ans

Plaque intermédiaire
Jean Baptiste GAURY
et Léon Constant GAURY :
Ici reposent les corps
de Jean Baptiste GAURY
décédé à Lageon
le 5 octobre 1885
à l’âge de 55 ans
et Leon Constant GAURY
décédé à Lageon le
7 novembre 1900
à l’âge de 32 ans

Plaque inférieure
Hortense GORIT née LOGEAY :
Ici repose le corps
de Hortense GORIT
née LOGEAY
décédée à Lageon
le 30 janvier 1924
à l’âge de 89 ans

La curiosité bien éveillée, j’ai voulu retrouver qui ils furent et ce qu’ils ont été pour ce village.

flanerie1Je consulte les recensements de population. Première trouvaille sur les recensements de La Boissière-Thouarsaise (Lageon depuis 1896). Il n’y a pas que l’écriture des GORIT qui fluctue, celle de Lageon aussi, ici Ageon !

Après GORIE, GAURY et GORIT, voici GORRY une nouvelle écriture pour la famille. Cette écriture est souvent utilisée dans nos registres paroissiaux.

flanerie2.jpgNotre famille GORRY habite Lageon. Baptiste est cultivateur en 1871, propriétaire en 1876. Hortense GORRY née LOGEAIS est sa femme. Ils ont deux fils, Léon et Eugène.
En 1836, sur les recensements de Maisontiers, Baptiste enfant de sept ans habitait avec ses parents fermiers à la Pinsonnière. Ce gros hameau est tout près de Lageon, comme les fermes Avec, le Temps , le Contretemps, l’Essai, Réussi, Ratil, l’Interrogateur, le Curieux.

Feuilletons maintenant les actes d’état civil. Nouvelle surprise : Aucune trace de deux Baptiste. Baptiste GORIE décédé à Lageon le …décembre 1885 à 56 ans et Jean Baptiste GAURY décédé à Lageon le 5 octobre 1885 à 55 ans semblent une seule et même personne. Un seul acte de décès le 18/12/1885. Comme au cimetière et sur les tables décennales, les graphies du nom varient sur les actes.

Ce problème d’écriture de nom trouve une solution avec le jugement du 20 septembre 1898, retranscrit sur le registre des naissances 1897-1903, pages 12 et 13, qui vient rectifier l’écriture de Baptiste GORIT, fils de François GORIT, mais aussi celle d’Hortense LOGEAY au lieu de LOGÉ. Notre couple portera dorénavant le nom de Baptiste GORIT et Hortense LOGEAY. Plusieurs actes furent annotés après ce jugement, comme ci-dessous.

flanerie6.pngJ’ai réussi à retrouver l’essentiel des actes d’état civil concernant ce couple et reporté les renseignements dans l’arbre ci-dessous. J’ai ainsi retrouvé les deux fils, leur mariage, et leur profession. Ils furent les boulangers de Lageon, d’abord Léon, celui qui meurt en 1900, puis Eugène. Il est avec sa femme, son fils et ses filles sur les recensements de 1901 et 1906. Sur son acte de naissance, une annotation précise qu’il a vécu jusqu’en 1951. Les fils de Baptiste GORIT et Hortense LOGEAY, Constant et Eugène GORIT furent-ils les boulangers de Lageon pendant cinquante ans ?

flanerie3

Tonnerre, le cochon est mort !

Claude Brangier nous communique une jolie anecdote trouvée dans le registre paroissial de Saint-Georges-de-Noisné (BMS 1692-1787, vue 164/183). Je vous la livre brute car elle se suffit à elle même. J’ai juste rajouté la ponctuation et corrigé quelque peu l’écriture, sans toucher aux tournures de phrases. Enfin, j’ai émis quelques hypothèses (en orange) pour certains mots manquants car le bas de la feuille est déchiré.

cochon
Extrait de l’album à colorier « Les animaux de la ferme ». Source Gallica

Nouvelle intéressante

Le sept juillet de cette présente année 1778, à six heures du matin, le tonnerre a tombé sur le clocher de notre église. Il a brisé toute la charpente de la flèche, a démoli les murs qui la supportent jusqu’à la voûte sans faire le moindre dommage à la cloche. Il a passé ensuite par le degré du clocher qu’il a tout démoli et fracassé. Étant ensuite arrivé jusqu’au bas du clocher, il a fait grand dommage aux murs et aux piliers dont deux ont été refaits tout à neuf ; de là, s’étant partagé, une partie a sorti par le vitrage du bas du clocher du côté du midi, lequel vitrage a été réduit en poudre et le pilier qui y est joint par le dehors a été tout démoli ; une autre partie du tonnerre a passé par le vitrage du chœur, pris le pupitre, a détruit en entier le dit vitrage, a passé dans la cour de la cure. Il est entré dans le toit à cochon qu’il a tué ; c’est le seul meurtre qu’il a fait ; il a entré aussi dans la cuisine de la cure il y avait deux personnes mais il n’a fait aucun blessé ; une autre partie du tonnerre a parcouru presque toute l’église n’a fait d’autre dommage que de fracasser les vitres de la basse aile du côté du couchant.

La fin du texte est malheureusement très parcellaire pour cause de déchirure. On devine toutefois qu’après s’être ému de la mort du cochon, le rédacteur (sans doute Gouin, curé de la paroisse) s’inquiète des répercussions financières pour réparer l’église.

Ce fâcheux incident a causé ______________ à l’église, il y en a eu pour le __________________ de deux mille cinq cent ___________________ a été à quatre mille __________________ l’église a été __________________

 


C’est bien la première fois que je vois mentionné dans les registres paroissiaux le décès d’un cochon ! Si comme Claude vous aussi vous trouvez au hasard de vos recherches dans les Archives en ligne des Deux-Sèvres une nouvelle intéressante, vous pouvez l’envoyer à l’adresse du blog genea79blog@laposte.net. Je me ferai un plaisir de la partager.

I comme : Interrogateur, Ratil… et autres fermes

Un article de Mauricette Lesaint qui est une de nos plus anciennes adhérentes. C’est donc une généalogiste fidèle mais aussi très active qui écrit le billet du jour. Elle a toujours vécu aux limites de la Vendée insurgée de 1793, de l’est deux-sévrien, entre Parthenay et Saint-Loup-sur-Thouet, à la partie nord-est angevine,  juste au-delà du Layon, ce qui lui a permis de sentir souvent ces traces de l’Histoire. Mauricette participe volontiers à la rédaction de notre revue et de notre blog.

Ma grand-mère Sidonie fut servante dans la ferme de Ratil en 1906, dit le recensement de population de Louin. Ratil est une des fermes près de la Pinsonnière.

Louin 1906 Lebout Sidonie Ratil 36 39
Sidonie Lebout recensée au Ratil de Louin en 1906 (source AD79)

L’eau n’est pas loin dans ces terres de granit et d’argile, les puits sont peu profonds, ce qui explique sans doute cet habitat très dispersé. Les maisons de ce coin de Gâtine étaient construites en petites pierres de granit et recouvertes de tuiles rondes.
La ferme avaient quelques prés et champs dans lesquels affleure souvent le granit et entourés de haies vives. La mare n’est jamais loin des bâtiments, les bêtes allaient s’y désaltérer.
Sur ces terres ingrates, avec quatre à cinq vaches laitières, quelques chèvres, deux cochons, des poules et des lapins, le fermier assurait la subsistance de sa famille. C’étaient des gens durs à la tache, qui ne sortaient de leur ferme que le dimanche.

Je les ai vus, dans les années cinquante, dans la boutique qu’avaient ouverte Sidonie et son mari après la grande guerre, café, épicerie et quelquefois salon de coiffure.
Les femmes allaient à la messe puis faisaient les achats indispensables. Pendant ce temps, les hommes jouaient à la boule en bois ou aux cartes suivant la saison, parfois se faisaient couper les cheveux, vidaient un verre au café, en discutant de la vache qu’ils avaient eu du mal à vêler, de l’influence du temps sur leur culture, puis rentraient à la ferme, prêts pour une nouvelle semaine de labeur.

interrogateur
L’Interrogateur, près de la Pinsonnière

Ces fermes : Ratil où fut gagée Sidonie ma grand-mère, Avec, l’Essai, l’Interrogateur, Réussi, le Curieux, le Temps et le Contretemps regroupées autour du hameau de la Pinsonnière, sont à cheval sur trois communes.
Elles furent construites juste avant 1881. Sur les recensements de population des communes Maisontiers, Louin et la Boissière-Thouarsaise, (Lageon depuis 1896), aucune de ces fermes ne figure en 1876 et elles y sont toutes en 1881.

Ma grand-mère Sidonie racontait que « ces fermes » appartenaient à un même propriétaire et que… chaque nom de ferme est le fragment d’une phrase.
Il existait déjà dans ce coin de Gâtine de pittoresques noms de hameaux et lieux-dits : La Pinsonnière, la Ronde, l’Orge-Boisseau, L’Ormeau-Pitry, l’Herpinière, Bel-Aise, Bellebouche, Puyrenard, la Roche-aux-Enfants, La Taverne, Rochemenue, les Viollières…
Pour nommer ces nouvelles fermes, le propriétaire utilisa une phrase…

Avec le temps et le contretemps, l’interrogateur curieux réussira-t-il l’essai ?

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Avec, le Temps et le Contretemps, l’Interrogateur, le Curieux, Réussi, Ratil, l’Essai

 

Naissances révolutionnaires à Gourgé

Merci à Nat du blog « Parentajhe à moé » qui m’a fait découvrir ce registre avec son article Un prénom… parmi d’autres.

calendrierPendant 6 mois, du 12 fructidor an II (29 août 1794) au 8 ventôse an III (26 février 1795), tous les enfants (20 filles et 10 garçons) qui naissent à Gourgé reçoivent un prénom issu du nouveau calendrier. Peut-être sommes nous dans une commune très républicaine. Nous sommes aux confins des zones menacées par les guerres de Vendée et certains hommes sont partis défendre la République. Mais peut-être aussi la pression sociale était-elle forte ou mal comprise, peut-être valait-il mieux s’afficher très républicain en choisissant parmi ces nouveaux prénoms pour les nouveaux-nés. Le plus étonnant est que ce phénomène semble très local car je ne retrouve rien de tel dans les communes voisines.

Pour les 3 premières naissances de cette période, on a donné comme prénom celui lié au jour de leur naissance : pour les 2 filles, on féminise le Fenouil du 12 fructidor et le Raisin du 1er vendémiaire en Fenouille et Raisine, et le garçon né le 14 vendémiaire se voit attribuer Réséda.
Par la suite, on laisse les familles choisir plus librement dans le calendrier républicain. Élément qui plaide pour une certaine pression sociale, les parents de filles se précipitent alors sur les prénoms compatibles avec l’ancien calendrier (Rose, Angélique, Véronique, Olive…) même si on trouve aussi une Immortelle et une Balsamine. Pour les garçons, on essaie d’éviter le pire (Bitume, Bouc ou Brocoli) mais il n’y a pas de prénoms équivalent à ceux en du calendrier chrétien. En lisant leurs prénoms, on a du coup plus l’impression de faire la cuisine (avec Tournesol, Laurier, Romarin, Sarrasin…) que de pouponner, surtout quand ou découvre qu’un des bébés se nomme ainsi Laurier Poirault !


La liste complète (sauf erreur ou oubli) des enfants nés durant cette période à Gourgé est ci-dessous, classée par sexe et par ordre alphabétique de prénom.

20 filles :
– Angélique Arnault – Angélique Cornuault – Angélique Robin
– Balsamine Girard
– Fenouille Tessier
– Immortelle Guillot
– Olive Bichon – Olive Garreau – Olive Naulin
– Renée Raisine Noirault
– Rose Bébien – Rose Fouard – Rose Grellier – Rose Lamée – Rose Minot – Rose Poirault – Rose Roux – Rose Sabourault
– Véronique David – Véronique Fradin

10 garçons :
– Grenade Bedain
– Laurier Guillebot – Laurier Poirault
– Raisin Chrétien – Raisin Thibault
– Réséda Guérin – Réséda Roy
– Romarin Pineau
– Sarrasin Blanc
– Tournesol Laurendeau

Après le 8 ventôse an III, c’est le retour à la normale à Gourgé puisque naît le 13 ventôse une petite Jeanne. Et on retrouve ensuite les habituels Pierre, Jean, Marie ou Françoise ! Ceux qui furent affublés des prénoms les plus pittoresques durant ces 6 mois de l’an III en changèrent sans doute à l’âge adulte. Ainsi, Nat nous apprend que son ancêtre Laurier Poirault abandonna par la suite son révolutionnaire prénom pour celui très royal de Louis.

 

Heureux (?) Noëls dans les Deux-Sèvres

Je me suis amusé à chercher sur notre base de donnée tous les enfants prénommés Noël (et Noëlle) retrouvés sur les registres paroissiaux un 25 décembre. Je n’ai pas étudié les registres d’état civil qui m’auraient apporté de nombreux prénoms composés (Noël-Auguste, Noël-Ferdinand…) que je me suis interdit. Je me suis limité au jour de la Nativité même si le 24 et le 26 connaissent aussi un pic de ce prénom. Sauf oubli ou erreur de ma part, voilà ce que cela donne :

– Noël Dalleryt en 1581 à St-Maixent (St-Saturnin)
– Noël Nichart en 1600 à Thouars (St-Laon)
– Noël Janeaux en 1614 à Sansais
– Noël Bourdin en 1618 à Exireuil
– Noël Ypeau en 1618 à Villefollet
– Noël Verdon en 1629 à Thouars (St-Laon)
– Noël Chalard en 1645 à Brioux-sur-Boutonne
– Noël Trochard en 1645 à Scillé
– Noël Chambourdisse en 1648 à St-Laurs
– Noël Boucicau en 1651 à Airvault
– Noël Noury en 1653 à St-Léger-de-Montbrun
– Noël Richard en 1654 au Vanneau
– Noël Fillon en 1655 à Vausseroux
– Noël Chevallier en 1656 à Thouars (St-Médard)
– Noël Buffeteau en 1667 à Coulon
– Noël Denet en 1678 à Thouars (St-Médard)
– Noël Toru en 1679 à Thouars (St-Médard)
– Noël Gin en 1681 à Ste-Verge
– Noël Guillemin en 1682 à Villiers-en-Plaine
– Noël Favreau à Ste-Verge en 1686
– Noël Bodin en 1695 au Pin
– Noël Bernier en 1698 à Thouars (St-Médard)
– Noël Depoy en 1704 à Luzay
– Noël Savarit en 1718 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Ouvrard en 1720 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Boileau en 1727 aux Aubiers
– Noël Brix en 1734 à St-Hilaire-de-Ligné
– Noël Chauveau en 1753 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Boussion en 1758 à Thouars (St-Laon)
– Noël Grenouilleau en 1760 à Argenton-Château
– Noël Brotier en 1779 aux Jumeaux
– Noël Thézard en 1781 à Hanc
– Noël Renault en 1791 à St-Léger-de-Montbrun

-Noëlle Sice en 1612 à Genneton
-Noëlle Glemin en 1618 à Genneton

S’il existe un pic de naissances d’enfants portant ce prénom le jour de Noël (ainsi que la veille et le lendemain), ce prénom est aussi donné tout au long de l’année. Globalement, il est relativement rare dans les Deux-Sèvres. Il est bien plus fréquent au XVIIe qu’au XVIIIe siècle. On le retrouve du sud au nord du département, mais il est plus particulièrement donné dans le Thouarsais !

J’espère que ces 33 Noël et ces 2 Noëlle furent heureux, mais je ne peux vous l’assurer ! Et je vous souhaite, ainsi que toute l’équipe du Cercle généalogique des Deux-Sèvres, un heureux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année !noel