Hiver 1788, notes du curé Imbert de la paroisse de Rigné.

Dans le registre paroissial de Rigné (commune rattachée en 1973 à Mauzé-Thouarsais puis en 2019 à Thouars), en fin d’année 1788 nous trouvons quelques notes rédigées par le curé Imbert sur le terrible hiver qu’a connu sa paroisse. Ce religieux a également effectué quelques notes l’année suivante sur la Révolution Française que vous trouverez ici .

L’hiver 1788-1789 est connu pour avoir été très froid, de nombreuses observations partout en France ont été effectuées. Le curé de Rigné écrit ceci : « Le froid a duré du 15 novembre jusqu’au 12 janvier. Il a été en ce pays 16 degrés et demi en dessous de zéro ou de glace ». Il contextualise par des données reçues de d’autres endroits : « Il a été en Alsace à vingt-quatre degré le 27 décembre, et le 5, 6 et 7 janvier en Lorraine ». Il fait l’observation également que le dégel avait été annoncé pour les 24, 31 décembre et le 1er janvier mais ne sera effectif qu’à compter du 12 janvier. Il note une dernière période de froid le 29 janvier 1789 où « les vignes sont gelées et le bois qui n’a pas été couvert de neige l’a été ».

Il complète ces éléments par le récit d’une épidémie ayant eu lieu sur la paroisse dont voici la description :

« La maladie qui a été commune et très mortelle a eu pour symptômes un grand mal de tête puis un grand point de côté. Trois jours après on crachait et mouchait le sang. On faisait quelques fois des vers, on mourait au sept, au neuf, au onze, au quinze. On a remarqué de la gangrène aux personnes mortes aux jambes, aux parties, aux bras. Les mouches (1) prenaient bien, on a fait des loochs (2) avec du baume et kermès (3) qui ont peu réussi cela facilitait les crachements, les lavements, la fièvre étaient propices au malade. On en a saigné qui ont échappé au danger promptement au reste la plupart avaient le dévoiement (4) c’est pourquoi ils n’ont pas été saignés, et mal à propos leur bouche dès le quatre ou cinquième jour infectait et était un signe mortel. De l’eau peu de bouillon était le meilleur requis. Deux femmes grosses ont accouché avec cette maladie avant le terme et toutes deux sont revenues en santé preuve qu’il fallait évacuer et même saigner dès le principe (5). »
(1) Mouche : Cataplasme
(2) Looch : Sirop
(3) Kermès : Expectorant, vomitif, connu sous le nom de Poudre des Chartreux
(4) Dévoiement : diarrhée
(5) Dès le principe : Dès le commencement
Puis Imbert, dresse la liste des victimes de l’épidémie et ceux qui en ont réchappé.
« Etat des malades de la paroisse de Rigny depuis le vingt cinq nov 1788 qui sont morts de la maladie épidémique.
Le 25 nov Marie GUIGNARD femme de Louis GUERIN fermier
Le 27 nov Jean RAGOT âgé de 34 ans
Le 22 Xbre Jeanne ECUYER âge 30 ans
Le 22 Xbre Jean DE LAUNAY âgé 35 ans
Le 25 Xbre Louis SORIN âgé de 75 ans
Le 26 Xbre Jean SORIN âgé de 52 ans
Le 31 Xbre Jean NEAU âgé de 36 ans
Le 3 janvier Jeanne BROTTIER 30 ans
Le 4 Anne CHARRI 35 ans
Le 5 janvier Louise MACET 30 ans
Le 3 janvier Un enfant de Fille de … SAVARI
Le 6 janvier la femme de Jean SORIN »

« Etat des malades qui l’ont été de la maladie épidémique depuis le 15 nov 1788 et qui n’ont pas succombé
Pierre BONNIN métayer du prioret le 16 nov administré
Jean POIREAU bordier le 18 9bre administré
Et plusieurs autres au meme tems
Depuis les neiges
Louis GUINFOLEAU le 25 9bre adm
Charles RICHARD, sa femme 30 9bre adm
La femme de Pierre DEBEUF conf.
Le domestique à feu Jean SORIN adm
Le vieux JUBELIN d’une chute
La Ve de Jean DE LAUNAY
La Ve GROLEAU
Charles fils de la Ve GENTI
Deux garçons de la fayancerie le 5 jenv
Pierre CARRE
SORIN de la Cholerie le 5 jenv
Une fille à la Cholerie
Francois SAVARY admin
La femme de François BROTIER 3 adminis
Henri JAUBERT, sa femme, sa fille
3 petits enfants le 5 jenvier
Un domestique à M. DE LA HAYE
Une fille nommée Marianne tous au lit »
« Conf. » et « Adm. » sont certainement pour définir confession et le fait d’administrer les derniers sacrements.

Cette maladie n’a pas touché que la petite paroisse de Rigné, elle a eu lieu partout en France, du Lyonnais à la Bretagne.

Ce court passage de fin de registre peut aider le généalogiste à appréhender la période 1788-1789 dans ses conditions climatiques et sanitaires qui furent en partie le terreau des événements de 1789. Il existe certainement d’autres registres à l’échelle du département relatant ces faits. Merci de nous les signaler.

Sources : Archives départementales des Deux-Sèvres, Rigné, BMS, 1730-1792, vue 264/291.

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Des montreurs d’ours bosniaques en Deux-Sèvres

ours 5
Montreurs d’ours (couverture « Le Pèlerin » 1932)

Claude Brangier m’a signalé un acte de naissance insolite dans les registres de Fomperron. Il s’agit de la naissance du petit Théodore Mitrovvitch le 22 mars 1905. Le père prénommé Petro a 28 ans et il est montreur d’ours, originaire de Banja Luka, principale ville à population serbe de Bosnie. La mère, Marie Théodoro, 30 ans, a accouché « dans sa voiture arrêtée sur la route de Ménigoute à Saint-Maixent, au lieu dit Croix du Chêne aux Loups sur les minuit. »

La trouvaille de Claude m’a rappelé un autre acte découvert au hasard de mes recherches, le décès de Stanko Todorovitch à Terves près de la ferme des Sicaudières le 22 septembre 1907 « sur les 4 heure du soir ». J’en avais parlé il y a 4 ans sur mon blog personnel. L’homme avait 42 ans et était célibataire. Il était lui aussi originaire de Bosnie, du tout petit village de Sitnica situé dans une région montagneuse à population serbe et il exerçait également le métier de montreur d’ours. Il voyageait en groupe, avec au moins un autre montreur d’ours et un dresseur d’animaux, témoins sur l’acte de décès.

Dans les campagnes autrefois, c’était un peu d’aventure et une forme d’exotisme que proposaient ces « sans domicile fixe », comme l’écrivent les  maires de Fomperron et Terves, à une époque où les populations ne bougeaient pas encore beaucoup. Ces montreurs d’ours, qui venaient des Balkans mais aussi des Pyrénées, on peut les retrouver facilement sur des photographies et des cartes postales, preuve de l’intérêt ou de la curiosité qu’ils suscitaient.

Mais, comme Claude et moi, on peut aussi les rencontrer dans les registres d’état civil. Vous aussi, avez-vous trouvé des naissances, des mariages ou des décès de « gens du voyage » dans notre département des Deux-Sèvres ?

Flânerie dans le cimetière de Lageon

Inspirée par l’article sur le site des cimetières du Mellois, Mauricette Lesaint nous raconte une visite à celui de Lageon en Gâtine. Elle  aime  flâner dans les cimetières parce qu’ils sont un reflet des villages et elle y trouve parfois des tombes insolites.

Trois plaques posées sur une vieille tombe renseignent sur ceux qui reposent là. Les cœurs si fréquents dans ce coin de Gâtine m’émeuvent. Trois écritures différentes d’un même nom sur les trois plaques de cette tombe, c’est surprenant !

flanerie5.jpgPlaque supérieure
Baptiste GORIE :
Ici repose le corps
de Baptiste GORIE
décédé à Lageon
le … décembre 1885
… 56 ans

Plaque intermédiaire
Jean Baptiste GAURY
et Léon Constant GAURY :
Ici reposent les corps
de Jean Baptiste GAURY
décédé à Lageon
le 5 octobre 1885
à l’âge de 55 ans
et Leon Constant GAURY
décédé à Lageon le
7 novembre 1900
à l’âge de 32 ans

Plaque inférieure
Hortense GORIT née LOGEAY :
Ici repose le corps
de Hortense GORIT
née LOGEAY
décédée à Lageon
le 30 janvier 1924
à l’âge de 89 ans

La curiosité bien éveillée, j’ai voulu retrouver qui ils furent et ce qu’ils ont été pour ce village.

flanerie1Je consulte les recensements de population. Première trouvaille sur les recensements de La Boissière-Thouarsaise (Lageon depuis 1896). Il n’y a pas que l’écriture des GORIT qui fluctue, celle de Lageon aussi, ici Ageon !

Après GORIE, GAURY et GORIT, voici GORRY une nouvelle écriture pour la famille. Cette écriture est souvent utilisée dans nos registres paroissiaux.

flanerie2.jpgNotre famille GORRY habite Lageon. Baptiste est cultivateur en 1871, propriétaire en 1876. Hortense GORRY née LOGEAIS est sa femme. Ils ont deux fils, Léon et Eugène.
En 1836, sur les recensements de Maisontiers, Baptiste enfant de sept ans habitait avec ses parents fermiers à la Pinsonnière. Ce gros hameau est tout près de Lageon, comme les fermes Avec, le Temps , le Contretemps, l’Essai, Réussi, Ratil, l’Interrogateur, le Curieux.

Feuilletons maintenant les actes d’état civil. Nouvelle surprise : Aucune trace de deux Baptiste. Baptiste GORIE décédé à Lageon le …décembre 1885 à 56 ans et Jean Baptiste GAURY décédé à Lageon le 5 octobre 1885 à 55 ans semblent une seule et même personne. Un seul acte de décès le 18/12/1885. Comme au cimetière et sur les tables décennales, les graphies du nom varient sur les actes.

Ce problème d’écriture de nom trouve une solution avec le jugement du 20 septembre 1898, retranscrit sur le registre des naissances 1897-1903, pages 12 et 13, qui vient rectifier l’écriture de Baptiste GORIT, fils de François GORIT, mais aussi celle d’Hortense LOGEAY au lieu de LOGÉ. Notre couple portera dorénavant le nom de Baptiste GORIT et Hortense LOGEAY. Plusieurs actes furent annotés après ce jugement, comme ci-dessous.

flanerie6.pngJ’ai réussi à retrouver l’essentiel des actes d’état civil concernant ce couple et reporté les renseignements dans l’arbre ci-dessous. J’ai ainsi retrouvé les deux fils, leur mariage, et leur profession. Ils furent les boulangers de Lageon, d’abord Léon, celui qui meurt en 1900, puis Eugène. Il est avec sa femme, son fils et ses filles sur les recensements de 1901 et 1906. Sur son acte de naissance, une annotation précise qu’il a vécu jusqu’en 1951. Les fils de Baptiste GORIT et Hortense LOGEAY, Constant et Eugène GORIT furent-ils les boulangers de Lageon pendant cinquante ans ?

flanerie3

Tonnerre, le cochon est mort !

Claude Brangier nous communique une jolie anecdote trouvée dans le registre paroissial de Saint-Georges-de-Noisné (BMS 1692-1787, vue 164/183). Je vous la livre brute car elle se suffit à elle même. J’ai juste rajouté la ponctuation et corrigé quelque peu l’écriture, sans toucher aux tournures de phrases. Enfin, j’ai émis quelques hypothèses (en orange) pour certains mots manquants car le bas de la feuille est déchiré.

cochon
Extrait de l’album à colorier « Les animaux de la ferme ». Source Gallica

Nouvelle intéressante

Le sept juillet de cette présente année 1778, à six heures du matin, le tonnerre a tombé sur le clocher de notre église. Il a brisé toute la charpente de la flèche, a démoli les murs qui la supportent jusqu’à la voûte sans faire le moindre dommage à la cloche. Il a passé ensuite par le degré du clocher qu’il a tout démoli et fracassé. Étant ensuite arrivé jusqu’au bas du clocher, il a fait grand dommage aux murs et aux piliers dont deux ont été refaits tout à neuf ; de là, s’étant partagé, une partie a sorti par le vitrage du bas du clocher du côté du midi, lequel vitrage a été réduit en poudre et le pilier qui y est joint par le dehors a été tout démoli ; une autre partie du tonnerre a passé par le vitrage du chœur, pris le pupitre, a détruit en entier le dit vitrage, a passé dans la cour de la cure. Il est entré dans le toit à cochon qu’il a tué ; c’est le seul meurtre qu’il a fait ; il a entré aussi dans la cuisine de la cure il y avait deux personnes mais il n’a fait aucun blessé ; une autre partie du tonnerre a parcouru presque toute l’église n’a fait d’autre dommage que de fracasser les vitres de la basse aile du côté du couchant.

La fin du texte est malheureusement très parcellaire pour cause de déchirure. On devine toutefois qu’après s’être ému de la mort du cochon, le rédacteur (sans doute Gouin, curé de la paroisse) s’inquiète des répercussions financières pour réparer l’église.

Ce fâcheux incident a causé ______________ à l’église, il y en a eu pour le __________________ de deux mille cinq cent ___________________ a été à quatre mille __________________ l’église a été __________________

 


C’est bien la première fois que je vois mentionné dans les registres paroissiaux le décès d’un cochon ! Si comme Claude vous aussi vous trouvez au hasard de vos recherches dans les Archives en ligne des Deux-Sèvres une nouvelle intéressante, vous pouvez l’envoyer à l’adresse du blog genea79blog@laposte.net. Je me ferai un plaisir de la partager.

I comme : Interrogateur, Ratil… et autres fermes

Un article de Mauricette Lesaint qui est une de nos plus anciennes adhérentes. C’est donc une généalogiste fidèle mais aussi très active qui écrit le billet du jour. Elle a toujours vécu aux limites de la Vendée insurgée de 1793, de l’est deux-sévrien, entre Parthenay et Saint-Loup-sur-Thouet, à la partie nord-est angevine,  juste au-delà du Layon, ce qui lui a permis de sentir souvent ces traces de l’Histoire. Mauricette participe volontiers à la rédaction de notre revue et de notre blog.

Ma grand-mère Sidonie fut servante dans la ferme de Ratil en 1906, dit le recensement de population de Louin. Ratil est une des fermes près de la Pinsonnière.

Louin 1906 Lebout Sidonie Ratil 36 39
Sidonie Lebout recensée au Ratil de Louin en 1906 (source AD79)

L’eau n’est pas loin dans ces terres de granit et d’argile, les puits sont peu profonds, ce qui explique sans doute cet habitat très dispersé. Les maisons de ce coin de Gâtine étaient construites en petites pierres de granit et recouvertes de tuiles rondes.
La ferme avaient quelques prés et champs dans lesquels affleure souvent le granit et entourés de haies vives. La mare n’est jamais loin des bâtiments, les bêtes allaient s’y désaltérer.
Sur ces terres ingrates, avec quatre à cinq vaches laitières, quelques chèvres, deux cochons, des poules et des lapins, le fermier assurait la subsistance de sa famille. C’étaient des gens durs à la tache, qui ne sortaient de leur ferme que le dimanche.

Je les ai vus, dans les années cinquante, dans la boutique qu’avaient ouverte Sidonie et son mari après la grande guerre, café, épicerie et quelquefois salon de coiffure.
Les femmes allaient à la messe puis faisaient les achats indispensables. Pendant ce temps, les hommes jouaient à la boule en bois ou aux cartes suivant la saison, parfois se faisaient couper les cheveux, vidaient un verre au café, en discutant de la vache qu’ils avaient eu du mal à vêler, de l’influence du temps sur leur culture, puis rentraient à la ferme, prêts pour une nouvelle semaine de labeur.

interrogateur
L’Interrogateur, près de la Pinsonnière

Ces fermes : Ratil où fut gagée Sidonie ma grand-mère, Avec, l’Essai, l’Interrogateur, Réussi, le Curieux, le Temps et le Contretemps regroupées autour du hameau de la Pinsonnière, sont à cheval sur trois communes.
Elles furent construites juste avant 1881. Sur les recensements de population des communes Maisontiers, Louin et la Boissière-Thouarsaise, (Lageon depuis 1896), aucune de ces fermes ne figure en 1876 et elles y sont toutes en 1881.

Ma grand-mère Sidonie racontait que « ces fermes » appartenaient à un même propriétaire et que… chaque nom de ferme est le fragment d’une phrase.
Il existait déjà dans ce coin de Gâtine de pittoresques noms de hameaux et lieux-dits : La Pinsonnière, la Ronde, l’Orge-Boisseau, L’Ormeau-Pitry, l’Herpinière, Bel-Aise, Bellebouche, Puyrenard, la Roche-aux-Enfants, La Taverne, Rochemenue, les Viollières…
Pour nommer ces nouvelles fermes, le propriétaire utilisa une phrase…

Avec le temps et le contretemps, l’interrogateur curieux réussira-t-il l’essai ?

fermes 2.jpg
Avec, le Temps et le Contretemps, l’Interrogateur, le Curieux, Réussi, Ratil, l’Essai

 

Naissances révolutionnaires à Gourgé

Merci à Nat du blog « Parentajhe à moé » qui m’a fait découvrir ce registre avec son article Un prénom… parmi d’autres.

calendrierPendant 6 mois, du 12 fructidor an II (29 août 1794) au 8 ventôse an III (26 février 1795), tous les enfants (20 filles et 10 garçons) qui naissent à Gourgé reçoivent un prénom issu du nouveau calendrier. Peut-être sommes nous dans une commune très républicaine. Nous sommes aux confins des zones menacées par les guerres de Vendée et certains hommes sont partis défendre la République. Mais peut-être aussi la pression sociale était-elle forte ou mal comprise, peut-être valait-il mieux s’afficher très républicain en choisissant parmi ces nouveaux prénoms pour les nouveaux-nés. Le plus étonnant est que ce phénomène semble très local car je ne retrouve rien de tel dans les communes voisines.

Pour les 3 premières naissances de cette période, on a donné comme prénom celui lié au jour de leur naissance : pour les 2 filles, on féminise le Fenouil du 12 fructidor et le Raisin du 1er vendémiaire en Fenouille et Raisine, et le garçon né le 14 vendémiaire se voit attribuer Réséda.
Par la suite, on laisse les familles choisir plus librement dans le calendrier républicain. Élément qui plaide pour une certaine pression sociale, les parents de filles se précipitent alors sur les prénoms compatibles avec l’ancien calendrier (Rose, Angélique, Véronique, Olive…) même si on trouve aussi une Immortelle et une Balsamine. Pour les garçons, on essaie d’éviter le pire (Bitume, Bouc ou Brocoli) mais il n’y a pas de prénoms équivalent à ceux en du calendrier chrétien. En lisant leurs prénoms, on a du coup plus l’impression de faire la cuisine (avec Tournesol, Laurier, Romarin, Sarrasin…) que de pouponner, surtout quand ou découvre qu’un des bébés se nomme ainsi Laurier Poirault !


La liste complète (sauf erreur ou oubli) des enfants nés durant cette période à Gourgé est ci-dessous, classée par sexe et par ordre alphabétique de prénom.

20 filles :
– Angélique Arnault – Angélique Cornuault – Angélique Robin
– Balsamine Girard
– Fenouille Tessier
– Immortelle Guillot
– Olive Bichon – Olive Garreau – Olive Naulin
– Renée Raisine Noirault
– Rose Bébien – Rose Fouard – Rose Grellier – Rose Lamée – Rose Minot – Rose Poirault – Rose Roux – Rose Sabourault
– Véronique David – Véronique Fradin

10 garçons :
– Grenade Bedain
– Laurier Guillebot – Laurier Poirault
– Raisin Chrétien – Raisin Thibault
– Réséda Guérin – Réséda Roy
– Romarin Pineau
– Sarrasin Blanc
– Tournesol Laurendeau

Après le 8 ventôse an III, c’est le retour à la normale à Gourgé puisque naît le 13 ventôse une petite Jeanne. Et on retrouve ensuite les habituels Pierre, Jean, Marie ou Françoise ! Ceux qui furent affublés des prénoms les plus pittoresques durant ces 6 mois de l’an III en changèrent sans doute à l’âge adulte. Ainsi, Nat nous apprend que son ancêtre Laurier Poirault abandonna par la suite son révolutionnaire prénom pour celui très royal de Louis.

 

Heureux (?) Noëls dans les Deux-Sèvres

Je me suis amusé à chercher sur notre base de donnée tous les enfants prénommés Noël (et Noëlle) retrouvés sur les registres paroissiaux un 25 décembre. Je n’ai pas étudié les registres d’état civil qui m’auraient apporté de nombreux prénoms composés (Noël-Auguste, Noël-Ferdinand…) que je me suis interdit. Je me suis limité au jour de la Nativité même si le 24 et le 26 connaissent aussi un pic de ce prénom. Sauf oubli ou erreur de ma part, voilà ce que cela donne :

– Noël Dalleryt en 1581 à St-Maixent (St-Saturnin)
– Noël Nichart en 1600 à Thouars (St-Laon)
– Noël Janeaux en 1614 à Sansais
– Noël Bourdin en 1618 à Exireuil
– Noël Ypeau en 1618 à Villefollet
– Noël Verdon en 1629 à Thouars (St-Laon)
– Noël Chalard en 1645 à Brioux-sur-Boutonne
– Noël Trochard en 1645 à Scillé
– Noël Chambourdisse en 1648 à St-Laurs
– Noël Boucicau en 1651 à Airvault
– Noël Noury en 1653 à St-Léger-de-Montbrun
– Noël Richard en 1654 au Vanneau
– Noël Fillon en 1655 à Vausseroux
– Noël Chevallier en 1656 à Thouars (St-Médard)
– Noël Buffeteau en 1667 à Coulon
– Noël Denet en 1678 à Thouars (St-Médard)
– Noël Toru en 1679 à Thouars (St-Médard)
– Noël Gin en 1681 à Ste-Verge
– Noël Guillemin en 1682 à Villiers-en-Plaine
– Noël Favreau à Ste-Verge en 1686
– Noël Bodin en 1695 au Pin
– Noël Bernier en 1698 à Thouars (St-Médard)
– Noël Depoy en 1704 à Luzay
– Noël Savarit en 1718 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Ouvrard en 1720 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Boileau en 1727 aux Aubiers
– Noël Brix en 1734 à St-Hilaire-de-Ligné
– Noël Chauveau en 1753 à St-Jouin-de-Marnes
– Noël Boussion en 1758 à Thouars (St-Laon)
– Noël Grenouilleau en 1760 à Argenton-Château
– Noël Brotier en 1779 aux Jumeaux
– Noël Thézard en 1781 à Hanc
– Noël Renault en 1791 à St-Léger-de-Montbrun

-Noëlle Sice en 1612 à Genneton
-Noëlle Glemin en 1618 à Genneton

S’il existe un pic de naissances d’enfants portant ce prénom le jour de Noël (ainsi que la veille et le lendemain), ce prénom est aussi donné tout au long de l’année. Globalement, il est relativement rare dans les Deux-Sèvres. Il est bien plus fréquent au XVIIe qu’au XVIIIe siècle. On le retrouve du sud au nord du département, mais il est plus particulièrement donné dans le Thouarsais !

J’espère que ces 33 Noël et ces 2 Noëlle furent heureux, mais je ne peux vous l’assurer ! Et je vous souhaite, ainsi que toute l’équipe du Cercle généalogique des Deux-Sèvres, un heureux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année !noel