La tombe de l’église de Pioussay

Le ChallengeAZ nous a permis d’enrichir notre liste des tombes dans les églises. En effet, à la lettre J, Danièle nous fait entrer dans l’église Saint-Martin du village de Pioussay pour y découvrir la tombe de Pierre Billaudeau. Je reprends peu ou prou le passage de son texte qui concerne notre inventaire.

Sous le premier banc à gauche de l’église Saint-Martin, juste devant le chœur, subsiste encore une plate tombe, fort bien entretenue, celle de Pierre Billaudeau. On peut lire le texte suivant gravé dans la pierre :

3

CY GIST LE
CORPS DE PIER
RE FILS DE M
MARC BILLAU
DEAU NOTAIRE
ET HARPANTE
URS AAGE DE
20 ANS DECE
DE LE 23 SEPT
EMBRE 1683
PRIEZ DIEU
POUR SON
AME

 

Les registres paroissiaux nous apprennent que huit membres de cette famille furent inhumés dans l’église de 1683 à 1767, soit pendant quatre générations consécutives mais les autres pierres tombales ont disparu. Nous y trouvons par ordre chronologique :

1. Pierre Billaudeau. (Seule sa tombe, la plus ancienne de la famille, subsiste aujourd’hui)

2. François Billaudeau, frère du précédent, est inhumé dans l’église de Pioussay le 21 juillet 1692, âgé d’environ 35 ans, fils de Marc et de feue Marie Brissonneau, époux de Renée Besson, elle-même inhumée le 21 mai 1720 dans l’église de Lorigné.

3. Marc Billaudeau, notaire de Ruffec, père des deux précédents, demeurant à Lorigné est « inhumé dans mon églize [de Pioussay] le 22 février 1688 aagé de 71 ans ». (vue 139/284)

4. Marie Ayrault, est inhumée dans l’église de Pioussay le 18 novembre 1702 à l’âge de 25 ans, femme de Jean Billaudeau [qui suit] de la paroisse de Lorigné (vue 203/284)

5. Jean Billaudeau, [fils de François et petit-fils de Marc qui précèdent] demeurant au village de la Jarge, âgé de 69 ans, a été inhumé dans l’église [de Pioussay] « sur le coté droit de la grande porte en entrant, le 12 janvier 1747 » (vue 62/175)

6. Jeanne Billaudeau, demeurant à la Jarge, fille de feu Jean [qui précède] et de Françoise Riché [qui suit] a été inhumée dans l’église [de Pioussay] le 6 mai 1753, âgée de 30 ans. (Vue 119/175)

7. Françoise Riché, demeurant à la Jarge, âgée de 67 ans, veuve de Jean Billaudeau [qui précède] a été inhumée dans l’église, le 11 mai 1753 en présence de ses trois enfants, Louis, François et Jean qui signent (vue 119/175), c’est-à-dire 5 jours après sa fille Jeanne.

8. Jean Billaudeau, tailleur, âgé de 48 ans, [fils de Jean et Françoise Riché qui précèdent], veuf de Marie Bernard et époux de Louise Repain, demeurant à la Jarge, a été inhumé dans l’église [de Pioussay] le 6 août 1767 en présence de Louis Billaudeau qui signe. (vue 20/203 SEP).

La tombe de l’église d’Oroux

Il n’y a qu’une pierre tombale dont l’inscription est encore lisible dans la petite église Saint-Martin d’Oroux. Merci à Anne-Marie Moreau de nous l’avoir transmise. La pierre est usée, elle l’était peut-être moins il y a quelques années comme on le voit sur l’autre photo trouvée sur la page  http://www.parvis.poitierscatholique.fr/gatine/Oroux.pdf

Voici ce que j’ai réussi à en lire :

CI GIST LE CORPS DE
M RENE COSSIN SEIGNEUR
FONDATEUR ET BIENFACTEUR
DE L’EGLISE D’AUROUX DE
MAURIVET ET LAURIERE ….
ET AUTRES LIEUX ANCIEN
TRESORIER DE FRANCE
DU BUREAU DES FINANCES
DE POITIERS LORS DE
SON DECEDS ASSESSEUR
CIVIL ET CRIMINEL AU BAILLAGE …
MORT LE VII DBRE 1728 AGE
DE XXXXVII ANS   ….

Si vous constatez des erreurs ou si vous arrivez à en comprendre davantage, merci de me le dire en commentaire. Vos retours m’intéressent car j’ai un peu de mal avec la fin de quelques lignes.
Le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou cite René Cossin comme appartenant à une famille noble du Poitou…

famille poitou.jpg
Dictionnaire historique et généalogique des familles de l’ancien Poitou de Beauchet-Filleau

…et le registre paroissial (BMS Oroux 1718-1740, vue 27/54)  me confirme la date de sa sépulture et presque son âge.

registre.jpg
l’an 1728 et le 8 décembre a été inhumé dans mon église rené cossin seigneur de cette paroisse agé de quarante six ans ou environs en présence de ses parents et amis

 

Les tombes de l’église d’Airvault

Merci à Anne-Marie Moreau et à Franck Aguggiaro qui nous ont transmis ces photos.

La très belle église d’Airvault possède quelques tombes encore lisibles. La première se trouve dès l’entrée, sous le balet de l’église. On peut lire sur son pourtour :

CY GIT LE CORPS DE JEHANNE REGNAULT QUI DECEDA LE 12 NOVEMBRE 1616.

Le nom de cette femme n’apparait pas dans les registres paroissiaux. Peut-être est-elle apparentée à Rose Regnault qui décède à Airvault en 1620 à l’âge de 65 ans.

A l’intérieur de l’église, dans un bras du transept, on peut admirer le très beau tombeau de Pierre de Sainte-Fontaine, premier abbé du lieu, mort en 1110. Il est en forme de couvercle de sarcophage et sculpté du Christ entouré de huit apôtres.

Au dessus, on peut lire une inscription peinte sans doute au siècle dernier mais reprise d’un texte ancien :

SUB HOC TITULO CONDITUM EST CORPUS PETRI A FONTE SALUBRI QUI FUIT PRIMUS ABBAS AURREVALLIS. QUI P[ER]TRANSIS, ORA PRO IPSO. ET EST D(E)FUNCTU(S) VII IDUS AUGUS. ANNO AB INCARNATIONE D. MCX†
Sous ce tombeau est installé le corps de Pierre de Sainte-Fontaine qui fut le premier abbé d’Airvault. Passant, prie pour lui. Il est mort le septième jour avant les ides d’août l’an de l’incarnation du Seigneur 1110 .

Source traduction : Corpus de inscriptions latines et étrangères du Poitou, période médiévale 987-1453 par Jacques Jarry

Il existe enfin plusieurs autres pierres tombales à l’intérieur de l’église, plus ou moins lisibles.
Pour donner un caractère participatif à cet inventaire, je fais appel à vous, lecteurs du blog, pour nous aider à déchiffrer ce qui est écrit dans la mesure du possible. Vous pouvez envoyer vos transcriptions même partielles en commentaire, ou à l’adresse du blog genea79blog@laposte.net Je les rajouterai à l’article.
Merci d’avance.

 

La tombe de l’église de La Foye-Monjault

Merci à André Lemoine qui gère avec Jean-Jacques Merlet l’indispensable blog La Foye-Monjault à travers les siècles. Il nous transmet la photo de la seule pierre tombale encore lisible et visible à l’intérieur de l’église Saint-Simon-et-saint-Jude, celle sous laquelle repose Michel Gaultier.

Photo de Jean-Jacques Merlet

CY-GIT LE CORPS DE MICHEL GAULTIER, PROCUREUR ET NOTAIRE SEIGNEUR DE CE LIEU DE LA FAYE… DECEDE LE … JUIN 1717 PRIEZ DIEU POUR SON AME AMEN

André Lemoine et Jean-Jacques Merlet nous en apprennent davantage sur Michel Gaultier :

Les Gaultier étaient une ancienne famille de notables de La Foye, où ils furent très influents au XVIIe siècle. Ils l’étaient encore à la mort de Michel Gaultier en 1717, celui-ci sieur du Bail, procureur et notaire de la commune. Son frère André était également notaire et procureur au bourg. Son père, Nicolas, avait été sergent royal, notaire et procureur fiscal, le petit-fils de Nicolas Gaultier, notaire au village dès 1612. Sa pierre tombale est la seule de ce type qui ait subsisté de nos jours. Elle se trouve sur le côté droit, au milieu de l’église. Les inscriptions ont été protégées sur la partie droite grâce à un socle en bois sous les bancs.

Le texte du registre paroissial, écrit par le curé Ligault qui vient tout juste de prendre ses fonctions au village, fait écho à l’inscription gravée : Le 26 juin 1717, a été enterré dans l’église de ce lieu de La Foye-Monjault Michel Gaultier, sieur du Bail, fils de Nicolas Gaultier, sieur de la Girauderie, procureur fiscal de La Foye-Monjault, et de défunte Renée Prévot, par moi Ligault, curé de ce lieu, en présence de messire le curé de Vallans, du curé de La Revêtizon-Chabot, du curé de Beauvoir, de [Luc] Louveau, chirurgien, beau-frère, d’André Gaultier, frère, de Louis Racapé, sieur du Portal, greffier, cousin issu de germain, de Jeanne Louveau, sa veuve, et de Madeleine Louveau, belle-soeur.

Les tombes de l’église de Saint-Amand-sur-Sèvre

La première église explorée pour notre inventaire de tombes est celle de Saint-Amand-sur-Sèvre.  Merci à M. Pierre ANCEL à qui nous devons les photographies de ces 3 très belles tombes situées dans le chœur, derrière le maître-autel.

1ère tombe

ICY EST LE CORPS DE HTE ET PTE DAME ANNE LOUISE CHATEIGNER FEMME DE HAUT ET PUISSANT MESSIRE ALEXIS HENRI PETIT, CHEVALIER SEIGNEUR MARQUIS DE LA GUIERCHE ET DE CE LIEU DECEDEE LE 6 DECEMBRE 1713

Les registres paroissiaux antérieurs à la Révolution ayant disparu sur la commune de Saint-Amand-sur-Sèvre, il faut chercher ailleurs pour avoir des renseignements sur cette femme. Anne Louise CHATEIGNER épouse le 26 mai 1711 à Jaunay-Clan (Vienne) Alexis Henri PETIT de LA GUIERCHE, 1er chambellan de feu le frère du roi puis du duc d’Orléans. Il se remarie le 7 janvier 1721 à Terves avec Renée Julie LE LIEPVRE. On a donc un encadrement de la date du décès d’Anne Louise CHATEIGNER difficile à déchiffrer sur la pierre tombale. Selon M. ANCEL, ce serait le 6 décembre 1713.

2e tombe

ICY EST LE CŒUR DE HT ET PT MESSIRE ALEXIS HARDI PETIT CHEVALIER SEIGNEUR MARQUIS DE LA GUIERCHE ET DE CE LIEU DECEDE A PARIS LE 8 AVRIL 1747

Alexis Hardi PETIT est le fils d’Alexis Henri PETIT. Selon le « Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l’ancien Poitou » de Beauchet-Filleau, il se serait marié en 1734 avec Anne Françoise de GRANGE de SURGÈRES. La date de cette union me fait penser qu’il est sans doute né du 1er lit de son père et en conséquence enterré près de celle qui serait sa mère. Cette tombe nous renseigne aussi sur la date et le lieu de son décès.

3e tombe

ICY EST LE CORPS DE HT ET PT MESSIRE ALEXIS HENRI FRANÇOIS PETIT CHEVALIER SEIGNEUR MARQUIS DE LA GUIERCHE ET DE CE LIEU CAPITAINE DE DRAGON AGE DE 19 ANS DECEDE LE 13 JANVIER DE 1760

Alexis Henri François PETIT, toujours selon la même source (Beauchet-Filleau), est le fils du précédent et d’Anne Françoise de GRANGE de SURGÈRES. Il serait né le 27 septembre 1740. Il repose auprès de son père et de sa grand-mère paternelle.

Il y a aussi deux autres pierres tombales dans l’église mais elles sont malheureusement très usées et ne sont donc plus lisibles.

 

Merci d’avance à tous ceux qui, comme M. Pierre ANCEL, se prêteront au jeu de photographier et de faire partager les pierres tombales situées à l’intérieur des églises des Deux-Sèvres.

 

Inventaire des tombes à l’intérieur des églises

tombe airvault
A l’entrée de l’abbatiale d’Airvault

Le Cercle généalogique des Deux-Sèvres s’associe par l’intermédiaire de son blog à un projet imaginé par Stéphane Dallet. Voici l’essentiel de sa lettre :

« Il y a un inventaire qui n’a jamais été fait dans notre département, celui des pierres tombales qui sont encore dans les églises. Pourtant, ces tombes sont intéressantes à plus d’un titre : elles font partie du petit patrimoine et complètent de manière originale les généalogies construites sur les archives en papier. On trouve des tombes d’ancêtres (puisqu’il n’en existe aucun relevé) à Saint-Laurent de Parthenay, à La Peyratte, à Champdeniers, à Villiers-en-Plaine… Enfin, seules quelques tombes sont classées comme celles de l’église d’Hérisson (Jacquette AROUET la grand-tante de Voltaire y repose).
Cet inventaire peut être un but ou un détour de promenade dominicale. Il faudra parfois demander la clé de l’église, déplacer les bancs comme à Amailloux dont le chœur est entièrement pavé de plaques-tombes, regarder en l’air comme à Augé où la plaque du curé DELACROIX se trouve à trois mètres du sol, mais surtout ouvrir l’œil et faire des photos d’endroits mal éclairés. Il n’y a pas que des nobles et des prêtres dans les églises, mais aussi des petits notables, notaires, aubergistes et artisans, de quoi intéresser tous les généalogistes. La plupart des églises ont été bétonnées donc rien à voir, mais si les tombes subsistent, en calcaire, en grès, en granite ou en marbre, elles valent vraiment le coup. 

Toutes les personnes intéressées par ce projet peuvent nous contacter et envoyer leurs photos par mail à l’adresse genea79blog@laposte.net Elles paraîtront au fur et à mesure sur le blog et donneront ainsi corps à cet original projet d’inventaire des tombes dans les églises. Nous listerons sur notre site les églises visitées pour éviter les doublons.
De cette façon, peut-être quelqu’un pourra faire l’inventaire de l’abbatiale d’Airvault* que nous avons visitée samedi 30 mars, juste après l’assemblée générale du Cercle généalogique des Deux-Sèvres. J’ai juste pris en photo une tombe située à l’entrée. On peut lire sur le pourtour de la pierre : CY GIT LE CORPS DE JEHANNE REGNAULT QUI DECEDA LE 12 NOVEMBRE 1616. Mais il en reste d’autres à l’intérieur, dans le chœur essentiellement. Comme l’écrit Stéphane Dallet, il faudra pousser les chaises, le temps des photos. Pour être complet, il y a aussi dans le bras nord du transept le tombeau du premier abbé, Pierre de Sainte-Fontaine, mort en 1110.

* Ce fut une très belle visite et nous avons eu la chance de profiter d’un excellent guide, Serge ROUSSEAU de l’association de l’abbatiale Saint-Pierre d’Airvault, qui nous a fait partager avec humour sa passion pour ce site à travers la sculpture (les chapiteaux, les clés de voûte…) et  la musique (l’orgue à cylindre).