L’épitaphe dans l’église de Saint-Maixent-de-Beugné

Pas de pierre tombale dans cette église dédiée à saint Maixent mais cette étonnante épitaphe en forme de poème rimé au-dessus des stalles du côté nord :

Plusieurs seigneurs de La Roussière
sont enterrez soubz ce tombeau,
entre autre un qui fut le flambeau
de moi, sa plus chère lumière.
Le ciel qui receut son esprit
m’a laissé ses os et sa cendre
et en son nom en mon âme escript
pour au repos ici les rendre.
Pour ce maintenant je lui fais
honneur que mon debvoir m’ordonne
celui qui m’a faict avoir paix
veut que par mon nom je la donne.
Jehanne de Pois

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Challenge de l’été : les 79 premiers dessins d’Arthur Bouneault

Un texte de Raymond Deborde

Pour faire nos recherches autour des pierres tombales dans les églises, il est un ouvrage de référence que nous utilisons énormément : le répertoire des dessins archéologiques d’Arthur Bouneault. Le livre a plus d’un siècle. L’auteur, Alphonse Farault, conservateur adjoint de la bibliothèque de Niort, a listé les 2681 dessins réalisés par Arthur Bouneault, responsable du musée lapidaire de Niort, dans tous le département des Deux-Sèvres. On y trouve des reproductions de blasons, croix, cheminées, bas-reliefs, fenêtres… mais aussi de plates tombes. Cette liste nous sert donc à repérer les églises contenant potentiellement des pierres tombales.

Ainsi pour préparer sa visite à Saint-Vincent-la-Châtre, Monique avait une petite idée de ce qu’elle pouvait espérer y trouver.

Mais, mieux que le répertoire, l’idéal est d’avoir accès directement aux dessins d’Arthur Bouneault. Le titre complet du livre me laissait penser qu’ils étaient sans doute conservés à Niort, logiquement à la médiathèque Pierre-Moinot, puisque les dessins avaient été légués en leur temps à la bibliothèque municipale de Niort. J’ai donc pris contact avec le responsable du fonds ancien de la médiathèque. Il m’a confirmé l’existence de ce fonds, que certaines images avaient déjà été numérisées, à la demande, et il se proposait de répondre à toutes nos demandes quel qu’en soit le nombre !

Monique a donc listé les numéros des dessins qui nous intéressaient potentiellement (250 environ !) que j’ai communiquée à la médiathèque. Quelques instants plus tard, je recevais un premier envoi d’images, celles qui avaient déjà été numérisées.

Il y en avait 79 !

Le hasard est tellement beau que l’anecdote va trouver sa place dans le challenge de l’été, parlez-nous du 79.

Mais, ce qui est surtout précieux, c’est que nous pouvons maintenant admirer pour de vrai les dessins précis d’Arthur Bouneault. Ils sont remarquables et vont nous permettre de déchiffrer bien plus facilement des pierres qui se sont érodées en un siècle. Et nous les partagerons avec vous sur le blog au fur et à mesure.

Exemple avec la plate tombe d’Aubert Gazeau à Saint-Vincent-la-Châtre illustrée par Arthur et photographiée par Monique : le texte devient aisément lisible et on peut apprécier la qualité et la précision de cette tombe classée comme monument historique.

Bref, nous avons de quoi nous occuper autour des plates tombes, d’autant plus qu’un deuxième envoi de la médiathèque est déjà venu enrichir les 79 premières images. Si vous voulez participer à l’inventaire photographique, complémentaire aux dessins d’Arthur Bouneault, n’hésitez pas à nous contacter sur notre mail généa79@orange.fr

Arthur Bouneault (source Gallica : dictionnaire biographique des Deux-Sèvres)

En attendant, je me dois de remercier l’équipe du fonds ancien de la médiathèque de Niort qui a répondu favorablement et diligemment à toutes nos demandes. Pour les généalogistes, c’est un fonds à découvrir, riche de 50 000 volumes dont de nombreux qui concernent l’histoire du département dans des locaux tout justes rénovés. N’hésitez pas à leur rendre visite.

Je veux aussi remercier Ernest Alexandre (dit Arthur) Bouneault (1839-1910), auteur des dessins archéologiques. En cadeau posthume, voici l’arbre d’ascendance de cet érudit et artiste à la généalogie très niortaise.

Les pierres tombales de l’église Saint-Gilles de Saint-Coutant

J’ai visité l’église Saint-Gilles de Saint-Coutant par une belle journée de mai.

Selon le dépliant du Parvis Catholique :

Un peu d’histoire

Le lieu est déjà mentionné en 1092 sous le nom de Sancti Constancii. On ne sait ni quand ni pourquoi. l’église se trouvera ensuite placée sous le patronage de saint Gilles. Elle fut sous la dépendance de l’abbaye de Saint-Séverin-sur-Boutonne qui fonda à Saint-Coutant un prieuré de chanoines réguliers suivant la règle de Saint-Augustin. Les parties romanes de l’église attestent cependant une présence au XIIe siècle ; mais bientôt, suite peut-être aux guerres de Religion, une visite de l’église en 1647 la trouve « fort ruinée tant au dedans qu’au dehors, sans aulcunes vouste, qu’un petit reste sur l’autel et qui encore menace ruine ».

En 1728, le prieur Jacques Clémot, également curé de Saint-Vincent-la-Châtre, [cf. Articles sur les Pierres tombales de l’église de Saint-Vincent-la-Châtre] déclare qu’il a fait rebâtir l’église à ses propres frais « car elle n’avait plus de voûte et était totalement délabrée ».

En 1747 les voûtes sont de nouveau en mauvais état. La paroisse disparaît à la Révolution. Elle se relève pourtant à partir de la Restauration, dans un village qui compte pourtant 95% de protestants.

En 1917, c’est la réfection de la charpente écroulée, en 1991 la réfection totale du clocher carré, qui tranche par sa couverture d’ardoise sur son environnement de tuiles courbes. Enfin la commune achète un peu de terrain et recule le mur qui coupait en deux la face nord.

Une église complexe

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Les pierres tombales de l’église de Saint-Vincent-La-Châtre (2)

J’ai visité l’église de Saint-Vincent-La-Châtre par une belle journée de juin avec pour objectifs de recueillir des informations pour l’article paru en avril dernier sur la bénédiction de la  cloche de cette église.

Dans le premier article publié en mai 2022 sur les pierres tombales de cette église, je vous ai présenté la plate-tombe d’Aubert GAZEAU, jadis prieur de ce cette église et la pierre tombale des curés Augustin et Jean-Baptiste CLEMOT (+1701 et 1723). Poursuivons la découverte des autres pierres tombales.

La troisième pierre tombale est celle de Charles GARNIER et de son épouse Marie-Anne PANDIN  (+1743 et 1776) :

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Les pierres tombales de l’église Saints-Eutrope-et-Martin de Availles-sur-Chizé

La commune d’Availles a été rattachée à celle de Chizé en 1973. L’église d’Avallia dépendait de l’abbaye de la Trinité de Vendôme par suite d’une donation de la comtesse Agnès, en 1040.

Sous des apparences toutes simples, l’église dénote une histoire complexe. Elle a gardé le plan général des petites églises romanes, et leur pauvreté : nef en moellons, prolongée par une travée droite plus étroite, puis par une abside en hémicycle, après un nouveau ressaut. S’est greffé tardivement sur l’entrée sud un balet n’ouvrant que par une porte en plein cintre. Le tout est sous un unique toit de tuiles creuses d’où ressort seulement un petit campanile ajouté sur la façade condamnée, avec sa cloche de 1868.

Les contreforts ajoutés après coup et qui masquent une partie des trois baies romanes de l’abside se comprennent bien, vu la vétusté des murs dont le dévers se remarque aussi de l’intérieur. Le besoin de lumière a provoqué le percement de plusieurs baies gothiques.

La charpente et l’éclairage rénovés, la mise en valeur de l’appareillage des pierres blanches dans le chœur, montrent l’intérêt des communes pour leur patrimoine.

On trouve au mur de l’abside un blason marqué de trois clefs, armoiries de la famille CHEVALIER de la Coindardière.

Dans le beau dallage de pierre se trouvent cinq plates-tombes,

  • Une première, située à droite en entrant avec juste une croix gravée,
  • Une deuxième avec une épitaphe, située à droite,
  • une troisième à gauche avec une épitaphe et une croix gravée,
  • une quatrième avec une épitaphe, dans l’allée centrale, celle de Louis Armand de Rougemont (†1731),
  • La cinquième pierre tombale, accolée à la précédente, avec une épitaphe et une croix, celle de Jean Veillon, prêtre  (†1685)

La première pierre tombale est  située à droite en entrant avec juste une croix gravée :

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Les pierres tombales de l’église de Saint-Vincent-La-Châtre (1)

J’ai visité l’église de Saint-Vincent-La-Châtre par une belle journée de juin avec pour objectifs de recueillir des informations pour l’article paru en avril dernier sur la bénédiction de la  cloche de cette église.

La nef a une allure trapue, sans sa voûte, perdue sans doute aux guerres de Religion. Blanchie à deux couches de lait de chaux (1853), verres blancs aux fenêtres. Deux colonnes romanes signent l’espace avec leurs chapiteaux historiés : chien chassant un cerf, au nord, chien poursuivi par un animal fabuleux, de même facture qu’au portail, au sud. Le chœur consiste en une grande travée à voûte gothique surbaissée.

J’avais lu dans une notice sur cette église qu’on pouvait voir au sol dans le chœur ainsi que dans la nef des pierres tombales. La revue Poitevine et Saintongeaise dans son numéro de 1892 donne une description détaillée de ces pierres tombales :

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Les pierres tombales de l’église de Saint-Romans-Lès-Melle

J’ai visité l’église de Saint-Romans-lès-Melle avec Jacqueline par une belle journée de mars : elle est nichée dans un vallon, entourée de verdure. L’édifice, sans doute pour s’adapter au terrain, n’est pas orienté comme la plupart des églises médiévales : son chevet, où se trouvait jadis le cimetière, est au sud.

La porte a trois voussures et des colonnettes dont les chapiteaux s’ornent de feuillages et de gros masques dont l’un engloutit sa colonne, thème fréquent en Poitou et Saintonge : les engoulants, gueules dévorant le fût de la colonne (comme à Périgné).

On pénètre dans l’église en descendant quelques marches : une nef unique charpentée, une travée droite de chœur et une abside voûtée en cul-de-four.

Deux dalles funéraires ont été encastrées dans le mur sud de la nef lors de la réfection du dallage en 1846. Dans les deux épitaphes, le mot « baronnie » a été bûché, probablement à l’époque de la révolution.

La première est celle de Me François ALLAIN, fermier général de la Baronnie de Saint-Romans :

CY GIST LE CORPS DE

Me FRANCOIS ALLAIN

FERMIER GENERAL DE LA

BARONNIE DE ST

ROMANS AAGE DE

42 ANS DECEDE LE 21

DECEMBRE 1734

PRIES DIEU POUR SON AME

J’ai trouvé son acte de décès :

AD 79 – BMS 1700-1792 E DEPOT 109 / 2 E 285-2  – Vue 211/513

Selon les « Mémoires – Société historique et scientifique des Deux-Sèvres » de 1909 [1], François Louis ALLAIN, sieur Dumont ou du Mont, fermier général de la baronnie de Saint-Romans, fils de Louis Allain, maitre chirurgien et de Jeanne Texereau, du bourg de Fressines, épousait en 1730 Suzanne Pallardy, fille de François Pallardy, fermier général du château de Saint-Georges-de-Longue-Pierre et de Marguerite Gallard.

Du mariage de François-Louis Allain et de Suzanne Pallardy sont issus :

1° François-Louis, en 1755 lieutenant particulier civil au siège royal de Niort. En 1757, Président des traites foraines et domaniales de la Ville de Niort, Conseiller de Ville, 1765-1782.

Le 27 mars 1765 il épousait demoiselle Barré Élizabeth, fille de Alexis Barré procureur-échevin de la Ville de Niort.


2° Marie-Anne-Marguerite, épouse Monnet, Sieur de Lorbeau, seigneur du château de Bougouin de la Renaudière, la Tour-Chabot de Saint- Maixent.

Il mourait en 1734 et le 16 mars 1735 il était fait un inventaire de tous les biens meubles appartenant à la communauté. Nous avons extrait de cet inventaire quelques renseignements qui nous ont parus intéressants en ce qu’ils témoignent de la situation de fortune d’un fermier général, de sa situation sociale, de la façon dont il était logé, habillé, en quoi consistaient ses fonctions et aussi quelle était l’importance des fermages de la Terre-baronnie de Saint-Romans appartenant au comte de Choizeul.

Suzanne Pallardy est, elle, décédée en 1775 et a été inhumée le 30 octobre 1755 en l’église de Mougon.

Je vous parlerai plus longuement de François Louis ALLAIN dans un prochain article sur les fermiers généraux.

La deuxième dalle funéraire est celle de Daniel François CHABOT de BOISRENOU, lui aussi fermier général de la Baronnie de Saint-Romans :

CY GIST LE CORPS DE

DANIEL FRANCOIS CHABO

FERMIER GENERAL DE LA

BARONNIE DE S ROMANS

AAGE DE 45 ANS

DECEDE LE 9 JANVIER 1752

PRIES DIEU POUR SON AME

J’ai trouvé son acte de décès :

AD 79 – BMS 1670-1791 E DEPOT 109 / 2 E 285-1  – Vue 049/123

J’ai trouvé quelques informations sur les CHABOT de la branche de BOISRENOUX dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 2/ Beauchet-Filleau via Gallica [2] :

§ II. — BRANCHE DE BOISRENOUX.

8. — Chabot (Abraham), sr de Boisrenoux (Ste- Blandine, D.-S.), second fils de Jacques, sr de Moulin-Neuf, et de Jeanne Rivet (7e deg., § Ier), fut fermier général des abbayes de Celles et des Châtelliers, et mourut en 1750. Il avait épousé, le 15 janv. 1702, sa cousine, Catherine PEROT DE BEL-ISLE, fille de Daniel et de Marie Chabot (6° deg., §Ier), dont il eut:

1° MARIE, née en 1704, décédée le 1er sept. 1778 à Salles, s’était mariée d’abord, le 14 juin 1723 (Boissard, not. à St-Maixent), à Pierre Bonneau, sr de la Touche, puis le 7 juin 1738, à Etienne Nivennedes Châtelliers;

2° MARIE-FRANÇOISE, mariée, le 18 juin 1731, à François Rouget, sr de la Barbinière, lieutenant-général civil au siège de Niort, décédée le 6 sept. 1775;

3° DANIEL-FRANÇOIS, qui suit.

9. — Chabot (Daniel-François), fermier-général de la Bnie de St-Romans, épousa, le 3 janv. 1736, Marie FILLEAU, fille de Blaise-Félix, fermier général de la Bnie de St-Romans, dont il eut:

1°BLAISE-FÉLIX, né en 1738, mort sans postérité;

2° MARIE, née en 1739, morte en1750;

3° MARIE-ANNE-THÉRÈSE, née en 1740, décédée à Niort, le 6 juil. 1815, mariée, le 14 oct.1767, à André- Michel-Jacob Piet de Boisneuf;

4° ETIENNE-THOMAS; qui suit;

5° PIERRE-HENRI, rapporté au § IV;

6° LOUIS-FRANÇOIS, né en 1746, mort sans postérité;

7°LOUISE-JEANNE, née en1747, mariée, le 15 oct. 1767, à Louis- Charles Cuvillier, sr de Champoyau;

8° FRANÇOISE-HENRIETTE, née en 1749, mariée en 1767 à Jacques-Claude Jard-Panvilliers.

François Daniel CHABOT est un cousin issu de germain de Suzanne PALLARDY, l’épouse de François Louis ALLAIN.

Marie-Françoise CHABOT, sœur de François Daniel, a épousé François ROUGET, lui-même frère de Pierre ROUGET DE BOISGROLLIER dont le corps est inhumé dans l’église de Saint-Gelais (cf. Article les pierres tombales de l’église de Saint-Gelais).

Revenons à l’église : Au XVIIIe siècle, une chapelle seigneuriale a été construite à gauche de la travée du chœur, en hommage à la famille DE CHAMPAGNE, propriétaire du logis de Saint-Romans à cette époque. On y pénètre par une grande arcade coupant une baie romane. Le chapelain était choisi par les barons de Saint-Romans. Les armoiries de Madeleine Françoise de CHAMPAGNE DE LA SUZE, furent gravées dans la chapelle avec la date 1720 :

Selon le Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume de Nicolas Viton de Saint-Allais [3], Magdeleine Françoise DE CHAMPAGNE a été inhumée dans l’église de Saint-Romans le 17 avril 1731. Je n’ai pas trouvé l’acte de décès. Par contre j’ai trouvé l’acte de décès de son fils François Hubert,  comte de Villaines, lieutenant au régiment du Roi, décédé à l’âge de 19 ans et qui a été inhumé dans l’église de Saint-Romans le 16 novembre 1721.

Comme vu précédemment, Saint-Romans-Lès-Melle était le siège d’une baronnie. On peut voir, aux contreforts de la façade de l’église, des écussons aux armes de Jan de POIX, seigneur de Saint-Romans et de sa fille Jane.

Blason Jan DE POIX
Blason Jane DE POIX

J’ai trouvé quelques notes sur la généalogie de la maison DE POIX dans le Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine [4] :

Deux arrêts de la Chambre de Reformation de la Noblesse des 27 janvier et 10 mars 1671 ont maintenu la famille DE POIX dans la double qualité d’écuyer et de chevalier : ils lui ont reconnu le droit de porter pour armes : d’or à deux vols de gueules et de gueules à la bande d’argent accostée de six croix recroisettés d’or, 3 et 3.

Comme nous l’avons déjà dit, les demandeurs ont du y renoncer, fautes de pièces justificatives, à faire consacrer officiellement leurs prétentions de se rattacher directement à la grande famille de Picardie; ils se sont contentés de l’énoncer dans leur induction et d’y relater complaisamment des traditions qui leur étaient chères, sauf à faire partir de Mathurin seulement le cours de leurs degrés de filiation incontestablement prouvés.

I- Mathurin de POIX, seigneur de Saint-Romand (1), de Melle, de Parigné (Perigné) , vivait au XIVe siècle et habitait la province du Poitou, il est mort avant 1505. Il épousa Louise LE FRANC ou DES FRANCS, dont il eut deux fils : 1° Émery 2° Élie.

(1) La Seigneurerie de Saint-Romand ou plus exactement Saint-Romans, était située dans la paroisse de Saint-Romans-les-Melle, à peu de distance de Melle, (aujourd’hui chef-lieu d’arrondissement des Deux-Sèvres). D’après un document des Archives de la Vienne, elle appartenait en 1405 à Aimeri Richin à cause d’Hilaire Thibaude sa femme. Nous ignorons comment elle est passée aux mains de la Maison DE POIX. Après Mathurin, la Seigneurerie paraît avoir appartenu à son fils puiné Élie, indiqué comme seigneur de saint-Romans dans deux aveux du 8 juin 1590 et du 20 juin 1498.

André de POIX, son neveu, a porté, il est vrai, le même titre, jusqu’en 1509. Mais tout indique qu’il n’avait plus depuis longtemps les droits utiles de seigneurerie, car les aveux conservés aux archives de Poitiers sont dès 1490 au nom d’Hélie DE POIX, et dès 1509 au nom de son fils Jean.

La terre de Saint-Romans est restée en la possession du représentant de la branche poitevine de cette maison. Jeanne de Poix, dernière du nom de cette branche, l’apporta à son second mari, Guillaume Fouquet de la Varenne, entre les mains duquel elle fut érigée en baronnie par lettres royales de 1607. Elle passa, au siècle suivant de Guillaume Fouquet, marquis de la Varenne, dernier de ce nom, aux enfants et petits-enfants de Catherine Fouquet sa sœur, mariée en 1644 à Hubert de Champagne. Le 4 décembre 1716, Brandelis de Champagne, marquis de Vilaines, fit aveu de la baronnie de Saint-Romans, tant en son neveu qu’au nom des autres neveux de Guillaume Fouquet.

J’ai ainsi pu reconstituer la généalogie des familles DEPOIX et  DE CHAMPAGNE :

Saint-Romans-Lès-Melle était une halte sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle (la voie de Tours) : on peut voir une croix avec trois coquilles sur le linteau de la porte de la tour d’escalier extérieure, octogonale, menant au clocher, sur le côté latéral ouest.

En sortant de l’église, allez voir le cimetière ancien accroché au coteau, à l’ouest du monument. Pendant longtemps un autre cimetière se trouvait au chevet et sur le côté est de l’église. Le « petit cimetière » et le « cimetière du haut » coexisteront durant plusieurs années.

Vous pouvez également admirer de loin le logis de Saint-Romans, propriété privée aujourd’hui, en empruntant les chemins de randonnée autour et dans le village. C’est certainement dans cette demeure qu’ont vécu les familles DE POIX, ALLAIN et DE CHAMPAGNE évoquées dans cet article.

On peut voir quelques photos de ce logis dans le livre «Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres» [5] qui en fait également une description: «  Il siège au cœur d’un magnifique site paysager entretenu avec goût. Le corps de logis traversé par un ruisseau qui court dans le parc forme un long rectangle auquel sont adossés perpendiculairement les communs. La façade est ornée d’une tour crénelée en demi-cercle. Le logis de St-Romans contient une belle cheminée du XVème siècle ainsi que les armoiries des De Poix soutenues par deux animaux au-dessus d’une porte des communs. »

On peut situer Saint-Roman-lès-Melle sur la carte de Cassini   Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…) [6]:

Sources:                                           

[1] Mémoires – Société historique et scientifique des Deux-Sèvres de 1909 Source Gallica.

[2] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Tome 2/ Beauchet-Filleau Source Gallica.

[3] Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume de Nicolas Viton de Saint-Allais Source Gallica.

[4] Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine – 1881 (T15). Auteur : Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine Edité en 1881 Source Gallica.

[5] Livre «Châteaux, Manoirs et Logis des Deux-Sèvres», éditions A.P.P. 1991, réalisé par l’association Promotion Patrimoine

[6] Carte de Cassini   Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…).

[7] Saint-Romans.pdf : L’église de Saint-Romans-Lès-Melle © PARVIS – 1998 Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers http://www.poitiers.catholique.fr/parvis.

Les inscriptions funéraires de l’église Saint-Pierre de Chauray

Un texte de Michel Grimault, préambule par Monique Bureau

Préambule

J’ai visité l’église de Chauray après une randonnée par une belle journée ensoleillée mais froide, début janvier. Construite autrefois pour une petite paroisse rurale, l’église se dresse au milieu de l’ancien bourg, juste à côté de la mairie et de l’ancien temple dans un univers verdoyant. Les décorations de Noël sont encore en place.

On pénètre dans l’église par un magnifique portail roman, en descendant une marche.

La crèche de Noël est encore en place :

Lors des travaux de restauration de l’église en 1991, Michel Grimault avait pris des photos des pierres tombales, objets du présent article. Mais lors de cette première visite de l’église, je n’ai pas vu de traces des pierres tombales décrites par Michel ; aussi vendredi dernier, j’ai visité à nouveau l’église de Chauray accompagnée de Michel qui avait relevé la trace d’une des pierres tombales lors d’un récent enterrement auquel il avait assisté. Après quelques investigations, nous avons découvert la trace de trois autres pierres tombales ainsi que la présence d’un dessin. Rendez-vous en fin d’article pour en savoir plus.

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L’épitaphe de l’église de Germond

Avec Sylvie, nous avons visité l’église Saint-Médard de Germond pour partir à la recherche de la tombe de son ancêtre Simon Robert, inhumé dans la chapelle Sainte-Radegonde le 20 février 1679.

L’église date du XIe siècle. Le chœur roman est la partie la plus ancienne . On a rajouté au XIIIe siècle la travée du clocher de style gothique. Le massif clocher octogonal de style auvergnat viendrait d’un moine compagnon qui l’aurait ramené en Poitou. La chapelle gothique Sainte-Radegonde qui nous intéresse a été adjointe au XVe siècle. Ce lieu de culte et de prières a connu de nombreux remaniements. La voûte romane s’est effondrée et a été remplacée par une charpente en bois en 1754. Vers la même époque, le prieur Philibert Couraud (l’ennemi du chirurgien François Denis) a fait rehausser le sol de l’église en le pavant avec des pierres tombales extraites du grand cimetière. Conséquemment, il n’y a que des pierres tombales au sol, lisses malheureusement, et elles cachent toutes celles qui existaient précédemment.

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Les pierres tombales carolingiennes de Saint-Pierre de Melle

Un texte de Jacqueline Texier

Dans la triade romane des églises de Melle, Saint-Hilaire, Saint-Savinien et Saint-Pierre, édifiées sur la voie de Tours «la Via Turonensis » du chemin de Saint-Jacques de Compostelle,  je vais aujourd’hui m’intéresser à cette dernière et à ses tombes carolingiennes.

On peut découvrir dans cette église une importante collection d’épitaphes funéraires carolingiennes (6ème-10ème siècle). Deux d’entre elles ont été découvertes dès 1876 (aujourd’hui conservées au Donjon de Niort), puis un sarcophage fut découvert en 1971 et, enfin, une importante opération archéologique menée en 1992, lors de travaux d’assainissement du site par les monuments historiques, a permis de mettre à  jour un nombre important de tombes dans ce qui était le cimetière médiéval au pied de l’église d’origine sur laquelle est édifiée l’église actuelle.

L’importance de ce site semble directement liée à l’exploitation des mines de plomb argentifère de Melle (dont le nom provient de Metullum ou Metallum faisant référence à un gisement de métal), qui a donné sa période de prospérité à l’époque carolingienne.

Le livret de présentation d’une exposition présentée en 2009*,  conçue et réalisée par la Société archéologique et spéléologique du mellois et le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (Université de Poitiers/CNRS) précise : « La mise en œuvre matérielle des inscriptions diffère suivant leur caractère plus ou moins officiel et leur fonction. Tracées sur des supports de taille et de qualité variables, elles présentent des écritures diverses, voire mixtes. Quant à leur composition textuelle, elle peut être très simple (quelques mots sur une pierre tombale) ou beaucoup plus élaborée, allant jusqu’au poème épigraphique long de plusieurs dizaines de vers.

La collection épigraphique de Melle est originale et exceptionnelle. Il s’agit quantitativement d’un des plus grands et importants ensembles datant de cette période à l’échelle de l’Empire. Pour la plupart parfaitement et intégralement conservées, les épitaphes présentent en outre une cohérence, qui les distingue des productions poitevines, tourangelles ou angevines de même époque, par leur apparence matérielle, leur taille, leur support, leur écriture, leur forme littéraire ».

Détail un peu frustrant pour un généalogiste, les épitaphes carolingiennes indiquent  rarement l’année de la mort, seuls, le jour et le mois sont mentionnés pour célébrer la date anniversaire. Elles invitent à la prière pour le salut de l’âme du défunt. Les vivants prient pour ceux qui sont déjà morts en espérant que ceux qui leur survivront prieront pour eux.

Le livret précise encore : « L’efficacité de cet appel à la prière est évidemment limitée par l’incapacité d’une partie de la population à lire le texte… L’originalité graphique et textuelle des épitaphes de Melle suggère l’existence d’une petite société aristocratique qui possède non seulement la capacité d’écrire mais également un goût prononcé pour la création littéraire et l’évocation poétique. C’est donc un groupe de lettré, cultivé, doté d’une sensibilité particulière pour les lettres et les mots, dont les membres sont inhumés autour de l’Eglise Saint-Pierre ».

Si vos pas vous mènent à Melle, n’hésitez pas à faire un détour par l’Eglise Saint-Pierre, la moins connue des 3 églises, certes un peu à l’écart du centre, cachée en contre-bas de la ville. Outre ces pierres tombales exceptionnelles,  elle recèle des chapiteaux intéressants, un très beau tabernacle du 17ème ainsi que d’autres particularités dont je vous parlerai ultérieurement.

*Exposition intitulée « Un chemin de pierre : les épitaphes carolingiennes de Melle ». Un livret très riche et documenté y a été consacré consultable en ligne.