Journées du patrimoine : visitez les églises (et les AD79)

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, les Archives départementales des Deux-Sèvres à Niort proposent des visites de leurs locaux le dimanche 19 septembre dans l’après-midi. Vous aurez plus de renseignements en suivant le lien. Notre association sera présente en salle de lecture ce jour-là pour vous présenter nos activités et nos projets.

Mais nous avons aussi d’autres visites à vous proposer pour ce weekend. Et si vous en profitiez pour découvrir des églises deux-sévriennes à la recherche des pierres tombales ! Sur une idée de Stéphane Dallet, nous avons entrepris depuis plusieurs années de recenser les pierres tombales situées dans les églises. Cela a généré plusieurs articles sur ce blog regroupés dans la catégorie Inventaire des tombes dans les églises. Depuis quelques mois, Monique Bureau a donné un nouvel élan à ce projet. Ainsi, elle a visité de nouvelles églises, découvert de nouvelles pierres tombales et leur a consacré des articles. Et surtout, elle a créé deux tableaux accessibles à nos seuls adhérents sur notre site qui permettent de suivre l’avancée des travaux (onglet Histoire / sous onglet Nos recherches).

Le 1er tableau intitulé « Liste des pierres tombales recensées » classe par ordre alphabétique de communes les églises visitées ainsi que les découvertes qui y ont été faites (ou pas car, pour certaines, la recherche est vaine).

Le 2e tableau intitulé « Liste des pierres tombales à recenser » a été construit à partir du répertoire de dessins archéologiques d’Arthur Bouneault publié dans les Mémoires de la société historique des Deux-Sèvres en 1914. Cette liste est indicative : nous savons qu’il existe des plates tombes dans des églises non référencées et nous nous sommes rendus compte qu’en un siècle certaines pierres ont malheureusement disparu. C’est cependant une bonne base de travail pour partir à leur découverte.

Pendant les Journées européennes du patrimoine, les samedi 18 et dimanche 19 septembre, de nombreuses églises vont être ouvertes à la visite. Nous vous invitons à mener à votre tour l’enquête dans ces lieux de culte et à retrouver la pierre tombale cachée dans le chœur ou la nef de l’église ou bien à l’entrée, sous le balet. L’idéal serait bien sûr de prendre quelques photos et de les envoyer à notre adresse mail (genea79@orange.fr). Cela nous permettrait d’enrichir notre liste de pierres tombales et nos articles sur le blog.

Merci d’avance et bonnes visites !

Les pierres tombales de l’église de Vallans

J’ai visité l’église Notre-Dame de Vallans par un beau jour de mars : c’est une église à la longue histoire qui aura bientôt mille ans : de l’église romane du 12e siècle subsiste principalement le carré du transept. L’église a beaucoup souffert des guerres de religion et a été presque entièrement reconstruite au 19e siècle. La travée d’entrée s’ouvre en trois arcades sur la nef.

Charles de BECHILLON, qui acheta la châtellenie de Vallans en 1650, fut inhumé dans le chœur en 1692. Charles François de BECHILLON, son fils, décéda en 1720 et fut placé près de son père et de son frère François Augustin devant l’autel de la Vierge. Mais leurs tombes ne sont plus visibles aujourd’hui.

Dans le bras sud du transept, la partie la plus ancienne, on trouve plusieurs pierres tombales :

  • Celles de Marie GARNIER, femme de René DAITZ, seigneur de Gautret, décédée en 1631 et de Madeleine DAITZ et sa soeur décédées en 1660.
  • D’autres plus difficiles à déchiffrer.

Une première pierre tombale, celle de Marie GARNIER, femme de René DAITZ :

Certains attribuent cette pierre tombale, non pas à Marie GARNIER, mais à son époux René D’AITZ. Cette épitaphe étant gravée à la fois en horizontal et vertical, cela a pu amener certains à cette conclusion. Je laisse le soin aux lecteurs de cet article de faire leur propre lecture de cette épitaphe et éventuellement de mettre leur avis en commentaire.

Selon le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou T. 1 / Beauchet-Filleau [1], René d’AITZ, écuyer, seigneur de Gautret, Mornay, fut curateur, en 1630, de Charles DE BECHILLON, fils de Samuel et de Renée d’ELBENE. En 1612, il fut chargé par le capitaine du château de Niort de porter des dépêches à Paris. Il fut lieutenant-colonel au régiment de Poitou, et assista aux sièges de la Rochelle et de Turin.

Marié, le 12 fév. 1613, à Marie GARNIER [Baptisée le 29 août 1593 à Chef-Boutonne (Protestants)]  fille de Jacques, Ec., sgr de la Voute, et de Marthe GASCHET, il en eut :

1° ANTOINE, écuyer, seigneur du Pont, major régiment de la Couronne, tué au siège d’Etampes;

2° GABRIEL seigneur de Gautret, Château-d’Aitz, né le 3 janv. 1621, eut pour parrain Gabriel DE VILLEDON, écuyer, seigneur de Boisroger. Il fut officier au régiment de Poitou, et fut maintenu noble, en 1667 à Saint-Jean-d’Angély. Le 20 oct. 1654, il vendit ses dîmes de Loizé, près Chef-Boutonne, à César-Charles sieur de Bonnemaison. (Pèlerin, not.) Marié, en 1642, à Renée LE TOURNEUR, fille du seigneur de Burbure, il en eut BLAISE;

3° RENEE qui épousa Abraham GIRARD, écuyer, seigneur du Pinier;

4° FLORENCE, née le 8 janv.1623;

5°FRANÇOIS, écuyer, seigneur de Mornay, capitaine au régiment de Saintonge, marié à Jeanne COYAULT, dont 2 filles : RENÉE, qui épousa, en 1673, Antoine D’ANCHE, écuyer, seigneur de la Grolière, et MARIE, qui épousa Claude D’ANCHE, écuyer, seigneur de Bourneuf.

Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Vallans »

Les tombes de l’église Saint-Savinien de Melle

Un texte de Jacqueline TEXIER. Dans le prochain numéro de notre revue Généa79, Jacqueline consacre un article à une personne mentionnée sur une des pierres tombales.

Mon attachement à mon pays mellois natal m’amène souvent à revenir dans ma chère petite ville de Melle, riche de ses trois églises romanes, Saint-Hilaire, Saint-Savinien et Saint-Pierre.

Je ne me lasse pas de visiter ces magnifiques églises et j’y fais toujours des découvertes ou plutôt je redécouvre des détails que je connaissais mais que j’avais oubliés. Dernièrement, j’ai retrouvé dans l’église Saint-Savinien, sur le mur gauche de la nef, la pierre tombale de René Garnier, sieur de Notre-Dame, qui avait fondé la chapelle Sainte-Anne. En effet, il y avait trois chapelles dans l’église : Sainte-Anne, Saint-Fiacre et les Gautrons. La pierre porte l’épitaphe suivante :

CY GIST LE CORPS DE DEFt Mre RENE
GARNIER Sr DE NOSTRE DAME AAGE DE
61 ANS DECEDE LE 24 AVRIL 1658.

HIC IACET IN TERRA NATVS COELOQUE RENATVS
MIRARE ET SANCTUM FARE VIATOR OPUS
AEMVLVS ISACIDAE IOSEPH NAM REBVS IN ARCTIS
CIVIBVS AVXILIVMRVRICOLIS QVE FVIT
SCTA ANNA INTERCEDE PRO EO QVIA TIBI
HANC ARAM ET EFFIGIEM ANTE OBITVM
CONSECRAVERAT

La traduction de cette inscription latine est : « Ci-gît, né sur la terre et René dans le ciel, admire passant et célèbre ce pieux ouvrage, émule de Joseph descendant d’Isaac car dans les affaires difficiles il rendit des services aux habitants de la campagne. Sainte-Anne intercède pour lui car avant de disparaître il t’éleva cet autel et cette statue »

Ailleurs, sur un mur du « bras » droit du transept on trouve la pierre tombale de François HOULIER, de Pierre-Saturne HOULIER et de Renée GORRIN. Un autre membre de la famille devait figurer sur cette pierre tombale puisque à la fin de l’épitaphe on peut lire ET DE LINFA… L’écriture de LINFA n’est pas la même que celle du reste du texte ce qui laisse supposer qu’il devait y avoir un autre mot dont on devine la trace. On peut aussi remarquer que les mots ROY et ROYAL ont tous été systématiquement rayés, probablement pendant la révolution.

CY GISENT
LES CORPS DE Mte FRANCOIS
HOVLIER CONSer DV ROY LIEVTE
NANT GENERAL CIVIL ET CRIMI
NEL LIEVTENANT PARTer ASSES
SEVR CRIMINEL ET PREMIER CONer
DU SIEGE ROYAL DE MELLE AAGE
DE 35 ANS DECEDE LE 26 MARS
1655 ET DE Mte PIERRE SATV
NE HOVLIER CONer DV ROY PRE
SIDENT AV SIEGE ROYAL DE
MELLE AAGE DE 72 ANS DECEDE
LE 10 FEVRIER 1665
ET DE DAMlle RENEE GORRIN
FEMME DE Mte HILAIRE HOVL
IER CONer DV ROY PRESIDENT
ET LIEUTENANT GENERAL
CIVIL ET CRIMINEL ASSESSEVR
CRIMINEL ET PREMIER CONer
DV SIEGE ROYAL DE MELLE
AAGEE DE 71 ANS DECEDEE LE
30 JANVIER 1704 ET DE LINFA…

D’autres inscriptions sont gravées en bas de l’épitaphe, beaucoup plus récentes, faisant apparaître deux noms AUDOLAROQUE et MOREAU. L’église a été transformée en prison de 1801 à 1927, on peut penser que ce sont les noms de deux prisonniers puisqu’on retrouve le nom de MOREAU gravé sur une porte.

De son passé de prison, sur la porte latérale de l’église située dans le transept droit, parmi de nombreuses inscriptions gravées dans le bois, on peut lire :

RIMBAUDET CONDAMNE A TROIS ANS DE BOULET
PASSE ISSI LE 17 avril 1842
JE VOUS PRI

Sans doute dérangé dans ses activités de gravure le pauvre RIMBAUDET n’a pas pu terminer sa phrase.

La pierre tombale de l’église d’Amuré

Amuré est situé au bord sud du Marais Poitevin. Un bourg se forme au Moyen Âge avec une église dédiée à Notre-Dame et un prieuré attenant à l’église qui relèvera de l’évêque de Saintes puis de Maillezais.

L’église Notre-Dame d’Amuré est une jolie église que j’ai découverte par un après-midi de mai ensoleillé, ses portes grandes ouvertes, le soleil illuminait l’intérieur.

Au sud de l’église, un cimetière ancien renferme plusieurs tombes à chevalets des 17e et 18e siècles. La croix hosannière du 15e siècle est classée monument historique (1889).

Dans la chapelle sud, j’ai trouvé une pierre tombale avec épitaphe et blason, celle  de René DE CHATEAUNEUF, écuyer, seigneur de Chantoiseau inhumé en 1743 :

CY GIST RENE DE

CHATEAU NEUVEU

ECUYER CHEVALIER

SEIGNEUR DE CHA

NTOISEAU LA NOU

FOUERAN LAVER

GNE NIEIL LE DO

LANT ET AUTRE

PLACE DÉCÉDÉ LE

18 OCTOBRE 1743

AGEZ DE 60 ANS

PRIEZ DIEU POUR

SON ÂME

J’ai retrouvé l’acte de décès de René DE CHATEAUNEUF  dans les registres d’Amuré :

 

Le 19 octobre 1743 a este inhumé dans l’église de ce lieu le corps de messire René DE CHATEAUNEUF  seigneur de Chantoiseau agé d’environ soixante ans et ceux en présence des soubsignés

BMS 1737-1754 Vue 22/53

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtafbdcfedab814953e/daogrp/0/22

René DE CHATEAUNEUF était le fils de Jacques DE CHATEAUNEUF, Écuyer, Sieur de Pierre-Levée, la Rivière et la Poupillière, maire de Niort, commandant pour le Roi de la ville et du château de Niort, et de Marie-Anne GUERIN DE LA VERGNE sa troisième femme :

Selon le Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou – T2 Auteur : H. Beauchet-Filleau [1]:

7. — Châteauneuf(Jacques)  IIe, Ec., sgr de Pierre-Levée, la Rivière, la Poupillière, acheta la charge de maire perpétuel de la ville de Niort, en juin 1693, qu’il conserva jusqu’en 1718, époque où le Roi rendit aux communes l’élection de leurs officiers municipaux.

Il était en même temps commandant pour le Roi ès ville et chât. de cette ville.

Il se maria:

1° à Marie-Lydie RAYMOND, le 27 sept. 1666 (M. Stat. 1887, 443);

2° en juin 1675, à Madeleine BERLAND, fille de Jean, sgr d’Oriou, et de Barbe Picot, qui mourut sans enfants;

3° à Marie-Anne GUÉRIN DE LA VERGNE, le 28 août 1684 (Balard, not. à Fontenay);

4° le 6 avril 1688, à Françoise JAILLARD, veuve elle-même et donataire de Jean Boisnet, Ec., sgr de Montigny.

Il paraît même s’être marié en 5° noces à Marie CACAULT, qui fut marraine à Civray en 1752, fut inhumée en l’église de Bessines, le 24 août 1719, âgée de 86 ans [En fait c’est Jacques de CHATEAUNEUF qui a été inhumé ce jour-là à 86 ans selon l’acte de décès retrouvé dans le registre de Bessines].

Il eut pour enfants du troisième lit:

1° FRANÇOISE-ELISABETH, née l e 3 mai 1686, qui, le 24 mars 1725, décéda épouse de Charles-Auguste Chitton, Chev., sgr de Languillier, qu’elle avait épousé le 31 janv. 1709;

2° CHARLES, qui suit;

3° JACQUES, Chev., sgr de la Rivière, qui était capitaine de dragons en 1720, et était décédé le 15 janv. 1761 ;

4° RENÉ, Ec., sgr de Chantoizeau, épousa Marie-Thérèse JULARD, et décéda avant 1744, ayant eu:

a. MARIE-THÉRÈSE, née vers 1713, mariée, le 2 mars 1742, à Louis-Marie de Lescours, Chev., sgr de Puygaillard;

b. MARGUERITE-HONORÉE, née vers 1725, mariée, le 20 avril 1747, à Pierre-René de la Chaussée, Chev., sgr de Champmargou.

5° PIERRE. Ec., sgr de Pierre-Levée et du Breuil.

Ci-après après un zoom de la carte de Cassini [3] sur laquelle j’ai repéré Amuré ainsi que le logis de Chantoiseau, propriété privée de nos jours,  qui se trouve à quelques kilomètres au sud d’Amuré :

[1] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome 2 / Beauchet-Filleau via Gallica page 310

[2] Sources: Amuré.pdf – Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers http://www.poitiers.catholique.fr/parvis

 [3] Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…)

La pierre tombale de l’église de Secondigné

à l’occasion de recherches sur mes ancêtres, j’ai été amenée à parcourir les registres paroissiaux de Secondigné-sur-Belle, autrefois Secondigné-sur-Chizé. Dans le registre des Mariages, Sépultures, Abjurations  de 1649-1710, j’ai remarqué les actes écrits par Messire Pierre FEYTI, prêtre curé de Secondigné à cette époque : une très belle écriture et une signature originale.

J’ai remarqué également qu’il y avait eu un certain nombre d’inhumations dans l’église :

  • des personnes laïques, nobles ou bourgeois : tous les défunts qui  jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social, car une inhumation dans l’église  coûtait plus cher que dans le  cimetière.
  • Mais aussi des prêtres : à cette époque, il était a priori d’usage d’enterrer les prêtres dans les églises : les curés des communes voisines assistaient à ces funérailles. Ce devait être une cérémonie importante.

 J’ai donc décidé d’aller faire un tour à Secondigné pour découvrir s’il restait des traces de ces inhumations à l’intérieur de l’église de Saint-Pierre-aux-liens de Secondigné-sur-Belle : c’est  un bâtiment fortifié édifié au XIIe siècle, qui est surmonté d’un clocher octogonal recouvert d’ardoises.

Un magnifique arbre, un if, accompagne l’édifice religieux. Cinq pierres tombales datant de 1840-1860 situées devant l’entrée témoignent de l’emplacement d’un ancien cimetière. Elles préparent l’arrivée sous le balet. Cet auvent fréquent en gâtine est plus rare dans le Mellois. Il abrite un portail sobre flanqué d’un haut relief rapporté, un ou une musicienne, de deux croix de consécration.

L’église étant fermée, je me suis rendue à la mairie et Monsieur le Maire, très accueillant, a bien voulu m’ouvrir l’église qui ne sert désormais plus que pour les enterrements.

Une pierre  tombale est visible à droite lorsqu’on rentre dans l’église :

Son épitaphe est ainsi libellée :

CY GIST LE C

ORPS DE MA

THURINE

GIRARD AA

GEE DE 3 ANS

DECEDEE L

E 5 SEPTE

MBRE 1638

L’acte de décès de Mathurine GIRARD dans le registre de Secondigné précise :

Le cinquieme jour de septembre 1638 a este inhumée en cette église près de la grande porte Mathurine GIRARD aagee de trois mois ou environ fille de Louys GIRARD et Jehanne CEARD demeurant en cette paroisse …

                                      Pierre LUSSAUD Curé

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtaaec83bc76236d4f1/daogrp/0/46

Mathurine est fille de « Noble Homme Louys GIRARD » (ainsi qualifié dans l’acte de naissance de son autre fille Marie en 1637), et de Jeanne CEARD/LERARD /BERARD son épouse ; ce qualificatif peut expliquer l’inhumation de sa fille dans l’église de Secondigné.

L’acte de baptême de Mathurine GIRARD  du 25 mai 1635 précise :

Parrain Nicolas PANIER sieur de la Perardière [signe] et marraine Mathurine FRANÇOIS [signe] tous de cette paroisse

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta55ded9d739c0acc1/daogrp/0/50

Nicolas PANIER, sieur de la Pérardière, et sa femme Mathurine COUTOCHEAU ont été inhumés tous les deux dans l’église de Saint-Hilaire de Ligné, respectivement en 1670 et 1665.

Les pierres tombales de l’église d’Usseau (1)

Plusieurs pierres tombales sont encore visibles dans l’église Saint-Pierre à Usseau.

Christian Simon dans son livre « Usseau dans l’histoire » [1] précise :

« Se faire inhumer dans l’église de sa paroisse était jadis très apprécié. Tous les défunts qui jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social car une inhumation dans l’église coûtait plus cher que dans le cimetière. Ce rite posait des problèmes pour la bonne tenue de l’édifice religieux et l’hygiène publique. Toutes les tentatives pour les interdire n’aboutiront qu’à la veille de la révolution. Il semble que la dernière en date soit celle en 1747, d’Alexandre Prevost, seigneur d’Olbreuse ».

La plaque murale de marbre noire est bien visible dans la deuxième travée du choeur à gauche. Son épitaphe est ainsi libellée :

Plaque murale Alexandre PREVOST

CY GIST LE CORPS DE FEU

MESSIRE ALEXANDRE PREVOST

EN SON VIVANT CHEVALLIER

DE L’ORDRE MILITAIRE DE SAINT LOUIS

CAPITAINE DE DRAGONS D’ORLEANS

SEIGNEUR D’OLBREUZE GAGEMON

ET AUTRES PLACES,

DECEDE EN SON CHATEAU D’OLBREUZE

LE CINQ SEPTEMBRE 1747,

AAGE DE 65 ANS.

PRIEZ POUR SON AME.

L’acte de décès de Messire Alexandre Prevost dans le registre d’Usseau [2] :

Le sixième de septembre 1747 a été enterré le corps de Messire Alexandre Prevost chevalier de l’ordre militaire de St-Louis ancien capitaine de dragons seigneur d’Olbreuse et de Gagemon décédé le jour précédent époux de Dame Marguerite de Nossay ont assisté à son enterrement Messire Charles Martin chevalier de Marquelaine son neveu et Messire Pierre Gédéon d’Auzy chevalier seigneur de Saugé beau-frère de la dite Dame de Nossay soussignés avec nous. Feu messire de Gagemon a été enterré dans cette église et etait agé de environ soixante cinq ans.

Alexandre Prevost, sieur de Gagemon avait reçu la seigneurerie d’Olbreuse par un arrêt du 10 septembre 1729 [3] :

M. Louis Armand Prevost , Marquis de l’Etoriere, Mestre de Camp d’Infanterie, Chevalier de l’Ordre Royal & Militaire de S. Louis, a été fondé d’une procuration speciale de M. Alexandre Prevost, Seigneur de Gagemon ; en vertu de laquelle , & conjointement avec M. Jean Reck, Envoyé du Roi d’Angleterre, Electeur d’Hannover à la Diette de l’Empire, à Ratisbonne, étant alors à Paris, & avec M. Jean le Chambrier, Ministre du Roi de Prusse au près du Roi tous deux chargés des ordres précis de leurs Maîtres, a obtenu la permission d’accepter en faveur de M. Prevost, Seigneur de Gagemon, son issu de germain , les dons de la Terre & Seigneurie d’Ollebreuse, lesquels dons lui ont été faits, à titre de cousin, tant par le Roi d’Angleterre que par la Reine de Prusse, comme héritiers de feuë Madame Eleonore, Duchesse de Brunsvik-Lunebourg, leur ayeule maternelle, et dont il a l’honneur d’être parent très-proche ; les Lettres Patentes sur Arrêt du Conseil, & scellées du grand Sceau, en ont été expediées le 6. Octobre 1729. & enregistrées au Parlement le 14. Decembre de la même année. AR.

Alexandre Prevost et son épouse Marguerite de Nossay ont eu un fils Alexandre Armand Prevost qui s’est marié le 12 novembre 1765 en l’église d’Usseau avec Charlotte Brigide : je suis tombée par hasard sur leur acte de mariage dans le registre d’Usseau [4] et j’ai eu la surprise de lire au milieu de l’acte :

A comparu lors de la célébration du mariage un jeune enfant âgé de huit ans appelé Jacques que le sieur Armand Alexandre Prevost et Demoiselle Charlotte Brigide ont placés au milieu d’eux et déclarés le reconnaître pour leur enfant véritable et le vouloir pour leur héritier comme étant leur fils naturel.

A suivre prochainement sur ce blog des articles sur les autres pierres tombales de l’église d’Usseau.

[1] « Usseau dans l’histoire » de Christian Simon, imprimé par les impressions DUMAS, à Niort. Novembre 2014

[2] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1740-1749 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-5 Vue droite page 80/106

[3] Source : Mercure de France (1724) – 1730/03 Edité en 1730 Source: Gallica 

[4] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1760-1769 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-7 vues gauche et droite page 50/79

La tombe de l’église de Pioussay

Le ChallengeAZ nous a permis d’enrichir notre liste des tombes dans les églises. En effet, à la lettre J, Danièle nous fait entrer dans l’église Saint-Martin du village de Pioussay pour y découvrir la tombe de Pierre Billaudeau. Je reprends peu ou prou le passage de son texte qui concerne notre inventaire.

Sous le premier banc à gauche de l’église Saint-Martin, juste devant le chœur, subsiste encore une plate tombe, fort bien entretenue, celle de Pierre Billaudeau. On peut lire le texte suivant gravé dans la pierre :

3

CY GIST LE
CORPS DE PIER
RE FILS DE M
MARC BILLAU
DEAU NOTAIRE
ET HARPANTE
URS AAGE DE
20 ANS DECE
DE LE 23 SEPT
EMBRE 1683
PRIEZ DIEU
POUR SON
AME

 

Les registres paroissiaux nous apprennent que huit membres de cette famille furent inhumés dans l’église de 1683 à 1767, soit pendant quatre générations consécutives mais les autres pierres tombales ont disparu. Nous y trouvons par ordre chronologique :

1. Pierre Billaudeau. (Seule sa tombe, la plus ancienne de la famille, subsiste aujourd’hui)

2. François Billaudeau, frère du précédent, est inhumé dans l’église de Pioussay le 21 juillet 1692, âgé d’environ 35 ans, fils de Marc et de feue Marie Brissonneau, époux de Renée Besson, elle-même inhumée le 21 mai 1720 dans l’église de Lorigné.

3. Marc Billaudeau, notaire de Ruffec, père des deux précédents, demeurant à Lorigné est « inhumé dans mon églize [de Pioussay] le 22 février 1688 aagé de 71 ans ». (vue 139/284)

4. Marie Ayrault, est inhumée dans l’église de Pioussay le 18 novembre 1702 à l’âge de 25 ans, femme de Jean Billaudeau [qui suit] de la paroisse de Lorigné (vue 203/284)

5. Jean Billaudeau, [fils de François et petit-fils de Marc qui précèdent] demeurant au village de la Jarge, âgé de 69 ans, a été inhumé dans l’église [de Pioussay] « sur le coté droit de la grande porte en entrant, le 12 janvier 1747 » (vue 62/175)

6. Jeanne Billaudeau, demeurant à la Jarge, fille de feu Jean [qui précède] et de Françoise Riché [qui suit] a été inhumée dans l’église [de Pioussay] le 6 mai 1753, âgée de 30 ans. (Vue 119/175)

7. Françoise Riché, demeurant à la Jarge, âgée de 67 ans, veuve de Jean Billaudeau [qui précède] a été inhumée dans l’église, le 11 mai 1753 en présence de ses trois enfants, Louis, François et Jean qui signent (vue 119/175), c’est-à-dire 5 jours après sa fille Jeanne.

8. Jean Billaudeau, tailleur, âgé de 48 ans, [fils de Jean et Françoise Riché qui précèdent], veuf de Marie Bernard et époux de Louise Repain, demeurant à la Jarge, a été inhumé dans l’église [de Pioussay] le 6 août 1767 en présence de Louis Billaudeau qui signe. (vue 20/203 SEP).

La tombe de l’église d’Oroux

Il n’y a qu’une pierre tombale dont l’inscription est encore lisible dans la petite église Saint-Martin d’Oroux. Merci à Anne-Marie Moreau de nous l’avoir transmise. La pierre est usée, elle l’était peut-être moins il y a quelques années comme on le voit sur l’autre photo trouvée sur la page  http://www.parvis.poitierscatholique.fr/gatine/Oroux.pdf

Voici ce que j’ai réussi à en lire :

CI GIST LE CORPS DE
M RENE COSSIN SEIGNEUR
FONDATEUR ET BIENFACTEUR
DE L’EGLISE D’AUROUX DE
MAURIVET ET LAURIERE ….
ET AUTRES LIEUX ANCIEN
TRESORIER DE FRANCE
DU BUREAU DES FINANCES
DE POITIERS LORS DE
SON DECEDS ASSESSEUR
CIVIL ET CRIMINEL AU BAILLAGE …
MORT LE VII DBRE 1728 AGE
DE XXXXVII ANS   ….

Si vous constatez des erreurs ou si vous arrivez à en comprendre davantage, merci de me le dire en commentaire. Vos retours m’intéressent car j’ai un peu de mal avec la fin de quelques lignes.
Le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou cite René Cossin comme appartenant à une famille noble du Poitou…

famille poitou.jpg
Dictionnaire historique et généalogique des familles de l’ancien Poitou de Beauchet-Filleau

…et le registre paroissial (BMS Oroux 1718-1740, vue 27/54)  me confirme la date de sa sépulture et presque son âge.

registre.jpg
l’an 1728 et le 8 décembre a été inhumé dans mon église rené cossin seigneur de cette paroisse agé de quarante six ans ou environs en présence de ses parents et amis

 

Les tombes de l’église d’Airvault

Merci à Anne-Marie Moreau et à Franck Aguggiaro qui nous ont transmis ces photos.

La très belle église d’Airvault possède quelques tombes encore lisibles. La première se trouve dès l’entrée, sous le balet de l’église. On peut lire sur son pourtour :

CY GIT LE CORPS DE JEHANNE REGNAULT QUI DECEDA LE 12 NOVEMBRE 1616.

Le nom de cette femme n’apparait pas dans les registres paroissiaux. Peut-être est-elle apparentée à Rose Regnault qui décède à Airvault en 1620 à l’âge de 65 ans.

A l’intérieur de l’église, dans un bras du transept, on peut admirer le très beau tombeau de Pierre de Sainte-Fontaine, premier abbé du lieu, mort en 1110. Il est en forme de couvercle de sarcophage et sculpté du Christ entouré de huit apôtres.

Au dessus, on peut lire une inscription peinte sans doute au siècle dernier mais reprise d’un texte ancien :

SUB HOC TITULO CONDITUM EST CORPUS PETRI A FONTE SALUBRI QUI FUIT PRIMUS ABBAS AURREVALLIS. QUI P[ER]TRANSIS, ORA PRO IPSO. ET EST D(E)FUNCTU(S) VII IDUS AUGUS. ANNO AB INCARNATIONE D. MCX†
Sous ce tombeau est installé le corps de Pierre de Sainte-Fontaine qui fut le premier abbé d’Airvault. Passant, prie pour lui. Il est mort le septième jour avant les ides d’août l’an de l’incarnation du Seigneur 1110 .

Source traduction : Corpus de inscriptions latines et étrangères du Poitou, période médiévale 987-1453 par Jacques Jarry

Il existe enfin plusieurs autres pierres tombales à l’intérieur de l’église, plus ou moins lisibles.
Pour donner un caractère participatif à cet inventaire, je fais appel à vous, lecteurs du blog, pour nous aider à déchiffrer ce qui est écrit dans la mesure du possible. Vous pouvez envoyer vos transcriptions même partielles en commentaire, ou à l’adresse du blog genea79blog@laposte.net Je les rajouterai à l’article.
Merci d’avance.

 

La tombe de l’église de La Foye-Monjault

Merci à André Lemoine qui gère avec Jean-Jacques Merlet l’indispensable blog La Foye-Monjault à travers les siècles. Il nous transmet la photo de la seule pierre tombale encore lisible et visible à l’intérieur de l’église Saint-Simon-et-saint-Jude, celle sous laquelle repose Michel Gaultier.

Photo de Jean-Jacques Merlet

CY-GIT LE CORPS DE MICHEL GAULTIER, PROCUREUR ET NOTAIRE SEIGNEUR DE CE LIEU DE LA FAYE… DECEDE LE … JUIN 1717 PRIEZ DIEU POUR SON AME AMEN

André Lemoine et Jean-Jacques Merlet nous en apprennent davantage sur Michel Gaultier :

Les Gaultier étaient une ancienne famille de notables de La Foye, où ils furent très influents au XVIIe siècle. Ils l’étaient encore à la mort de Michel Gaultier en 1717, celui-ci sieur du Bail, procureur et notaire de la commune. Son frère André était également notaire et procureur au bourg. Son père, Nicolas, avait été sergent royal, notaire et procureur fiscal, le petit-fils de Nicolas Gaultier, notaire au village dès 1612. Sa pierre tombale est la seule de ce type qui ait subsisté de nos jours. Elle se trouve sur le côté droit, au milieu de l’église. Les inscriptions ont été protégées sur la partie droite grâce à un socle en bois sous les bancs.

Le texte du registre paroissial, écrit par le curé Ligault qui vient tout juste de prendre ses fonctions au village, fait écho à l’inscription gravée : Le 26 juin 1717, a été enterré dans l’église de ce lieu de La Foye-Monjault Michel Gaultier, sieur du Bail, fils de Nicolas Gaultier, sieur de la Girauderie, procureur fiscal de La Foye-Monjault, et de défunte Renée Prévot, par moi Ligault, curé de ce lieu, en présence de messire le curé de Vallans, du curé de La Revêtizon-Chabot, du curé de Beauvoir, de [Luc] Louveau, chirurgien, beau-frère, d’André Gaultier, frère, de Louis Racapé, sieur du Portal, greffier, cousin issu de germain, de Jeanne Louveau, sa veuve, et de Madeleine Louveau, belle-soeur.