Les pierres tombales de l’église de Saint-Gelais (1)

Le village de Saint-Gelais occupe le flanc d’un coteau dominant la Sèvre niortaise, sur sa rive gauche.

L’église Saint-Gelais a été fondée en 1109 par Raoul, seigneur du lieu, fils d’Hugues de Lusignan et de sa femme Sarrasine, et elle a été par lui donnée à l’abbaye de Cluny. Ce sera donc une église priorale, desservie par quelques moines, le curé étant nommé par le prieur jusqu’à la Révolution. Le village connut d’importants ralliements au protestantisme. Sous la menace des « dragonnades » (logement de dragons imposés aux protestants), il y eut, au moment de la révocation de l’édit de Nantes (1685), 430 abjurations en 1681-1689 [Etude de R.Durand, Saint-Gelais au péril des dragons, Niort, 1981).

Pillée lors de la Révolution, l’église était dans un état si précaire qu’elle dut être fermée en 1933. Classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, elle a fait l’objet d’importants travaux de restauration et  a été ré ouverte au culte en 1964.

L’église est située en haut du coteau qui domine la Sèvre. Son parvis et son côté Nord sont bien dégagés.

A l’intérieur, sous la voûte du clocher se trouvent les armoiries des Saint-Gelais de Lusignan avec Mélusine.

Dans le pavement du chœur, de la croisée du transept, du croisillon sud, on peut voir vingt-trois pierres tombales dont une quinzaine gardent des noms (1670-1752) relevés dans l’ouvrage « Saint-Gelais au péril des Dragons » de 1981 de René DURAND [2]. Grâce aux écrits de R.Durand, j’ai ainsi pu compléter certaines épitaphes que je n’avais pas pu déchiffrer entièrement.

Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Saint-Gelais (1) »

Les pierres tombales de l’église de Caunay

L’église Saint-Pierre-aux-Liens de Caunay est une jolie église romane que j’ai découverte par un après-midi de juin.

On entre dans l’église par la porte latérale sud ; à l’intérieur, de grands murs nus, au crépi blanc, la charpente est apparente, directement sous les toits, de simples bancs de bois, sans dossiers. Une église d’une extrême simplicité.

Dans l’ancien dallage, plusieurs pierres tombales témoignent de l’histoire des seigneurs locaux, comme précisé dans le livre Mémoires/Société  Historique et scientifique des Deux-Sèvres -1914 [1] :

  • 1647 : la plus ancienne,
  • 1651 : René CUVILLIER, seigneur de la Madeleine
  • 1716 : Catherine SIMON
  • 1731 : Marie Gabrielle JUILLIOT DE LA PENISSIERE
Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Caunay »

Les pierres tombales de l’église de Champdeniers

L’église Notre-Dame de Champdeniers est une jolie église romane que j’ai découvert un dimanche de novembre en fin de matinée avant une randonnée à Rouvre : enserrée entre les maisons, elle est construite à l’est du bourg de Champdeniers sur le coteau qui domine la vallée de l’Égray. Son architecture et sa sculpture font de l’édifice un des plus remarquables exemples de l’art roman de la fin du 11e siècle en Deux-Sèvres. Pour y accéder, il faut descendre plusieurs paliers empierrés. La porte est abritée par un balet ; dans la partie latérale droite de ce balet, se trouve la pierre tombale de Catherine CARDINAUT, datant de 1611. Il faut descendre encore sept marches pour accéder à la nef.

C’était la fin de la messe, les fidéles sortaient de l’église. Occupée à prendre des photos  de la nef romane présentant de beaux piliers, des chapiteaux décorés et des pierres tombales dressées le long des murs, j’ai failli me faire enfermer dans l‘église.

Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Champdeniers »

Les pierres tombales de l’église de Séligné

L’église Notre-Dame de Séligné est une jolie église romane que j’ai découverte par un après-midi de mars ensoleillé, ses portes grandes ouvertes, le soleil illuminait l’intérieur.

Et une belle surprise : plusieurs pierres tombales dont certaines en bon état.

Une première pierre tombale, à droite en rentrant dans l’église, celle de Marie RENAULT et Georges BIAY datant de 1728. Leur fils Jean avait épousé la sœur d’un de mes ancêtres, Antoine ROUMENTEAU.

YCY GIST LE CORPS

DE MARIE RENAUD

FEMME DESFUNT

GEORGE BIAY À

GEE DE 73 ANS

DÉCÉDÉE LE 23

DESCENBRE 1728

PRIE DIEU POUR

SON ÂME

CY GIST LE

CORPS DE

GEORGE BIAY

AGE DE 76

ANS DECEDE

LE 10 JUILLET

Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Séligné »

Journées du patrimoine : visitez les églises (et les AD79)

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, les Archives départementales des Deux-Sèvres à Niort proposent des visites de leurs locaux le dimanche 19 septembre dans l’après-midi. Vous aurez plus de renseignements en suivant le lien. Notre association sera présente en salle de lecture ce jour-là pour vous présenter nos activités et nos projets.

Mais nous avons aussi d’autres visites à vous proposer pour ce weekend. Et si vous en profitiez pour découvrir des églises deux-sévriennes à la recherche des pierres tombales ! Sur une idée de Stéphane Dallet, nous avons entrepris depuis plusieurs années de recenser les pierres tombales situées dans les églises. Cela a généré plusieurs articles sur ce blog regroupés dans la catégorie Inventaire des tombes dans les églises. Depuis quelques mois, Monique Bureau a donné un nouvel élan à ce projet. Ainsi, elle a visité de nouvelles églises, découvert de nouvelles pierres tombales et leur a consacré des articles. Et surtout, elle a créé deux tableaux accessibles à nos seuls adhérents sur notre site qui permettent de suivre l’avancée des travaux (onglet Histoire / sous onglet Nos recherches).

Le 1er tableau intitulé « Liste des pierres tombales recensées » classe par ordre alphabétique de communes les églises visitées ainsi que les découvertes qui y ont été faites (ou pas car, pour certaines, la recherche est vaine).

Le 2e tableau intitulé « Liste des pierres tombales à recenser » a été construit à partir du répertoire de dessins archéologiques d’Arthur Bouneault publié dans les Mémoires de la société historique des Deux-Sèvres en 1914. Cette liste est indicative : nous savons qu’il existe des plates tombes dans des églises non référencées et nous nous sommes rendus compte qu’en un siècle certaines pierres ont malheureusement disparu. C’est cependant une bonne base de travail pour partir à leur découverte.

Pendant les Journées européennes du patrimoine, les samedi 18 et dimanche 19 septembre, de nombreuses églises vont être ouvertes à la visite. Nous vous invitons à mener à votre tour l’enquête dans ces lieux de culte et à retrouver la pierre tombale cachée dans le chœur ou la nef de l’église ou bien à l’entrée, sous le balet. L’idéal serait bien sûr de prendre quelques photos et de les envoyer à notre adresse mail (genea79@orange.fr). Cela nous permettrait d’enrichir notre liste de pierres tombales et nos articles sur le blog.

Merci d’avance et bonnes visites !

Les pierres tombales de l’église de Vallans

J’ai visité l’église Notre-Dame de Vallans par un beau jour de mars : c’est une église à la longue histoire qui aura bientôt mille ans : de l’église romane du 12e siècle subsiste principalement le carré du transept. L’église a beaucoup souffert des guerres de religion et a été presque entièrement reconstruite au 19e siècle. La travée d’entrée s’ouvre en trois arcades sur la nef.

Charles de BECHILLON, qui acheta la châtellenie de Vallans en 1650, fut inhumé dans le chœur en 1692. Charles François de BECHILLON, son fils, décéda en 1720 et fut placé près de son père et de son frère François Augustin devant l’autel de la Vierge. Mais leurs tombes ne sont plus visibles aujourd’hui.

Dans le bras sud du transept, la partie la plus ancienne, on trouve plusieurs pierres tombales :

  • Celles de Marie GARNIER, femme de René DAITZ, seigneur de Gautret, décédée en 1631 et de Madeleine DAITZ et sa soeur décédées en 1660.
  • D’autres plus difficiles à déchiffrer.

Une première pierre tombale, celle de Marie GARNIER, femme de René DAITZ :

Certains attribuent cette pierre tombale, non pas à Marie GARNIER, mais à son époux René D’AITZ. Cette épitaphe étant gravée à la fois en horizontal et vertical, cela a pu amener certains à cette conclusion. Je laisse le soin aux lecteurs de cet article de faire leur propre lecture de cette épitaphe et éventuellement de mettre leur avis en commentaire.

Selon le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou T. 1 / Beauchet-Filleau [1], René d’AITZ, écuyer, seigneur de Gautret, Mornay, fut curateur, en 1630, de Charles DE BECHILLON, fils de Samuel et de Renée d’ELBENE. En 1612, il fut chargé par le capitaine du château de Niort de porter des dépêches à Paris. Il fut lieutenant-colonel au régiment de Poitou, et assista aux sièges de la Rochelle et de Turin.

Marié, le 12 fév. 1613, à Marie GARNIER [Baptisée le 29 août 1593 à Chef-Boutonne (Protestants)]  fille de Jacques, Ec., sgr de la Voute, et de Marthe GASCHET, il en eut :

1° ANTOINE, écuyer, seigneur du Pont, major régiment de la Couronne, tué au siège d’Etampes;

2° GABRIEL seigneur de Gautret, Château-d’Aitz, né le 3 janv. 1621, eut pour parrain Gabriel DE VILLEDON, écuyer, seigneur de Boisroger. Il fut officier au régiment de Poitou, et fut maintenu noble, en 1667 à Saint-Jean-d’Angély. Le 20 oct. 1654, il vendit ses dîmes de Loizé, près Chef-Boutonne, à César-Charles sieur de Bonnemaison. (Pèlerin, not.) Marié, en 1642, à Renée LE TOURNEUR, fille du seigneur de Burbure, il en eut BLAISE;

3° RENEE qui épousa Abraham GIRARD, écuyer, seigneur du Pinier;

4° FLORENCE, née le 8 janv.1623;

5°FRANÇOIS, écuyer, seigneur de Mornay, capitaine au régiment de Saintonge, marié à Jeanne COYAULT, dont 2 filles : RENÉE, qui épousa, en 1673, Antoine D’ANCHE, écuyer, seigneur de la Grolière, et MARIE, qui épousa Claude D’ANCHE, écuyer, seigneur de Bourneuf.

Lire la suite de « Les pierres tombales de l’église de Vallans »

Les tombes de l’église Saint-Savinien de Melle

Un texte de Jacqueline TEXIER. Dans le prochain numéro de notre revue Généa79, Jacqueline consacre un article à une personne mentionnée sur une des pierres tombales.

Mon attachement à mon pays mellois natal m’amène souvent à revenir dans ma chère petite ville de Melle, riche de ses trois églises romanes, Saint-Hilaire, Saint-Savinien et Saint-Pierre.

Je ne me lasse pas de visiter ces magnifiques églises et j’y fais toujours des découvertes ou plutôt je redécouvre des détails que je connaissais mais que j’avais oubliés. Dernièrement, j’ai retrouvé dans l’église Saint-Savinien, sur le mur gauche de la nef, la pierre tombale de René Garnier, sieur de Notre-Dame, qui avait fondé la chapelle Sainte-Anne. En effet, il y avait trois chapelles dans l’église : Sainte-Anne, Saint-Fiacre et les Gautrons. La pierre porte l’épitaphe suivante :

CY GIST LE CORPS DE DEFt Mre RENE
GARNIER Sr DE NOSTRE DAME AAGE DE
61 ANS DECEDE LE 24 AVRIL 1658.

HIC IACET IN TERRA NATVS COELOQUE RENATVS
MIRARE ET SANCTUM FARE VIATOR OPUS
AEMVLVS ISACIDAE IOSEPH NAM REBVS IN ARCTIS
CIVIBVS AVXILIVMRVRICOLIS QVE FVIT
SCTA ANNA INTERCEDE PRO EO QVIA TIBI
HANC ARAM ET EFFIGIEM ANTE OBITVM
CONSECRAVERAT

La traduction de cette inscription latine est : « Ci-gît, né sur la terre et René dans le ciel, admire passant et célèbre ce pieux ouvrage, émule de Joseph descendant d’Isaac car dans les affaires difficiles il rendit des services aux habitants de la campagne. Sainte-Anne intercède pour lui car avant de disparaître il t’éleva cet autel et cette statue »

Ailleurs, sur un mur du « bras » droit du transept on trouve la pierre tombale de François HOULIER, de Pierre-Saturne HOULIER et de Renée GORRIN. Un autre membre de la famille devait figurer sur cette pierre tombale puisque à la fin de l’épitaphe on peut lire ET DE LINFA… L’écriture de LINFA n’est pas la même que celle du reste du texte ce qui laisse supposer qu’il devait y avoir un autre mot dont on devine la trace. On peut aussi remarquer que les mots ROY et ROYAL ont tous été systématiquement rayés, probablement pendant la révolution.

CY GISENT
LES CORPS DE Mte FRANCOIS
HOVLIER CONSer DV ROY LIEVTE
NANT GENERAL CIVIL ET CRIMI
NEL LIEVTENANT PARTer ASSES
SEVR CRIMINEL ET PREMIER CONer
DU SIEGE ROYAL DE MELLE AAGE
DE 35 ANS DECEDE LE 26 MARS
1655 ET DE Mte PIERRE SATV
NE HOVLIER CONer DV ROY PRE
SIDENT AV SIEGE ROYAL DE
MELLE AAGE DE 72 ANS DECEDE
LE 10 FEVRIER 1665
ET DE DAMlle RENEE GORRIN
FEMME DE Mte HILAIRE HOVL
IER CONer DV ROY PRESIDENT
ET LIEUTENANT GENERAL
CIVIL ET CRIMINEL ASSESSEVR
CRIMINEL ET PREMIER CONer
DV SIEGE ROYAL DE MELLE
AAGEE DE 71 ANS DECEDEE LE
30 JANVIER 1704 ET DE LINFA…

D’autres inscriptions sont gravées en bas de l’épitaphe, beaucoup plus récentes, faisant apparaître deux noms AUDOLAROQUE et MOREAU. L’église a été transformée en prison de 1801 à 1927, on peut penser que ce sont les noms de deux prisonniers puisqu’on retrouve le nom de MOREAU gravé sur une porte.

De son passé de prison, sur la porte latérale de l’église située dans le transept droit, parmi de nombreuses inscriptions gravées dans le bois, on peut lire :

RIMBAUDET CONDAMNE A TROIS ANS DE BOULET
PASSE ISSI LE 17 avril 1842
JE VOUS PRI

Sans doute dérangé dans ses activités de gravure le pauvre RIMBAUDET n’a pas pu terminer sa phrase.

La pierre tombale de l’église d’Amuré

Amuré est situé au bord sud du Marais Poitevin. Un bourg se forme au Moyen Âge avec une église dédiée à Notre-Dame et un prieuré attenant à l’église qui relèvera de l’évêque de Saintes puis de Maillezais.

L’église Notre-Dame d’Amuré est une jolie église que j’ai découverte par un après-midi de mai ensoleillé, ses portes grandes ouvertes, le soleil illuminait l’intérieur.

Au sud de l’église, un cimetière ancien renferme plusieurs tombes à chevalets des 17e et 18e siècles. La croix hosannière du 15e siècle est classée monument historique (1889).

Dans la chapelle sud, j’ai trouvé une pierre tombale avec épitaphe et blason, celle  de René DE CHATEAUNEUF, écuyer, seigneur de Chantoiseau inhumé en 1743 :

CY GIST RENE DE

CHATEAU NEUVEU

ECUYER CHEVALIER

SEIGNEUR DE CHA

NTOISEAU LA NOU

FOUERAN LAVER

GNE NIEIL LE DO

LANT ET AUTRE

PLACE DÉCÉDÉ LE

18 OCTOBRE 1743

AGEZ DE 60 ANS

PRIEZ DIEU POUR

SON ÂME

J’ai retrouvé l’acte de décès de René DE CHATEAUNEUF  dans les registres d’Amuré :

 

Le 19 octobre 1743 a este inhumé dans l’église de ce lieu le corps de messire René DE CHATEAUNEUF  seigneur de Chantoiseau agé d’environ soixante ans et ceux en présence des soubsignés

BMS 1737-1754 Vue 22/53

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtafbdcfedab814953e/daogrp/0/22

René DE CHATEAUNEUF était le fils de Jacques DE CHATEAUNEUF, Écuyer, Sieur de Pierre-Levée, la Rivière et la Poupillière, maire de Niort, commandant pour le Roi de la ville et du château de Niort, et de Marie-Anne GUERIN DE LA VERGNE sa troisième femme :

Selon le Dictionnaire historique et généalogique des Familles du Poitou – T2 Auteur : H. Beauchet-Filleau [1]:

7. — Châteauneuf(Jacques)  IIe, Ec., sgr de Pierre-Levée, la Rivière, la Poupillière, acheta la charge de maire perpétuel de la ville de Niort, en juin 1693, qu’il conserva jusqu’en 1718, époque où le Roi rendit aux communes l’élection de leurs officiers municipaux.

Il était en même temps commandant pour le Roi ès ville et chât. de cette ville.

Il se maria:

1° à Marie-Lydie RAYMOND, le 27 sept. 1666 (M. Stat. 1887, 443);

2° en juin 1675, à Madeleine BERLAND, fille de Jean, sgr d’Oriou, et de Barbe Picot, qui mourut sans enfants;

3° à Marie-Anne GUÉRIN DE LA VERGNE, le 28 août 1684 (Balard, not. à Fontenay);

4° le 6 avril 1688, à Françoise JAILLARD, veuve elle-même et donataire de Jean Boisnet, Ec., sgr de Montigny.

Il paraît même s’être marié en 5° noces à Marie CACAULT, qui fut marraine à Civray en 1752, fut inhumée en l’église de Bessines, le 24 août 1719, âgée de 86 ans [En fait c’est Jacques de CHATEAUNEUF qui a été inhumé ce jour-là à 86 ans selon l’acte de décès retrouvé dans le registre de Bessines].

Il eut pour enfants du troisième lit:

1° FRANÇOISE-ELISABETH, née l e 3 mai 1686, qui, le 24 mars 1725, décéda épouse de Charles-Auguste Chitton, Chev., sgr de Languillier, qu’elle avait épousé le 31 janv. 1709;

2° CHARLES, qui suit;

3° JACQUES, Chev., sgr de la Rivière, qui était capitaine de dragons en 1720, et était décédé le 15 janv. 1761 ;

4° RENÉ, Ec., sgr de Chantoizeau, épousa Marie-Thérèse JULARD, et décéda avant 1744, ayant eu:

a. MARIE-THÉRÈSE, née vers 1713, mariée, le 2 mars 1742, à Louis-Marie de Lescours, Chev., sgr de Puygaillard;

b. MARGUERITE-HONORÉE, née vers 1725, mariée, le 20 avril 1747, à Pierre-René de la Chaussée, Chev., sgr de Champmargou.

5° PIERRE. Ec., sgr de Pierre-Levée et du Breuil.

Ci-après après un zoom de la carte de Cassini [3] sur laquelle j’ai repéré Amuré ainsi que le logis de Chantoiseau, propriété privée de nos jours,  qui se trouve à quelques kilomètres au sud d’Amuré :

[1] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome 2 / Beauchet-Filleau via Gallica page 310

[2] Sources: Amuré.pdf – Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers http://www.poitiers.catholique.fr/parvis

 [3] Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…)

La pierre tombale de l’église de Secondigné

à l’occasion de recherches sur mes ancêtres, j’ai été amenée à parcourir les registres paroissiaux de Secondigné-sur-Belle, autrefois Secondigné-sur-Chizé. Dans le registre des Mariages, Sépultures, Abjurations  de 1649-1710, j’ai remarqué les actes écrits par Messire Pierre FEYTI, prêtre curé de Secondigné à cette époque : une très belle écriture et une signature originale.

J’ai remarqué également qu’il y avait eu un certain nombre d’inhumations dans l’église :

  • des personnes laïques, nobles ou bourgeois : tous les défunts qui  jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social, car une inhumation dans l’église  coûtait plus cher que dans le  cimetière.
  • Mais aussi des prêtres : à cette époque, il était a priori d’usage d’enterrer les prêtres dans les églises : les curés des communes voisines assistaient à ces funérailles. Ce devait être une cérémonie importante.

 J’ai donc décidé d’aller faire un tour à Secondigné pour découvrir s’il restait des traces de ces inhumations à l’intérieur de l’église de Saint-Pierre-aux-liens de Secondigné-sur-Belle : c’est  un bâtiment fortifié édifié au XIIe siècle, qui est surmonté d’un clocher octogonal recouvert d’ardoises.

Un magnifique arbre, un if, accompagne l’édifice religieux. Cinq pierres tombales datant de 1840-1860 situées devant l’entrée témoignent de l’emplacement d’un ancien cimetière. Elles préparent l’arrivée sous le balet. Cet auvent fréquent en gâtine est plus rare dans le Mellois. Il abrite un portail sobre flanqué d’un haut relief rapporté, un ou une musicienne, de deux croix de consécration.

L’église étant fermée, je me suis rendue à la mairie et Monsieur le Maire, très accueillant, a bien voulu m’ouvrir l’église qui ne sert désormais plus que pour les enterrements.

Une pierre  tombale est visible à droite lorsqu’on rentre dans l’église :

Son épitaphe est ainsi libellée :

CY GIST LE C

ORPS DE MA

THURINE

GIRARD AA

GEE DE 3 ANS

DECEDEE L

E 5 SEPTE

MBRE 1638

L’acte de décès de Mathurine GIRARD dans le registre de Secondigné précise :

Le cinquieme jour de septembre 1638 a este inhumée en cette église près de la grande porte Mathurine GIRARD aagee de trois mois ou environ fille de Louys GIRARD et Jehanne CEARD demeurant en cette paroisse …

                                      Pierre LUSSAUD Curé

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtaaec83bc76236d4f1/daogrp/0/46

Mathurine est fille de « Noble Homme Louys GIRARD » (ainsi qualifié dans l’acte de naissance de son autre fille Marie en 1637), et de Jeanne CEARD/LERARD /BERARD son épouse ; ce qualificatif peut expliquer l’inhumation de sa fille dans l’église de Secondigné.

L’acte de baptême de Mathurine GIRARD  du 25 mai 1635 précise :

Parrain Nicolas PANIER sieur de la Perardière [signe] et marraine Mathurine FRANÇOIS [signe] tous de cette paroisse

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta55ded9d739c0acc1/daogrp/0/50

Nicolas PANIER, sieur de la Pérardière, et sa femme Mathurine COUTOCHEAU ont été inhumés tous les deux dans l’église de Saint-Hilaire de Ligné, respectivement en 1670 et 1665.

Les pierres tombales de l’église d’Usseau (1)

Plusieurs pierres tombales sont encore visibles dans l’église Saint-Pierre à Usseau.

Christian Simon dans son livre « Usseau dans l’histoire » [1] précise :

« Se faire inhumer dans l’église de sa paroisse était jadis très apprécié. Tous les défunts qui jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social car une inhumation dans l’église coûtait plus cher que dans le cimetière. Ce rite posait des problèmes pour la bonne tenue de l’édifice religieux et l’hygiène publique. Toutes les tentatives pour les interdire n’aboutiront qu’à la veille de la révolution. Il semble que la dernière en date soit celle en 1747, d’Alexandre Prevost, seigneur d’Olbreuse ».

La plaque murale de marbre noire est bien visible dans la deuxième travée du choeur à gauche. Son épitaphe est ainsi libellée :

Plaque murale Alexandre PREVOST

CY GIST LE CORPS DE FEU

MESSIRE ALEXANDRE PREVOST

EN SON VIVANT CHEVALLIER

DE L’ORDRE MILITAIRE DE SAINT LOUIS

CAPITAINE DE DRAGONS D’ORLEANS

SEIGNEUR D’OLBREUZE GAGEMON

ET AUTRES PLACES,

DECEDE EN SON CHATEAU D’OLBREUZE

LE CINQ SEPTEMBRE 1747,

AAGE DE 65 ANS.

PRIEZ POUR SON AME.

L’acte de décès de Messire Alexandre Prevost dans le registre d’Usseau [2] :

Le sixième de septembre 1747 a été enterré le corps de Messire Alexandre Prevost chevalier de l’ordre militaire de St-Louis ancien capitaine de dragons seigneur d’Olbreuse et de Gagemon décédé le jour précédent époux de Dame Marguerite de Nossay ont assisté à son enterrement Messire Charles Martin chevalier de Marquelaine son neveu et Messire Pierre Gédéon d’Auzy chevalier seigneur de Saugé beau-frère de la dite Dame de Nossay soussignés avec nous. Feu messire de Gagemon a été enterré dans cette église et etait agé de environ soixante cinq ans.

Alexandre Prevost, sieur de Gagemon avait reçu la seigneurerie d’Olbreuse par un arrêt du 10 septembre 1729 [3] :

M. Louis Armand Prevost , Marquis de l’Etoriere, Mestre de Camp d’Infanterie, Chevalier de l’Ordre Royal & Militaire de S. Louis, a été fondé d’une procuration speciale de M. Alexandre Prevost, Seigneur de Gagemon ; en vertu de laquelle , & conjointement avec M. Jean Reck, Envoyé du Roi d’Angleterre, Electeur d’Hannover à la Diette de l’Empire, à Ratisbonne, étant alors à Paris, & avec M. Jean le Chambrier, Ministre du Roi de Prusse au près du Roi tous deux chargés des ordres précis de leurs Maîtres, a obtenu la permission d’accepter en faveur de M. Prevost, Seigneur de Gagemon, son issu de germain , les dons de la Terre & Seigneurie d’Ollebreuse, lesquels dons lui ont été faits, à titre de cousin, tant par le Roi d’Angleterre que par la Reine de Prusse, comme héritiers de feuë Madame Eleonore, Duchesse de Brunsvik-Lunebourg, leur ayeule maternelle, et dont il a l’honneur d’être parent très-proche ; les Lettres Patentes sur Arrêt du Conseil, & scellées du grand Sceau, en ont été expediées le 6. Octobre 1729. & enregistrées au Parlement le 14. Decembre de la même année. AR.

Alexandre Prevost et son épouse Marguerite de Nossay ont eu un fils Alexandre Armand Prevost qui s’est marié le 12 novembre 1765 en l’église d’Usseau avec Charlotte Brigide : je suis tombée par hasard sur leur acte de mariage dans le registre d’Usseau [4] et j’ai eu la surprise de lire au milieu de l’acte :

A comparu lors de la célébration du mariage un jeune enfant âgé de huit ans appelé Jacques que le sieur Armand Alexandre Prevost et Demoiselle Charlotte Brigide ont placés au milieu d’eux et déclarés le reconnaître pour leur enfant véritable et le vouloir pour leur héritier comme étant leur fils naturel.

A suivre prochainement sur ce blog des articles sur les autres pierres tombales de l’église d’Usseau.

[1] « Usseau dans l’histoire » de Christian Simon, imprimé par les impressions DUMAS, à Niort. Novembre 2014

[2] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1740-1749 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-5 Vue droite page 80/106

[3] Source : Mercure de France (1724) – 1730/03 Edité en 1730 Source: Gallica 

[4] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1760-1769 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-7 vues gauche et droite page 50/79