Y comme Y a qu’à prendre sur soi et vivre !

ou Jeanne, l’ordre et le désordre des choses – Jeanne Lestrigou, 1778-1835

Un texte de Caroline Cesbron, La drôlesse

Cette année, le challengeAZ collaboratif de Généa79 se décline sur le thème Rendre hommage aux femmes en Deux-Sèvres. Les femmes, ces armées invisibles et silencieuses de l’Histoire.
Habituée des lettres faciles, l’an dernier avec le W pour W comme Wesh Wesh, Wostinna ? It is la Gâtine !, je poursuis aujourd’hui avec la lettre Y. Y a pas de souci, Y a qu’à voir… !
Alors qui choisir pour cet hommage ? Une femme célèbre ? Une anonyme ? C’est dit, ce sera une parfaite inconnue, la grand-mère de la grand-mère de mon grand-père.  Une vie de femme aux fins fonds de la campagne française, entre XVIIIe et XIXe siècle, entre la fin de la monarchie absolue et les débuts de la République, entre ordre et désordre. Six générations entre elle et moi. Alors autant dire que l’histoire de sa vie est faite d’hYpothèses et de présomptions mais Y a qu’à prendre sur moi, Y a qu’à Y mettre du mien pour la raconter, cette histoire, car elle, elle en a mis du sien pour la vivre, cette vie, et elle a dû prendre sur elle bien souvent.

« C’était un bourgeonnement incessant et satisfait. Un élan vital (qu’ils avaient déjà canalisé), un instinct pur (dont ils ne voulaient pas entendre parler), une évidence (que jamais ils ne bousculaient), les poussaient les uns après les autres, à rougir, à s’épouser, enfanter, mourir. Puis recommencer. […]
Alice Ferney, extrait de l’incipit « L’élégance des veuves », Actes Sud, 1995

Si toutes les femmes de nos généalogies peuvent se reconnaître dans les mots d’Alice Ferney – rougir s’épouser, enfanter, mourir – le respect séculaire de l’ordre des choses en fait, il en est certaines pour qui ce chemin fut parsemé d’embûches, fit des détours, prit des virages plus ou moins choisis.

Une enfance en désordre

Louis XVI est roi depuis quatre ans lorsque Jeanne naît en plein été 1778 à Ardin en Gâtine du Sud, un territoire à la limite des plaines, entre vallons et rivières, haies et bois. Son père, Jean Lestrigou occupe une jolie position, puisqu’il est, selon les actes, voiturier, celui qui transporte des marchandises en charrette ou bordier, celui qui cultive la terre, mais aussi garde-messier, garde-champêtre quoi. Et garde-messier, ce n’est pas rien. Il était craint celui qui, selon son bon vouloir et pas forcément selon les lois, attrapait ses concitoyens pour le compte du puissant ou de l’autorité du coin.  Le grand-père de Jeanne était marchand, son arrière-grand-père, boulanger. Arrière-grand-père et grand-père se prénommaient Jean, tout comme, par usage, leur petit-fils et fils, baptisé cependant Jean-Baptiste, et c’est tout naturellement que Jeanne, à sa naissance, prit aussi le prénom de sa mère. L’ordre des choses est respecté.

En 1775, à vingt-trois ans, Jean a en effet épousé Jeanne Bonneau, une jeune femme de son âge. En l’espace de deux ans d’union, ils ont eu malheureusement le temps de voir naître et mourir deux enfants avant l’arrivée de Jeanne. 
Quatre mois après son mariage, Jeanne Bonneau, légitime épouse de Jean Lestrigou, a accouché d’un enfant mort-né, très certainement « prématuré ». Y à qu’à dire ça.  Les mauvaises langues ont dû y aller pourtant de leur venin : « le Jean et la Jeanne avaient pêché. Ils ont été punis par le Seigneur. » C’est dans l’ordre des choses.
En janvier 1777, Jean et Jeanne deviennent les parents de Jacques, un garçon qu’ils ne prénomment pas comme son père, très certainement pour conjurer le sort. Jacques décède pourtant une semaine plus tard. Y a qu’à prendre sur soi pour continuer. Perdre un deuxième enfant, un désordre des choses tellement banal à l’époque. Et pour remettre de l’ordre dans les choses, Jean et Jeanne décident, un mois après ce décès, d’aller chez le notaire pour signer un contrat de mariage, fait inhabituel, puisqu’il intervient deux ans après leur mariage.
La mère de Jeanne a pu ainsi rougir et enfanter dans les liens du mariage, dans le respect de l’ordre des choses, avant de mourir prématurément, – les choses en ordre – à l’âge de trente ans en 1782, laissant orpheline une enfant unique de quatre ans et un jeune trentenaire veuf. Y a qu’à dire que le Seigneur en a décidé ainsi, qu’on n’y peut rien. Père et fille, y a qu’à prendre sur vous.

Voici la petite Jeanne, seule avec son père. Mais est-elle restée avec lui ? A-t-elle été confiée à un foyer de la parentèle ? Peut-être. C’est tellement dans l’ordre des choses, pour un homme seul, de faire prendre en charge ses enfants par d’autres, alors qu’il doit travailler du matin au soir à l’extérieur. Comment faire autrement ? Mais Jean est-il vraiment homme à suivre l’ordre des choses ? Il aurait pu en effet se remarier pour avoir une femme à demeure. Contrairement aux usages, et certainement parce qu’il n’a qu’une seule enfant, une situation plus facile à gérer qu’avec toute une fratrie, il ne le fait pas. Pas tout de suite. Il ne se remarie à Béceleuf, qu’en 1797, en pleine Révolution, quinze ans après le début de son veuvage. La période n’étant pas très ordonnée, les deux époux se marient même une seconde fois, en 1799, à Coulonges-sur-l’Autize, probablement pour être certains que leur union soit valable et prise en compte par le Régime révolutionnaire. La nouvelle épouse, du même âge que le marié, est certainement de sa parentèle ou celle de sa première femme – mais sans preuve à ce jour – puisqu’elle s’appelle Marie Bonneau.  Ce serait bien dans l’ordre des choses de faire en sorte que tout reste en famille. C’est aussi dans l’ordre des choses, à l’approche de la cinquantaine, d’assurer la qualité de ses vieux jours. Y a qu’à faire comme ça, c’est mieux.

Un début de vie de jeune femme dans l’ordre des choses

Au remariage de son père, Jeanne a vingt ans, ou presque. Elle a dû commencer aussi à regarder de plus près les garçons et à leur faire les yeux doux. Rougir avant qu’elle n’en épouse un de son choix de cœur… ou de raison. Elle, ce sera indubitablement un choix de raison. La mariée est encore mineure, elle n’a pas encore atteint ses vingt-cinq ans, le futur est veuf et plus que majeur, quand ont lieu à Béceleuf les épousailles en juin 1803. La présomption est forte que le cœur n’a rien à voir dans cette union. C’est tellement dans l’ordre des choses qu’un père, qui n’est plus en parfaite santé, veuille assurer l’avenir de son enfant, ou qu’un conseil de famille décide de ce qui est bon pour la pupille ou plutôt la famille.

Jacques Savariau, charbonnier de son état, est en effet dans l’accomplissement de sa soixantième année quand il se marie avec Jeanne. Trente-six ans séparent les deux époux. Le marié a neuf ans de plus que son beau-père. Ses deux fils sont aussi plus âgés que leur jeune belle-mère. D’ailleurs, on a célébré en janvier de la même année, soit six mois auparavant, l’union de la petite dernière, Marie Magdelaine, vingt-deux ans. L’acte de mariage de la fille côtoie celui du père sur le registre. Mais l’ordre des choses est respecté, Jeanne est mariée.
Et s’il s’agit avant tout très certainement d’affaires, de sécurité sociale et non d’inclinaison, le mariage fut pour autant consommé. Y a qu’à y mettre du sien, y a qu’à prendre sur soi. Deux enfants naissent de cette union dissonante sur le papier. Le premier, une fille, prénommée Jeanne comme sa mère – dans le respect de l’ordre des choses – arrive dans ce monde huit mois jour pour jour après le mariage de ses parents. Le second, Jean, né quelques jours avant le Noël 1805, est un enfant posthume. En effet, Jacques Savariau est décédé le 30 octobre à l’âge de soixante-trois ans, un mois et demi avant la naissance. À vingt-sept ans, Jeanne est veuve, un nourrisson et une petite fille de dix-huit mois sur les bras. Fille unique, elle est aussi désormais orpheline de ses deux parents. Jean, son père est parti l’année précédente, au début du printemps 1804, quelques semaines après la naissance de sa petite fille. Parti certainement serein sur l’avenir de sa fille, désormais bien établie.

Les temps ont cependant de fait irrémédiablement changé. De sujet du Roi et de sa propre famille, Jeanne est devenue la citoyenne Lestrigou, puis résidente d’un Empire créé par un petit Caporal.  Depuis 1804, le Code civil redit ce que la Révolution a proclamé : Les hommes sont nés libres et égaux en droits. Sans avoir lu les écrits d’Olympe de Gouges, Jeanne doit penser que les femmes aussi. Le code civil dit aussi que si la femme est toujours incapable juridiquement et dépend de son père ou de son mari, ce n’est pas le cas de la veuve, qui jouit de certains droits. Jeanne n’a plus de mari, plus de père, très peu de famille. Elle a du se dire : « Cheu, Olé be dans l’ordre do chouses, O le té plus un boudet, le Jacques. O va ben do mem, I va prende su ma. Ma aneu, I se libre. Le disons bé trétous qu’olé un nouveau monde ».

Les chemins libres du désordre des choses

Jeanne doit désormais gagner seule sa vie. Son mari et son père décédés lui ont cependant peut-être laisser de quoi assurer son quotidien et celui des enfants encore en bas âge. Ses beaux-enfants l’aident certainement, mais à partir de son veuvage, dans tous les actes la concernant, elle est dite charbonnière. Il est suffisamment rare de voir mentionner une profession pour une femme, surtout à cette époque, pour penser qu’elle l’exerçait vraiment. Jacques lui a certainement transmis son savoir, l’a peut-être emmenée avec lui dans les bois et Jeanne vendait aussi probablement la production obtenue dans les bois aux villageois environnants.

C’est peut-être dans une clairière que fut conçu son troisième enfant ? Magdelaine, mon ancêtre directe, arrivée au monde en 1808, disparut très jeune à l’âge de 35 ans après s’être épousée avec Pierre Rimbault pendant huit ans et avoir enfanté cinq enfants en l’espace de six ans. Née et mariée sans nom de père, enfant naturelle et illégitime, Magdelaine mourut fille de Jeanne Lestrigou certes mais contre toute attente aussi de Jacques Bar(r)ibaud. Outre son acte de décès, elle est aussi désignée comme se nommant Magdelaine Ba(r)ribaud dans quatre actes de naissance de ses enfants. Aucun acte de reconnaissance pour l’heure ne permet d’en savoir plus sur l’identité de ce père mystérieux. Mais Magdelaine savait qui il était, tout le monde savait avec qui Jeanne avait eu une histoire. Celle-ci fut, espérons-le, peut-être bien d’amour et consentie. À trente ans, Jeanne est veuve depuis trois ans, avec trois enfants en bas âge dont un illégitime. Y a qu’à faire avec, y a qu’à prendre sur soi et y mettre du sien. Et y a qu’à surtout pas s’arrêter en si bon chemin. Vive la liberté et au diable les qu’en dira-t-on !
En 1817, Jeanne, à l’aube de la quarantaine, est toujours veuve, libre de toute autorité masculine, ce qui n’est pas dans l’ordre des choses. Et ce qui n’est toujours pas dans l’ordre des choses, même dans un monde nouveau, c’est qu’elle est à nouveau enceinte et accouche une nouvelle fois d’une fille hors mariage, qu’elle prénomme une nouvelle fois là aussi Magdelaine. Est-ce pour rappeler le parcours rédempteur de la célèbre prostituée, proche de Jésus ? Ou pour se souvenir de Marie Magdelaine, la fille de Jacques, son vieux mari, qui est morte quelques jours après la naissance de Magdelaine n°1 ? Jeanne et elle avaient le même âge et elles étaient certainement très proches, grandes amies peut-être ?

Le retour à l’ordre des choses

Statutairement toujours veuve, donc seule, mais avec deux enfants légitimes de 17 et 16 ans, deux autres illégitimes de 13 et 4 ans, Jeanne se remarie enfin en 1821 avec Louis Bridonneau, un charbonnier, comme elle, un homme de son âge, qui habite aussi comme elle, le village de Fougères à Béceleuf. En 1829, le brave homme reconnaît Magdelaine n°2, douze ans, comme étant sa fille et celle de Jeanne. Était-il vraiment son père biologique ? Jeanne assiste l’année suivante, au début de l’été au premier des trois mariages de Jean Savariau, son fils, qui sera deux fois veuf. Elle est de nouveau de la fête en septembre 1830 pour le mariage de Magdelaine n°1. En 1832, elle se déplace avec son mari, Louis Bridonneau, à Vix en Vendée pour être présente au mariage de Jeanne Savariau, sa fille aînée. En 1840, elle n’assistera pas au mariage de Magdelaine n°2 avec un jeune maçon de Surin, Jean Marillet.

Jeanne est décédée cinq ans auparavant, en 1835, à l’âge de 57 ans sans livrer tous ses secrets. 
Elle s’appelait Jeanne Lestrigou, et sa vie, sans importance, vaut pourtant. À un tournant de l’Histoire, entre royauté et Révolution, au-delà de l’utilité d’étendre le grand arbre familial, qui nous permet d’être là aujourd’hui, elle vaut pour sa recherche de liberté et d’accomplissement. Comme celles de beaucoup d’autres femmes. Ces vies n’ont pas été inutiles pour que les femmes d’aujourd’hui puissent vivre comme elles vivent.

« Les uns après les autres, ils savaient que telle était la meilleure tournure des choses : que le Seigneur bénisse des alliances, que des jeunes ventres enflent dans l’allégresse, et que les anciens bercent des nouveau-nés propres et emmaillotés. Le grand arbre familial étendait ses branches de plus en plus loin, année après année éparpillant des feuilles, au gré des mariages les enfants quittant les parents, dans l’espace entier.
« Dieu ne nous a pas créés pour être inutiles ». Telle était la devise des femmes de cette famille. »
Alice Ferney, extrait suite de l’Incipit « L’élégance des veuves », Actes Sud, 1995

D comme Defaye, Magdeleine

Un texte d’Annie LARROUY

Magdeleine DEFAYE est née à Béceleuf en 1798, d’un père laboureur. À l’âge de 30 ans, elle convole en justes noces avec René PAPET à Cherveux. René est issu d’une famille nombreuse. La dot de René est de 100 francs et celle de Magdeleine 600 francs. Le couple réside à la métairie de la Porte de la Carte de Cherveux avec les parents de René et un de ses frères, François. Magdeleine et René auront trois fils, René, Louis et Pierre. Les deux premiers naissent à Cherveux en 1829 et 1832 et le troisième à Saint-Denis en 1834. Le couple part donc à Saint-Denis, près de Champdeniers, entre 1832 et 1834. Magdeleine y décède à 35 ans, 4 mois après la naissance de Pierre, le petit dernier, elle est dite fermière. Je me suis intéressée à son inventaire après décès qui inventorie des objets aujourd’hui disparus.

L’inventaire nous amène dans les trois chambres du domicile avec la description des meubles et de leur contenu. Ainsi, nous trouvons :

  • L’équipement ménager : une crémaillère et son crémaillon (petite crémaillère attachée à la grande) […] deux mauvais chaneil (chaneuil : sorte de lampe à huile à fond plat suspendue au mur) […] assiettes en cailloux (sorte de céramique)…
  • La literie : 3 lits, chacun composé de son bois à quatre quenouilles […], une baillère (toile pleine de balles de blé qui sert de paillasse ou matelas) de toile une coëte […] une couverte en trois marches (sorte de serge grossière, à chaîne croisée) bleu ciel…
  • Dans une armoire en noyer sont les vêtements de Magdeleine en trois marches, sarge (étoffe de laine qui est croisée à cotes obliques), rase, coton, toile ou droguet (laine commune, étoffe à bas prix), les coëffures en mousseline organdy et coton sans oublier les bijoux : bagues, jonc (bijou circulaire à épaisseur régulière) et claviers (ou crochet de châtelaine), un justin (casaquin, la partie du vêtement qui couvre le haut du corps des femmes à la campagne) en basin (tissu à effet de bandes)…
  • Un vieux coffre sans ferrure est rempli d’étoupes (résidu grossier de fibres textiles, obtenu lors du traitement du chanvre ou du lin) de lin en poil […] d’étoupes de chanvre en poil […] d’étoupes blanc […] de fil écru dit fil reparon (étoupe de deuxième qualité) […] de filasse…

Puis les objets trouvés dans les autres bâtiments et dépendances :

  • Dans le fournil est inventorié le nécessaire à fabriquer le pain, une met à pétrir […] de la méture (méteil : mélange de froment et de seigle ou d’orge) […] douze paillons (corbeille en paille tressée) […] trois pelles de four en bois […] un raballon (râteau utilisé pour retirer les braises du four) …
  • Dans les différentes dépendances nous trouvons divers outils ou ustensiles, une percette (petite vrille), une grèle (tamis, crible) deux hareaux (ou areau : charrue archaïque) sans socs, des planches servant de charclure (peut-être de ridelle ?) de charrette […] un fouillet (sorte de scie à main), un détreau (grande hache, grande cognée), une vrilte (peut-être vrille, sorte de tarière) […] deux piardes (espèce de pioche) […] trois guignettes (genre de petit sarcloir) et un loup à gosses […] un cabasson (garde-genoux, boîte en planches dans laquelle s’agenouillent les femmes qui lavent le linge au bord de l’eau) […] une charrette dont les roues sont à jentes etroites garnie de rancher (panneaux placés à l’avant et à l’arrière de la charrette, c’est la ridelle à claire-voie faite en forme de râtelier) […] une charrue complette charruegarnie de soc et coutre (partie tranchante fixée en avant du soc de la charrue) […] un petit tas de fagots fournille (fagot de ramilles et branchages destiné à chauffer les fours) […] une sivière rouleresse (charrette ou brouette à bras)…

Le couple ne semble pas habiter dans une simple masure. L’inventaire recense plusieurs chambres (ou pièces) et dépendances. Une des dites chambres ne contient pas moins de 60 kg de fibres textiles diverses et des hardes (11 jupes et tabliers, coiffes, justins, bijoux, etc.) pour une valeur estimée à près de 320 francs. Dans la cour est recensé un cheptel d’une valeur de 1 580 francs. Magdeleine et René ne semblent pas vivre dans la pauvreté.

L’inventaire nous apprend la présence de Françoise, une sœur de René. Elle habite la maison depuis la mort de la défunte. Elle y réside toujours lors du recensement de 1836. On peut imaginer qu’elle soit venue aider son frère pour s’occuper des enfants. À noter dans l’inventaire un passif de 14 francs « pour mois de nourrice » chez un habitant de Germond, sans précision de date. Peut-être avant l’arrivée de Françoise ? Pour l’anecdote, Françoise rencontre un journalier à Saint-Denis et se marie à Cherveux, lieu de résidence de ses parents, en 1836.

Pour la fin de l’histoire, en 1836 le père est toujours à Saint-Denis avec ses enfants. Il partira prendre une ferme à la Gachère de Secondigny où la famille PAPET fera souche. Cette ferme est la propriété de THIBAULT de NEUCHÈZE de Saint-Denis. À Saint-Denis, aurait-il déjà exploité une métairie de ce THIBAULT de NEUCHÈZE ?

Sources

  • Le parler de Poitou-Charentes, Vendée, Éric Nowak, Christine Bonneton, 2011.
  • Lexique de l’ancien français, Godefroy, Paris, 1901.
  • Dictionnaire du monde rural – Les mots du passé, Marcel Lachiver, Fayard, Aubin Ligugé, 1997.
  • Glossaire du Patois Poitevin, abbé Lalanne.