Un jardin de curé saccagé

 Les jardins de curé sont devenus bien rares, vu qu’il y a de moins en moins de prêtres et qu’ils ont beaucoup à faire avec les nombreuses paroisses qui sont à leur charge. Il y en avait bien davantage au XIXe siècle, et parmi ceux-ci, celui du curé Roulleau, le desservant la paroisse de Moncoutant. C’est Marc Bouchet qui nous raconte une anecdote ayant trait au jardin de ce prêtre.

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Source Delcampe

Le curé de Moncoutant envoie une lettre le 18 juillet 1819 aux autorités de la commune du Breuil-Bernard dans laquelle il se plaint des méfaits commis à son potager par des habitants du bourg qui se comporteraient en ingrats.

Selon lui, comme les habitants de la paroisse sont jaloux de ce qu’il jouit du presbytère et du jardin du lieu (en effet il dessert les deux paroisses), il les accuse de s’efforcer d’anéantir ce qu’il a semé dans le dit jardin : blé, pommes de terre et choux. Leurs enfants arrachent les palisses des haies pour abattre les fruits quoiqu’ils ne soient pas mûrs. Et, par les trouées faites dans les haies entrent les cochons qui ravagent tout.

Un voisin du presbytère prétend avoir la propriété d’une haie. Comme il ne la ferme pas, poules et cochons entrent facilement.
C’est un parti pris de ne rien laisser venir à maturité et, même les paroissiens que le desservant loge ou à qui il permet de mettre à l’abri leur bois et leur charbon agissent de même.

Le curé Roulleau demande donc aux autorités locales de faire cesser la mauvaise volonté des habitants. Il se plaint de leur ingratitude car depuis huit années qu’il leur procure ses secours spirituels comme à ses propres paroissiens, il ne leur a jamais demandé un seul liard ni reçu rien d’eux. L’abbé Roulleau a en effet d’autres raisons de se plaindre. S’il reçoit du gouvernement 1100 francs pour la paroisse de Moncoutant, il a aussi le binage* du Breuil-Bernard depuis 1811, mais il n’a jamais rien touché du gouvernement, ni de cette commune pour la paroisse du Breuil-Bernard. De plus, la commune de Moncoutant ne lui a jamais donné de supplément depuis 16 ans qu’il en est le pasteur.

Le curé estime que les autorités pourraient rendre responsables les habitants du tort qui lui est fait. Et de rappeler que s’il jouit du jardin et du presbytère, c’est en vertu de l’ordre de monsieur le préfet.

Et pour conclure sa lettre, le curé accuse des personnes, mal intentionnées bien sûr, d’aller de maison en maison et de suggérer de lui nuire en disant : « Si vous vouliez, vous empêcheriez le curé de Moncoutant de jouir du presbytère et du jardin. »

Note : le binage est le fait de pouvoir dire deux messes le même jour. Aucun rapport avec le jardinage, même s’il est question de jardin saccagé…

Références :
– Série V le clergé séculier
– Série 11 F

La garde nationale du Breuil-Bernard en 1815

En cette période troublée où on évoque la possibilité d’une garde nationale, Marc Bouchet nous rappelle à travers le relevé ci-dessous que celle-ci existait il y a plus de 2 siècles.

Il est possible que vos ancêtres aient fait partie de la garde nationale.

En 1789, une milice bourgeoise fut instituée à Paris et commandée par La Fayette. Cette milice, appelée garde nationale, fut par la suite étendue à l’ensemble des territoires et c’est dans ses rangs que furent recrutés les volontaires de 1791. Chaque commune eut sa garde nationale. On en trouve parfois des traces dans la série R. Plusieurs fois dissoute, puis réformée elle disparut après 1871.

Voici la liste des membres de la garde nationale sédentaire du Breuil-Bernard (près de Moncoutant) au 16 mars 1815. Référence Archives départementales 79, série 11 F 54.

Marie François Ducrocq, maire est capitaine commandant.
Louis Galet, propriétaire adjoint au maire est lieutenant.
Jean Baptiste Brossard, propriétaire, membre du conseil est aussi lieutenant.
Jean Marilleau, militaire retraité est sergent major.
François Brunet, propriétaire, membre du conseil est sergent.
Jean Brunet, propriétaire est sergent.
Jean Soulard, propriétaire, membre du conseil est sergent.
Arnault, propriétaire, membre du conseil est sergent.
Toussaint Faucon, membre du conseil est caporal fourrier.
Jacques Marquis, militaire en retraite est caporal.

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Image : site de la mairie du Breuil-Bernard

Les autre membres constituant la troupe sont :
– Joseph Thurpault, militaire réformé
– Pierre Charron, marchand
– André Leveillé, marchand
– René Bonin, métayer et propriétaire, membre du conseil
– Louis Encelin, propriétaire
– Pierre Bonnet Mulot, propriétaire, membre du conseil
– Jacques Bernier, propriétaire, membre du conseil.

 

Marc Bouchet.

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