Un sosa 2020 (ça continue)

Marie-Isabelle FEMENIA est la troisième adhérente du Cercle généalogique des Deux-Sèvres à se prendre au jeu du sosa 2020, après Geneviève et Mauricette. Elle remonte donc en partant de ses enfants jusqu’à Louis Viollet (1716-1789) et nous promène de la Vendée jusque dans nos Deux-Sèvres. Dans le message qu’elle nous envoie à l’adresse du blog (genea79blog@laposte.net), Marie-Isabelle écrit : « Je suis ravie d’avoir  fait cet article, car j’ai appris plein de choses, sur mes sosas, mais aussi en généalogie descendante. » Une recherche qui entraîne du plaisir, ça donne forcément envie de suivre son exemple. À qui le tour ?

Mon sosa 2020 m’étant inconnu car le mariage de son fils 1010 est non filiatif, j’ai choisi de vous présenter le sosa 2020 de mes enfants qui m’était déjà connu, mais sur lequel j’ai appris beaucoup de choses nouvelles en préparant cet article. Et il est à la hauteur de l’année 2020… extravagant ! Et puis, ayant remarqué qu’aucune des femmes des quatre plusieurs anciennes générations n’avait atteint l’âge de 40 ans, cet article leur rend un peu aussi hommage.

1 – Mes enfants

3 – Moi Marie-Isabelle

7 – Ma mère Suzanne qui vient de nous quitter

15 – Fleurida Marie ROUBERTY (1905-1980)

31 – Marie Clémentine dite Clémentine MAROT (1880-1967) épouse d’Abel ROUBERTY
Elle a vécu toute sa vie en Vendée dans le canton de Chaillé-les-Marais. Elle a élevé six enfants dans une maison très isolée, sans confort, en plein marais, près du pont du Brault.

63 – Marie Rose dite Mélanie QUINTARD (1854-1934) épouse de Célestin MAROT
Née et décédée dans le canton de Chaillé-les-Marais, elle a passé une partie de son enfance et sa jeunesse plus au nord de la Vendée, à la limite entre la Plaine et le Bocage, et a épousé un homme de là-bas. Aînée de six enfants, elle a elle-même élevé six enfants, cinq filles et un garçon qu’elle a eu la chance de voir revenir de la Première Guerre mondiale. Elle ne savait ni lire ni écrire contrairement à certains de ses ancêtres, et était fière que la plupart de ses enfants aient leur certificat d’études.

126 – Hippolyte dit Julien QUINTARD (1832-1911)

Hippolyte QUINTARD 1877
Sa signature en 1877

C’est le plus récent de mes ancêtres né dans les Deux-Sèvres. Il est né à Vouillé mais n’y a passé que sa toute petite enfance. À peine arrivé dans le Marais poitevin, il a perdu sa mère à l’âge de 8 ans.
Il s’est marié avec Marie Rose BARET en 1853 et a eu six enfants. Ne s’entendant pas avec son père, il a quitté Champagné-les-Marais. Au décès de son père, il y est revenu pour reprendre en tant que fils aîné les fours à chaux, bien que privé de la quotité disponible de la succession.
Il a été cultivateur à Champagné-les-Marais, roulier, journalier à Mareuil-sur-Lay, corroyeur, carrier, terrassier à La Réorthe, chaufournier à partir de 1879 jusqu’à ce que, joueur invétéré, il perde tout y compris les fours à chaux, à la suite de quoi il redevint roulier.

252 – René QUINTARD (1808-1879)

René QUINTARD 1841
Sa signature en 1841

René n’a jamais connu sa mère, et a été élevé par une première belle-mère comme enfant unique, n’ayant de demi-frères et sœurs du troisième mariage de son père qu’à partir de l’âge de 14 ans. Il mesurait 1m68 et a été exempté de service militaire pour ophtalmie chronique.
Il a épousé Marie STEPHANY en 1830 et ils ont eu six enfants dont quatre ont atteint l’âge adulte. Entre 1838 et 1840, ils ont déménagé dans le sud de la Vendée où Marie est décédée à l’âge de 31 ans en 1840 le lendemain de la naissance de son dernier enfant. René s’est remarié en 1841 avec Anne LEGERON qui lui a donné deux autres enfants morts jeunes.
À Vouillé René était maréchal, à Champagné-les-Marais vétérinaire dans les années 1840, roulier, marchand de bois, maréchal dans les années 1850, cultivateur en 1861, enfin maréchal expert, maître de four, fabricant de tuiles, chaufournier.
Sa succession comprenait outre des biens immobiliers à Champagné-les-Marais, un vieux cabriolet !

505 – Marie VIOLLET (1788-1808)
Marie est née et décédée à Saint-Romans-lès-Melle. Sixième de sept enfants, elle a perdu sa mère à l’âge de 7 ans ½ et n’a pas appris à signer.
À 18 ans, elle se retrouve enceinte. Pourquoi elle et son amoureux René QUINTARD ont-ils tardé à se marier ? Personnalité de René ? Niveaux sociaux différents entre les deux familles ? Religion ? René a reçu un baptême protestant au Désert, et Marie était catholique.
À 19 ans et un mois, Marie décède, trois mois et demi après son mariage, et le lendemain de la naissance de son fils René.
Je crois bien que Marie est mon ancêtre décédée la plus jeune, du moins au vu des registres.

1010 – Louis VIOLLET (1751-1822)

Louis VIOLLET époux DUBREUIL 1783
Sa signature en 1783

Tous les actes le concernant sont à Saint-Romans-lès-Melle. Septième de huit enfants, mais premier garçon à survivre, il perd sa mère à l’âge de 4 ans.
Il se marie à l’âge de 25 ans avec Louise DUBREUIL, avec une dispense de parenté, la grand-mère paternelle de Louis, Françoise TERRIERE étant sœur d’une arrière-grand-mère de Louise, Marie TERRIERE. Ils ont sept enfants en douze ans, mais Louise décède à l’âge de 37 ans.
Il est laboureur, marchand, cultivateur.
À son décès, il ne laisse qu’une parcelle de terre, mais une de ses filles décédée deux ans plus tard à l’âge de 30 ans, étant propriétaire de plusieurs parcelles sur Mazières-sur-Béronne, Saint-Romans-lès-Melle et Verrines-sous-Celles, et d’une petite maison, je suppose qu’il avait fait avant de mourir une donation-partage de ses biens.
Parmi les descendants de Louis et Louise, on trouve l’acteur Robert DALBAN (1903-1987), second rôle dans plus de deux cents films en plus de cinquante ans de carrière. On ne connaît pas toujours son nom, mais on connaît « son physique aux traits marqués et sa gouaille populaire » (sic Le Monde). Son rôle emblématique était dans « Les tontons flingueurs » mais dans un registre plus romantique, il a été la voix française de Rhett Butler dans « Autant en emporte le vent ».

2020 – Louis  VIOLLET (1716-1789)

Louis VIOLLET époux DONIZEAU 1781
Sa signature en 1781

Louis, premier des cinq fils de Mathurin VIOLLET, maître arpenteur juré, de Gournay, et de Françoise TERRIERE de Saint-Romans-lès-Melle, naît à Gournay, mais va vivre à Saint-Romans à partir de l’âge d’environ 4 ans.
À la fin de son enfance, un événement a dû le marquer, comme il a dû marquer les 400 habitants de Saint-Romans et plus particulièrement les proches de la famille TERRIERE : c’est le départ pour le Canada de François TERRIERE, jeune cousin germain de Françoise, la mère de Louis.
Pendant son adolescence, Louis est plusieurs fois parrain, et presque toujours la marraine est une fille de marchand de deux ans sa cadette, Jeanne NASLIN, qui signe « jeanne nallin » . Il semble qu’auprès de tous, ils soient destinés à se marier, ce qui arrive en 1735. Ils sont très jeunes, et vont avoir huit enfants jusqu’au décès de Jeanne à l’âge de 37 ans.
Louis est praticien, marchand (cabaretier sans doute), avant de devenir notaire de la baronnie de Saint-Romans.
Après le décès de Jeanne, Louis semble être resté veuf pendant vingt ans !
Mais alors que ses filles aînées sont déjà mariées, trois semaines avant le mariage de son premier fils, Louis épouse une autre Jeanne, Jeanne DONIZEAU, de presque quarante ans sa cadette, qui lui donnera six autres enfants. Il y a une différence d’âge de 50 ans entre l’aînée du premier mariage et le dernier du second mariage.
Louis décède à l’âge de 73 ans, à l’aube de la Révolution, le 27 septembre 1789. Si son état de santé le lui a permis, il a dû en tant que notable et lettré, s’intéresser, à défaut de participer, à la rédaction des cahiers de doléances de Saint-Romans-lès-Melle. Et il a dû savoir que sur les 300 représentants du tiers état du Poitou au 16 mars 1789, il y avait 8 représentants du canton de Chef-Boutonne, parmi lesquels un VIOLLET, sans doute de Gournay, et sans doute apparenté.
Il me reste encore une recherche et ultime vérification à faire avec le contrat de mariage VIOLLET-DONIZEAU après la fin du confinement.