Un sosa 2020 pour en finir avec l’année 2020

C’est le tour de notre adhérent Pierre Guilbot de nous transmettre son sosa 2020. Il nous prépare même à l’année à venir puisqu’il nous présente également son sosa 2021. Pierre en profite pour demander un peu d’aide afin de compléter les quelques renseignements manquants. J’ai mis en gras le membre du couple qui permet de le relier à son sosa 2020.

Rejoindre son sosa 2020 en 10 étapes.

1 Guilbot Pierre o 21/10/1952 Clessé

2 Guilbot Jean o 05/10/1913 Clessé + 11/08/1978 Niort
3 Merlet Marie Joseph o 22/10/1918 Boismé + 25/12/1988 Parthenay

6 Merlet Paul o 31/03/1891 Chanteloup + 15/07/1976 Niort
7 Meunier Marie Louise o 07/01/1895 Boismé + 22/07/1948 Clessé

14 Meunier Baptiste o 15/04/1863 St-Germain-de-L.C. + ?
15 Ferret Mélanie o 26/03/1858 Boismé + 29/02/1912 Boismé

30 Ferret Jean Baptiste o 13/04/1815 Largeasse + 01/05/1887 Boismé
31 Jolly Marie Louise o 29/07/1825 Clessé + 16/08/1896 Boismé

62 Jolly Louis o 03/08/1799 Parthenay + 28/08/1888 Boismé
63 Coulais Marie o 1798 Clessé + 03/03/1868 Clessé

126 Coulais Pierre o 1768 Boismé + 08/01/1833 St-Aubin-le-Cloud
127 Arnaud Louise o 1776. + 06/10/1834 St-Aubin-le-Cloud

252 Coulais André o 02/03/1743 La Chapelle-St-Etienne. + 17/11/1803 Clessé
253 Geay Marie Jeanne o Clessé + 01/09/1794 Clessé

504 Coulais André o 09/01/1696 St-Paul-en-Gâtine + ?
505 Baudouin Marie Jeanne o 16/07/1715 Moncoutant + 04/04/1780 Lhoumois

1010 Baudouin Pierre o 1680 16/11/1719 Moncoutant
1011 Giraud Jeanne o 28/03/1685 St-Marsault + 28/12/1730 Moncoutant

2020 Baudouin Pierre o 1665 ? + 1710 ?
2021 Jean Marie Françoise o 1670 ? + ?

Le sosa 2020 de Pierre Guilbot est le huitième et sans doute ultime que nous publions sur le blog après ceux de Monique Ferret, Pierre Laberny, moi-même, Jean-Pierre David, Marie-Isabelle Femenia, Mauricette Lesaint et Geneviève Vallantin. Je ne sais pas si ces différents ancêtres étaient particuliers. L’année qui portait leur numéro de sosa l’aura été en tout cas.
Beaucoup tourneront la page de cette année placée sous le signe de la covid19 sans regret. Heureusement, les recherches généalogiques à la maison ont permis à nombre d’entre nous de supporter plus facilement cette période.
Ce dernier sosa 2020 est l’occasion pour le Cercle généalogique des Deux-Sèvres de souhaiter de bonnes et prudentes fêtes de fin d’année à chacun et de rappeler que nos adhésions comptent par année civile. C’est donc le moment idéal de nous rejoindre ou de renouveler votre adhésion.

Z comme Zadig

Un texte de Brigitte Billard, Chroniques d’antan et d’ailleurs

Le 13 décembre 1787, à l’église de Châtillon-sur-Thouet, on baptise la petite Françoise Alnet, fille de mes ancêtres Pierre Alnet et Catherine Bazille. Le parrain est Louis Bazille, la marraine est Marie Françoise Arouet, 27 ans, épouse de Mathurin Bazille et tante par alliance du nouveau-né. Rien de bien étonnant dans ce baptême, jusqu’au moment où la marraine signe le registre.

Le treiziesme jour de decembre mil sept cent quatre vingt sept a été baptisée par nous soussigné françoise née d’hier du legitime mariage d’entre pierre alnet fermier et de catherine Bazille ses père et mère a eu pour parain Louis Bazille boulanger son oncle et pour marainne francoise arouet, petite niece de Voltaire. La marainne avec nous soussignée

AD79 -BMS Châtillon-sur-Thouet 1760-1792 – vue 192/243

La généalogie de Voltaire, ou plutôt de François-Marie Arouet, l’auteur entre autres de Zadig – d’où le titre de ce billet, Z comme Zadig – est connue et plonge ses racines dans le Poitou, à Loudun au XVe siècle, selon l’Annuaire de la noblesse de France, puis à Saint-Loup-sur-Thouet, actuellement Saint-Loup-Lamairé, à partir de Jean Arouet, greffier en l’élection de Loudun, puis notaire à Saint-Loup, mort en 1583.

Le petit-fils du dit Jean, François Arouet, part s’établir à Paris, dans le commerce des draps. C’est à Paris que naît son fils, prénommé aussi François, en 1649, qui devient notaire et meurt à Paris en 1724. Il a deux fils, Armand et François Marie, né à Paris le 21 novembre 1694, qu’on connait sous le nom de Voltaire.

C’est donc le grand-père de Voltaire, François le futur drapier, qui a quitté la région poitevine, et les Arouet, branche du futur Voltaire n’ont au début du XVIIIe siècle plus grand rapport avec la région de Parthenay.

Pour que Françoise Arouet soit véritablement la petite-nièce de Voltaire, il faudrait qu’elle soit la petite-fille de son frère Armand Arouet, mort à Paris le 18 février 1745, a priori sans enfant officiel. Exit la relation grand-oncle / petite-nièce.

Si on remonte d’une génération, François Marie Arouet, dit Voltaire, n’a qu’une tante, Marie Arouet, qui épouse un certain Mathieu Marchant, bourgeois de Paris. Pas de descendance Arouet à ce niveau-là, donc pas d’arrière-grand-oncle éventuel de ma Françoise Arouet.

Revenons donc à la génération précédente, encore, à la fratrie de François Arouet, le drapier parti à Paris. Ce François a deux frères, Samuel Arouet, notaire à Saint-Loup, et Pierre Arouet, avocat du roi à Thouars.

Malheureusement, je ne trouve pas de descendance sur internet à ces deux grand-oncles de Voltaire.

Quant à l’ascendance de Françoise, les pistes que j’ai pu remonter pointent vers Chantecorps, et ne remontent pas au-delà de son grand-père, Louis Arouet, né vers 1676, marié une première fois en 1704 à Chantecorps avec Louise Dupont, puis à Vasles en 1710 avec Louise Delineau, la grand-mère de Marie Françoise. Ce Louis est laboureur, il est à peu près de la génération de Voltaire et il est difficile d’imaginer qu’il puisse être le petit fils de Samuel, le notaire de Saint-Loup, ou le petit-fils de Pierre, l’avocat de Thouars.

Pour mettre un point final à cette recherche de cousinage, je n’ai trouvé de mention de Voltaire dans aucun autre acte concernant les frères et sœurs de Françoise, ses oncles et tantes, et même son grand père.

Françoise n’était pas la petite-nièce de Voltaire, même si elle partageait son patronyme.

Françoise n’était qu’une femme du peuple, une fille de la région de Parthenay, comme toutes les autres.

Elle avait été baptisée le 1er janvier 1760 à Fomperron. Son père Louis, marchand et laboureur, avait alors 44 ans, et sa mère, Marie Anne Pignon, en avait 41 ans. Françoise, ou plutôt Marie Françoise, selon son acte de baptême, avait déjà un frère et quatre sœurs vivants lors de sa naissance : Marianne, née en 1747, Marie Françoise, née en 1748, Perrine, née en 1752, Louise née en 1754 et Louis, né en 1756. La famille avait d’abord habité à Chantecorps avant de se fixer à Fomperron avant 1752.

Après la naissance de Françoise, la famille s’était encore agrandie, avec la naissance de Radegonde en 1761.

Vers 1770, la famille Arouet vivait à nouveau à Chantecorps, dans le village de Champmorin.

Marie Françoise avait épousé Mathurin Bazille, héritier d’une lignée de maçons à Parthenay, à l’église du Saint-Sepulchre, en présence de ses parents, le 31 janvier 1780. Au début du mois, le 6 janvier 1780, un contrat de mariage avait été signé entre les deux familles. Il y était prévu que le nouveau jeune couple vivrait pendant une année chez la mère du marié, Marie Magdeleine Bourdault, dans la métairie de la Maladrerie, sur la paroisse du Saint-Sepulchre. Marie Françoise est dotée de 1000 livres par ses parents, en avancement d’hoirie, 500 livres payables deux ans après le mariage, et l’autre moitié de 500 livres cinq ans après le mariage.

Le premier enfant du couple, une fille, Thérèze – un prénom souvent porté dans la famille de l’époux – naît le 7 octobre 1780, mais meurt trois jours plus tard.

Le 4 janvier 1782, la mère de Françoise, Marie Anne Pignon, meurt dans son domicile de Chantecorps, à l’âge de 63 ans. Sa fille est alors enceinte, et met au monde le 24 avril 1782 une petite Elizabeth, qui ne vivra que quelques années. Le 22 septembre 1782, c’est le père de Françoise, Louis Arouet, qui meurt à son tour, à 66 ans.

Le 9 octobre 1785, à Parthenay, où le couple habite maintenant la paroisse Saint-Jean, Françoise met au monde un garçon, Mathurin Bernard, qui va mourir en mars 1801.

Le 14 décembre 1789, c’est un petit Jacques Bazille qui vient agrandir la famille, mais il ne vit que quelques semaines, et est inhumé le 9 janvier 1790, lors d’une cérémonie à l’église Saint-Jean de Parthenay.

Mathurin Bazille et son épouse Françoise Arouet quittent alors Parthenay, et Mathurin va travailler avec Louis Arouet, son beau-frère, à Champmorin, dans la commune de Chantecorps. Pendant de longues années, il sera désormais fermier ou cultivateur, et plus maçon.

Un nouveau petit garçon, François, vient au monde le 18 floréal an 3, à Chantecorps.

Françoise n’a que 38 ans quand elle meurt, le 10 pluviôse an six – le 29 janvier 1798 – sur la commune de Ménigoute, elle qui pourtant habite encore à Chantecorps.

Aujourd huy le dix pluviose l an six de la reppublique
devant moy charles Martin officier public de la commune de
Menigoute, a comparu le citoyen Louis arrouet et françois pothet
demeurant commune de chantecorps lesquels mon déclaré que ce
jourdhuy est décédée françoise arrouet +++ agee de trante six anq duquel
deces je me suis assuré en me conformant a la loi,  l effet de quoy
j ay dressé le present acte en presence des susnommés qui ont declaré
ne scavoir signer sauf le soussigné Louis arrouet +++ epouze de
mathurin Bazille de la commune de Chantecorps___

Le 22 nivôse an 8, Mathurin Bazile, son veuf, passe un contrat de mariage pour épouser Louise Pinaudeau. Il doit régler la succession de Françoise, la mère de ses enfants survivants. C’est ainsi qu’on apprend que le 17 janvier 1800, seuls Bernard, François, et un certain Louis – dont je n’ai pas retrouvé la naissance, ni le destin futur – sont encore en vie.

Je n’ai pour l’instant pas retrouvé de postérité à Françoise.

Et je ne me serais jamais intéressée à elle, à ses frères et sœurs, à sa famille, si un jour, dans l’acte de baptême de la petite sœur de mon ancêtre Louise Alnet, la marraine n’avait mis en avant une parenté totalement infondée avec Voltaire.

Un sosa 2020 (4e épisode)

Aujourd’hui, c’est Jean-Pierre David qui évoque pour nous son sosa 2020. Il est le 4e adhérent à s’être lancé dans ce petit jeu après Marie-Isabelle, Mauricette et Geneviève. Merci à lui. Plutôt que de remonter le temps, Jean-Pierre nous propose de partir de son ancêtre pour arriver jusqu’à lui, ce qui est finalement plus facile à suivre. Une jolie promenade dans le temps et dans la Gâtine (avec un petit crochet en Normandie).

2020 Louis CHATIN
Né vers 1650, marié vers 1670 avec Jeanne MULOT et décédé entre 1693 et 1702.
Deux enfants : François et René.

1010 François CHATIN
Né vers 1674, marié le 18 novembre 1693 à Secondigny avec Hilaire CHABOSSEAU et décédé le 24 décembre 1729 au Beugnon.
Cinq enfants : Jean, Marie, Françoise, Jean et Jeanne.

505 Marie CHATIN
Née le 23 octobre 1695 à Secondigny, elle épouse Jean JOLLY le 27 novembre 1715 à Vernoux-en-Gâtine, elle décède le 13 décembre 1758 à Fenioux, elle était veuve depuis 14 ans.
Trois enfants : Jacques, Mathurin et Marianne.

252 Jacques JOLLY
Né le 24 octobre 1716 à Vernoux-en-Gâtine (source Relevés Cercle 79), marié avec Jacquette LEAUD le 9 février 1746 à Fenioux et décédé le 7 novembre 1764 à Fenioux.
Six enfants : Marie, Jacques, Jeanne, Marie, Marie et Pierre.

126 Jacques JOLLY
Né le 17 septembre 1752 à Fenioux, marié avec Marie AUDURIER le 17 février 1784 à Fenioux (son nom se transforme en «JOLLIT»), il décède le 8 octobre 1837 à Fenioux (veuf depuis 27 ans).
Jacques réside à Fenioux (mariage), puis à Pamplie, Allonne, Les Groseillers et revient finir sa vie à Fenioux.
Sept enfants : Marie-Louise, Marie-Louise, Marie-Madeleine, François, Françoise, Madeleine et Marie-Madeleine.

63 Marie-Louise JOLLY
Née le 21 décembre 1786 à Allonne, devenue métayère elle se marie le 12 février 1814 à Secondigny avec Jacques DECOUX, elle meurt à 50 ans le 23 novembre 1837 à Secondigny, un mois et demi après son père.
Dix enfants : Jean, Marguerite, Marie, Louise, François-Jacques, Pierre, Marie-Julienne, Jean-René, Marguerite et Marie-Madeleine.

31 Marie-Julienne DECOUX ou DECOULT
Née le 11 mars 1824 à Secondigny, se marie avec René Pierre GUIGNON le 14 novembre 1844 à Secondigny, puis après le décès de ce dernier le 1er novembre 1863, elle s’unit à René FAUCHER le 1er février 1864 à Saint-Aubin-le-Cloud. Elle décède le 19 septembre 1877 (à nouveau veuve depuis deux ans).
Trois enfants avec R. P. GUIGNON : Rose, Pierre-Célestin et Victorine.

15 Rose GUIGNON
Née le 26 juin 1849 aux Granges à Saint-Aubin-le-Cloud , elle se marie le 8 février 1870 avec Alexis CAMUSARD à Saint-Aubin, veuve depuis 21 ans, elle décède à Azay-sur-Thouet le 24 novembre 1913.
Onze enfants : Marie-Rose, Jean-Emile, Ernest-Auguste, Louis-Marguerite, Louise-Françoise, Marie-Victorine, Jean-Gustave-Célestin, Marie-Ernestine-Pascaline, Eloïse-Jeanne-Pascaline, Françoise-Augustine et Victor-Marcel-Alfred.
Nota : CAMUZARD ou CAMUSARD selon les actes.

7 Françoise Augustine CAMUZARD (ma grand-mère)
Née le 25 mai 1888 à Saint-Aubin-le-Cloud (dixième enfant de la famille) est servante à « La Verrie » à Vernoux-en-Gâtine où elle rencontre Julien Augustin ROCHAIS, aussi employé dans ce domaine. Ils s’y marient le 29 septembre 1911. Ils résident à Parthenay, puis partent pour la Normandie (travail oblige : grande production de locomotives pour le Chemin de fer, près de Rouen, où la demande d’embauche est forte). Elle nous quitte le 5 novembre 1959 à Sotteville-lès-Rouen.
Trois enfants : Juliette Augustine, Marcel et Maurice (ces deux derniers nés en Normandie).

3 Juliette Augustine ROCHAIS (ma mère)
Née le 12 juillet 1912 à Parthenay (La Mara) elle épouse le 17 avril 1939 Alphonse DAVID à Sotteville-lès-Rouen et nous quittera, à 92 ans, le 19 mars 2005.

1 MOI Jean-Pierre DAVID

Qui sera le prochain à nous évoquer son sosa 2020 ? Il vous reste 8 mois pour le faire et envoyer votre copie à l’adresse du blog genea79blog@laposte.net

 

Connaissez-vous ces apprentis ?

Notre adhérente Babeth POINT nous sollicite car elle aimerait savoir si d’autres personnes font des recherches sur sa famille paternelle (MIOT et GAUFRETEAU  à Parthenay) et sur sa famille maternelle (GERON et GELIN à Champdeniers, Champeaux et Germond). Si c’est le cas vous pouvez la contacter pour échanger directement avec elle à son adresse mail babeth.point@laposte.net

D’autre part, son grand-oncle Jean GELIN, marié à Marie-Louise GENTET, domicilié rue du Four à Parthenay, était boucher-charcutier et faisait la cuisine lors des banquets (années 1960). Elle possède quelques photos où on les voit, entourés de jeunes apprentis bouchers-charcutiers ou de « vieux travailleurs », lors de banquets ou de bals à Parthenay. Babeth POINT aimerait beaucoup mettre des noms sur des visages !

1955 Parthenay
1955

1962 Parthenay
1962

1965 serveurs d'un repas des vieux travailleurs Parthenay.jpg
1965

Là encore, bien que la définition des photos ne soit pas idéale, si vous pouvez l’aider à identifier des personnes, merci de la contacter à son adresse mail. Ce serait pour elle un joli cadeau de Noël.

U comme UPCP à Parthenay

Un texte de Marguerite Morisson

 Parthenay, haut-lieu de la culture régionale
UPCP-Métive, CERDO

Connaissez-vous la  «  Maison des Cultures de Pays », située au 1 de la rue de la Vau-Saint-Jacques, dans ce magnifique quartier médiéval  de Parthenay ?

« O l’est la mésun André Pacher » du nom de celui qui lança l’idée, un jour de janvier 1968, au château de Brégion, d’une structure régionale qui regrouperait les associations culturelles du Poitou-Charentes. Il fallut un an de gestation pour qu’en 1969, naisse enfin « L’Union Poitou-Charentes pour la Culture Populaire » raccourcie par la suite en UPCP. Et l’UPCP est une belle quinquagénaire qui se porte bien !

1C’est en 1969, à Gençay (86), que fut signé par André Pacher, président des « Pibolous » de La Mothe-Saint-Héray et Michel Valière, responsable de « la Marchoise » de Gençay, l’acte de naissance de L’UPCP. C’est donc à Gençay que se clôturera les 22 et 23 novembre 2019, le cycle des célébrations pour ce cinquantenaire, qui eurent lieu toute l’année, dans les 4 départements de Poitou-Charentes et en Vendée. Le spectacle « Pibole », à la gloire de l’Éducation populaire, y sera présenté : auteur Gérard Baraton, metteur en scène Michel Gelin, acteurs Gérard Baraton et Christian Pacher. Le sujet : l’accès à la Culture et la réussite dans la vie d’un jeune de la Marchandelle d’Augé, grâce à l’Éducation populaire.

Et ils sont nombreux aujourd’hui et bien connus, à avoir émergé de ce creuset : Yannick Jaulin, le conteur génial, défenseur de notre langue, bien connu en France, mais aussi en Amérique du Nord, actuellement en spectacle à Paris. Maurice Pacher, chorégraphe des « Ballets Populaires Poitevins », compositeur de chansons, mais aussi d’un opéra « Aunis » présenté sur toute la planète, de l’opéra de Rio à la Scala de Milan, de Montréal à Moscou, sans oublier Paris et Versailles et dernièrement à Niort au CAC, où il fut interprété par 4 danseurs étoiles de l’Opéra Garnier, accompagnés par nos deux accordéonistes virtuoses, Gérard Baraton et Christian Pacher. Christine Authier, prix Charles Cros, avec une chanson de Maurice Pacher est aussi « née » à ce moment-là, tout comme Jany Rouger, qui a terminé sa carrière comme directeur de  « l’Agence Régionale du Spectacle Vivant ». Aujourd’hui retraité, il poursuit sa mission militante pour la sauvegarde de la culture orale et des traditions populaires, ses activités artistiques en tant que musicien et chanteur, et aussi ses activités électives comme 1er adjoint au maire de Saint-Jouin-de-Milly et vice-président du Bocage Bressuirais, chargé de la culture. Pardon pour tous ceux que j’oublie. Beaucoup ont fait carrière grâce à leur passion et sont les salariés de la « Maison des Cultures de Pays », faisant tourner cette énorme machine. Beaucoup d’entre eux sont issus des associations constitutives. Je pense aux Josette, directrice d’UPCP-Métive, aux Dominique, Chantal, Stéphanie, nos musiciens Gérard et Christian, sans oublier, Francis et Jean-François qui ont fait carrière ailleurs en France, mais toujours dans le domaine culturel. Il est impossible de les nommer tous.

Car l’UPCP fut à l’origine de ce formidable mouvement, unique en France. En peu de temps, une cinquantaine d’associations de Poitou-Charentes-Vendée, toutes membres de la Ligue de l’Enseignement, vinrent rejoindre l’UPCP. Plus de 2000 jeunes, convaincus, performants, (avec les moyens de l’époque !), en tout cas participant activement à tous les stages, enquêtes, ou réunions. Toutes ces associations, avaient pour but le sauvetage, la valorisation et la transmission de notre culture paysanne poitevine. Il faut dire aussi, qu’à ce moment-là en France, était né un mouvement de lutte qui militait pour le droit à la diversité culturelle.

Maguezite à Noirmoutier, Rachel Grimaud en Gâtine, deux témoins intarissables de cette culture orale paysanne, enquêtées par les jeunes. Elles ont donné un nombre incalculable de chansons, de danses, de contes, de coutumes, et de souvenirs extraordinaires. Au moins 10 CD à elles deux !

Car il fallait sauver cette culture de tradition orale, notre culture, nos racines, qui ont fait ce que nous sommes, cette richesse dont nos anciens étaient porteurs, mais que l’on avait ignorée, voire méprisée.

Notre langue poitevine-saintongeaise.

C’est bien elle qui fut le véhicule de tout ce savoir ! C’est ainsi, que de stage en enquête, de séminaire en université de printemps ou d’été, fut engrangé par des centaines de collecteurs, armés de cahiers, de crayons, d’appareils photos, de magnétophones à cassettes, ou à bande dans le meilleur des cas, ce considérable fonds d’archives sonores : 8 000 heures,  ou audio-visuelles 800 heures ainsi que 45 000 clichés. Aujourd’hui gérées par le CERDO, (Centre d’Étude de Recherche et de Documentation sur l’Oralité) au sein de la Maison des Cultures de Pays, ces précieuses archives ont été conservées, rassemblées, numérisées, décrites, cataloguées.

Mais il y a encore du travail de décryptage des enquêtes à faire ! Pas une seule fois nous n’avons été gênés par la langue poitevine, très largement utilisée pourtant, que ce soit à Noirmoutier, où elle est semblable au « parlange » vendéen ou encore dans le sud de la Vienne ou dans le sud des deux Charentes ou la langue d’oc se faisait entendre.
On ne peut non plus citer ici tous les professeurs, ethnologues, maîtres de conférences dans des universités françaises, mais aussi étrangères qui ont fait des ouvrages sur ce sujet… sans oublier bien sûr le français de France et le français du Québec qui fit l’objet de sérieuses études. Plus près de nous Liliane Jagueneau, maître de conférences à l’Université de Poitiers, enseignante militante de l’association  UPCP « Parlange vivant », Michel Gautier linguiste, Michel Valière ethnologue, sans oublier Jean-Jacques Chevrier de Gençay, à l’origine ouvrier du bâtiment puis enseignant. Il rédigea un mémoire sur « Jeux et jouets à base d’éléments végétaux » qui fut déposé à l’École des hautes études en sciences sociales. Car les enquêtes bien sûr portaient aussi sur l’artisanat, l’habitat, les modes de vie liés à un terroir (marais, plaine, bocage…), les témoignages oraux sur les conflits mondiaux, les souvenirs de jeunesse, la musique, les chants, les danses, les instruments de musique, les costumes, enfin tout ce qui pouvait concerner cette civilisation paysanne à jamais disparue.

Au début des années 80, est créé un atelier régional pour une meilleure connaissance de la langue poitevine, sa diffusion par l’édition, le spectacle et l’enseignement. La télévision régionale FR3 Poitou-Charentes, diffusera l’émission « Parlange » pendant une longue période.

Pour conclure ce paragraphe, je dirai qu’il n’est qu’à écouter notre poète Ulysse Dubois pour se convaincre de la vigueur de notre parlange poitevin-saintongeais. Si on l’entend de moins en moins dans les marchés ou dans la rue, il reste encore bien vivant dans le cœur des gens.

Quelques dates

Dès 1968, les Pibolous et la Marchoise de Gençay, reviennent du concours national de folklore à Dijon avec le collier d’argent.
C’est aussitôt la création des Ballets Populaires Poitevins, formés des meilleurs musiciens et danseurs de tous les groupes qui viennent de naître un peu partout.
Dés 1971 et les années qui suivront, c’est le lancement de l’opération OSTOP (Opération Sauvetage de la Tradition Orale Paysanne). Les vacances de février verront donc chaque année, 7 où 8 stages répartis dans les 4 départements plus la Vendée et l’île de Noirmoutier. C’est à ce moment-là que les collectes ont été les plus fructueuses. C’est aussi cette année-là qu’il va y avoir à Verruyes, un premier essai de spectacle « Les Paysans » qui préfigure les deux autres qui suivront en 1974 et 1976 : « La Geste Paysanne ». Il y eut aussi cette année là les premières « Rencontres Culturelles Régionales » à Poitiers où l’on monta une importante exposition de costumes traditionnels.

En 1972, vont être organisées les deuxièmes « Rencontres Culturelles Régionales » à Angoulème, avec présentation de tous les groupes et spectacle des Ballets Populaires Poitevins (BPP). En 1973, ce sera à Parthenay et en 1974 à Niort où la foule était impressionnante.

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Les Rencontres Culturelles Régionales à Parthenay

En 1974 : Première « Geste Paysanne » à Verruyes.

En 1975 : Festival en forêt de l’Hermitain et à l’abbaye de Celles.

En 1976 : Deuxième « Geste Paysanne » à Verruyes, mais aussi « Année Romane » décrétée par le Ministère de la Culture et festival « Off »  autour de Verruyes.

Chaque groupe a par la suite monté des spectacles, des groupes de chant, et a cherché à se perfectionner. Ce seront les créations de spectacles de « l’ARCUP » à Cerizay, des « Pibolous » à La Mothe, des  « Gens » de Cherves, de « la Marchoise » à Gençay, de « la Marchandelle » à Augé ou encore de « Saute-Palisse » à Juillac-le-Coq en Charente.

La grande décision

Entre 1978 et 1980, l’UPCP signe un partenariat avec l’ASF (Autoroutes du Sud de la France) pour installer aux Ruralies une vitrine régionale. C’est l’occasion pour l’UPCP de se doter d’une équipe de salariés. En effet le bénévolat a ses limites et la charge de travail était devenue telle, que les bénévoles ne pouvaient plus fournir. Un musée de la machine agricole y fut installé, qui a attiré bon nombres de voyageurs.

Malgré cette petite amélioration, l’UPCP a besoin d’un lieu spécifique à ses activités. En un mot on a besoin d’être chez nous !

C’est ainsi que nait l’idée d’un CRAR : Centre Régional d’Animation Rurale. Mais le projet se révèle impossible ; peut être trop ambitieux… mais en tout cas trop cher et l’emplacement difficile à trouver ! Il y a pourtant eu un nombre incalculable de réunions !

En 1990, c’est la naissance de « Geste Editions » et de « Geste scénique ». L’UPCP se dote d’outils de développement. Ce ne sera qu’en 1993 que sera inaugurée « La Maison des Cultures de Pays », ou « Mésun André Pacher » dans des locaux proposés par la ville de Parthenay. Elle devient alors UPCP et Métive, puis peu après UPCP-Métive, dénomination labellisée par le ministère de la Culture. En effet, il s’est établi un partenariat entre l’UPCP et la structure nationale du secteur des musiques et danses traditionnelles. Relations aussi avec la TGB (Très Grande Bibliothèque) à Paris. Le CERDO, lui, est né en 1994, pour mettre en valeur le fonds de documents.

Aujourd’hui à Parthenay

Depuis 1993, la ville de Parthenay et le département peuvent s’enorgueillir d’une animation de qualité. Tout le monde connait « Le festival de Bouche à Oreille » qui attire chaque année depuis quelques décennies, la foule des passionnés de leur culture et des artistes de qualité venus du monde entier. Ce sont aussi les rencontres, les expositions, les ateliers de musique et de danse, les spectacles, sans oublier les écoles de musique traditionnelle où des centaines de jeunes ont pu se former et jouer de l’instrument de leur choix. UPCP-Métive c’est aussi une bonne quarantaine d’associations réparties en Poitou-Charentes et Vendée. Tout ce travail est soutenu par le département et la région.
Pardon pour tous les oublis et les oubliés. Quelques lignes sont bien insuffisantes pour dire cette belle histoire, née il y a maintenant 50 ans et qui continue aujourd’hui encore à prouver combien nous sommes attachés à ce terroir, à nos racines, à notre culture.

Dépouiller à Parthenay

Les dépouillements des registres paroissiaux ou d’état civil, ainsi que ceux des actes notariés permettent d’enrichir régulièrement notre base de données. C’est une activité indispensable pour nous qui peut se faire seul devant son ordinateur, ou en groupe pour s’entraider. Elle peut se pratiquer sur papier ou sur ordinateur.

registre parthenay
BMS Saint-Jacques de Parthenay (1722-1760), vue 111

Si vous habitez Parthenay et ses alentours et si vous voulez avoir davantage de renseignements sur cette activité, l’antenne de Parthenay du Cercle généalogique des Deux-Sèvres organise une rencontre autour des dépouillements le vendredi 4 octobre 2019 à 14 h à la Salle du Patrimoine (28 rue du Château). Peut-être aurez-vous envie de participer à notre belle aventure et de devenir dépouilleur ? Pour tous renseignements et inscriptions merci de nous contacter avant le 30 septembre 2019 en commentant cette publication ou par mail à jardinse@cc-parthenay.fr

P.S. Et Danièle me rappelle en commentaire que, pour les gourmands et les gourmets, il y aura du broyé du Poitou en clôture !

Recherches sur les soldats de la région de la Londe (76) vers 1940

Dans le cadre de l’apposition d’une stèle en mémoire des 15 soldats tombés au champ d’honneur le 13/06/1940 à La Londe (76), monsieur Denis Colange entreprend des recherches sur les familles de ces soldats et si possible retrouver famille proche pour une future cérémonie.

4 soldats sont originaires des Deux-Sèvres. Avec l’aimable autorisation de M. Colange, je reproduis ici les informations sur ces soldats.

  • Joseph Emile FLEAU, né à Allone 79 le 19/03/1913 CM Niort Mat132.Fils de FLEAU Ernest Emile et de GEFFARD Clémentine résidant à Secondigny. Versé au 90e RI à la Courtine en mai 40. Il tombera au champ d’honneur le 13 /06/1940 sur La Londe 76500 au cours de terribles combats et une résistance héroïque.

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Joseph Emile FLEAU (source D.Colange)

 

  • Lucien BERTAUD né le 15/01/1910 à Ménigoute décédé suite à ses blessures le 19 juin 1940 à l’autre bout de notre foret sur Bosc-Bénard-Commin 27 . Il reposerait à Fleury les Aubrais 45. Fils d’Eugène Honoré BERTAUD et de Marie BRACONNIER, époux de Félicia Anne Henriette AVERTY.

 

  • Roger GUILBOT, originaire ou natif de Parthenay, tombé au champ d’honneur le 13/06/1940

 

  • Henri DUTERTRE, plombier chauffagiste à Quincé (49), sera déporté, peut-être revenu.

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Roger GUILBOT (au milieu), Henri DUTERTRE (à droite, maillot rayé) (source D.Colange)

Monsieur Colange cherche toute information sur les 90ème, 125ème, 131ème RI et le 11ème RA de Vernon. Il cherche également à identifier les autres soldats de la photo ci-dessus.

Vous pouvez mettre vos informations en commentaires ou nous contacter, nous transmettrons à M. Colange.

W comme : World War (First)

Le 4ème article de Danièle Billaudeau.

World war first : un titre pour un clin d’œil aux alliés anglophones et un article pour honorer les aviateurs de Gâtine. Avec les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, le conflit a été étudié sous tous les angles ces 4 dernières années. Le Cercle généalogique des Deux-Sèvres a naturellement apporté sa contribution en s’intéressant aux aviateurs et personnels de l’Aéronautique des Deux-Sèvres, « morts pour la France ». 4 sont originaires de Gâtine. Ils étaient pilotes, moniteur Nieuport, mécanicien-mitrailleur ou observateur-mitrailleur.


émile bodinÉmile BODIN – Sergent pilote et moniteur Nieuport. Né le 15 juillet 1892 à Secondigny.  « Mort pour la France » le 17 décembre 1918 par accident d’avion, en service commandé, au Camp d’Avord (Cher). Profession avant la mobilisation : étudiant en médecine. Le brevet de pilote aviateur n° 8711, lui a été décerné le 7 mars 1918, par la Fédération Aéronautique Internationale. Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus. Il a fait la campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 16 décembre 1917.

Roger Camille MAINDRON – Pilote de l’escadrille 282. Né le 10 juillet 1898 à Parthenay. « Mort pour la France » le 3 octobre 1918 au fort de Malmaison (Aisne). Profession avant la mobilisation : charpentier. Le brevet de pilote militaire n° 9973 de la division S Bréguet, lui a été décerné le 19 novembre 1917. Grièvement blessé en combat aérien le 3 octobre 1918, il est transféré au fort de Malmaison – ambulance 12/16 où il décède le même jour des suites de ses blessures. Nous lui connaissons 4 citations dont cette dernière  : « Maréchal des Logis du 20ème régiment d’artillerie détaché à l’escadrille 282. Pilote remarquable qui à maintes reprises a fait preuve des plus belles qualités de sang froid et de témérité. Toujours prêt à voler, ne reculant devant aucun obstacle pour mener à bien les missions qui lui étaient confiées. Est tombé glorieusement le 3 octobre 1918 au cours d’un combat contre les monoplaces ennemis ». Son corps restitué à la famille est inhumé au carré des corps restitués du cimetière du Rondail à Nueil-les-Aubiers (79).

médailleClovis Delphin PLEBER – Mitrailleur et observateur stagiaire escadrille 221. Né le 28 juin 1891 au Busseau. « Mort pour la France » le 7 septembre 1917 en Haute-Alsace. Profession avant la mobilisation : employé de commerce. Incorporé à compter du 9 octobre 1912, il est maintenu sous les drapeaux en vertu du décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Clovis Delphin PLEBER est désigné pour suivre les cours de tir anti-aérien à Courmont (Aisne) du 5 au 12 mars 1918. Il est encore désigné pour suivre le cours de protection contre les gaz et devient observateur stagiaire à l’escadrille 221 le 4 septembre 1918. Il est grièvement blessé en combat aérien le 7 septembre 1918 en Haute-Alsace, puis transporté à l’hôpital auxiliaire n° 31 de Morvillars où il décède le même jour. Il a été inhumé le 9 septembre 1918 au cimetière de Morvillars (Territoire de Belfort) entre Belfort et Delle, selon une note du colonel Fosse, adjoint au colonel commandant le 319ème régiment d’infanterie. Son dossier d’officier nous dit qu’il est mort des suites de ses blessures de guerre. Sa dernière citation : « Le lieutenant Clovis PLEBER (active) du 125ème régiment d’infanterie est un officier de grand mérite, passé dans l’aviation après 4 ans de campagne dans l’infanterie. S’est distingué aussitôt par ses belles qualités d’énergie et de bravoure. A trouvé une mort glorieuse dans un combat aérien pendant une reconnaissance lointaine ». Il a reçu une décoration, la Croix de guerre avec une étoile de bronze et une étoile d’argent.

Arthur Émile RENELIER – mitrailleur de l’escadrille BM 118. Né le 16 mai 1894 à L’Absie.  « Mort pour la France » le 22 août 1918 à Mairy-sur-Marne (Marne). Profession avant la mobilisation : voyageur de commerce. Mobilisé et entré dans le service actif le 7 septembre 1914. Venu de Bordeaux le 3 septembre 1917, il est affecté au 2ème groupe d’aviation – escadrille BM 118, le 16 septembre1917. Il est tué au cours d’un accident d’avion sur le terrain de Mairy-sur-Marne (Marne) le 22 août 1918. [Alors qu’il était à bord d’un « Voisin » avec le pilote et l’observateur et que l’appareil avait atteint une hauteur de 50 à 60 m, l’appareil glissa sur l’aile et vint s’écraser sur le sol. Le pilote et l’observateur furent tués sur le coup. Arthur Renelier blessé mortellement par la mitrailleuse, vécut environ un quart d’heure.] Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus.


On retrouve ces 4 aviateurs de Gâtine morts pour la France dans une exposition de 22 panneaux réalisée pour être présentée lors du 3ème congrès régional de généalogie à Niort en octobre 2014. Elle a depuis été prêtée à de nombreux établissements scolaires et bibliothèques. En approfondissant nos recherches, nous avons trouvé 2 aviateurs supplémentaires. Une brochure complète évoquant leurs parcours individuels vient d’être éditée pour commémorer le centenaire de la fin du conflit. Pour certains d’entre eux, nous avons pu entrer en relations avec les familles, nous procurer quelques photos, celle de leur brevet de pilote parfois. Nous avons découvert quelques tombes, consulté les carnets de comptabilité de campagne, leurs dossiers d’officiers à Vincennes. Nous nous sommes familiarisés avec les avions, les escadrilles, leurs insignes et leurs devises. Ce fut dans tous les cas, une expérience enrichissante.


Hasard de l’actualité, le pilote Roger Maindron a maintenant un visage. Nous ne connaissions aucune photo de lui. Et hier, dans le journal local, grâce au descendant d’un cousin de cet aviateur, nous pouvons enfin le découvrir et en savoir beaucoup plus sur lui.

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Roger Maindron devant son avion

 

P comme : Parthenay, aux origines du nom

Le 2ème article d’Albéric Verdon, responsable du site Histoire de la Gâtine poitevine et de Parthenay.

Les érudits du XIXe siècle ont attribué l’origine du nom de la ville de Parthenay à un romain du nom de Parthenius qui aurait possédé un domaine à Parthenay-le-Vieux. Qu’en est-il exactement ?

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Dessin de l’église Saint-Pierre de Parthenay-le-Vieux à la fin du XIXe siècle. Cet édifice des XI-XIIe siècles est postérieur à la création d’un lieu habité par un Parthénius. (Collection Yves Drillaud) 

Selon nos recherches sur Parthenay, le premier domaine d’un Parthenius se situerait au niveau de l’ancienne Croix-Bouc, au carrefour des rues du Docteur-Émile-Roux, de la Réole, Pierre de Coubertin et route de Pont-Soutain. La Croix-Bouc étant la déformation de Croix du Bourg. Nous considérons que Parthenay-le-Vieux devait être occupé vers le IXe siècle.

Quant au Parthenius, était-il romain, et d’où pouvait venir son patronyme ?
Tous les noms commençant par Parth, pourraient tirer leurs origines des Parthes, un peuple de l’actuel Iran. On peut également évoquer les Parthéniens, peuple Lacédémoniens né, durant la première guerre de Messénie, du commerce des jeunes femmes de Sparte (parthenoi) avec les esclaves. Méprisés par leurs compatriotes, les Parthéniens conspirèrent avec les Hilotes. Découverts et forcés de quitter Sparte, ils s’établirent en Italie sous la conduite de Phalante et bâtirent Tarente en 707 av. J.-C.
Divers lieux situés à l’est de la Méditerranée font références à Parthénius et l’on rencontre dans le Grand dictionnaire historique de Moréri de 1759, que ce nom était « donné à diverses rivières et cité par Strabon, Pline et Ovide. Il y en avoit un dans la Bithynie, appelé aujourd’hui Parthenai, comme le veut Moletius, ou Dolap au sentiment de le Noir : un autre dans l’Arcadie : un autre dans l’isle de Samos, & un autre dans la Sarmatie d’Europe ». On peut encore ajouter que Le Parthénios, dénommé également Fleuve de Bartin (Bartin Çayi), est un fleuve de Paphlagonie qui est une ancienne région côtière du nord de l’Asie Mineure. D’autre part, le Mont Parthénios est une montagne d’Arcadie au centre du Péloponnèse.
Venons-en maintenant aux personnages dénommés Parthenius que l’on rencontre dans l’histoire. Le plus ancien est un compagnon d’Énée, un prince de la légende troyenne attaché à la fondation de Rome.
Le Grand dictionnaire historique de Moréri nous fait encore connaître Parthenius de Nicée : « Poëte, vivoit au commencement du regne d’Auguste. Il composa un livre en prose, que nous avons en intitulé (titre en grec), dédié à Cornelius Gallus, gouverneur d’Egypte, qui est d’autant plus considérable, que toutes les narrations sont prises d’auteurs anciens, qui ne sont pas venus jusqu’à nous. Ce livre a été traduit en françois, par Jean Fornier sous ce titre : Les affections de divers amans. Cette traduction fut d’abord imprimée à Paris en 1555, avec les narrations d’amour de Plutarque. Elle a été réimprimée en 1743 à Paris, in-12. Parthenius composa l’éloge d’Arétas sa femme, & diverses autres pièces. On dit qu’il fut fait esclave pendant la guerre de Mithridate ; qu’il fut affranchi par Cinna, & qu’il mourut du temps de Tibere. S’il faut ajouter foi à tout ce que Suidas rapporte à ce sujet, il faut croire que Parthenius fut pris étant encore fort jeune, car il y a plus de 70 ans depuis cette guerre jusqu’à Tibere. Quoi qu’il en soit, on dit que Virgile fut son disciple, & qu’il imita de lui le poëme qu’on lui attribue, intitulé Mretum ; & il est sur que Tibere se plaisoit à l’imiter dans ses poësies. Ses métamorphoses pouroient bien aussi avoir été le fond de celles d’Ovide ».
Après Parthenius de Nicée, citons Parthenius de Chio, surnommé Chaos, un auteur Grec qui écrivit un traité de la vie de son père Thestor.
L’Italie conserve plusieurs souvenirs attachés à des Parthenius. On trouve tout d’abord sous ce patronyme un valet de chambre de l’empereur Domitien (empereur de 81 à 96). C’est peut-être le même qui est dit « grammairien, disciple de Denys, vivoit encore au temps de Domitien ». Plus tard, se rencontre aussi un eunuque chrétien dénommé Parthenius qui fut martyrisé en 250 et inhumé au cimetière de Callixte à Rome dans une crypte de 4 m de long sur 2,95 m de large en 304. La paroi de la crypte, aujourd’hui disparue, portait un graffiti dont l’inscription PARTENI MARTIRI.

Rapprochons-nous de notre époque et entrons maintenant en France. Ainsi, selon divers auteurs, un autre Parthenius aurait des origines aristocratiques et Arverne par sa filiation avec l’évêque de Limoges Rurice. Il pourrait être petit-fils de l’empereur Avitus, ou encore neveu d’Ennodius de la famille de Anicii, évêque de Pavie. Pour François Clément, historien bénédictin, Parthénius serait né à Arles quelques années avant la fin du Ve siècle. Christian Settipani le dit petit-fils de Firminus et il serait cité dès 485. Selon les auteurs, il aurait étudié à Rome ou à Ravenne. On le trouve en 507 à Arles puis en 508 à Ravenne comme ambassadeur de l’assemblée provinciale et représentant de la citée de Marseille. En 533, lorsqu’Arles est libérée par le préfet des Gaules, il reste à son poste parmi les fonctionnaires. En 536, passé sous la domination franque, il devient patrice voire Préfet des Gaules si l’on en croit Édouard Baratier. Appelé vir illustrissimus, il porte également la dénomination de magister officiorum atque patricius (maître des offices) pour la Gaule en 544. Il se retrouve représentant et principal conseiller de Théodebert 1er en 547. Il décède vers 548, juste après la mort de Théodebert 1er. Il aurait été lapidé par les Francs à Trèves car on lui reprochait une politique fiscale trop oppressante. Cependant, selon François Clément, le Parthénius lapidé à Trèves ne serait pas le maître des offices cité en 544.
Pour terminer, Grégoire de Tours cite un Parthenius évêque de Gévaudan entre 541 et 625. Il est alors connu pour ses querelles avec Palladius auquel le roi Sigebert avait donné puis ôté le gouvernement du Gévaudan.

Et qu’en est-il du Parthenius qui aurait donné son nom à la capitale de la Gâtine ?
Une question sans véritable réponse. Selon nous, il est peut probable que cet homme fut un soldat romain en l’absence de vestiges avérés de cette époque à Parthenay. Nous pensons plutôt que le Parthenius qui donna son nom à la capitale de la Gâtine vivait à l’époque mérovingienne ou carolingienne, mais qu’il pouvait avoir des origines romaines. Les recherches que nous venons de citer font état de plusieurs Parthenius au VIe siècle et l’un d’eux, ou un descendant, ne pourrait-il pas avoir un lieu avec le Parthenius qui donna son nom à Parthenay ?

O comme : Officier d’Académie

C’est encore moi qui m’y colle ! En conséquence, le deuxième article (et dernier) de Raymond Deborde sur une personnalité bien connue de tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des communes des Deux-Sèvres.

poignat2Pourquoi évoquer Maurice Poignat (1911-1997), officier d’Académie ? Son lieu de naissance (La Chapelle-Saint-Laurent, le 19 mai 1911) en fait plutôt un Bocain. Né d’un père cordonnier et d’une mère lingère dans une petite commune, il aurait pu être contraint comme beaucoup à une vie rurale et discrète. Pourtant, il va devenir un historien local reconnu, un journaliste, un écrivain, et sa carrière en fera un Gâtineau.
Historien, il est conservateur du musée Georges Turpin à Parthenay, membre de la Société historique des Deux-Sèvres et de la Société des antiquaires de l’Ouest. Il s’intéresse à l’histoire régionale, au folklore, aux guerres de Vendée et fait d’importantes recherches en sillonnant les territoires de Gâtine et du département, recherches qui aboutissent à des milliers de fiches.
Journaliste, il est responsable des chroniques consacrées à Parthenay et à la Gâtine du journal Le Petit Courrier jusqu’à la guerre, puis du Courrier de l’Ouest à partir de 1944.
poignat1Il est aussi écrivain et publie plusieurs livres historiques sur la Gâtine, mais aussi iconographiques avec Parthenay et la Gâtine en cartes postales anciennes. Mais surtout, dès 1948, il commence à rédiger pour Le Courrier de l’Ouest une série d’articles consacrés aux communes des Deux-Sèvres. Ces années de travail se retrouvent compilées dans son œuvre monumentale Histoire des communes des Deux-Sèvres. C’est un bonheur pour les généalogistes : elle fourmille d’anecdotes et de renseignements qui permettent d’approcher au plus près le cadre paroissial puis communal où ont vécu nos aïeux. 2 tomes sont consacrés à sa chère Gâtine. Je ne résiste pas au plaisir d’extraire presque au hasard une petite anecdote qui se situe dans la commune de La Ferrière :
Au mois d’octobre 1836, le recrutement d’une institutrice ayant été envisagé, le maire, M. Bourdin, suggéra qu’il soit fait appel à une religieuse, et ce à fin d’économie, la paroisse s’engagea à lui fournir le logement et le mobilier. Trois conseillers ayant demandé un vote à bulletins secrets « il a été demandé – lit-on sur le registre des délibérations conservé à la mairie – de voter avec des pois, en prenant des pois blancs pour l’adoption et des pois rouges pour contre ». Cette curieuse façon de procéder avait été décidée afin de favoriser la tâche de certains conseillers sachant tout juste signer leur nom. Toujours est-il que la proposition d’accueillir une religieuse comme institutrice communale munie de son « diplôme » fut décidée… par sept pois rouges contre cinq pois blancs !

Maurice Poignat a reçu de justes récompenses honorifiques pour l’ensemble son travail . Il est ainsi Chevalier des Arts et Lettres, mais aussi Officier d’Académie (ou de l’Instruction publique) ce qui me permet de rendre hommage au rôle de transmission qu’il a eu. Avec ses livres, il a donné le goût de l’histoire locale et offert des pistes aux généalogistes de Gâtine et des Deux-Sèvres pour mieux connaître la vie de leurs ancêtres.