N comme : Nicolas, une famille en Gâtine

Aujourd’hui, je connais très bien celle qui écrit. Sylvie Deborde est membre du C.A. du Cercle généalogique des Deux-Sèvres et elle écrit aussi sur notre blog de généalogie familiale L’arbre de nos ancêtres. Elle est enfin l’auteure de « 365 jours en Deux-Sèvres » (Geste édition).

ParthenayEgliseSt LaurentCPLes Nicolas sont nombreux dans mon arbre, j’en trouve dès 1590.  Mon ancêtre le plus ancien sur cette branche est Jean Nicolas (sosa 3952), sieur de la Taupelière, qui épouse le 26 octobre 1631 Madeleine Mocquet à Parthenay en l’église Saint-Laurent. Après lui, avec ses descendants qui sont aussi mes ancêtres, je parcours la Gâtine.
Olivier, son fils (sosa 1976), lui aussi Sieur de la Taupelière, naît, se marie et meurt paroisse de Saint-Laurent. Puis Charles, 7e fils d’Olivier, (sosa 988), Sieur de la Mitoisière, de la Taupelière et de la Romplelière, naît à Fenioux, il se marie hors de la Gâtine (en premières noces à Poitiers et en secondes noces à Aigonnay),  mais ses enfants voient le jour à Parthenay et à La Peyratte. Charles-Antoine, fils aîné de Charles, (sosa 494) Sieur de la Mitoisière et de la Valentinière, naît à Parthenay, se marie à Soutiers et est enterré à Beaulieu-sous-Parthenay. Enfin, Marie-Marguerite Nicolas (sosa 247) vient au monde à Gourgé, se marie à Saint-Pardoux et meurt à Soutiers. Me voici donc avec une famille de Gâtine !

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– Plan extrait de l’atlas de Trudaine réalisé de 1745 à 1780 ©Archives de Parthenay

Au fil des générations, la famille se déplace dans toute la Gâtine, mais revient toujours en son berceau : la paroisse Saint-Laurent de Parthenay. C’est la principale des 7 paroisses existant dès le Moyen-Age. Située sur le plateau, dans la ville haute au cœur du bourg, elle s’organise autour de son église gothique, la plus ancienne de la ville. Construite au XIe siècle, l’église a subi de nombreux remaniement au fil des siècles. Au moment où je rencontre mon ancêtre Jean Nicolas, le bâtiment doit être en chantier car, en 1572, les voûtes se sont effondrées, 4 ans après un incendie causé par les Huguenots.

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– Chirons en Gâtine  ©Tourisme Deux-Sèvres

Quand ils ne sont pas à Parthenay, les Nicolas vont dans leurs divers logis : Beaulieu-sous-Parthenay, Fenioux, Gourgé, Saint-Lin, Louin, Xaintray, Soutiers, Vouhé, Saint-Pardoux, autant de destinations qui leur font découvrir les paysages vallonnés de Gâtine, ces « terres gâtées » qu’on parcourt le long de chemins creux et où dans chaque petite parcelle de terre on peut voir un « chiron », un de ces blocs de pierre que l’on trouve souvent par ici.

Les Nicolas, qui appartiennent à la petite noblesse de province, vivent en Gâtine et unissent leur destin à celui d’autres familles locales : leurs enfants épousent des Olivier, des Augron, des Gatet et même une ou 2 fois des de La Porte, la grande famille locale issue de Charles de La Porte, maréchal de La Meilleraye et neveu de Richelieu, arrivé à Parthenay en 1641. Toutes ces familles comptent des officiers seigneuriaux lesquels s’occupent des affaires de police et de justice (lieutenant général de police, avocat au siège présidial, greffier…) ainsi que des médecins et bien sûr des ecclésiastiques.
Les descendants de Jean Nicolas et Madeleine Mocquet ont vécu en Gâtine. Je les accompagne sur 5 générations et je les quitte avec Marie-Marguerite Nicolas, l’arrière-arrière-petite-fille de Jean, seule descendante en vie d’un père mort à 28 ans. Elle perd la relative aisance de la famille en épousant un menuisier à Saint-Pardoux, toujours en Gâtine.

A comme : Adélaïde Mignonneau, féministe méconnue

C’est un plaisir de voir Albéric Verdon qui gère le site Histoire de la Gâtine poitevine et de Parthenay ouvrir notre ChallengeAZ, justement consacré à la Gâtine. Albéric Verdon est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages d’histoire locale. Son dernier est intitulé « Marguerite Martin, première militante féministe des Deux-Sèvres et de la Vendée ». Il évoque aujourd’hui Adélaïde Mignonneau, une autre femme en avance sur son temps.

Le combat des femmes pour l’égalité des droits avec les hommes est très ancien, et il commence à se faire véritablement connaître en Gâtine à la fin du XVIIIe siècle. On va surtout le percevoir dans quelques écrits, mais également dans certaines pratiques. C’est notamment le cas avec Adélaïde Victoire Mignonneau, que nous considérons comme la première institutrice laïque de Gâtine. Elle est la fille d’un chirurgien parthenaisien, lui-même fils d’un autre chirurgien. Elle est baptisée en l’église Saint-Laurent de Parthenay le 23 décembre 1787, et par ses actions, elle va marquer la vie locale du début de l’Empire jusqu’à son décès, en 1842. Autant préciser dès à présent que ses opinions sont avant-gardistes, ce qui lui attirera bien évidemment l’opprobre de certaines familles que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de traditionalistes. Alors qu’elle n’a que 18 ans, elle ouvre une institution pour les jeunes filles en 1805. Elle connaît sans doute déjà Jean-Marie Gallemand, de vingt ans son aîné, qui s’établit officiellement comme instituteur à Parthenay en 1806 et qu’elle épouse le 3 février 1807. Ce dernier avait demandé l’autorisation de créer une seconde école secondaire pour y enseigner « les principes de la lecture, l’écriture & l’arithmétique, & ensuite développer à fond les éléments de la grammaire française, de la géographie et de la mythologie ». Dès lors, le couple dirige une école que se trouvait rue Béranger, dans une maison ancienne, occupée aujourd’hui par divers services de la commune. Malheureusement, l’établissement est dévasté par un incendie en 1808. Qu’importe, la maison est restaurée et les instituteurs poursuivent l’éducation des jeunes filles.

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 À droite, la maison en pierre ayant hébergé l’institution Gallemand. (Cliché Albéric Verdon)

Voici ce qui en est dit en 1812 : « L’établissement d’instruction publique dirigé par Mme Gallemant, acquiert tous les jours un nouveau degré de confiance ; que ce pensionnat devient très nombreux, et qu’il mérite à juste titre la préférence qu’on lui accorde sur beaucoup d’autres placés dans les environs. L’instruction y est d’autant étendue qu’on peut le désirer ; les maîtres d’agrément y sont réunis à ceux d’utilité ; la morale y est surtout enseignée et pratiquée d’une manière digne des plus grands éloges. Les exercices publics ont prouvé que les élèves ont profité des bons principes qui leur sont inculqués ; elles ont également fait preuve de goût pour la danse, et pour la musique vocale et instrumentale ». Avec le retour de Louis XVIII, Adélaïde Victoire Mignonneau obtient un brevet d’enseigner le 7 décembre 1819, avec lequel, « elle pourra obtenir l’autorisation spéciale d’exercer les fonctions d’institutrice primaire du premier degré ». Cette même année, un courrier stipule qu’elle est à l’origine de l’ouverture de l’école mutuelle de Parthenay ce qui montre tant sa renommée que sa personnalité. Les idées de la Restauration ne sont pas celles d’Adélaïde Victoire Mignonneau et elle va s’opposer de plus en plus au maire.

Dans les premières années d’existence de son établissement, elle soulève l’indignation de plusieurs familles en faisant exécuter des exercices publics par ses élèves, comme cela se pratique habituellement pour les garçons. Dès 1813, on lui notifie l’interdiction de cette pratique qui serait contraire aux bonnes mœurs. Précisons que ces exercices sont des lectures et des pièces de théâtre. Notre institutrice passe outre et fait faire des exercices en public les années suivantes. En 1822, le maire s’en plaint encore au sous-préfet en précisant que « cette éducation est très mauvaise pour les jeunes demoiselles ».

Adélaïde Victoire Mignonneau va perdre une partie de ses élèves avec l’arrivée des religieuses Ursulines de Chavagnes en 1820. Les idées conservatrices de la Restauration et les pressions exercées sur les familles vont ramener les filles vers les établissements religieux. En 1824, notre institutrice s’en plaint amèrement en indiquant que les religieuses « lui enlèvent pour ainsi dire son état ». Étant très estimée, le conseil municipal lui augmente alors son indemnité de logement. Dix ans plus tard, en 1834, son établissement compte 37 filles en hiver et 33 l’été, tandis que les religieuses s’occupent de 116 filles toute l’année. Il est alors dit d’Adélaïde Mignonneau, « l’institutrice remplit les devoirs de sa profession à la satisfaction des familles ». Elle est très estimée. L’année suivant, le maire indique qu’elle est fréquemment malade et qu’une jeune femme, sa fille, est pressentie pour la remplacer. Veuve, elle décède en 1842 et deux établissements vont remplacer son école : celui des dames Andrieux et celui des dames Sauzeau. Aucun n’aura son aura. Des écoles privées non religieuses pour les filles se rencontrent à Parthenay jusqu’à la Seconde guerre mondiale malgré l’ouverture de l’école publique et laïque de filles en 1866.

Quelques sites sur l’histoire des communes des Deux-Sèvres

Pour se renseigner sur les communes où ont vécu nos aïeux, il est intéressant de visiter les sites officiels des mairies car on y trouve bien souvent quelques renseignements sur l’histoire et le patrimoine. Si on veut aller plus loin, il existe aussi quelques sites consacrés à l’histoire de communes des Deux-Sèvres. Ils sont rares mais de grande qualité et s’enrichissent régulièrement avec de nouveaux articles. Je vous donne les liens de ceux que je connais et fréquente régulièrement.

wikiniortWiki-Niort : Il s’agit, comme Wikipédia, d’un site coopératif consacré à la ville de Niort sous tous ses aspects. Il intéressera les généalogistes car les pages « Histoire » et « Patrimoine » sont particulièrement nombreuses et fournies. Vous y découvrirez donc la vie de Niort et des anciennes communes de Souché, de Saint-Florent, de Sainte-Pezenne et de Saint-Liguaire.

lfm1La Foye-Monjault à travers les siècles : Ce site très bien conçu est tenu par Jean-Jacques Merlet et André Lemoine. C’est un plaisir d’y naviguer, même pour moi qui n’y ait aucune attache. On y découvre l’histoire de ce village du sud du département, la vie des habitants, des chroniques familiales, des personnages emblématiques…

tervesLes amis du patrimoine de Terves : Là, c’est une dynamique association qui fait revivre l’histoire ancienne ou récente de cette commune, aujourd’hui associée à Bressuire, qui me tient particulièrement à cœur. Vous y lirez des articles très variés et très documentés qui peuvent intéresser tout le monde comme ceux sur le bâti d’un village (l’église, le cimetière…)

parthenayHistoire de la Gâtine Poitevine et de Parthenay : Albéric Verdon nous gâte car il ne nous évoque pas une commune, mais toutes celles de la Gâtine autour de Parthenay. C’est donc une très vaste zone qui est étudiée. Découvrez tous les lieux de (l’)Absie  à Xaintray, tous les personnages de Abel (Ernest), receveur d’octroi, à Zalaise (Louise), épouse de Pierre Roquet. Un site indispensable pour étudier l’histoire de Parthenay et de sa région.

J’espère que la visite des sites que je vous ai présenté donnera envie à certains de se lancer dans un travail similaire car toutes les communes ont une histoire et un patrimoine dignes d’intérêt. Il en existe d’ailleurs peut-être quelques unes qui ont échappé à ma vigilance : si vous en connaissez, merci de me le signaler en commentaire ou par mail.

P.S. J’ai bien fait de dire que je ne les connaissais pas tous. Je commence les ajouts de communes, en espérant que la liste sera longue :
Amailloux Fenioux Pioussay Pugny Secondigny Frontenay-Rohan-Rohan

Un trésor dans des archives notariales (document du mois des AD79)

image docmois juinLa généalogie peut nous amener à nous intéresser à l’Histoire ou à l’Art. En fouillant des archives notariales à la recherche d’ancêtres, si vous avez de la chance, peut-être tomberez vous un jour sur un petit trésor comme celui mis en avant ce mois-ci dans le document du mois des AD79. Les archivistes l’ont déniché dans les minutes de maître Bourceau, notaire à Parthenay en 1668, et vous aurez toutes les explications si vous cliquez sur ce lien. Je vous ai mis en image un tout petit extrait de l’article pour vous donner envie d’aller y faire un tour.

Et, en prime, vous gagnerez un petit (!) exercice de paléographie pour des vacances studieuses : arriverez-vous à transcrire l’intégralité du document concerné ?

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