Réconciliation du cimetière d’Usseau

Un acte insolite trouvé dans le registre d’Usseau

 Le vingt neufième jour d’août mille sept cens a este par moy curé prieur soussigné réconcilié le cimetière de ce lieu d’Ussaud lequel avait este pollu par trois soldats dragons de la ville de Niort qui s’y estaient battus et dont il y avait un qui avait reçu un coup de fusil avec epanchement de sang et par ordre de Monseigneur de Saintes en datte du vingt cinq du mesme mois d’aoust et signé G évêque de Saintes et plus bas par Monseigneur Chabot loco secretarii ( = secrétaire du lieu) et ay fait la dite réconciliation avec les cérémonies ordinaires de l’église à laquelle ont assisté les Rds (Rds = Révérends) pères de Pallée religieux de la compagnie de Jésus missionnaire du Roy à Mauzé qui a presché a la cérémonie le Rd pére Monvoisin religieux de St-Dominique de la Ville de Saintes + et Messire Pierre Robert prestre prieur Curé de Saint-Pierre et de Nostre Dame de Mauzé qui se sont avec nous soussigné + servant in divinis (au nom de Dieu) la cure de Cormenier+

Signature : Mess. Robert pre.pr.curé d’Ussaud

Mention marginale : Réconciliation du cimetière d’Ussaud

Mais qu’est-ce qu’une réconciliation ? Et pourquoi ?

La réconciliation d’un lieu sacré fait suite à une profanation. En principe une église ne peut être consacrée qu’une seule fois, sauf si elle est détruite par le feu. Mais si un lieu sacré (église, cimetière) est profané, il est considéré « pollué ». Avant qu’il ne puisse être de nouveau utilisé pour tout acte ou cérémonie sacrés, il doit être purifié par une cérémonie de réconciliation. La cérémonie de réconciliation est constituée de prières et d’aspersion d’eau bénite ; elle est plus ou moins longue et complexe selon l’acte qui l’a profané.

Quelles peuvent être les causes d’une profanation?

La profanation peut être due à l’un des actes suivants :

  • Homicide ;
  • Épanchement de sang par la violence, selon trois critères :
    • Le sang doit être répandu par un acte criminel (un saignement suite à un accident ne profane pas l’église)
    • L’épanchement de sang doit être important (quelques gouttes d’un saignement de nez suite à un coup reçu ne sont pas suffisantes pour profaner l’église)
    • L’acte amenant l’épanchement de sang doit être perpétré dans l’église (si l’acte est en dehors de l’église puis que le blessé entre dans l’église et y répand son sang, l’église n’est pas profanée ; d’un autre côté, l’église est profanée si l’acte a été perpétré dans l’église, même si le blessé sort et que le sang ne coule pas dans l’église;
  • Épanchement de sperme (per voluntariam humani seminis effusionem in ea factam), acte sexuel ;
  • Consécration du lieu par un évêque excommunié ;
  • Inhumation d’un hérétique.

Dans le cas présent, le cimetière d’Usseau a été « pollué » par un épanchement de sang, suite à une rixe entre des soldats dragons de la ville de Niort.

Et j’ai trouvé quelques informations relatives à cet incident dans le livre de Christian Simon « Usseau dans l’histoire » [1] [2] :

« Un incident bizarre, attesté par un document d’époque, a lieu le 23 août 1700, à la veille du déclenchement de la guerre de Succession d’Espagne. Trois ans après la paix de Ryswick mettant fin à la guerre de la ligue d’Augsbourg, une troupe de dragons venue de Niort se présente à Usseau (les protestants n’en sont pas la cause). Trois d’entre eux vont s’affronter au cours d’une rixe sanglante à l’intérieur du cimetière paroissial. Que venaient faire ici ces dragons, probablement éméchés (ils en avaient l’habitude)? En cette période de paix, on peut songer à un retour des dragonnades. Pour lère première fois les soldats se trouvaient désœuvrés. Etaient-ils destinés à s’installer chez les protestants de Mauzé? Songeait-on à les envoyer à l’Île de Ré pour la protéger un débarquement anglais toujours possible? Les documents en notre possession ne permettent pas d’en décider.

Toujours est-il que Messire Robert, prêtre d’Usseau, en accord avec l’évêque de Saintes et en présence de plusieurs autres ecclésiastiques, fait procéder, six jours plus tard, à la cérémonie rituelle de réconciliation. »

Si vous voulez en savoir plus sur les cérémonies de réconciliation, vous pouvez prendre connaissance des pages suivantes extraites du Rituel romain, pour l’usage du diocèse de Toulon (Rituel romain, pour l’usage du diocèse de Toulon – Google Livres)

[1] « Usseau dans l’histoire » de Christian Simon, imprimé par les impressions DUMAS, à Niort. Novembre 2014.

[2] S.M.H.L. N°76, 1er trimestre, 1988, p.7 – Jean Deveau : nouvel écho du temps des dragonnades – la réconciliation du cimetière d’Usseau – Soc.Hist. 2/5 Mem.I p.400 : H.Gelin : « Réconciliation du cimetière, 1700 ».

U comme Usseau, Ussolière, Uxellois, Uxelloise…

Un texte de Monique Bureau

Tout naturellement m’est venue l’idée de vous parler d’une femme de ma famille maternelle : Marie MILLORY, aux multiples alias (MILLIARIT, MILLIORIT, MILLORIT…) : Marie, née vers 1692 a vécu avec son mari Jacques CLEROUIN à Thorigny-sur-le-Mignon dans les années 1713-1716 puis à partir de 1720 au village d’Ussolière à Usseau où ils sont décédés tous les deux en 1787 et 1758.

Lors des premières recherches généalogiques faites par mon oncle maternel dans les années 1980, Marie MILLORY avait retenu toute son attention. Avec un tel nom, elle ne pouvait être qu’Anglaise ! Cela le faisait rêver. Les différents documents, actes qu’elle nous a laissés et transmis de génération en génération, nous montrent une femme, qui même veuve à 70 ans, n’hésitait pas à lancer des procédures, notamment à l’encontre de ses voisins. Marie, « la procédurière », c’est le surnom que lui attribuaient mon oncle et mes cousins. Mon oncle n’avait pas réussi à remonter la généalogie de ce couple. À l’heure de la retraite, un peu par hasard, je suis repartie des travaux de mon oncle, j’ai pris connaissance des documents, actes… transmis à mes cousins, et, il y a quelques mois, j’ai pu remonter la branche MILLORY avec de belles découvertes en Charente-Maritime et Deux-Sèvres.

Ma branche maternelle est originaire de la Chaussée de Saint-Félix, en Charente-Maritime, et au fil de mes recherches, j’ai découvert une multitude de branches dans les Deux-Sèvres, dont une au village d’Ussolière à Usseau, situé à quelques kilomètres de la Chaussée de Saint-Félix ; on traverse Usseau quand on va à Niort depuis la Chaussée de Saint-Félix.  Cette route est tracée sur l’ancienne voie romaine qui allait d’Angers à Saintes : la chaussée toujours droite et généralement plus élevée que les terrains riverains est presque partout reconnaissable ; elle a laissé son nom aux villages de la Chaussée de Marsais et la Chaussée de Saint-Félix. Ma grand-mère nous racontait que, lorsqu’elle était jeune et qu’elle faisait son apprentissage de couturière à Usseau, elle faisait la route à pied deux fois par semaine, et avec ses copines apprenties, elles avaient peur de faire de mauvaises rencontres !

Lieu de passage entre la plaine d’Aunis, le Marais poitevin et la mer, Usseau dérive de « Ussena » signifiant une butte plantée de vignes. Rattachée au canton de Mauzé-sur-le-Mignon, la commune est composée de cinq hameaux surnommés localement les « écarts » : Antigny, le Grand-Breuil, Olbreuse, le Plénisseau et Ussolière.

Usseau, qui s’écrit de multiples façons dans les registres paroissiaux (Ussaud, Usseau, Usau, Hussaud…) est surtout connu pour une Uxelloise renommée : ancien centre huguenot, Usseau est le berceau d’Éléonore Desmier née en 1639 à Olbreuse et épouse du duc de Brunswick-Lunebourg-Zell, électeur de Hanovre. Sa descendance est présente dans dix-sept dynasties européennes, d’où son surnom de « grand-mère de l’Europe ». Françoise DESMIER, arrière grand-tante d’Éléonore DESMIER décédée le 21 juin 1610, a été inhumée dans l’église Saint-Pierre d’Usseau selon Christian Simon, qui a recensé, dans son livre « USSEAU dans l’histoire » [1], plusieurs pierres tombales.

Mais revenons à mon ancêtre Marie MILLORY : elle était la fille de François MILLORY, charpentier de navires à Rochefort et de Francoise BAILLIT : Françoise BAILLIT était native « d’Usau », comme le précise son acte de mariage à Rochefort le 23 avril 1690. Françoise, baptisée le 23 juin 1665 à Usseau, est dite « fille de François BALLY garde de Monsr de Montassier et de Françoise GENAUD, a été parrain Pierre GIRON Sieur de Gifardiere » (qui signe).

Acte de baptême de Françoise Baillit

Françoise GENAUD, mère de Françoise, avait épousé en secondes noces Charles GENEAU ; ce dernier est dit tuteur des enfants du premier mariage de Françoise : un document de famille en notre possession et dont j’ai pris connaissance dernièrement indique l’existence « d’un acte de partage de juin 1680 d’entre Françoise GENEAU femme non commune de Charles GENEAU se disant tuteur des enfants d’un premier mariage avec François BAILLY, Marie BAILLY femme de François RESNEAU, Pierre SERVANT et Louise BAILLY sa femme, François MILLORY et sa femme Françoise BAILLY. »

Francoise BAILLIT avait donc au moins un frère François et deux sœurs Louise et Marie :

 – François BAILLIT a été baptisé le 9 février 1671 à Usseau : « a été présenté sur les fonts baptismeaux de Saint-Pierre d’Usseau François fils de François BAILLIF et de Françoise GENELLE ses père et mère ont été parrain et marraine François de CURSAY et honneste femme Marie CARDINAU », qui signent. Le parrain est François de CURSAY, écuyer, sieur d’Oléron : on le retrouve sur un autre acte figurant dans le registre d’Usseau le 17 octobre 1667, avec la même signature, complétée de la mention « ecuier sieur d’Olleron ». Hasard des recherches généalogiques, j’ai trouvé plusieurs fois François de CURSAY comme parrain lors de recherches en Charente sur ma branche paternelle !

Acte de baptême de François Baillit

– Louise BAILLIT, née vers 1664, avait épousé Pierre SERVANT, maître : leur fils Pierre épousera à Usseau le 20 juin 1717 Marie VIAULT, petite-fille de François FOURRE DE DAMPIERRE, chevalier, sieur de Beaulieu, abbé de Dœuil-sur-le-Mignon et de dame Marie CHARON et également petite-fille d’Emmanuel VIAULT, sergent royal à Usseau, et de dame Luce CARDINAULT. Le sergent royal est une sorte d’huissier ou officier chargé  de faire respecter l’ordre public et de faire exécuter les décisions de justice. Emmanuel VIAULT a été inhumé en 1672 dans l’église d’Usseau [1].

François MILLORY, baptisé en 1665 à La Rochelle, est, lui, issu d’une lignée de charpentiers de navires de La Rochelle qui, pour certains, ont navigué vers l’Amérique : son père, protestant, avait abjuré en 1661 à La Rochelle. François avait notamment un frère Charles, marchand à La Rochelle,  qui est qualifié de « trafiquant aux isles de la mérique » dans l’acte de naissance de sa fille Marie en 1703.

Acte d’abjuration de François Millory

François MILLORY et Françoise BAILLIT ont eu deux filles et un garçon : Marie, mon ancêtre, Pierre (né en 1691 à Rochefort) et Madeleine (née et décédée à Rochefort 1693-1698). François MILLORY, charpentier de navires à Rochefort est décédé avant 1705, peut-être le 9 décembre 1703. Sa femme Françoise avait épousé en secondes noces en 1705 à Rochefort un matelot François GANOT et est décédée le 17 juin 1718 à Rochefort, à l’âge de 52 ans.

Acte de baptême de Marie Millory

Mes ancêtres Jacques CLEROUIN et Marie MILLORY se sont installés à Usseau entre 1713 (naissance de leur fils à Thorigny) et 1720 (naissance de leur fille à Usseau), certainement suite au partage des biens au décès de la mère de Marie en 1718, car dans l’acte de partage de 1680, il est indiqué qu’était échu à François MILLORY et sa femme une petite chambre … Le couple a eu cinq filles et trois garçons :

  1. François, baptisé à Thorigny le 5 novembre 1713, décédé le 30 septembre 1714 à Thorigny.
  2. Marie, baptisée à Thorigny le 16 avril 1717.
  3. Louise, baptisée à Usseau le 16 juin 1720.
  4. Marie, baptisée à Usseau le 27 septembre 1723, s’est mariée une première fois à Usseau le 5 février 1743 avec René ROUHIER, tisserand ; ils ont eu six filles et deux garçons. Elle s’est mariée en secondes noces à Jean DIEUMEGARD, également tisserand, le 15 février 1768 à Marsais et est décédée à Marsais le 4 novembre 1807, âgée de 89 ans.
  5. Jacques, mon ancêtre, baptisé le 5 décembre 1725 à Usseau : laboureur à bœufs, marchand, il a épousé Élisabeth DURAND le 23 août 1756 à Marsais. Le couple a eu quatre garçons et six filles. Il est décédé le 4 février 1811 à Marsais à 85 ans, elle, le 21 octobre 1772 à Priaires à 41 ans.
  6. Magdeleine, née vers 1725, décédée le 13 mai 1807 à Ussolière, âgée de 82 ans : c’est en partie grâce à elle que j’ai pu remonter la généalogie de Marie MILLORY, Magdeleine était citée comme témoin en tant que cousine au 3e degré au mariage de sa cousine Louise SERVANT en 1771.
  7. Françoise, née vers 1735, a épousé le 22 février 1762 à Usseau Charles Alexandre GUILLOT, marchand farinier et est décédée le 28 septembre 1819 à Ussolière âgée de 84 ans.
  8. Jean, cité dans le contrat de mariage et l’acte de mariage de son frère Jacques.

Marie avait eu, en 1774, un litige avec sa voisine Jeanne SABOURIN, veuve de Pierre MARIE, de son vivant tisserand. Jeanne SABOURIN et son mari avaient acquis une maison et un terrain venant des BAILLY. Ce litige portait sur des ouvertures de fenêtres non autorisées, un métier de tisserand qui frappait le mur mitoyen et avait fait tomber des pierres, et enfin un problème lié aux branches d’un noyer qui tombaient sur le quereux de Marie MILLORY ; il  a donné lieu à de nombreux échanges, réponses et jugements, dans lesquels les juristes de l’époque s’interrogeaient, notamment pour le premier point, sur quel droit s’appliquait à Usseau, situé à la frontière du Poitou et de l’Aunis : la Coutume du Poitou ou le Droit du Parlement de Bordeaux, car les contraintes n’étaient pas les mêmes !

Marie MILLORY est décédée à Usseau le 5 décembre 1787 à l’âge de 95 ans ! Belle longévité pour l’époque. Je n’ai pas encore trouvé ses actes de naissance et de mariage.

Acte de sépulture de Marie Millory

Son époux Jacques CLEROUIN, laboureur, bouvier, marchand, né vers 1688, est décédé à Usseau le 5 juillet 1758 à l’âge de 70 ans. Il avait un frère Claude et une sœur Marie qui se sont mariés et ont vécu respectivement à Dœuil-sur-le-Mignon et Marsais. Certainement un lien avec les nombreux CLEROUIN que l’on trouve sur Marsais.

Acte de sépulture de Jacques Clerouin

Donc des recherches à poursuivre : mariage de Marie et Jacques, parents de Jacques… Et  peut-être encore de belles découvertes !

Sources :

[1] – Livre de Christian Simon « USSEAU dans l’histoire » Imprimé par les éditions Dumas à Niort – novembre 2014.
[2] – Actes d’abjuration, naissance et décès : AD 79 en ligne, AD 17 en ligne.
[3] – Photo personnelle « Panneau Ussolière ».

Les pierres tombales de l’église d’Usseau (1)

Plusieurs pierres tombales sont encore visibles dans l’église Saint-Pierre à Usseau.

Christian Simon dans son livre « Usseau dans l’histoire » [1] précise :

« Se faire inhumer dans l’église de sa paroisse était jadis très apprécié. Tous les défunts qui jouissaient de ce privilège avaient un certain niveau social car une inhumation dans l’église coûtait plus cher que dans le cimetière. Ce rite posait des problèmes pour la bonne tenue de l’édifice religieux et l’hygiène publique. Toutes les tentatives pour les interdire n’aboutiront qu’à la veille de la révolution. Il semble que la dernière en date soit celle en 1747, d’Alexandre Prevost, seigneur d’Olbreuse ».

La plaque murale de marbre noire est bien visible dans la deuxième travée du choeur à gauche. Son épitaphe est ainsi libellée :

Plaque murale Alexandre PREVOST

CY GIST LE CORPS DE FEU

MESSIRE ALEXANDRE PREVOST

EN SON VIVANT CHEVALLIER

DE L’ORDRE MILITAIRE DE SAINT LOUIS

CAPITAINE DE DRAGONS D’ORLEANS

SEIGNEUR D’OLBREUZE GAGEMON

ET AUTRES PLACES,

DECEDE EN SON CHATEAU D’OLBREUZE

LE CINQ SEPTEMBRE 1747,

AAGE DE 65 ANS.

PRIEZ POUR SON AME.

L’acte de décès de Messire Alexandre Prevost dans le registre d’Usseau [2] :

Le sixième de septembre 1747 a été enterré le corps de Messire Alexandre Prevost chevalier de l’ordre militaire de St-Louis ancien capitaine de dragons seigneur d’Olbreuse et de Gagemon décédé le jour précédent époux de Dame Marguerite de Nossay ont assisté à son enterrement Messire Charles Martin chevalier de Marquelaine son neveu et Messire Pierre Gédéon d’Auzy chevalier seigneur de Saugé beau-frère de la dite Dame de Nossay soussignés avec nous. Feu messire de Gagemon a été enterré dans cette église et etait agé de environ soixante cinq ans.

Alexandre Prevost, sieur de Gagemon avait reçu la seigneurerie d’Olbreuse par un arrêt du 10 septembre 1729 [3] :

M. Louis Armand Prevost , Marquis de l’Etoriere, Mestre de Camp d’Infanterie, Chevalier de l’Ordre Royal & Militaire de S. Louis, a été fondé d’une procuration speciale de M. Alexandre Prevost, Seigneur de Gagemon ; en vertu de laquelle , & conjointement avec M. Jean Reck, Envoyé du Roi d’Angleterre, Electeur d’Hannover à la Diette de l’Empire, à Ratisbonne, étant alors à Paris, & avec M. Jean le Chambrier, Ministre du Roi de Prusse au près du Roi tous deux chargés des ordres précis de leurs Maîtres, a obtenu la permission d’accepter en faveur de M. Prevost, Seigneur de Gagemon, son issu de germain , les dons de la Terre & Seigneurie d’Ollebreuse, lesquels dons lui ont été faits, à titre de cousin, tant par le Roi d’Angleterre que par la Reine de Prusse, comme héritiers de feuë Madame Eleonore, Duchesse de Brunsvik-Lunebourg, leur ayeule maternelle, et dont il a l’honneur d’être parent très-proche ; les Lettres Patentes sur Arrêt du Conseil, & scellées du grand Sceau, en ont été expediées le 6. Octobre 1729. & enregistrées au Parlement le 14. Decembre de la même année. AR.

Alexandre Prevost et son épouse Marguerite de Nossay ont eu un fils Alexandre Armand Prevost qui s’est marié le 12 novembre 1765 en l’église d’Usseau avec Charlotte Brigide : je suis tombée par hasard sur leur acte de mariage dans le registre d’Usseau [4] et j’ai eu la surprise de lire au milieu de l’acte :

A comparu lors de la célébration du mariage un jeune enfant âgé de huit ans appelé Jacques que le sieur Armand Alexandre Prevost et Demoiselle Charlotte Brigide ont placés au milieu d’eux et déclarés le reconnaître pour leur enfant véritable et le vouloir pour leur héritier comme étant leur fils naturel.

A suivre prochainement sur ce blog des articles sur les autres pierres tombales de l’église d’Usseau.

[1] « Usseau dans l’histoire » de Christian Simon, imprimé par les impressions DUMAS, à Niort. Novembre 2014

[2] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1740-1749 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-5 Vue droite page 80/106

[3] Source : Mercure de France (1724) – 1730/03 Edité en 1730 Source: Gallica 

[4] Archives Départementales des Deux-Sèvres – Registre Usseau Baptêmes, Mariages, Sépultures 1760-1769 Cote E DEPOT 287 / 2 E 321-7 vues gauche et droite page 50/79

Usseau

Carte d’identité

Usseau est une petite commune du sud-ouest du département, proche de Mauzé, qui possédait 895 habitants au recensement de 2015. Elle a la chance de posséder sur son territoire le château d’Olbreuse classé monument historique. C’est ici qu’est née le 3 janvier 1639 celle que l’on surnomme aujourd’hui la grand-mère de l’Europe, Éléonore Desmier d’Olbreuse, car elle est l’ancêtre de très nombreuses familles princières et royales d’Europe. Ce château a servi aussi de refuge pour de nombreuses familles protestantes durant la terrible période des dragonnades.

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Usseau par le préfet Dupin vers 1800

Usseau, commune au sud-est et à 8 kilomètres de Mauzé. Sa population est de 1032 individus. Il y a un notaire. Le Mignon coule au sud de son territoire, qui produit vin, froment, baillarge, avoine et chanvre. Il renferme des prairies naturelles assez étendues, mais de mauvaise qualité. On cultive quelques prairies artificielles. Il y a les bois de la Chaignée des Loges, et les garennes d’ Ussolière et d’Olbreuse. Le sud du territoire est couvert de mauvais marais. On compte six moulins à eau, cinq à vent ; un haras de chevaux et un de baudets ; une carrière de pierre à bâtir. On fabrique des eaux-de-vie et on commerce sur les vins et les chevaux.

Les toponymes relevés par Bélisaire Ledain vers 1900

Antigny, Beaulieu, Le Breuil (Grand et Petit), la Chapelle, la Chappe, Madrid, la Marzelle, Olbreuse, la Pironnière, Plénisseau, Puyroux, Quincampoix, Usseau, l’Ussolière

Usseau sur la carte de Cassini

usseaucassini.PNG

Actes dépouillés par le Cercle généalogique des Deux-Sèvres

Cette commune est en attente de dépouillement. Si vous voulez participer à cette activité, vous pouvez nous contacter !

Sources

– Bélisaire Ledain Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres. Éditions UPCP
– Claude Dupin Mémoires sur la statistique du département des Deux-Sèvres. Site Gallica
– Cartes postales : AD79 et Delcampe