W comme Weill-Renault (Marie) une vie de l’administration de guerre

Un texte de Xavier Choquet

Origines familiales de Marie RENAULT
Née à Chiché le 28 avril 1897, Marie Marguerite RENAULT est la fille de François Étienne RENAULT et de Marie Louise GUERINEAU. Les RENAULT sont originaires de Chiché et des alentours (Clessé et Amailloux) et sont apparemment de condition modeste car François Étienne est dit domestique à la naissance de Marie Marguerite. Je lui connais un frère aîné Joseph, resté en Poitou. à la mort de Marie Louise GUERINEAU, François Étienne se remariera à Luché-Thouarsais en 1907 avec Hélène SICOT. Côté GUERINEAU, ils sont originaires, au plus loin que j’ai trouvé, de Chanteloup.

Listes de familles et alliées : RENAULT, SICOT, GUERINEAU, VINCENT, LOISEAU, FAVREAU, NOIRAULT, BOCHE, DENAIS.

Carrière professionnelle de Marie RENAULT
Marie RENAULT commence sa carrière professionnelle dans les services administratifs du Ministère de la Guerre dans les régions libérées de la Première Guerre mondiale. 1921 marque un tournant dans sa vie privée, son mariage avec Georges WEILL, architecte parisien issu d’une famille originaire du Bas-Rhin ; et les années suivantes la naissance de ses trois enfants (René, Gérard et Roland). Entre 1926 et 1939, elle sera agent à la caisse des dépôts et des consignations, puis suivra son mari à Djibouti où elle exercera le métier d’institutrice.

Marie WEILL, pendant la guerre
La guerre éclate. Évacuée à Beyrouth, elle sera agent comptable aux œuvres françaises de l’Instruction publique jusqu’en 1942 puis partira pour l’Afrique du sud. Elle perd l’intégralité de ses documents lors du torpillage de l’Empress of Canada avant de regagner Londres. Le 13 mars 1943, faisant route de Durban, en Afrique du Sud vers Takoradi (Ghana) et transportant des prisonniers de guerre italiens ainsi que des réfugiés grecs et polonais, le paquebot Empress of Canada est torpillé par le sous-marin italien Da Vinci et coule au sud du cap Palmas. 392 personnes sur 1800 trouveront la mort (principalement des prisonniers Italiens). Parmi les victimes, se trouve également Paul-Jean ROQUÈRES, officier du Groupe de bombardement Lorraine, Compagnon de la Libération qui rejoignait son unité en Grande-Bretagne. Une fois arrivée à Londres, elle exerce le métier d’agent comptable auprès de la caisse centrale de Londres, donc auprès notamment du gouvernement de la France Libre, jusqu’à la fin des événements.

Marie WEILL, après la guerre
Ayant montré des aptitudes professionnelles dans un contexte aussi impressionnant que la Seconde Guerre mondiale, Marie WEILL, de 1945 à 1958 travaillera à Dakar, en AOF et en AEF, dans l’aéronautique avant de revenir en métropole jusqu’à la fin de sa carrière comme cheffe adjointe des services administratifs de classe exceptionnelle au service de la Formation aéronautique, du Travail aérien et des Transports.

Promotion de la Légion d’honneur de juillet 1960
En retraçant son parcours sur la base Léonore où on apprend qu’elle était récipiendaire de la médaille commémorative des services volontaires de la France libre, les avis des différents ministères, les enquêtes diligentées auprès des différents services soulignent le caractère tout à fait exceptionnel de la carrière de Marie WEILL. Le plus parlant est certainement l’avis du ministère des Transports : « Chef Adjoint de Service Administratif exerce avec la plus haute compétence les fonctions de Chef de la Division administrative de l’Établissement du Matériel et des Centres métropolitains. Formée par une longue expérience acquise dans les postes les plus variés de différentes administrations, en Métropole, à Londres auprès du Gouvernement de la France Libre, en AOF et en AEF, Mme WEIL-RENAULT s’est toujours signalée par une conscience professionnelle exemplaire, ses qualités d’intelligence, de persévérance et de dévouement. »

Marie WEILL et son mari vécurent à Orsay, rue de Chateaufort et elle décède le 13 novembre 1964 à Paris XVe.

Sources : Archives départementales des Deux-Sèvres / base Léonore.

3 commentaires sur « W comme Weill-Renault (Marie) une vie de l’administration de guerre »

  1. Un riche parcours, professionnel et géographique pour Marie ! « persévérance, dévouement » : ces qualités qui appartiennent à tous et qu’on attribue particulièrement aux femmes quand on se décide à les honorer… comme si on ne pouvait noter tout simplement ce qu’elles ont su faire ! Elle est pourtant un bel exemple !

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