Quelques sites sur l’histoire des communes des Deux-Sèvres

Pour se renseigner sur les communes où ont vécu nos aïeux, il est intéressant de visiter les sites officiels des mairies car on y trouve bien souvent quelques renseignements sur l’histoire et le patrimoine. Si on veut aller plus loin, il existe aussi quelques sites consacrés à l’histoire de communes des Deux-Sèvres. Ils sont rares mais de grande qualité et s’enrichissent régulièrement avec de nouveaux articles. Je vous donne les liens de ceux que je connais et fréquente régulièrement.

wikiniortWiki-Niort : Il s’agit, comme Wikipédia, d’un site coopératif consacré à la ville de Niort sous tous ses aspects. Il intéressera les généalogistes car les pages « Histoire » et « Patrimoine » sont particulièrement nombreuses et fournies. Vous y découvrirez donc la vie de Niort et des anciennes communes de Souché, de Saint-Florent, de Sainte-Pezenne et de Saint-Liguaire.

lfm1La Foye-Monjault à travers les siècles : Ce site très bien conçu est tenu par Jean-Jacques Merlet et André Lemoine. C’est un plaisir d’y naviguer, même pour moi qui n’y ait aucune attache. On y découvre l’histoire de ce village du sud du département, la vie des habitants, des chroniques familiales, des personnages emblématiques…

tervesLes amis du patrimoine de Terves : Là, c’est une dynamique association qui fait revivre l’histoire ancienne ou récente de cette commune, aujourd’hui associée à Bressuire, qui me tient particulièrement à cœur. Vous y lirez des articles très variés et très documentés qui peuvent intéresser tout le monde comme ceux sur le bâti d’un village (l’église, le cimetière…)

parthenayHistoire de la Gâtine Poitevine et de Parthenay : Albéric Verdon nous gâte car il ne nous évoque pas une commune, mais toutes celles de la Gâtine autour de Parthenay. C’est donc une très vaste zone qui est étudiée. Découvrez tous les lieux de (l’)Absie  à Xaintray, tous les personnages de Abel (Ernest), receveur d’octroi, à Zalaise (Louise), épouse de Pierre Roquet. Un site indispensable pour étudier l’histoire de Parthenay et de sa région.

J’espère que la visite des sites que je vous ai présenté donnera envie à certains de se lancer dans un travail similaire car toutes les communes ont une histoire et un patrimoine dignes d’intérêt. Il en existe d’ailleurs peut-être quelques unes qui ont échappé à ma vigilance : si vous en connaissez, merci de me le signaler en commentaire ou par mail.

P.S. J’ai bien fait de dire que je ne les connaissais pas tous. Je commence les ajouts de communes, en espérant que la liste sera longue :
Amailloux   Pioussay

Paizay-le-Tort

Carte d’identité

La commune de Paizay-le-Tort, située à 5km de Melle, est peuplée de 475 habitants (recensement de 2014). Elle possède sur son territoire le beau château de Melzéard, classé monument historique, dont les parties les plus anciennes (le donjon et la tour transformée en chapelle) datent du XVe siècle.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Paizay-le-Tort par le préfet Dupin vers 1800

Pezay-le-Tort, commune au sud et à 5 kilomètres de Melle. Sa population est de 600 individus. Son territoire est arrosé par le ruisseau de Marsilly venant de la fontaine du même nom, près St.-Génard. On y récolte froment, orge, baillarge, vesce, garobe, un peu d’avoine, de chanvre et de pommes de terre. Il y a quelques prairies naturelles, mais on compte davantage sur les prairies artificielles pour la nourriture des bestiaux. Il existe les bois taillis d’Androlle, du Vivier, de Jouina, de Toissot, du Rablier, de la Sablière du Mail, des Roches et des Bêtes. On compte dix moulins à coussotte ; quelques carrières de moellons. On fait le commerce de chevaux, de juments poulinières, brebis et cochons, élèves de la commune. On remarque la tour de Melzéard.

Les toponymes relevés par Bélisaire Ledain vers 1900

Alexandre, la Barette, Bel-Air, Boitorgueil, la Bouchonnerie, Cantault, la Chandeurie, Châreau-Gaillard, les Chaumes, le Colombier, la Croix, Fief-Cosson ou du Ponthiou, la Folie, la Grelère, la Groie, les Jamonnières, Melzéard, la Minauderie, la Moinerie, la Pinaudière, Pontiou, Puybourassier, Puyraveau, le Quéroy, la Roche, Taillepied, la Thibaudière, les Vallées, Vezançais

Paizay-le-Tort sur la carte de Cassini

paizaycassini.PNG

Actes dépouillés par le Cercle généalogique des Deux-Sèvres

-Baptêmes : 2013
-Naissances : 26
-Mariages : 505
-Sépultures : 1017
-Décès : 121

Sources

– Bélisaire Ledain Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres. Éditions UPCP
– Claude Dupin Mémoires sur la statistique du département des Deux-Sèvres. Site Gallica
– Cartes postales : Delcampe

Mairies : les candidats du curé

Marc Bouchet a déniché aux AD des Deux-Sèvres une lettre du curé de Neuvy-Bouin qui propose au préfet de Niort ses candidats aux mairies de Neuvy-Bouin et de Pougne-Hérisson. Il nous en donne la teneur ci-dessous.

maire curé
Le maire et le curé. Source Delcampe

Aujourd’hui, il nous paraît impensable qu’un membre du clergé local propose son propre candidat à la charge de maire.

Le 10 décembre 1825, l’abbé Montenard, curé de Neuvy-Bouin adresse une lettre au préfet. Avec beaucoup de précautions, il demande au préfet de ne pas le prendre pour « un homme inconstant et volage » faisant référence à un précédent courrier où il lui avait annoncé la mort du maire de la commune. Le maire décédé, François Chevallereau de la Guittardière, avait été enterré, le 21 octobre 1825 (Réf. Archives de catholicité). Le curé avait jugé « plus convenable de faire nommer l’un de ses enfants ». Mais il avait changé d’avis et demandait au préfet de suspendre son jugement. De plus, le prêtre avouait ignorer « que l’administration élisait de nouveaux maires pour cinq ans. »

« La capacité de monsieur Honoré Chevallereau, la crainte de mettre la discorde et la haine dans la paroisse et avec celui qui serait nommé maire » justifiait la proposition du curé de proposer Honoré Chevallereau. Mais une tierce personne, monsieur Hamer de la Sorinière qui tient le curé en estime et l’honore de son amitié lui a fait voir  « tout le mal qui pourrait résulter de cette nomination pour la paroisse. » Monsieur Hamer a déjà écrit au préfet pour donner son opinion sur le dit Honoré Chevallereau. Et l’abbé Montenard a encore pris de nouveaux renseignements qui l’ont conforté dans son avis qu’il s’était laissé tromper par « trop d’amour pour la paix et la concorde. »
« C’est un impie et liberté fieffé. Il est de plus un mauvais exemple pour la commune », ajoute le curé. Et de préciser que si on le flatte un peu c’est parce qu’il a un peu l’air des grandes villes et de l’éducation. Et le curé, « dans l’intérêt de la religion et de la monarchie » par l’intermédiaire de monsieur Hamer, propose « Jean Grellier, propriétaire, honnête père de famille, jouissant à peu près de 4000 francs de rente, excellent sous tous les rapports. » Il demeure dans une propriété à la Vinière, près du bourg. Et le prêtre espère que le préfet voudra bien nommer le sieur Grellier à la place de sieur Chevallereau, « indigne de figurer » dans la mairie.

Puis, le curé s’intéresse au maire de Pougne-Hérisson, Grandjean qu’il souhaite voir remplacer par le nommé Jean Bluteau, boisselier, 55 ans, marié, demeurant dans le bourg de Pougne. C’est un bon royaliste et un homme qui a de la religion. « Il a déjà été maire avant Grandjean mais il a donné sa démission pour des raisons sans rapport avec l’opinion. » Les reproches faits à Grandjean, c’est qu’il est un homme plus que négligeant, il s’oppose souvent au bien de la paroisse. Plusieurs paroissiens sont venus demander au curé d’intervenir pour faire changer le maire. Une personne, non citée dans la lettre, avait acheté la cure de Pougne-Hérisson. Des habitants sont venus trouver cet acquéreur pour lui demander à l’acheter pour avoir un prêtre dans la paroisse. Le prix de vente proposé était de 4500 francs. Et le maire avait été au courant des intentions de l’acquéreur de vendre. Mais Grandjean s’est opposé à ce que la commune acquière la dite cure.

Et l’abbé Montenard de conclure sa lettre en affirmant qu’il croit « qu’un jour Chevallereau pourra quitter le pays. »

Réf. 11 F 64. Archives départementales 79.

La Ferrière-en-Parthenay

Carte d’identité

La Ferrière tient son nom de la richesse de son sol en minerai. Ses ressources en bois ont permis, il y a longtemps, l’exploitation du fer sur place par des fondeurs, puis pour l’approvisionnement de la forge de La Peyratte. Après la Révolution, il y a eu un canton de La Ferrière (qui regroupait les communes de La Ferrière, La Peyratte, Saint-Martin-du-Fouilloux, Vasles et Vandelognes) entre 1790 et 1801. Ce canton est alors supprimé au profit de celui de Thénezay. En 1829, la commune de Vandelognes est  réunie à celle de La Ferrière.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La Ferrière-en-Parthenay par le préfet Dupin vers 1800

La Ferrière, commune au sud et à 8 kilomètres de Thenezay. Sa population est de 328 individus. Son territoire arrosé par le ruisseau de Pissevache, produit seigle, avoine, pommes de terre et un peu de chanvre. Il renferme quelques prairies naturelles et beaucoup de bois, qui sont : les bois nationaux d’Autun, forêt du Roux et des Minières ; et les bois particuliers de Médrin, des Bruyeres, Jumeaux , Buneau et Bordevert. Il y a trois étangs, dont un fort étendu est national ; une carrière de pierres et une mine de fer.

Vandelognes par le préfet Dupin vers 1800

Vandelogne , commune au sud et à 12 kilomètres de Thenezai. Sa population est de 110 individus. Son territoire est arrosé par les ruisseaux de Pissevache et de la Pilliere,
qui forment les sources de la petite rivière de Vandelogne. Son produit est médiocre en seigle, avoine et pommes de terre. Il y a quelques prairies naturelles, mais beaucoup de bois qui sont : les bois de la Vente, de la Pilliere, de Maison-neuve, des Mottes, de St.-Amant, la Vigne, des Antes, des Bourdinieres, des Epines, du Côteau, tous assez mauvais.
Il se trouve deux petits étangs : il y a une tuilerie dite du Magot.

Les toponymes relevés par Bélisaire Ledain vers 1900

Baigneaux, les Bazillières, la Billaudière, le Bois-du-Roux, la Braudière, les Bruyères, le Châtellier, la Châtellière, la Chauvetonnière, le Chêne-aux-Dames, Chour (Grand et Petit), la Chutelière, la Côte, la Courtière, la Creuzerie, la Chugerie, la Doucière, la Ferrière, la Forêt, la Fouardière, la Gautrandière, la Gondinière, le Gué, Magot, la Maison-Neuve, la Mémetière, la Mitière, la Pellière, la Pitière, la Sauvagère, la Touzottière, la Tretaudière, la Turbe, les Usages, Vandeloigne, la Vausseau, la Verrie.

La Ferrière-en-Parthenay sur la carte de Cassini

la ferrière cassini

Actes dépouillés par le Cercle généalogique des Deux-Sèvres

La Ferrière
-Baptêmes : 1371
-Naissances : 136
-Publications de mariage : 5
-Mariages : 458
-Sépultures : 375
-Décès : 51
-Abjuration : 1

Vandelognes
-Baptêmes : 423
-Naissances : 46
-Mariages : 98
-Sépultures : 243
-Décès : 34

Sources

– Bélisaire Ledain Dictionnaire topographique des Deux-Sèvres. Éditions UPCP
– Claude Dupin Mémoires sur la statistique du département des Deux-Sèvres. Site Gallica
– Cartes postales : Delcampe
– Site officiel de la mairie de La Ferrière-en-Parthenay