Prosper DEPREDOMME (1918-1997), de Thouars aux Flandres

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Le dernier article de cette série estivale portera sur un deux-sévrien d’adoption, né à Thouars mais coureur cycliste belge.

Généalogie et Famille

Prosper Charles DEPREDOMME est né à Thouars le 26 mai 1918 et est décédé le 8 novembre 1997 à Anderlecht en Belgique.

Prosper est le fils de David, originaire de Zarren et de Mary Ludovica DESMEDT originaire de Klerken. L’origine thouarsaise de Prosper vient probablement de la présence du père de Mary Ludovica, Evarist DESMEDT à Thouars lors de sa naissance. David DEPREDOMME est marchand, Evarist est ferrailleur.

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Parcours professionnel

Toute sa carrière il sera quasiment fidèle à l’équipe Wolber.

Côté courses, énormément de courses régionales flamandes et du Brabant. Quelques résultats en Suisse.

Son palmarès est marqué par une victoire par deux fois sur la classique Liège-Bastogne-Liège en 1946 et 1950 et sur le critérium de Bruxelles.

Sur le tour de France, on notera sa troisième place lors de la deuxième étape de l’année 1947.

Sa carrière prit fin au début des années 1950.

C’est ainsi que s’achève ce périple cycliste en Deux-Sèvres, cette série a peut-être porté chance à nos coureurs qui espérons pour Alaphilippe ou Pinot voir un des deux en jaune sur les Champs-Elysées.

Bonnes vacances…

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Roger Lacolle (1898-1973), du Cyclo-cross au Tour de France.

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Généalogie et Famille :

Difficile de faire plus Bressuirais que Roger Lacolle né à Bressuire le 8 janvier 1898, parents bressuirais, grands-parents bressuirais.

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De la vie personnelle de Roger Lacolle, on sait peu de choses par le biais d’Internet si ce n’est son mariage avec Fernande Mélanie Talheim à Arcueil en 1924 et son décès à Lisieux le 8 mars 1973.

Aucun lieu public porte son nom.

Histoire professionnelle et palmarès :

Roger Lacolle commence sa carrière par le cyclo-cross, épreuve cycliste alternant course de vélo et difficultés obligeant même le coureur à porter son vélo lui-même.

Le groupe Facebook, Bressuire Autrefois, possède une vidéo de Roger Lacolle lors du championnat cyclo-cross de 1922. Autrement sur Gallica vous trouverez quelques images d’archives (cliquez sur ce lien)

Sa carrière de Cyclo-cross est marquée par une 3ème place en 1921 et double fois vainqueur du championnat national en 1922 et 1923 puis une deuxième place en 1925.

Côté route, deux participations au Tour de France en 1923 et 1925 dont sa meilleure place est 42ème en 1925 (16ème de la 14ème étape).

 

La semaine prochaine, nous terminerons notre série avec Prosper Depredomme (1918-1997) : De Thouars aux Flandres.

Arthur Pasquier (1883-1963), du premier Tour de France au demi-fond.

Le premier cycliste à l’honneur sera Arthur Pasquier.

Généalogie et Famille:

Né le 1er mars 1883 à Coulonges-Thouarsais près de Thouars, Arthur Pasquier est le fils de Louis Pasquier et de Elisa Bruneau. Famille typiquement du nord des Deux-Sèvres entre Coulonges et Saint Maurice La Fougereuse vous trouverez son ascendance partielle ci-dessous.

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Arthur se mariera deux fois. D’abord avec Louise Marie Augustine Riotteau à Levallois-Perret en 1911, puis vers la fin de sa vie avec Noelle, Angèle, Louise Gendreau à Levallois-Perret en 1957.

Bien que décédé à Clichy La Garenne, le 4 décembre 1963, il est enterré à Coron, dans le Maine-et-Loire car propriétaire d’une résidence secondaire dès 1923 dans la commune où il venait très souvent en villégiature.

Une place de Coron, porte le nom d’Arthur Pasquier.

Histoire professionnelle et palmarès:

La vie d’Arthur Pasquier a basculé dans le monde du cyclisme durant sa jeunesse à Coulonges-Thouarsais, la première trace officielle est une apparition dans une course à Amboise qu’il remporte en 1895. Nous retrouvons Arthur en 1903 dans une carrière déjà bien confirmée en étant 3ème du Paris-Bordeaux mais surtout une très bonne 7ème place au premier Tour de France organisé en 1903. Il lâche la compétition vers 1909/1910 signant quelques bonnes places notamment au Paris-Roubaix en 1907 car Arthur Pasquier, entre temps devenu motard, entraîneur et industriel, a décidé d’allier ses deux passions en une épreuve assez spécifique le demi-fond.

Qu’est-ce que le demi-fond? Vous connaissez sans nul doute le principe de peloton en cyclisme sur route où ceux de derrière bénéficie de l’effort de celui qui est devant pour faire moins d’effort. C’est exactement le même principe sauf que le cycliste doit suivre une moto adaptée dont le pilote est debout. L’épreuve de demi-fond se déroule en vélodrome sur des circuits de 30 à 100 kms. Cette discipline moins populaire aujourd’hui est encore pratiquée (probablement dû au nombre assez conséquent de décès, Arthur dut faire face au décès d’un coureur lors d’une épreuve en 1937). L’entraîneur ou le pacemaker est celui qui pilote la moto et c’était le rôle d’Arthur.

Une consécration, son duo avec Victor Linart le mènera à 4 titres de champion du monde dans les années 20, il en aura deux autres avec Raoul Lesueur dans les années 40 et 33 titres nationaux toutes périodes confondues jusqu’à sa retraite sportive à l’aube des années 60, sa licence lui étant retirée suite à un malaise en pleine course.

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Raoul Lesueur et Arthur Pasquier

Cet article n’aurait pas été possible sans les recherches de Jean-Luc Longeron pour Cholet Vélo Passion, ainsi que le site Le Petit Braquet.

La semaine prochaine, nous nous retrouverons avec une légende bressuiraise : Roger Lacolle, du cyclo-cross au Tour de France.

A bicyclette….

Retrouvez chaque mercredi, pendant les 3 semaines du Tour de France 2019, 3 parcours de cyclistes natifs des Deux-Sèvres qui se sont illustrés dans le cyclisme sur route mais nous verrons également d’autres disciplines liées au vélo.

Ce trajet sera agrémenté d’arbres (généalogiques) et de quelques informations sur les sources annexes concernant ces trois coureurs.

Rendez-vous mercredi pour le premier article : Arthur Pasquier (1883-1963), du premier Tour au demi-fond.

Z comme : Zoom sur une vie brisée

Le dernier article du ChallengeAZ est aussi le deuxième écrit par Marguerite Morisson. Elle a bien voulu cette fois nous raconter le tragique destin d’un pauvre gars de Gâtine. Vous pouvez retrouver Louis Babin dit Polet, mais aussi de nombreux autres Poitevins partis en Nouvelle-France, dans le livre que Marguerite vient tout juste de publier : « Poitevins au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles » (La Geste édition).

azay sur thouetAzay-sur-Thouet, à mi-chemin entre Secondigny et Parthenay, était dès le XVIIe siècle, un gros bourg de Gâtine, fier de son église Saint-Hilaire datant du XVe siècle.
En 1665, sous Louis XIV, « l’église comptait cinq chapelles et son tabernacle tout doré était fort beau. »

C’est ainsi que la décrit Maurice Poignat, dans son Histoire des Communes des Deux-Sèvres.
Mais comme on le sait, le siècle de Louis XIV fut une période noire, avec la misère, les épidémies, la Taille et la Gabelle et les dorures de l’église n’apportèrent pas pour autant l’aisance aux habitants. Certains furent donc obligés pour survivre, de tenter l’aventure très risquée de la contrebande du sel. On sait que la punition était le gibet, les galères ou la déportation.

Nous étions là en pays de basse Gabelle, où le sel était peu cher ; mais il fallait passer la Loire, en pays de haute Gabelle pour le revendre plus cher en essayant d’échapper aux gabelous. Sinon la Tour Grainetière de Thouars, idéalement placée sur le chemin, servait de prison à ceux qui étaient pris ; ils y croupissaient dans des conditions atroces.

Pour l’un d’entre eux, né à Azay-sur-Thouet, ce fut la déportation au Canada. C’est ainsi que Louis Babin dit « Polet », se retrouva de l’autre côté de l’Atlantique sans l’avoir vraiment voulu. Il figure au nombre des pionniers envoyés pour peupler la Nouvelle-France. Il fut embarqué en avril 1730.

Il est né à Azay-sur-Thouet le 21 décembre 1698 (donc sous Louis XIV) mais fut déporté sous Louis XV en 1730. Son père, Hilaire Babin, né le 11 mars 1664 à Azay-sur-Thouet, était gardien des Capucins de Parthenay et sa mère, Françoise Seigneuret née aussi à Azay-sur-Thouet le 4 août 1675 y est décédée le 28 juin 1731 à 56 ans.

Son surnom, « Polet », n’est pas un surnom comme en avaient les soldats ; il est tout simplement celui que portait son grand-père : Paul Babin dit « Paulet » c’est-à-dire « le petit Paul », surnom également porté par son père, puisque dans son acte de baptême Louis Babin est fils de Hilaire Paulet et de Françoise Seigneuret.

La famille d’Hilaire Babin et de Françoise Seigneuret comptait 4 enfants, tous nés à Azay-sur-Thouet. Louis en était l’aîné.

Au Canada, Louis Babin dit « Polet » connut une destinée tragique. Marié le 9 janvier 1731 à Québec, il est décédé le 9 mars de la même année. On ne lui connait pas de descendance.

Coïncidence troublante, sa mère est décédée 3 mois après lui.

Question : a-t-elle appris la nouvelle ? Est-ce la raison de son décès ? À ce moment-là, les nouvelles ne se propageaient pas aussi vite, mais en trois mois un bateau a quand même pu faire la traversée et apporter un courrier. Ceci restera un mystère.

Y comme : Y’a des guenilloux à Amailloux

Celle qui rédige aujourd’hui notre billet, Nat, écrit régulièrement sur son blog intitulé « Parentajhe à moé ». Elle y parle avec beaucoup d’émotion de ses aïeux qui, pour la plupart, ont vécu en Gâtine. Nat est aussi administratrice du groupe Facebook « Généalogie : la boîte à outils pour tous » : un groupe très convivial, de plus de 3 000 membres, où chacun peut trouver et apporter des infos et de l’entraide.

guenillou1« Qu’est-ce que je m’ennuie ! … Tu parles d’une vie ! …

Ce n’est pas que je n’aime pas ces quatre murs, au contraire, au moins je ne vois pas les autres et je suis tranquille, mais parfois j’aimerais sortir, respirer l’air pur et profiter de grands espaces. J’entends dire autour de moi qu’il ne faut surtout pas que je sorte, que je suis trop fragile et patati et patata, tu parles ! J’ai de la force, moi ! Ne dit-on pas que je suis de la « grande espèce » ?

Mais ils sont tous têtus comme des mules, tout le monde s’imagine que je vais attraper « la mort » juste en sortant ! Je voudrais bien les voir à ma place…

Bon, si ! Il y en a un qui est sympa. Il vient me mettre de petites tapes dans le dos de temps et temps, mais surtout c’est lui qui me donne à manger ! Un ancêtre de Nat, vous savez celle qui fait parler ses aïeux… Drôle d’idée, je trouve, mais bon.

René COLLIN qu’il s’appelle. Y’a son fils aussi, François… Tous les deux s’occupent de moi mais parfois j’aimerais bien qu’ils me lâchent un peu « la grappe ». Qu’ils aillent voir un peu les membres de l’autre sexe qui, ELLES, ont le droit de sortir évidemment !

Soyons honnête, il m’arrive de prendre l’air ou plutôt de juste changer de pièce et là, j’ai intérêt à être au meilleur de ma forme ! D’ailleurs, je crois bien qu’on me garde et me préserve juste pour ces moments-là. C’est un peu horrible quand on y pense… Mais bon du coup, j’ai double ration au dîner et ça, c’est cool.

On m’a dit que j’étais sale et moche… Non mais « what the fuck »?! Bon d’accord, j’ai les cheveux longs et je ne les brosse pas, mais c’est mon style, c’est tout ! En plus c’est bon pour ma peau, ça la protège. Pourtant quand j’étais petit, on me trouvait tout mignon, tout mutin, tout doux et on me caressait les cheveux tout le temps.

Et d’ailleurs ! Vous savez comment on m’appelle ? Le GUENILLOU ! Ou pire encore, le BOURAILLOU ! Tout ça parce que je ne prends pas soin de mon apparence. Mais mon apparence, je n’en ai rien à faire, c’est ce qui permet de me reconnaître en un clin d’œil. Vous comprenez : je suis de noble race.

Et oui, messieurs-dames ! Car je suis un baudet du Poitou.

Sur ce, je vous laisse, j’ai faim ! Mais ne partez pas, hein !… Nat va vous raconter la suite, elle aime mes congénères, vous savez … Et elle en est bigrement fière, cette Poitevine ! »

Bien sûr que je suis fière de nos baudets du Poitou !

Cette race, que ce soit au XVIIIe siècle ou de nos jours, n’a jamais réussi à faire considérablement croître son nombre d’individus. Faite d’aussi peu de sujets, elle fait partie des rares espèces qui purent garder si longtemps une telle renommée.

Voici ce qu’en disait un mémoire publié par le conseil du Roi en 1717 :

« Il se trouve dans le Haut Poitou des animaux qui sont presque aussi hauts que les plus grands mulets, mais d’une figure différente. Ils ont presque tous le poil long d’un demi-pied sur tout le corps ; les boulets, les jambes et les jarrets presqu’aussi larges que ceux des chevaux de carrosses. On les tient à l’écurie séparément, dans des espèces de loges, attachés à des chaînes de fer ; on ne les fait sortir que pour saillir les juments. Ils sont pour la plupart, très vicieux et cruels. Si ces animaux se joignaient, ils s’étrangleraient … »

Élevé pour sa réputation d’étalon géniteur, il est utilisé exclusivement comme reproducteur. Son existence est liée au fonctionnement des haras adonnés à la production de la mule et à la multiplication des chevaux de traits dits de « race mulassière ». La mule, c’est cet animal précieux, devenu indispensable et vivement recherché à cette époque, qui se transforme en pluie d’or pour le pays qui la voit naître. Cette pratique de l’hybridation mulassière existe de temps immémoriaux en Poitou, et l’hybride obtenu est contre nature, troublé dans sa constitution. Preuve en est qu’outre ses qualités exceptionnelles, son infécondité est à peu près absolue.

Revenons-en au Baudet…

guenillou2La mise-bas d’une ânesse dans les haras de baudets est un véritable évènement. C’est qu’on attend le dénouement avec une impatience anxieuse, toute différente de l’intérêt ordinaire qu’on porte à l’accouchement des autres femelles, car le produit espéré sera de valeur très inégale suivant son sexe : si le hasard veut que ce soit un mâle, un « fedon », son arrivée sera fêtée alors comme il se doit.

Le fedon se tient debout dès son premier jour et accompagne rapidement sa mère au pâturage, toujours à proximité cependant de l’habitation de l’éleveur pour que la surveillance puisse continuer à s’exercer.

Le sevrage s’effectue vers l’âge de huit ou neuf mois. guenillou3Une fois réalisé, les jeunes baudets passent souvent entre d’autres mains, surtout si ce sont des mâles. Ils vont ainsi suivre une destinée différente selon s’ils sont un mâle ou une femelle. Celles-ci continuent de mener une vie de plein air alors que les mâles sont brutalement retirés dans leur écurie pour y être claustrés dans une loge réservée à chacun d’entre eux. Pour le futur étalon, c’est désormais la stabulation en permanence, enfermé dans un box de quelques pieds carrés, condamné à une existence solitaire de reclus.

Cependant, autant l’éleveur s’intéresse peu à la femelle, autant il se préoccupe de son jeune bourriquet qui représente à lui seul l’objet de valeur de l’exploitation.

Sa nourriture est alors choisie avec soin : les fourrages sont de la meilleure qualité, du foin de luzerne, des grains en petite quantité et parfois même du pain dont il se montre très friand. Les aliments verts sont quasiment bannis et, l’hiver, quelques carottes ou betteraves suffisent pour corriger son alimentation trop sèche. Pendant la saison des saillies, il est de coutume d’augmenter sa ration et il sera gratifié d’un supplément pour chaque saillie réalisée.

Le jeune baudet est par ailleurs maintenu sans soins corporels, dans une immobilité presque complète, privé de lumière et protégé des intempéries. Ces conditions d’élevage, réalisées depuis toujours, n’ont pas été adoptées sans motif et il est assez aisé d’en deviner les raisons : le petit nombre de mâles reproducteurs, la difficulté de les amener à l’âge de deux ou trois ans et leur grand prix ont fait naître la crainte de les perdre de maladies ou d’accidents.

L’absence de pansage s’explique quant à lui par l’importance primordiale traditionnellement accordée à l’abondance et à la longueur du pelage ; le baudet porte sur tout le corps des poils longs, fins et ondulés et conserve le reliquat de mues précédentes sous la forme d’un manteau déguenillé qui descend en loques de chaque côté et sous le tronc. Ce pelage fait la parure de ces animaux et constitue « le titre de noblesse et d’origine » des baudets du Poitou. En effet, les tondre serait un sacrilège pour les gens du pays.

guenillou6Vers l’âge de deux ou trois ans, on demande au jeune mâle de prouver sa « vigueur » et de s’habituer aux pratiques, mais dès sa seconde saison de monte, il se verra accorder autant de juments que les vétérans, surtout s’il fait montre de beaucoup d’ardeur.

guenillou4.pngIl est donc logé dans une écurie qui présente une disposition assez caractéristique : au centre du bâtiment, un espace libre servant de « salle de monte » avec de chaque côté l’alignement des cases individuelles des étalons. Au milieu de cette salle de monte, pièce obscure d’une vingtaine de mètres carrés, deux barres de bois, obliques, fixées en avant à la muraille à une hauteur d’environ 1,2 m et en arrière au sol. Cette pièce est nommée une trole. Une pièce transversale à laquelle l’étalonnier attache la jument les réunit. Le sol est excavé entre les deux branches de façon à mettre la femelle à bonne hauteur pour l’accouplement, le reproducteur étant presque toujours plus petit. Le baudet est ainsi mené dans la salle de saillie, ou atelier, puis stimulé par des bruits divers : toute une comédie de sifflets, de musique, de chants, jusqu’à l’obtention d’une érection. Et ça marchait !« Le trelandage qu’on appelait ça »*

Les baudets peuvent « servir » huit à dix juments par jour et jusqu’à une centaine de juments pendant tout le temps de la monte.

L’ânesse, quant à elle, est conservée uniquement pour la reproduction et aucun travail ne lui est demandé en dehors de son rôle de mère et de nourrice. Entretenue sans grand soin, elle erre dans les pacages les plus maigres de la ferme et se contente l’hiver d’une ration parcimonieuse de foin. Elle est menée au baudet seulement lorsque la monte des juments est terminée.

Le baudet n’est guère élevé en grand que dans les Deux-Sèvres, plus particulièrement dans l’arrondissement de Melle, mais aussi bien sûr, quoique de façon plus clairsemée, en Gâtine !

Mon ancêtre René COLLIN, garde étalon à Amailloux au XVIIIè, et son fils François, ont-ils réellement œuvré auprès de ces animaux si représentatifs du Poitou ? J’aime à le croire… Mais, une chose est certaine : « y’avait bien des guenilloux à Amailloux ! » La preuve en est que sur l’ouvrage « Mémoire statistique du département des Deux-Sèvres » d’Étienne DUPIN, il est dit que sur cette commune, il se trouve deux haras dont un de baudets.
guenillou5Notes :

Il ne restait en 1977 que 44 baudets de race pure dans tout le Poitou-Charentes et Vendée. Une élève vétérinaire, Annick Audiot, a réussi à alerter les autorités compétentes et à collaborer à un programme de sauvetage. Avec 132 ânes en 1999, 174 naissances de baudets du Poitou en 2009, cette espèce tient le triste privilège de posséder le plus faible effectif des races d’équidés. S’il s’agissait d’espèces sauvages, sur la liste rouge de L’Union Mondiale pour la Nature (UICN), cette race serait probablement rangée dans la catégorie « en danger critique d’extinction » avec quelques espèces emblématiques telles que la tortue Luth, le rhinocéros noir ou le cheval de Przewalski … « Les baudets du Poitou, le trait mulassier et la mule poitevine ont encore toute leur place dans la gestion des prairies. Producteurs d’une énergie aussi peu polluante que bon marché, ce sont en outre d’agréables compagnons, tant pour le travail que pour le loisir. Reste à le faire savoir … »

Je tiens à remercier particulièrement Mr Jean-Luc CLÉMENT, du temps qu’il a bien voulu m’accorder et de sa confiance pour le prêt de ses précieux livres.
Sources :

  • L’âne, les chevaux mulassiers et la mule du Poitou – Léon SAUSSEAU – Ed. LAVAUZELLE
  • De l’industrie mulassière en Poitou – Eugène AYRAULT – Ed. Librairie agricole de la maison rustique.
  • Le Baudet du Poitou – Éric ROUSSEAUX – Geste Éditions
  • Gallica : Mémoire statistique du département des Deux-Sèvres Etienne DUPIN
  • Images : Weheartit et Pinterest

W comme : World War (First)

Le 4ème article de Danièle Billaudeau.

World war first : un titre pour un clin d’œil aux alliés anglophones et un article pour honorer les aviateurs de Gâtine. Avec les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, le conflit a été étudié sous tous les angles ces 4 dernières années. Le Cercle généalogique des Deux-Sèvres a naturellement apporté sa contribution en s’intéressant aux aviateurs et personnels de l’Aéronautique des Deux-Sèvres, « morts pour la France ». 4 sont originaires de Gâtine. Ils étaient pilotes, moniteur Nieuport, mécanicien-mitrailleur ou observateur-mitrailleur.


émile bodinÉmile BODIN – Sergent pilote et moniteur Nieuport. Né le 15 juillet 1892 à Secondigny.  « Mort pour la France » le 17 décembre 1918 par accident d’avion, en service commandé, au Camp d’Avord (Cher). Profession avant la mobilisation : étudiant en médecine. Le brevet de pilote aviateur n° 8711, lui a été décerné le 7 mars 1918, par la Fédération Aéronautique Internationale. Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus. Il a fait la campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 16 décembre 1917.

Roger Camille MAINDRON – Pilote de l’escadrille 282. Né le 10 juillet 1898 à Parthenay. « Mort pour la France » le 3 octobre 1918 au fort de Malmaison (Aisne). Profession avant la mobilisation : charpentier. Le brevet de pilote militaire n° 9973 de la division S Bréguet, lui a été décerné le 19 novembre 1917. Grièvement blessé en combat aérien le 3 octobre 1918, il est transféré au fort de Malmaison – ambulance 12/16 où il décède le même jour des suites de ses blessures. Nous lui connaissons 4 citations dont cette dernière  : « Maréchal des Logis du 20ème régiment d’artillerie détaché à l’escadrille 282. Pilote remarquable qui à maintes reprises a fait preuve des plus belles qualités de sang froid et de témérité. Toujours prêt à voler, ne reculant devant aucun obstacle pour mener à bien les missions qui lui étaient confiées. Est tombé glorieusement le 3 octobre 1918 au cours d’un combat contre les monoplaces ennemis ». Son corps restitué à la famille est inhumé au carré des corps restitués du cimetière du Rondail à Nueil-les-Aubiers (79).

médailleClovis Delphin PLEBER – Mitrailleur et observateur stagiaire escadrille 221. Né le 28 juin 1891 au Busseau. « Mort pour la France » le 7 septembre 1917 en Haute-Alsace. Profession avant la mobilisation : employé de commerce. Incorporé à compter du 9 octobre 1912, il est maintenu sous les drapeaux en vertu du décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Clovis Delphin PLEBER est désigné pour suivre les cours de tir anti-aérien à Courmont (Aisne) du 5 au 12 mars 1918. Il est encore désigné pour suivre le cours de protection contre les gaz et devient observateur stagiaire à l’escadrille 221 le 4 septembre 1918. Il est grièvement blessé en combat aérien le 7 septembre 1918 en Haute-Alsace, puis transporté à l’hôpital auxiliaire n° 31 de Morvillars où il décède le même jour. Il a été inhumé le 9 septembre 1918 au cimetière de Morvillars (Territoire de Belfort) entre Belfort et Delle, selon une note du colonel Fosse, adjoint au colonel commandant le 319ème régiment d’infanterie. Son dossier d’officier nous dit qu’il est mort des suites de ses blessures de guerre. Sa dernière citation : « Le lieutenant Clovis PLEBER (active) du 125ème régiment d’infanterie est un officier de grand mérite, passé dans l’aviation après 4 ans de campagne dans l’infanterie. S’est distingué aussitôt par ses belles qualités d’énergie et de bravoure. A trouvé une mort glorieuse dans un combat aérien pendant une reconnaissance lointaine ». Il a reçu une décoration, la Croix de guerre avec une étoile de bronze et une étoile d’argent.

Arthur Émile RENELIER – mitrailleur de l’escadrille BM 118. Né le 16 mai 1894 à L’Absie.  « Mort pour la France » le 22 août 1918 à Mairy-sur-Marne (Marne). Profession avant la mobilisation : voyageur de commerce. Mobilisé et entré dans le service actif le 7 septembre 1914. Venu de Bordeaux le 3 septembre 1917, il est affecté au 2ème groupe d’aviation – escadrille BM 118, le 16 septembre1917. Il est tué au cours d’un accident d’avion sur le terrain de Mairy-sur-Marne (Marne) le 22 août 1918. [Alors qu’il était à bord d’un « Voisin » avec le pilote et l’observateur et que l’appareil avait atteint une hauteur de 50 à 60 m, l’appareil glissa sur l’aile et vint s’écraser sur le sol. Le pilote et l’observateur furent tués sur le coup. Arthur Renelier blessé mortellement par la mitrailleuse, vécut environ un quart d’heure.] Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus.


On retrouve ces 4 aviateurs de Gâtine morts pour la France dans une exposition de 22 panneaux réalisée pour être présentée lors du 3ème congrès régional de généalogie à Niort en octobre 2014. Elle a depuis été prêtée à de nombreux établissements scolaires et bibliothèques. En approfondissant nos recherches, nous avons trouvé 2 aviateurs supplémentaires. Une brochure complète évoquant leurs parcours individuels vient d’être éditée pour commémorer le centenaire de la fin du conflit. Pour certains d’entre eux, nous avons pu entrer en relations avec les familles, nous procurer quelques photos, celle de leur brevet de pilote parfois. Nous avons découvert quelques tombes, consulté les carnets de comptabilité de campagne, leurs dossiers d’officiers à Vincennes. Nous nous sommes familiarisés avec les avions, les escadrilles, leurs insignes et leurs devises. Ce fut dans tous les cas, une expérience enrichissante.


Hasard de l’actualité, le pilote Roger Maindron a maintenant un visage. Nous ne connaissions aucune photo de lui. Et hier, dans le journal local, grâce au descendant d’un cousin de cet aviateur, nous pouvons enfin le découvrir et en savoir beaucoup plus sur lui.

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Roger Maindron devant son avion