Re-bénédiction du cimetière de Niort Notre-Dame en 1755

Un nouvel acte insolite trouvé dans le registre Niort Notre-Dame, qui vient alimenter notre fichier des « curiosités des registres des Deux-Sèvres ».

Le premier janvier  mille sept cent cinquante cinq, par commission expresse de Monseigneur L’évêque de Poitiers en datte d’hier nous avons solennelement procédé accompagné de Notre clergé avec les cérémonies annoncées par le rituel de la rebenediction du cimetière du côté du clocher de cette église, lequel avait été profané par effusion violente de sang humain avec scandale la nuit de la fête de Noel dernier ; le dit acte signé par Mres du Clergé ci-dessous

Piet chantre de N-Dame  Maistreau prêtre

François Charle Jourdain Decrissé Prêtre

Racapé…

BM 1755-1755 vue 003/050

https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta873d075a65f016c0/daogrp/0/3

Mais qu’est-ce qu’une ré-bénédiction de cimetière ? Et pourquoi ?

La re-bénédiction ou réconciliation d’un lieu sacré fait suite à une profanation. En principe une église ne peut être consacrée qu’une seule fois, sauf si elle est détruite par le feu. Mais si un lieu sacré (église, cimetière) est profané, il est considéré « pollué ». Avant qu’il ne puisse être de nouveau utilisé pour tout acte ou cérémonie sacrés, il doit être purifié par une cérémonie de réconciliation. La cérémonie de réconciliation est constituée de prières et d’aspersion d’eau bénite ; elle est plus ou moins longue et complexe selon l’acte qui l’a profané. Si vous voulez en savoir plus sur les cérémonies de réconciliation, vous pouvez prendre connaissance de l’article « Réconciliation du cimetière d’Usseau » publié sur notre blog le 11 mars 2021.

Dans le cas présent, le cimetière de Niort Notre-Dame a été « pollué » par un épanchement important de sang par la violence la nuit de Noël et avec scandale. Nous n’avons pas plus de précisions.

Mais Danièle Billaudeau, piquée de curiosité à la lecture de cet article, est allée voir les sépultures du 25 décembre 1754.

Lire la suite de « Re-bénédiction du cimetière de Niort Notre-Dame en 1755 »

L’arbre généalogique de l’église Notre Dame de Niort

Un texte de Jacqueline TEXIER et Monique BUREAU

Le 15 août, en cette journée de fête mariale, une visite guidée de l’église Notre Dame de Niort était organisée par une guide conférencière. Sept dépouilleurs des registres de Niort Notre-Dame et adhérents du Cercle ont participé à cette visite sous un soleil éclatant.

L’église actuelle, dédiée à la Vierge Marie,  est venue remplacer une ancienne église Sainte-Marie, elle-même ayant succédé à une église préromane.

Les dates de construction de l’église actuelle peuvent être précisées par une plaque se trouvant actuellement à l’extérieur, au chevet de l’église et qui porte l’inscription : « Le XXVIe jour du mois de may / Mil quatre cent IIIIXX et onze / A l’onneur du souverain roy / Et de Marie en grant triumphe / Firent cet euvre commencer / Pierre Sabourin et Jehan Richer / De l’église lors fabriqueurs / Pries Dieu qu’il oye leurs clameurs ».

Cette inscription donne la date du début de la construction, 26 mai 1491, et des deux maîtres d’ouvrage. La construction se serait achevée vers 1534. « Perchée » sur la colline Saint-Jean à 27, 99 mètres au-dessus du niveau de la mer, son clocher haut de 75 mètres (le plus haut des Deux-Sèvres), domine la ville de Niort.

Outre sa très belle architecture extérieure et intérieure, remaniée de nombreuses fois à cause de son emplacement étriqué en plein  cœur de la ville et des guerres de religions qui l’ont largement endommagée, on peut admirer un grand vitrail. Le chœur de l’église est illuminé par ce vitrail, l’Arbre de Jessé, qui daterait du 15ème siècle.

Historiquement, c’est l’abbé Suger, initiateur de la construction de la Basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, qui a donné la formulation définitive de l’arbre.

L’Arbre de Jessé est un motif fréquent dans l’art chrétien entre le XII et le XV siècle : il représente une schématisation de la généalogie de Jésus, c’est-à-dire l’arbre généalogique présumé de Jésus de Nazareth, descendant de la Vierge Marie,  à partir de Jessé, père du roi David.

Cette généalogie de Jésus par sa mère a donné lieu à débat au sein de l’Eglise et vient en contradiction avec l’évangéliste Matthieu qui dit que c’est Joseph qui descend de Jessé. Dans les faits, la présence de Marie dans cette généalogie est liée aux guerres de religions. Les protestants minimisant le rôle de Marie, en réaction les prélats catholiques vont imposer le culte marial et la représentation de la Vierge à l’Enfant dans les images et dans l’arbre.

Une première réfection du vitrail a été effectuée en 1615.

Un croquis de l’Arbre d’origine est conservé au Musée de Niort. Très endommagé, il a été déposé en 1931 et stocké aux Archives de Niort.

Lire la suite de « L’arbre généalogique de l’église Notre Dame de Niort »

Vaccination au XIXe siècle : Un avis issu des fonds de la préfecture (1848).

Dans les fonds des archives départementales des Deux-Sèvres, en série 5M, se trouve la correspondance avec la préfecture au sujet de la vaccination (ou vaccine) : Demande de vaccins, signalements de pic épidémique, listes des médecins vaccinateurs et des personnes faisant la promotion de la vaccination, états de la vaccination chez les enfants de l’assistance publique etc.

Le document suivant est un exposé d’un certain Caillet/Cailler/Taillet/Tailler (vous laisserez vagabonder votre imagination) qui je suppose était soit un scientifique, soit un personnage public. Était-il de Niort ? Ou est-ce que ce document a été adressé à la préfecture comme documentation, des recherches plus poussées sont les bienvenues de celui qui voudra bien les faire.

Eléments sur les procédés de vaccination contre la variole :

Edward Jenner, médecin anglais, le 14 mai 1796 inocule à un enfant du pus prélevé sur la main d’une fermière infectée par la vaccine (variole de la vache), l’enfant sera immunisé contre le virus. La vaccination de l’époque consistait à prélever du pus sur des pustules d’une homme infecté et d’infecter d’autres hommes pour créer la défense immunitaire, dite vaccination de « bras à bras ». Ce procédé de variolisation pouvait malheureusement transmettre d’autres maladies comme la syphilis. En France, l’idée de vaccination sera prise très au sérieux avec l’appui notamment de personnalités de premier plan comme Lucien Bonaparte et Talleyrand. Un comité central de la Vaccine est créé en 1803 et ordonne les campagnes de vaccination. Le procédé de bras à bras restera cependant le plus répandu jusqu’en 1880. Un projet de loi sur l’obligation vaccinale en 1843 échoue et l’obligation vaccinale ne sera imposée qu’a différents cas parmi la population : les enfants placés (1874), les conscrits (1876), les écoliers (1882), collégiens et lycéens (1883), les étudiants en médecine et pharmacie (1891) pour la France métropolitaine.

Il n’est pas question de donner un avis sur notre pandémie actuelle mais bien de donner un recul sur le sujet de la vaccination.

Voici donc le document (seules ont été apportées au document original la correction orthographique et grammaticale) :

A PROPOS DE LA VACCINATION

Ne doit-on pas s’étonner de voir qu’au milieu du dix-neuvième siècle, quand depuis la propagation de la merveilleuse découverte de Jenner, le monde civilisé a cessé d’être désolé par ce terrible fléau qui sous le nom de variole apparaissait à certaines époques et décimait la population. Il se trouve encore des incrédules capables de nier l’utilité de la vaccine ! Cependant, il faut bien le dire, dans nos campagnes et même dans nos villes, nous rencontrons encore des incrédules parents assez absurdes pour nous répondre quand nous proposons de vacciner leurs enfants : que la vaccine est dangereuse ; qu’eux ont bien vécu sans être vaccinés ; que la variole est une humeur qui doit sortir et que le vaccin fait rentrer, enfin que le vaccin est un mal et la variole, une nécessité. Avec de telles gens quel bien peut-on espérer faire ! Et contre d’aussi stupides arguments que l’évidence détruit chaque jour, que des millions de faits sont venus nier et mieux encore, quels moyens employer pour parvenir néanmoins au but que le vaccinateur cherche à atteindre et qui peut se résumer en ces deux mots : proscription de la variole !!!

                Le gouvernement ne pourrait-il point prendre des mesures pour forcer les parents à faire vacciner tous leurs enfants ? En certaines contrées d’Allemagne, il existe une loi qui soumet à l’amende les parents qui n’envoient point leurs fils et leurs filles à l’école. Ne pourrait-on point user d’une mesure analogue à l’égard des pères et mères qui refusent pour leurs (page suivante) enfants le remède préventif que le vaccinateur vient leur offrir contre la variole, lorsque celle-ci plus tard, sans cette précaution, viendra peut-être victimer leur famille ? Ne pourrait-on point aussi exiger des parents qu’ils fissent vacciner leurs enfants avant un certain âge, par exemple lorsqu’ils sont encore à la mamelle ? Car souvent et je décrierai ici, un à un tous les ennuis qui viennent assiéger le vaccinateur ; le motif du jeune âge des enfants, est une des excuses que font valoir les parents pour se récrier contre l’urgence de la vaccination. Si la loi de recrutement fixe une époque de la vie à laquelle tout citoyen se doit à la défense de la patrie, une loi pareille ne pourrait-elle pas limiter l’âge auquel les enfants seraient obligés d’avoir subi l’inoculation du vaccin ?

                Mais, vous dit-on, quand vous arrivez dans une localité où vous devez vacciner ; le vaccin que vous avez sous verre est-il bon ? a-t-il été pris sur un enfant bien sain ? Ou bien l’enfant que vous nous présentez pour vacciner les nôtres de bras à bras n’est-il point entaché de quelqu’une de ces maladies qui peuvent se propager par l’inoculation ? Et très souvent sans même attendre votre réponse, et comme se défaussant de votre bonne foi, la moitié des mères a déjà emporté ses enfants avant que vous ayez répondu à ces assertions inexactes, j’ose dire et toutes sans exceptions dues à l’ignorance où gémit la classe du peuple puisque le vaccin est toujours identique à lui-même, puisque à peu près constamment, les enfants vaccinés n’éprouvent que quelques mouvements fébriles après la vaccination et que je ne sache aucun fait parfaitement concluant et tout à fait prouvé de transmission par le vaccinateur de maladie autre que celle légitime l’éruption des pustules vacciniques. Toutefois je me garderai bien de dire qu’une affection réellement contagieuse, la syphilis par exemple ne pourrait pas être transmise par l’inoculation du vaccin. Mais quel est le vaccinateur qui ne sait pas se mettre à l’abri d’un semblable accident…

Un ennui qui vient encore gêner le vaccinateur dans l’exercice de ses fonctions, c’est la difficulté qu’il éprouve quelquefois pour se procurer du vaccin quand il a épuisé celui qu’il s’était ménagé. Il lui est prescrit de se présenter huit jours après chaque vaccination dans les localités où il a précédemment vacciné. (Page suivante) Certes cette mesure est doublement utile ; elle est motivée dans l’intérêt des enfants chez qui le développement des pustules ne se serait pas développé et qui à cette seconde visite peuvent de nouveau être soumis aux chances d’une revaccination ; en second lieu, elle est indispensable pour le vaccinateur lui-même qui lors de cette deuxième tournée aux lieux qu’il a précédemment visités peut , grâce aux enfants sur lesquels la vaccine a bien réussi, recharger de vaccin ses tablettes de verre épuisées. Eh bien ! Qu’arrive-t-il généralement le plus souvent la seconde fois où le médecin se présente rend dans les endroits où il est déjà venu ? C’est que sur vingt enfants qu’il aura inoculés cinq ou six seulement se présentent. Il est vrai, ce sont généralement ceux chez qui le vaccin a manqué et il a du moins la consolation de les soumettre à une seconde épreuve inoculation mais des enfants aux bras desquels les pustules se sont largement développées, un, deux apparaissent seulement. Les parents des autres n’ont pas voulu les amener. Ils étaient trop occupés sans doute ou plutôt ils n’ont plus besoin de vous ou bien encore ils ne veulent pas que l’on prenne du virus aux pustules de leurs fils et de leurs filles : prendre du vaccin sur un enfant, c’est lui causer dommage, tel est leur dire. Et avec un semblable système vous restez quelques fois sans vaccin, vos plaques de verre sont desséchées quand vous auriez cependant besoin de pouvoir y puiser afin de continuer la mission qui vous est imposée.

                N’y aurait-il pas possibilité de faire disparaître en partie du moins les difficultés que je viens signaler et qui s’opposent à la reproduction du virus. Vous ensemencez un champ ; vous donnez la semence qui devra produire et le propriétaire du sol venu non seulement bénéficier de votre peine mais de la récolte toute entière. Encore si cette récolte, il ne la laissait pas s’annihiler !! En bonne justice, n’avez-vous pas le droit de reprendre une quantité de récolte proportionnée aussi à votre peine… Encore si le virus que vous réclamez comme votre part de bénéfice, quand l’inoculation a bien réussi, avait une valeur réelle et pouvait être utilisée par les parents, mais rien de tout cela.

                Les parents refusent de se rendre à la seconde visite du vaccinateur, époque où ce dernier peut seulement, se reproduire du vaccin

1° parce que des individus aussi ignorants qu’eux-mêmes leur (page suivante) ont affirmés, que de recueillir du virus sur des enfants vaccinés épuise leur constitution.

2° Parce que fort peu intéressé à la santé publique et ne se souciant en aucune façon de la propagation de la vaccine à présent qu’ils en ont usé pour les leurs, ils ne veulent plus se déranger pour rendre service à autrui

Mais l’autorité ne pourrait-elle point arriver à paralyser la mauvaise influence de cette idée fâcheuse qui fait croire que les enfants souffrent si l’on puise du virus à leurs boutons de vaccin ; et ne pourrait-on point aussi parvenir à gourmander l’égoïsme un peu l’égoïsme paresseux de ceux qui ne veulent bouger de leur maison, à l’époque où le vaccin est bon à récolter, au jour dit où le médecin les attend à la mairie de leur commune. Ici qu’il me soit permis de hasarder l’indication d’une série de mesures au moyen de laquelle on pourrait peut-être se garer d’une partie des inconvénients que je viens de signaler et qui entravent la mission du vaccinateur.

1° Ne pourrait-on point dans le contenu des affiches apposées à la porte des mairies par Mrs les Maires pour prévenir de l’époque des vaccinations, non seulement faire mention des avantages que procurent l’inoculation vaccinique ; dire l’innocuité de la vaccination et du bien être qui résulte pour les enfants de la récolte du fluide vaccin mais encore retracer les terribles conséquences de la maladie varioleuse, raconter comment cette affection redoutable défigure pour jamais ceux qu’elle ne fait pas mourir…

                On ne se soucie guère d’un péril qui semble éloigné, mais quand on vous en met sous les yeux le désolant spectacle, on est bien forcé d’y songé : et si le moyen d’y remédier se trouve tout à coup sous votre main, le plus communément du mois, l’on s’empresse d’y avoir recours.

2° Pour donner plus de poids et d’autorité aux paroles exprimées sur les affiches concernant la vaccination, ne serait-il point urgent que le nom de Mr le Préfet se trouvât inscrit au pied de chacune de ces annonces, afin que cette précaution d’intérêt général ne fût point envisagée, seulement, comme une mesure de bienveillance (page suivante) de la part de chaque maire pour ses administrés, mais aussi comme une émanation directe de la sollicitude gouvernementale. En leur qualité de premiers magistrats du pays, Mrs les préfets, sont chargés de faire exécuter par tous les moyens possibles, les mesures que la prudence réclame dans l’intérêt du bien être de la santé des populations. Ne serait ce point se conformer à la haute mission qui leur est confiée et aux intentions d’un gouvernement paternel, que de donner par leur signature une garantie morale, un appui certain à l’œuvre de la propagation de la vaccine. Un arrêté pris Ad hoc par Mr le préfet de notre département aurait certes une immense influence et servirait, nous n’en pouvons douter, à dessiller les yeux d’une foule d’individus que l’ignorance jette dans la voie de l’erreur ou que l’égoïsme mal entendu y entraine.

3°N’y aurait-il pas urgence à ce que, dans chaque commune, l’on dressât un tableau des individus vaccinés afin que chaque fois qu’une tournée de vaccination a lieu, le garde champêtre requis à cet effet par les maires, allât à leur domicile prévenir les personnes non vaccinées du passage d’un vaccinateur.

4° Le garde champêtre de chaque commune ne devrait-il point être tenu à chaque vaccination de se trouver à la mairie afin de pouvoir au besoin avertir les personnes retardataires qui cependant désireux être vaccinées.

5° Chaque curé dans sa paroisse ne pourrait-il pas être prié (et certes un grand nombre d’entre eux ont déjà devancé cette mesure par esprit de charité et de progrès), de vouloir bien faire entendre du haut de leur chaire de vérité quelques paroles d’encouragement, quelques simples discours en faveur de la vaccine et dans l’intérêt bien entendu de leurs administrés spirituels. L’éloquence d’un prédicateur surtout dans nos campagnes possède une puissance prodigieuse, nous avons été à même plus d’une fois d’en recueillir les heureux résultats et nous aimons à croire que puisqu’il s’agirait de vaccination par conséquent d’une bonne œuvre à accomplir, aucun des curés de nos contrées ne voudrait manquer à l’appel qui serait fait à son intelligence et à son cœur.

6° Enfin la vaccination ne constitue-t-elle point au sein de la société un fait d’hygiène assez important pour que nos mandataires à la chambre législative veuillent bien s’en occuper ? Une loi qui régirait la matière ne serait elle point d’une nécessité aussi immédiate que toutes celles qui, comme celles des aliénés etc. etc. ont pour résultat définitif la conservation des citoyens ? Bien entendu que si elle venait (page suivante) à être promulguée les mesures indiquées précédemment par nous deviendraient probablement de simples moyens d’exécution de cette loi.

Chaque fois qu’une épidémie, qu’un fléau meurtrier vient envahir notre pays, le gouvernement ne prend il pas des mesures énergiques et ne se sert il pas de tous les moyens qu’il a à sa disposition pour chercher à en arrêter la marche ou du moins pour en atténuer les effets désastreux ? N’est ce pas contre la peste d’Asie que l’état avait prescrit ces vexantes et prétendues mesures sanitaires au moyen desquelles on se figurait pouvoir en préserver nos populations ; lorsque le choléra eut dépassé nos frontières, nos gouverneurs ne mirent ils pas en œuvre toutes les précautions hygiéniques nécessaires qui sans aucun doute en suspendirent la terrible influence ? Quand dans une localité, le typhus européen ou toute autre grave épidémie vient à sévir contre ses habitants, l’Etat ne s’inquiète-t-il pas à juste titre de la vie des individus et n’agit-il pas de telle sorte que la maladie vient à cesser ses ravages ?

                Eh bien ! contre la variole, cette épidémie constante, qui, chaque année encore et quoi qu’on ait fait avec malgré les mesures prises contre elle avec les encouragements donnés à la vaccination, n’en décime pas moins quelques-unes de nos contrées ; ne devrait-on pas user de précautions capables de la faire disparaître pour jamais du sol de la France.

                N’y a-t-il point urgence absolue pour le gouvernement d’agir contre le fléau variolique ainsi que nous désirerions le voir faire ! Et n’est ce point un devoir pour nous de provoquer l’action gouvernementale dans les circonstances données, puisque pendant le cours de l’année qui vient, de s’écouler, en 1847, une seule commune de notre circonscription de vaccinateur a vu huit de ses habitants succomber aux atteintes de la variole et quatre autres arrivés à être défigurés par cette horrible maladie puisque nous savons qu’au chef-lieu de notre département, un certain nombre de cas de variole s’y est présentés avec de funestes symptômes et qu’enfin à l’hôpital de notre ville, dans les divers services de cet établissement nous avons observé une véritable épidémie varioleuse sur trente individus environ, dont quatre sont mort lors de sa période d’intensité et dont pareil nombre portera toujours sur le visage les traces indélébiles de la fatale épidémie dont ils ont été sur le point de devenir victimes.

                                                               Niort, le 19 février 1848                                               SIGNATURE

Sources :

  • Archives Départementales des Deux-Sèvres, 5M41, « A propos de la Vaccination »
  • « Variole » sur Wikipedia

Deux-Sévriens morts pendant la Commune de Paris

Nous commémorons actuellement les 150 ans de la Commune de Paris (18 mars 1871 – 28 mai 1871) et ses nombreuses victimes. Pour la combattre, la IIIe République fit appel à l’armée. Des jeunes militaires qui avaient lutté quelques mois plus tôt contre les Prussiens furent donc appelés pour réprimer le mouvement. Parmi eux, des hommes originaires des Deux-Sèvres. 8 soldats au moins y ont laissé leur vie. Voici les fiches de renseignements pour chacun d’eux ainsi que les circonstances du décès quand elles sont connues.

AUDEBRAND Pierre Constant – 94e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres),
né le 02/07/1848 à Azay-sur-Thouet (Deux-Sèvres), fils de Jean AUDEBRAND et de Marie GIRAUD,
décédé le 23/05/1871, à Paris (Seine) des suites de ses blessures.
Observations : Déclaration faite en préfecture en 1880 par la mairie d’Azay-sur-Thouet comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871 avec cette précision : « décédé le 23 mai 1871 par la suite de blessures reçues à Paris en combattant pour le rétablissement de l’ordre suivant acte dressé par l’officier [Jeaquen?] du 94e régiment de l’ordre« .

R 165

BARRÉ Jean François – 39e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Souvigné (Deux-Sèvres),
né le 02/01/1850 à Saint-Martin-de-Saint-Maixent (Deux-Sèvres), fils de François BARRÉ et de Marie BONNEMORT,
décédé à l’ambulance de la Presse de Longchamp le 30/05/1871 à Paris (Seine) des suites de ses blessures.
Observations : Déclaré à la préfecture le 09/12/1880 par la mairie de Saint-Martin-de-Saint-Maixent, comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 628-1

BERNARDEAU Pierre Baptiste – caporal – 42e régiment de ligne
exerçant la profession de cultivateur à Maisontiers (Deux-Sèvres),
né le 15/05/1847 à Maisontiers (Deux-Sèvres), fils de Pierre BERNARDEAU et de Madeleine LACAIS,
décédé à l’hôpital militaire le 02/05/1871, à Versailles (Seine-et-Oise) des suites d’une blessure.
Observations : Déclaré à la préfecture le 29/11/1880 par la mairie de Maisontiers comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 625-1

BERTRAND Louis – caporal – 42e régiment de ligne
exerçant la profession de maçon à Coulon (Deux-Sèvres),
né le 30/09/1847 à Coulon (Deux-Sèvres), fils de André BERTRAND et de Marie COCHARD,
tué au combat le 02/05/1871 à Issy (Seine).
Observations : Déclaration faite à la Préfecture le 07/12/1880 par la mairie de Coulon comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871 à Issy.

R 625-1

BIGET Auguste Alexandre – 23e bataillon de chasseurs
exerçant la profession de cultivateur à Saint-Aubin-le-Cloud (Deux-Sèvres),
né le 24/03/1850 à Saint-Aubin-le-Cloud (Deux-Sèvres), fils de Louis BIGET et de Marie COULAIS,
décédé à l’hôpital militaire du Gros-Caillou le 25/10/1871, à Paris (Seine) des suites de blessure.
Observations : Campagnes contre l’Allemagne du 21/12/1870 au 07/03/1871, Intérieur à Versailles du 18/03/1871 au 28/05/1871, blessé au pied gauche d’un coup de feu le 23/05/1871 à Paris. Entré à l’Hôpital militaire du Gros Caillou le 14/10/1871, décédé par suite de fracture par balle à la jambe gauche, infection purulente. Déclaré à la préfecture le 29/11/1880 par la mairie de Saint-Aubin-le-Cloud comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

R 628-1

BONAMOUR Alexis Olendas – garde mobile des Deux Sèvres
exerçant la profession de carrier à Sainte-Pezenne (Deux-Sèvres),
né le 15/09/1849 à Sainte-Pezenne (Deux-Sèvres), fils de Jean Baptiste BONAMOUR et de Suzanne Adélaïde LEJAUX,
tué au combat le 20/05/1871, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
Observations : Tué à la bataille de Neuilly.

R 627-2

DERÉ Alexis – soldat 2e classe – 135e régiment d’infanterie
exerçant la profession de menuisier à Exireuil (Deux-Sèvres),
né le 28/09/1849 à Exireuil (Deux-Sèvres), fils de François DERÉ et de Marie CAILLET,
tué au combat le 26/04/1871, à Paris (Seine).
Observations : Déclaration faite à la préfecture le 20/12/1880 par la mairie de Celles-sur-Belle comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871. Décédé par suite d’un obus tiré sur l’armée par les insurgés.

Décès Celles-sur-Belle 1863-1882

FROUIN Jean Léon – 3e régiment d’infanterie de marine
exerçant la profession de cultivateur à Deyrançon (Deux-Sèvres),
né le 27/06/1850 à Deyrançon (Deux-Sèvres), fils de Jean FROUIN et de Marie GANDELIN,
décédé à l’hôpital de la Salpétrière le 01/08/1871, à Paris (Seine) de ses blessures.
Observations : Décédé à l’hôpital de la Salpétrière, par suite de blessures reçues dans l’affaire de la Commune. Déclaration faite à la préfecture en 1880 par la mairie de Deyrançon, comme étant décédé pendant la guerre 1870-1871.

Décès Deyrançon 1863-1882

Une vingtaine d’autres soldats originaires du département sont morts à Paris et ses alentours durant cette période. La plupart sont décédés de maladie comme François Xavier PILLOT de La Peyratte emporté par une pneumonie le 20 mars 1871 à l’hôpital militaire de Vincennes. Les épidémies étaient alors la cause principale de mortalité dans les troupes. D’autres ont pu périr dans des accidents comme Louis René BERTEAU de Saint-Porchaire suite à l’explosion de la cartoucherie de Vincennes le 14 juillet 1871. Mais pour un certain nombre, nous ignorons la cause du décès et il est bien possible que notre liste soit incomplète.

Et il faudrait bien sûr aussi ajouter les éventuels Deux-Sévriens de Paris morts dans le camp des insurgés. On estime qu’il y eut de 400 à 500 morts du côté de la République et entre 6.500 à 20.000 morts pour les Communards, la plupart exécutés lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 qui vit la fin de la Commune de Paris.

Illustration extraite du « Cri du Peuple de Tardi » (adapté du roman de Vautrin)

Et si vous voulez savoir comment le Mémorial des Deux-Sèvres, journal du département, relatait pour ses lecteurs la Commune de Paris, il suffit de suivre les 3 liens vers le site des AD79 :
Mars 1871
Avril 1871
Mai 1871

Les Deux-Sévriens vus par Jules Verne

Il est toujours intéressant ou amusant de savoir comment était perçus nos ancêtres deux-sévriens. Le préfet Dupin avait déjà dressé vers 1800 leur portrait dans son rapport sur notre département. Il y opposait les urbains aux ruraux (voir ces deux précédents articles sur notre blog). Jules Verne s’est sans doute référé au préfet car, 70 ans plus tard, dans l’ouvrage qu’il signe « Géographie illustrée de la France et de ses colonies« , le Deux-Sévrien ne semble pas avoir beaucoup changé. Jugé dans son ensemble très positivement, le portrait se fait davantage à charge quand il s’attache aux disparités entre l’homme du Bocage de la Plaine ou du Marais. Pour vous faire une idée, le texte est transcrit ci-dessous :

Niort, page 657 de « Géographie de la France.. » source Gallica

La superficie du département des Deux-Sèvres est de 589 955 hectares et sa population de 333 155 habitants : ce qui donne un peu plus de 54 habitants au kilomètre carré. Cette population s’est accrue de 91 242 habitants depuis le commencement du siècle et de 4 361 depuis le dernier recensement de 1961. Elle comprend environ 195 000 agriculteurs, 77 000 industriels et commerçants, 7 000 habitants exerçant des professions libérales, et 50 000 sans profession.

Le caractère de l’habitant des Deux-Sèvres varie avec les différentes régions du département qu’il habite, mais ses qualités générales sont la franchise, une probité et une loyauté sans conteste, des mœurs douces, beaucoup de bonne humeur et de bonhomie. Dans le Bocage, les mœurs sont plus simples, l’esprit du campagnard est lent, mais son jugement est sûr ; la bonté, l’équité, la fidélité à ses engagements, l’attachement au sol natal, la dévotion, sont les principales vertus souvent mélangées d’un esprit trop casanier et trop parcimonieux. Dans la Plaine, l’habitant se montre un peu processif [chicaneur], mais il est plus sociable, plus industrieux, plus confiant, et en même temps plus instruit que celui du Bocage. Dans le Marais, le campagnard est généralement apathique et peu industrieux ; il ne quitte pas volontiers les lieux qui l’ont vu naître, et certainement sa constitution est inférieure à celle des autres habitants.

On parle dans les campagnes du département un patois poitevin, qui dérive évidemment de l’ancienne langue aquitanique (sic) ou limousine et qui est souvent mélangé de mots anglais ou espagnols. Le français est employé dans toutes les villes du département.

Voilà, vous savez maintenant pourquoi, quand vos ancêtres sont deux-sévriens, vous êtes toujours de bonne humeur et totalement à l’aise avec les langues étrangères !

La peste à Availles-Thouarsais en 1631

Vue 6/79

Bonne résolution avant l’heure, j’ai entrepris de dépouiller pour le Cercle généalogique des Deux-Sèvres à la fin de l’année 2020 un registre de la paroisse Saint-Hilaire d’Availles-Thouarsais allant de 1631 à 1652. Il s’agit en fait d’un tapuscrit. Le registre original a disparu mais il existait encore assez récemment puisqu’il a été dactylographié. Dommage qu’il soit aujourd’hui égaré ou perdu et merci quand même à celui qui l’a quelque part sauvé puisque je n’ai pas eu à faire de paléographie.

Ce document est très riche pour plusieurs raisons, j’y reviendrai sans doute. Le plus intéressant et le plus saisissant, au vu de la période actuelle, c’est qu’il rend compte des conséquences d’une pandémie dans une petite paroisse du Poitou. En 1631, la peste fait des ravages. Le curé Mathurin Baudouin en rend compte dans ses papiers, baptistoires, mortuages, fiançailles et mariages. Il a relevé 112 décès cette année-là, peut-être même plus car il est possible qu’il manque les premiers jours de janvier. J’ai recopié ci-dessous les écrits du curé, une longue liste de défunts précédée de considérations du prêtre. Pour des raisons de lisibilité, j’ai adapté l’orthographe et enlevé les formules répétitives ou rituelles. Voilà ce qui arrivait autrefois en cas d’épidémie dans un village où, les années « normales », on ne dénombrait qu’entre 2 et 10 décès. C’est tout simplement sidérant : toutes les catégories sociales étaient touchées, des familles étaient décimées, des enterrements se déroulaient en toute hâte hors des cimetières, les tentatives de fuite devant la contagion se révélaient vaines…
Cette longue retranscription n’a pas pour finalité d’inquiéter mais de participer au travail de mémoire sur la vie (et la mort) de nos ancêtres. Si en plus elle pouvait un peu aider à relativiser la situation vécue en 2020 et rappeler à la vigilance pour 2021, ce serait tant mieux.

Pieter Brueghel l’Ancien : Le triomphe de la mort (détail)

Papiers, baptistoires, mortuages, fiançailles et mariages faits par moi Mathurin BAUDOUIN, curé et recteur de l’église et paroisse de Saint-Hilaire d’Availles-sur-Thouet, advenu en l’année mil six cent et trente et un. Où la contagion et la peste furent si fortes et si véhémentes dans le bourg et paroisse du dit Availles pour cause et raison de la famine qui était partout pays Poitou et Anjou et Bretagne, la plupart des populations moururent de faim à cause de la grande disette qui arriva en l’année mil six cent trente et un et qu’il ne cueillit et amassa fort peu de blé en ladite année et la plupart n’eurent pas la semence qu’ils avaient semée parmi les champs. Le boisseau de froment valait soixante sols voire quatre livres mesure de Saint-Jouin-de-Marnes, l’autre blé ou prorata de froment et que le dit peuple n’en pouvait avoir pour son argent à cause de la dite disette et que plus de la troisième partie allèrent mendier et chercher leur pain et furent contraints de quitter, de laisser et d’abandonner tous leurs biens maisons, meubles et guenilles dans le dit Poitou et s’en allèrent ès provinces de Bretagne, Limousin ou autres, pour mendier et chercher leur pauvre et misérable vie en ce monde comme au moyen de ce la contagion fut si grande et si violente dans le dit bourg et paroisse d’Availles et autres paroisses circonvoisines.
Laquelle commença le cinquième jour de janvier 1631 et finit le sixième jour d’octobre par Barnabée GUILLARD femme et épouse de feu Mathurin ROCQUET comme vous pourvoir ci-dessous les défunts qui sont morts de la contagion de la peste ce que je certifie être véritable à qui il appartiendra. Témoin mon seing manuel mis et apposé au cinquième jour de l’année mil six cent trente et un.

JANVIER
Le 25 janvier, un enfant, fils de Pierre SAUTREAU et Joseliette PAINCT.

MARS
Le 1er mars, une fille d’Antoine DUSAUL et Renée BUORT
le 14, un autre enfant dudit DUSSAULE et de la dite BUORT
le même jour, un fils de Jacques COLLON et Renée POYRRAULT
le 18, Pierre BONNET, fils de Mathurin BONNET et Marie BERTILLOT
le 20, un enfant à Jacques COLLON et Renée POYRRAULT
le 23, François BUORT âgé de 80 ans
le 25, Généroux MOREAU âgé de 85 ans
le 26, Renée BUORT, femme d’Antoine DUSSAULE
le même jour, Andrée JALLET, femme de Mathurin PASSEBON
le 28, Mathieu PASSEBON, mari de la dite JALLET
le 29, un autre enfant dudit Mathieu PASSEBON et de ladite Andrée JALLET.

AVRIL
Le 1er avril, Nicole, fille dudit feu Mathurin PASSEBON et Andrée JALLET
le 5, Marie fille de Jacques COLLON et Renée POYRRAULT
le 8, Laurence ROCQUET, fille de Gabriel ROCQUET et Barnabée SIBON
le 9, Marie fille de Jacques COLLON et Renée POYRRAULT
le même jour, Jehanne fille de Pierre COLLON et Perrine DOUBLET
le 10, Pierre BOUREAU
le 12 François LIMOUSIN maçon et tailleur de pierre venu du Limousin
le même jour, Jehanne fille de Claude COLLON et Marie MIRAMBEAU
le 13, Jehan, fils de Guy HULLIN et de Jehanne NORMAND
le 14, Nicole DAULMIE, la femme à Antoine LIMOUSIN
le 15, Pierre ROCQUET
le 16, Jacquette POUGNANT, femme de maître Antoine BONNET, sergent de Thouars
le même jour, Marie, fille de Paulin PIET
le 17, une autre fille dudit Paul PIET
le 18, Antoine LIMOUSIN âgé de 60 ans
le même jour, Hilaire LIMOUSIN, fille du dit Antoine LIMOUSIN et de Nicole DAULMIE
le même jour, une fille de chez défunt Gabriel ROCQUET, nièce de sa femme
le 19, un autre enfant de feu ROCQUET
le 24, Jehanne, fille de Jehan CHAMEAU et de Jehanne COIX
le 25, Hilaire FAUREAU
le même jour, une des filles d’André BILLAUD
le 24, Mathurine VIVON, femme du grand Paul PIET enterrée par son mari dans la maison de Mr PILLAULT de Parthenay
le 26, une fille qui était boîteuse de feu Guy HULLIN et Jehanne NORMAND
le 27, Paul PIET
le même jour, une de ses filles
le 28, Georges BADOUX âgé de 25 ans, meunier
le même jour Joachim, fils de feu Guy HULLIN et Jehanne NORMAND
le 29, Bartholomé fils de René PROUST et Laurence ANGIBAULT
le même jour, Marie POYRRAULT veuve de feu Jehan VIVON.

MAI
Le 2 mai, Mathurine DRILLON, femme de Laurent SUREAU
le même jour, la fille de la bonne femme BRILLETTE
le 4, Laurence ANGIBAULT, femme de René PROUST qui était partie demeurer au Patalière, paroisse de Saint-Hilaire de Borcq
le 5, le petit fils de Noël BOUREAU et de Jacquette AUBRI
le 6, Françoise GROLLEAU épouse de Pierre BOUREAU
le 7, Jehan fils de Guy HULLIN et Jehanne NORMAND
le même jour le fils de la VIVONNE, Louis Vivon, fils de Jehan Vivon et Marie POYRRAULT
le 7, le fils de ROUGIER
le 12, Gabrielle, la fille de la VIVONNE
le 13, Hilaire, fils de Laurent FAUREAU l’aîné
le même jour, le fils de la veuve DOUBLET
le 15, Nicole BOUREAU, fille de Pierre BOUREAU et Françoise GROLLEAU
le même jour, un des enfants d’André PILLAUT
le 16, la DOUBLETTE nommée Andrée MESTAYER
le 21, Laurent DOUBLET
le même jour Denis SUCHET, boiteux. Son corps a été posé dans un jardin contre un pommier du village du Poirré
le même jour, la bonne femme VISIELLETTE
le 25, Bartholomé, un enfant DOUBLET
le 28, Jacques COLLON,.Son corps est mis dans son jardin
le 29, la fille à Nicolas CHAMEAU et Mathurine CLABA, métayers de Mr Pillault demeurant à Parthenay
le 30, Oliva DOUBLET, femme de Guillaume BOURREAU
le même jour, Jehanne, la fille à Mathurin BONNET et Marie BATILLON
le 31, la femme dudit Nicolas CHAMEAU
le même jour, la fille à maître Antoine BONNET sergent de Thouars
le même jour, Pierre BONNET fils de Mathurin BONNET et marie BATILLON
le même jour, Louis HULLIN, fils de feu Guy HULLIN et Jehanne NORMAND
le même jour Pierre FÉBUIR, fils de Louis FÉBUIR et marguerite HARDY.

JUIN
Le 9 juin, Mathurin DESGRIET
le même jour, une des filles d’Hilaire MAUNX
le 12 Bartholomé PASSEBON
le 14 un petit enfant naissant du ventre de sa mère qui était à Noël BOUREAU et Jacquette AUBAT
le 15, Jacquette AUBAT, femme de Noël BOUREAU
le 18, Hilaire MARNU
le 20, un enfant de René PROUST et Laurence ANGIBAULT
le même jour, un enfant du dit MAONX
le 22, Nicole, fille de Pierre BOUREAU et Françoise GROLLEAU
le 23, une fille de chez Jacques POYRRAULT
le même jour, une fille de François PROUST et Catherine BENESTREAU
le 26, René PROUST, qui était venu des Patelières de Borcq
le même jour, Laurence DOUBLET
le 27, un des enfants de feu Laurent SUIREAU et Renée BOUIZE
le même jour, un enfant de la veuve SUIREAU venue de la Rochonnerie, paroisse Saint-Pierre d’Airvault
le 28, un des enfants de ladite veuve SUIREAU
le 30, un enfant de ladite veuve SUIREAU.

JUILLET
Le 3 juillet, Françoise BOUTAULT, femme de Jehan COUGNY
le même jour, un pauvre passant, mendiant et cherchant sa vie en-dessous du château de Puyogier enterré sur le lieu
le 2, un des enfants de François PROUST et Catherine BENESTREAU
le 3, une des filles de Jehan COUGNY
le 4, un des enfants de Jehan FAUDREAU et Marie COLLON
le 5, un des enfants de FAUDREAU
le 10, un des enfants de la veuve SUIREAU
le même jour, un des enfants de Jehan COUGNY
le même jour, un des enfants de jacques COLLON et marie POYRRAULT
le 11, Jehan COUGNY
le 12, Jean BADOUX, meunier
le même jour, un des enfants de Jehan FAUDREAU
le 17, Thomasse BAILLOU, femme de Jacques BENESTREAU
le 18, un des enfants de Mathurin DESGRINS et Marguerite FUSELIER
le 23, Jean FAUDREAU
le 26, Jacques BENESTREAU
le même jour, un des enfants dudit feu BENESTREAU
le 28, un des enfants dudit feu BENESTREAU
le 30, Mathurine ANGIBAULT femme de Thomas PROUST
le même jour, François BADOUX, fils de Christophe BADOUX métayer.

AOÛT
Le 2 août, Mathurin CORPS qui était aller demeurer à Riblière paroisse de Saint-Varent à cause de la contagion qui était si forte et véhémente dans la paroisse d’Availles
le 4, Louis LAUREAU fils de Nicolas LAUREAU et Marie POYRRAULT, gendre de Madeleine HOBBÉE
le 12, un des enfants de Thomas PROUST et Renée POYRRAULT
le même jour, Jehanne fille de Martin MIRAMBEAU
le même jour, la servante de Laurent FAUREAU venue d’Airvault, surprise par le mal à Availles. Contrainte de s’en aller à Airvault croyant que ses parents et amis la retireraient ce qu’ils ne voulurent jamais. Elle coucha 2 nuits dans les douves d’Airvault où elle trépassa.

SEPTEMBRE
Le 28 septembre, Georges ROCQUET fils de feu Mathurin ROCQUET et Barnabée GUILLARD.

OCTOBRE
Le 10 octobre, Barnabée GUILLARD veuve de feu Mathurin ROCQUET. Elle est morte de la contagion, a été la dernière.


Après cette longue liste mortuaire et au vu des circonstances actuelles, conclure par le traditionnel « Bonne année et bonne santé » peut paraître inadapté.
Pour 2021, ce sera donc un peu plus long : « Bonne année et soyez prudents pour préserver votre santé et celle des autres ! »

En Deux-Sèvres, on n’a pas de pétrole mais… Vous en êtes sûrs ? Histoire de Gérard GUERIN (1883-1965).

Situons un peu le personnage.

Gérard GUERIN naît le 16 décembre 1883 à Antignac (Charente-Maritime, aujourd’hui Saint-Georges-d’Antignac), il est le fils de Charles GUERIN, instituteur et de Emma Ferdinande FRERE. Ses parents se sont mariés à Saint-Aiguilin (Charente-Maritime), la famille de Charles GUERIN est originaire de La Tremblade (Charente-Maritime) et la famille de Emma FRERE est originaire de Charonne (rattachée à Paris en 1860). Gérard GUERIN se passionne pour la biologie sous toutes ses formes et obtint un doctorat. 1912, marque l’année de son mariage à Fontenay-le-Comte (Vendée) avec Marie Thérèse Clémence MADY, issue d’une famille de la ville. A cette époque il est répétiteur au collège de Fontenay, il le sera jusqu’en 1914 et enseignera jusqu’en 1928 en étant notamment membre de jurys d’examen à Poitiers. Charles GUERIN n’échappe pas au drame de la première guerre mondiale et fut mobilisé au 51ème régiment d’artillerie, fut aviateur de chasse et cité à l’ordre de l’Armée. Passionné d’ornithologie, il se consacra notamment à l’étude des chouettes, auxquelles il consacrera notamment deux livres en 1928 et en 1932 et fut le fondateur, toujours à Fontenay du musée ornithologique du Bas-Poitou dont il fit don d’une énorme collection d’oiseaux toujours visible (enfin quand le confinement sera terminé). Gérard GUERIN sera également actif pendant la Seconde Guerre mondiale sous le pseudonyme de Jean Chouan, menant des actions dans la région de Fontenay. Titulaire de nombreuses décorations dont la légion d’honneur, Gérard GUERIN s’éteint à Fontenay-le-Comte, le 10 octobre 1965.

Alors jusque là vous me dites, c’est bien gentil, un Charentais-Maritime, vivant en Vendée, quel lien avec les Deux-Sèvres ?

Il se trouve que Gérard GUERIN comme beaucoup d’érudits étaient des touche-à-tout, il s’intéressa notamment à l’archéologie et également à la radiesthésie. Le champ d’application de la radiesthésie que nous connaissons tous est représenté par le sourcier pouvant selon la croyance déterminer la présence d’eau pour les forages de puits notamment.

Ce champ de la géobiologie (qualifié de pseudoscience) bien que peu scientifique intéressa Gérard GUERIN, et il se mit en quête de trouver du pétrole. Son érudition et beaucoup de chance lui en ont fait trouver à Sainte-Soline près de Melle dans les Deux-Sèvres.

Ne trouvant rien de probant sur la découverte même de GUERIN à part une mention dans :

Dictionnaire historique des Vendéens célèbres : Additionné des incontournables, de Joël Pérocheau.

J’ai tenté de voir s’il était plausible de trouver du pétrole à Sainte-Soline.

La base du pétrole est un savant mélange de roches-mères, de dépôt argileux et de périodes géologiques permettant de déterminer si cela est plausible.

Sainte-Soline se situe dans une poche partant de Saint-Maixent-l’Ecole jusqu’à à peu près Montalembert qui dénote de la constitution géologique du reste du département. En effet d’après http://sigespoc.brgm.fr/IMG/pdf/atlas_geol.pdf , Sainte-Soline doit sa formation géologique au Jurassique, si nous affinons le résultat via le site Géoportail nous trouvons que Sainte-Soline se situe sur une formation du Kimmergérien dite J6 qui est connue pour ses dépôts argileux et ses sources pétrolifères à l’instar du nord du Royaume-Uni. Ensuite Sainte-Soline possède des dépôts (marnes) datant du Toarcien, autre époque du Jurassique (bien connu chez nous (car découvert à Thouars mais rare dans le sud du département) où les dépôts peuvent également être des sources pétrolifères enfin d’autres dépôts plus récents datent de l’Eocène (Géoportail abréviation RcJa). Ce cumul d’indices concordants a dû dans une démarche scientifique conduire Guérin à l’idée que potentiellement il y avait du pétrole à Sainte-Soline (rappelons que la découverte du Toarcien par Alcide d’Orbigny date de 1849 et a forcément eu un écho local fort dans l’apprentissage du jeune Guérin vers 1900). Ensuite il fallait trouver le pétrole, aussi infime soit-il, et pour cela, il a dû s’appuyer sur la radiesthésie ou d’autres méthodes géobiologiques. Science et chance l’ont conduit à la découverte.

A tout hasard si les habitants de Sainte-Soline, me lisent et essayent de creuser dans leur jardin, la chance de trouver un gisement exploitable de pétrole est infime vu la taille de la zone définie mais la question pourrait se poser en matière environnementale si le pays était amené à changer sa doctrine sur les pétroles dits de schistes.

Catherine de Médicis abjure sous Louis XIV !

En feuilletant* les registres de la paroisse Saint-Saturnin de Saint-Maixent, vous rencontrerez peut–être plusieurs fois cette belle signature bien lisible de Catherine de Médicis.

catherine de médicis

Catherine_de_Medicis
Catherine de Médicis, atelier de François Clouet

Comme de plus cette signature se retrouve sur des actes d’abjuration, on peut se poser légitimement la question : est-ce que la terrible ennemie des huguenots ne serait pas venue dans  notre région vérifier in situ l’efficacité de son action contre la « religion prétendument réformée » ?

Malheureusement, ce qui aurait pu être une belle découverte est une fausse piste. Les dates des actes où elle signe (après 1683) permettent d’éliminer très rapidement cette hypothèse : l’épouse d’Henri II, mère de 3 rois, est morte un siècle auparavant (1519-1589). Il s’agit donc d’une homonyme, née vers 1644 et décédée en 1709.

Ce qui est toutefois amusant, c’est que notre Catherine de Médicis est issue d’une famille protestante où se retrouvent des apothicaires, des chirurgiens… bien à l’opposé des idées de la reine. Baptisée protestante vers 1644, elle a été forcée d’abjurer comme ses parents, Jean de Médicis et Louise Maye l’ont fait en 1681 en l’église Saint-Léger de Saint-Maixent. L’acte pour Catherine semble malheureusement introuvable.

Même si la nouvelle n’est pas toute récente, Généa79 est très quand même fier d’être le premier à dévoiler ce scoop : Catherine de Médicis a abjuré sous Louis XIV à Saint-Maixent !

*Merci à Nat qui m’a mis sur la piste.

Madame de Maintenon, de Niort aux allées du pouvoir

Du 18 octobre 2019 au 15 mars 2020, le musée Bernard d’Agesci  de Niort va accueillir une exposition intitulée « Madame de Maintenon, dans les allées du pouvoir ». L’occasion pour Michel Grimault de nous raconter ci-dessous la vie de la plus célèbre des Niortaises.

Le 27 novembre 1635, une fille naît dans la prison de Niort. Elle est baptisée sous le nom de Françoise. C’est la petite-fille d’Agrippa d’Aubigné, poète et compagnon d’armes d’Henri de Navarre, dont il s’est un peu éloigné lorsque celui-ci a embrassé la religion catholique pour accéder au trône de France sous le nom d’Henri IV. Le père de Françoise, Constant d’Aubigné, est un aventurier, assassin de sa première femme et de son amant, débauché et couvert de dettes, renié par son propre père. Il est emprisonné à Niort pour avoir comploté contre Richelieu. Il est cependant autorisé à avoir son épouse auprès de lui. La prison n’est pas très sévère dans notre bonne ville.

2
Le château de Mursay

La petite Françoise passe les premiers mois de son enfance au château de Mursay, où elle est recueillie par une tante. À la mort de Richelieu, Constant est libéré et tente de refaire sa fortune aux Antilles, où il emmène sa femme et ses trois enfants. Il y fait faillite puis meurt. De retour à Mursay, Françoise y est élevée dans la religion calviniste. Sa marraine obtient alors une lettre de cachet pour la soustraire à la religion réformée et la placer dans un couvent à Paris. Pour en sortir, elle se résout à épouser le poète Scarron, un infirme qui ne consommera point son union. Scarron est un esprit brillant et caustique qui tient salon dans un hôtel du Marais à Paris. Françoise, surnommée la Belle Indienne, y rencontre les esprits les plus brillants de son temps et pratique avec brio l’art de la conversation cultivée.

1
Scarron

Lorsque Scarron meurt, en 1660, il ne lui lègue que des dettes. Anne d’Autriche, la Reine mère, lui accorde alors une pension de 2 000 livres. Madame de Montespan, la favorite du Roi apprécie la veuve Scarron, discrète et cultivée, dont elle fait la gouvernante des bâtards de Louis XIV. C’est ainsi que ce dernier fait sa connaissance. Les faveurs royales ayant redoré son blason, Françoise achète en 1674 le château et le titre de marquise de Maintenon. Le roi finit par s’attacher à la gouvernante de ses enfants. Madame de Montespan compromise dans l’affaire des poisons, sa dernière favorite morte en couches et la reine décédée à son tour, Louis XIV se rapproche de Françoise. Il l’épouse secrètement dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683.

image_musée d'Agesci
Mme de Maintenon

Avec Madame de Maintenon, la fin du long règne de Louis XIV est marquée par la dévotion et l’austérité. On prétend même qu’elle aurait inspiré les décisions politiques du monarque, comme la Révocation de l’Édit de Nantes, mais Françoise ne se pique pas de politique et se contente de ramener son époux et la Cour dans l’observance de la religion, voire même d’une certaine bigoterie. Pour avoir connu le dénuement, elle fonde un pensionnat chargé de l’éducation des jeunes filles nobles pauvres : la Maison Royale de Saint Louis, à Saint-Cyr, où elle met en pratique une pédagogie innovante destinée à en faire des jeunes filles pouvant tenir leur place dans la société aristocratique. Elle doit y renoncer sous la pression de l’Église, qui n’apprécie pas que des jeunes filles jouent des pièces de théâtre. Sa fondation devient un couvent traditionnel. C’est là qu’elle se retire à la mort du Roi en 1715. Elle y meurt le 15 avril 1719.

Léon MAZIN de Mauzé-Thouarsais, prisonnier de guerre 14-18

Sur un site réservé au collectionneur est apparu ces derniers jours un Kriegsgefangenensendung (à vos souhaits), ou plus simplement une carte de prisonnier de guerre 14-18 concernant Léon Mazin de Mauzé Thouarsais.

Léon Mazin né en 1889 à Coulonges Thouarsais est le fils de François et de Jeanne Marliangeas. Il est le frère de Angéline (1892) et Norbert (1897).

Léon Mazin est fait prisonnier de guerre en septembre 1915 ayant été capturé sur la commune de Failly.

D’après le merveilleux site de la Croix Rouge sur les prisonniers de guerre de la première guerre mondiale, Léon Mazin sera prisonnier à Münster jusqu’en décembre 1918 (Lager I et II) date de son rapatriement comme noté sur sa fiche matricule consultable sur le site internet des AD.

Mais revenons à ce mot adressé le 14 janvier 1918 à sa soeur Angéline

« Chère petite soeur,

Heureux de te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes pour le moment. J’espère que tu es en bonne santé toi aussi ainsi que maman. Reçu une lettre Marcelline ces jours aujourd’hui je lui réponds voici ce qu’elle me dit : Elle va t’écrire pour que tu te rendes à Thouars, Isidorine serait contente de faire connaissance avec toi, si elle ne t’a pas écrit, écris lui je te prie. Reçu également votre colis du 30/10 tout était complet bon état. Ton frère qui t’aime et t’embrasse de tout son cœur.

Léon Mazin »

Institué par la convention de La Haye en 1907 (la convention de Genève lui succédera) les prisonniers pouvaient recevoir lettres et colis selon un cadre très strict et servait de moyen de pression sur les prisonniers, leurs familles et le pays en général. Tout était évidemment contrôlé, les relatives bonnes nouvelles de Léon Mazin ne laissent pas apparaître la dénutrition et la saleté pourtant commune à tous ces lieux de détention.

L’action de la Croix Rouge Internationale, des sociétés philanthropiques et humanistes ont permis aux prisonniers et à leur famille de garder le lien indispensable pour tenir malgré tout.

Après la guerre, Léon Mazin repris son activité de forgeron/maréchal ferrant au hameau de Villiers, il se mariera en 1920 avec Adeline Charbonneau dont deux enfants Gilbert (1920) et Gilberte (1923). Il perdra sa mère Jeanne dans des circonstances tragiques, assassinée pour un crime crapuleux en 1932 et Léon Mazin connaîtra un destin similaire, il sera assassiné en 1945.