Généa79 n°105 (et autres infos…)

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le numéro 105 !

Le prochain numéro de Généa79 va bientôt arriver dans les boîtes aux lettres des abonnés. Ce sera pour eux l’occasion de relire sous un format papier tous les articles du ChallengeAZ sur la Gâtine. Pour les adhérents qui le reçoivent sous sa forme numérique, il est dès maintenant accessible sur la page revue Généa79 de notre site.

Je profite de cette actualité pour en rappeler une autre : Marguerite Morisson, auteure de Poitevins au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui a écrit aussi 2 articles pour notre ChallengeAZ, animera  un café des Archives consacré aux Filles du Roy. Pour y assister, rendez-vous aux Archives départementales des Deux-Sèvres le jeudi 13 décembre de 13 h 00 à 13 h 45.

PS : Si le ChallengeAZ vous a plu sur le blog ou dans la revue, si l’idée d’écrire sur vos ancêtres, leur vie et leur environnement vous intéresse, vous avez peut-être aussi envie d’y participer pour le reconduire en 2019. Ou, plus simplement, cela vous a motivé afin d’écrire pour vous ou pour vos proches, ou encore pour le journal ou pour le blog. Si c’est le cas, je vous donne rendez-vous en 2019 pour réfléchir à la création d’un group d’écriture, le samedi 19 janvier à 10 h 00 à notre local, rue Pierre-de-Coubertin à Niort. Si vous ne pouvez pas ce jour là, vous pouvez me contacter à l’adresse du blog
genea79blog@laposte.net

Nous échangerons ensemble pour savoir ce que chacun aurait envie de mettre en valeur de sa généalogie, ou aimerait évoquer de notre département des Deux-Sèvres. Peut-être même arriverons-nous à définir une thématique fédératrice commune.
Nous pourrions ainsi partager nos généalogies sous une forme nouvelle, faire découvrir
d’une façon plus vivante à nos familles, nos amis, nos proches mais aussi aux autres
généalogistes des anecdotes, des événements et des vies qui méritent d’être racontées.

 

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Z comme : Zoom sur une vie brisée

Le dernier article du ChallengeAZ est aussi le deuxième écrit par Marguerite Morisson. Elle a bien voulu cette fois nous raconter le tragique destin d’un pauvre gars de Gâtine. Vous pouvez retrouver Louis Babin dit Polet, mais aussi de nombreux autres Poitevins partis en Nouvelle-France, dans le livre que Marguerite vient tout juste de publier : « Poitevins au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles » (La Geste édition).

azay sur thouetAzay-sur-Thouet, à mi-chemin entre Secondigny et Parthenay, était dès le XVIIe siècle, un gros bourg de Gâtine, fier de son église Saint-Hilaire datant du XVe siècle.
En 1665, sous Louis XIV, « l’église comptait cinq chapelles et son tabernacle tout doré était fort beau. »

C’est ainsi que la décrit Maurice Poignat, dans son Histoire des Communes des Deux-Sèvres.
Mais comme on le sait, le siècle de Louis XIV fut une période noire, avec la misère, les épidémies, la Taille et la Gabelle et les dorures de l’église n’apportèrent pas pour autant l’aisance aux habitants. Certains furent donc obligés pour survivre, de tenter l’aventure très risquée de la contrebande du sel. On sait que la punition était le gibet, les galères ou la déportation.

Nous étions là en pays de basse Gabelle, où le sel était peu cher ; mais il fallait passer la Loire, en pays de haute Gabelle pour le revendre plus cher en essayant d’échapper aux gabelous. Sinon la Tour Grainetière de Thouars, idéalement placée sur le chemin, servait de prison à ceux qui étaient pris ; ils y croupissaient dans des conditions atroces.

Pour l’un d’entre eux, né à Azay-sur-Thouet, ce fut la déportation au Canada. C’est ainsi que Louis Babin dit « Polet », se retrouva de l’autre côté de l’Atlantique sans l’avoir vraiment voulu. Il figure au nombre des pionniers envoyés pour peupler la Nouvelle-France. Il fut embarqué en avril 1730.

Il est né à Azay-sur-Thouet le 21 décembre 1698 (donc sous Louis XIV) mais fut déporté sous Louis XV en 1730. Son père, Hilaire Babin, né le 11 mars 1664 à Azay-sur-Thouet, était gardien des Capucins de Parthenay et sa mère, Françoise Seigneuret née aussi à Azay-sur-Thouet le 4 août 1675 y est décédée le 28 juin 1731 à 56 ans.

Son surnom, « Polet », n’est pas un surnom comme en avaient les soldats ; il est tout simplement celui que portait son grand-père : Paul Babin dit « Paulet » c’est-à-dire « le petit Paul », surnom également porté par son père, puisque dans son acte de baptême Louis Babin est fils de Hilaire Paulet et de Françoise Seigneuret.

La famille d’Hilaire Babin et de Françoise Seigneuret comptait 4 enfants, tous nés à Azay-sur-Thouet. Louis en était l’aîné.

Au Canada, Louis Babin dit « Polet » connut une destinée tragique. Marié le 9 janvier 1731 à Québec, il est décédé le 9 mars de la même année. On ne lui connait pas de descendance.

Coïncidence troublante, sa mère est décédée 3 mois après lui.

Question : a-t-elle appris la nouvelle ? Est-ce la raison de son décès ? À ce moment-là, les nouvelles ne se propageaient pas aussi vite, mais en trois mois un bateau a quand même pu faire la traversée et apporter un courrier. Ceci restera un mystère.

Y comme : Y’a des guenilloux à Amailloux

Celle qui rédige aujourd’hui notre billet, Nat, écrit régulièrement sur son blog intitulé « Parentajhe à moé ». Elle y parle avec beaucoup d’émotion de ses aïeux qui, pour la plupart, ont vécu en Gâtine. Nat est aussi administratrice du groupe Facebook « Généalogie : la boîte à outils pour tous » : un groupe très convivial, de plus de 3 000 membres, où chacun peut trouver et apporter des infos et de l’entraide.

guenillou1« Qu’est-ce que je m’ennuie ! … Tu parles d’une vie ! …

Ce n’est pas que je n’aime pas ces quatre murs, au contraire, au moins je ne vois pas les autres et je suis tranquille, mais parfois j’aimerais sortir, respirer l’air pur et profiter de grands espaces. J’entends dire autour de moi qu’il ne faut surtout pas que je sorte, que je suis trop fragile et patati et patata, tu parles ! J’ai de la force, moi ! Ne dit-on pas que je suis de la « grande espèce » ?

Mais ils sont tous têtus comme des mules, tout le monde s’imagine que je vais attraper « la mort » juste en sortant ! Je voudrais bien les voir à ma place…

Bon, si ! Il y en a un qui est sympa. Il vient me mettre de petites tapes dans le dos de temps et temps, mais surtout c’est lui qui me donne à manger ! Un ancêtre de Nat, vous savez celle qui fait parler ses aïeux… Drôle d’idée, je trouve, mais bon.

René COLLIN qu’il s’appelle. Y’a son fils aussi, François… Tous les deux s’occupent de moi mais parfois j’aimerais bien qu’ils me lâchent un peu « la grappe ». Qu’ils aillent voir un peu les membres de l’autre sexe qui, ELLES, ont le droit de sortir évidemment !

Soyons honnête, il m’arrive de prendre l’air ou plutôt de juste changer de pièce et là, j’ai intérêt à être au meilleur de ma forme ! D’ailleurs, je crois bien qu’on me garde et me préserve juste pour ces moments-là. C’est un peu horrible quand on y pense… Mais bon du coup, j’ai double ration au dîner et ça, c’est cool.

On m’a dit que j’étais sale et moche… Non mais « what the fuck »?! Bon d’accord, j’ai les cheveux longs et je ne les brosse pas, mais c’est mon style, c’est tout ! En plus c’est bon pour ma peau, ça la protège. Pourtant quand j’étais petit, on me trouvait tout mignon, tout mutin, tout doux et on me caressait les cheveux tout le temps.

Et d’ailleurs ! Vous savez comment on m’appelle ? Le GUENILLOU ! Ou pire encore, le BOURAILLOU ! Tout ça parce que je ne prends pas soin de mon apparence. Mais mon apparence, je n’en ai rien à faire, c’est ce qui permet de me reconnaître en un clin d’œil. Vous comprenez : je suis de noble race.

Et oui, messieurs-dames ! Car je suis un baudet du Poitou.

Sur ce, je vous laisse, j’ai faim ! Mais ne partez pas, hein !… Nat va vous raconter la suite, elle aime mes congénères, vous savez … Et elle en est bigrement fière, cette Poitevine ! »

Bien sûr que je suis fière de nos baudets du Poitou !

Cette race, que ce soit au XVIIIe siècle ou de nos jours, n’a jamais réussi à faire considérablement croître son nombre d’individus. Faite d’aussi peu de sujets, elle fait partie des rares espèces qui purent garder si longtemps une telle renommée.

Voici ce qu’en disait un mémoire publié par le conseil du Roi en 1717 :

« Il se trouve dans le Haut Poitou des animaux qui sont presque aussi hauts que les plus grands mulets, mais d’une figure différente. Ils ont presque tous le poil long d’un demi-pied sur tout le corps ; les boulets, les jambes et les jarrets presqu’aussi larges que ceux des chevaux de carrosses. On les tient à l’écurie séparément, dans des espèces de loges, attachés à des chaînes de fer ; on ne les fait sortir que pour saillir les juments. Ils sont pour la plupart, très vicieux et cruels. Si ces animaux se joignaient, ils s’étrangleraient … »

Élevé pour sa réputation d’étalon géniteur, il est utilisé exclusivement comme reproducteur. Son existence est liée au fonctionnement des haras adonnés à la production de la mule et à la multiplication des chevaux de traits dits de « race mulassière ». La mule, c’est cet animal précieux, devenu indispensable et vivement recherché à cette époque, qui se transforme en pluie d’or pour le pays qui la voit naître. Cette pratique de l’hybridation mulassière existe de temps immémoriaux en Poitou, et l’hybride obtenu est contre nature, troublé dans sa constitution. Preuve en est qu’outre ses qualités exceptionnelles, son infécondité est à peu près absolue.

Revenons-en au Baudet…

guenillou2La mise-bas d’une ânesse dans les haras de baudets est un véritable évènement. C’est qu’on attend le dénouement avec une impatience anxieuse, toute différente de l’intérêt ordinaire qu’on porte à l’accouchement des autres femelles, car le produit espéré sera de valeur très inégale suivant son sexe : si le hasard veut que ce soit un mâle, un « fedon », son arrivée sera fêtée alors comme il se doit.

Le fedon se tient debout dès son premier jour et accompagne rapidement sa mère au pâturage, toujours à proximité cependant de l’habitation de l’éleveur pour que la surveillance puisse continuer à s’exercer.

Le sevrage s’effectue vers l’âge de huit ou neuf mois. guenillou3Une fois réalisé, les jeunes baudets passent souvent entre d’autres mains, surtout si ce sont des mâles. Ils vont ainsi suivre une destinée différente selon s’ils sont un mâle ou une femelle. Celles-ci continuent de mener une vie de plein air alors que les mâles sont brutalement retirés dans leur écurie pour y être claustrés dans une loge réservée à chacun d’entre eux. Pour le futur étalon, c’est désormais la stabulation en permanence, enfermé dans un box de quelques pieds carrés, condamné à une existence solitaire de reclus.

Cependant, autant l’éleveur s’intéresse peu à la femelle, autant il se préoccupe de son jeune bourriquet qui représente à lui seul l’objet de valeur de l’exploitation.

Sa nourriture est alors choisie avec soin : les fourrages sont de la meilleure qualité, du foin de luzerne, des grains en petite quantité et parfois même du pain dont il se montre très friand. Les aliments verts sont quasiment bannis et, l’hiver, quelques carottes ou betteraves suffisent pour corriger son alimentation trop sèche. Pendant la saison des saillies, il est de coutume d’augmenter sa ration et il sera gratifié d’un supplément pour chaque saillie réalisée.

Le jeune baudet est par ailleurs maintenu sans soins corporels, dans une immobilité presque complète, privé de lumière et protégé des intempéries. Ces conditions d’élevage, réalisées depuis toujours, n’ont pas été adoptées sans motif et il est assez aisé d’en deviner les raisons : le petit nombre de mâles reproducteurs, la difficulté de les amener à l’âge de deux ou trois ans et leur grand prix ont fait naître la crainte de les perdre de maladies ou d’accidents.

L’absence de pansage s’explique quant à lui par l’importance primordiale traditionnellement accordée à l’abondance et à la longueur du pelage ; le baudet porte sur tout le corps des poils longs, fins et ondulés et conserve le reliquat de mues précédentes sous la forme d’un manteau déguenillé qui descend en loques de chaque côté et sous le tronc. Ce pelage fait la parure de ces animaux et constitue « le titre de noblesse et d’origine » des baudets du Poitou. En effet, les tondre serait un sacrilège pour les gens du pays.

guenillou6Vers l’âge de deux ou trois ans, on demande au jeune mâle de prouver sa « vigueur » et de s’habituer aux pratiques, mais dès sa seconde saison de monte, il se verra accorder autant de juments que les vétérans, surtout s’il fait montre de beaucoup d’ardeur.

guenillou4.pngIl est donc logé dans une écurie qui présente une disposition assez caractéristique : au centre du bâtiment, un espace libre servant de « salle de monte » avec de chaque côté l’alignement des cases individuelles des étalons. Au milieu de cette salle de monte, pièce obscure d’une vingtaine de mètres carrés, deux barres de bois, obliques, fixées en avant à la muraille à une hauteur d’environ 1,2 m et en arrière au sol. Cette pièce est nommée une trole. Une pièce transversale à laquelle l’étalonnier attache la jument les réunit. Le sol est excavé entre les deux branches de façon à mettre la femelle à bonne hauteur pour l’accouplement, le reproducteur étant presque toujours plus petit. Le baudet est ainsi mené dans la salle de saillie, ou atelier, puis stimulé par des bruits divers : toute une comédie de sifflets, de musique, de chants, jusqu’à l’obtention d’une érection. Et ça marchait !« Le trelandage qu’on appelait ça »*

Les baudets peuvent « servir » huit à dix juments par jour et jusqu’à une centaine de juments pendant tout le temps de la monte.

L’ânesse, quant à elle, est conservée uniquement pour la reproduction et aucun travail ne lui est demandé en dehors de son rôle de mère et de nourrice. Entretenue sans grand soin, elle erre dans les pacages les plus maigres de la ferme et se contente l’hiver d’une ration parcimonieuse de foin. Elle est menée au baudet seulement lorsque la monte des juments est terminée.

Le baudet n’est guère élevé en grand que dans les Deux-Sèvres, plus particulièrement dans l’arrondissement de Melle, mais aussi bien sûr, quoique de façon plus clairsemée, en Gâtine !

Mon ancêtre René COLLIN, garde étalon à Amailloux au XVIIIè, et son fils François, ont-ils réellement œuvré auprès de ces animaux si représentatifs du Poitou ? J’aime à le croire… Mais, une chose est certaine : « y’avait bien des guenilloux à Amailloux ! » La preuve en est que sur l’ouvrage « Mémoire statistique du département des Deux-Sèvres » d’Étienne DUPIN, il est dit que sur cette commune, il se trouve deux haras dont un de baudets.
guenillou5Notes :

Il ne restait en 1977 que 44 baudets de race pure dans tout le Poitou-Charentes et Vendée. Une élève vétérinaire, Annick Audiot, a réussi à alerter les autorités compétentes et à collaborer à un programme de sauvetage. Avec 132 ânes en 1999, 174 naissances de baudets du Poitou en 2009, cette espèce tient le triste privilège de posséder le plus faible effectif des races d’équidés. S’il s’agissait d’espèces sauvages, sur la liste rouge de L’Union Mondiale pour la Nature (UICN), cette race serait probablement rangée dans la catégorie « en danger critique d’extinction » avec quelques espèces emblématiques telles que la tortue Luth, le rhinocéros noir ou le cheval de Przewalski … « Les baudets du Poitou, le trait mulassier et la mule poitevine ont encore toute leur place dans la gestion des prairies. Producteurs d’une énergie aussi peu polluante que bon marché, ce sont en outre d’agréables compagnons, tant pour le travail que pour le loisir. Reste à le faire savoir … »

Je tiens à remercier particulièrement Mr Jean-Luc CLÉMENT, du temps qu’il a bien voulu m’accorder et de sa confiance pour le prêt de ses précieux livres.
Sources :

  • L’âne, les chevaux mulassiers et la mule du Poitou – Léon SAUSSEAU – Ed. LAVAUZELLE
  • De l’industrie mulassière en Poitou – Eugène AYRAULT – Ed. Librairie agricole de la maison rustique.
  • Le Baudet du Poitou – Éric ROUSSEAUX – Geste Éditions
  • Gallica : Mémoire statistique du département des Deux-Sèvres Etienne DUPIN
  • Images : Weheartit et Pinterest

X comme : Xon

Le 2e article rédigé pour nous par Brigitte, du blog Chroniques d’antan et d’ailleurs

Au début du XXe siècle, tous les hommes sont convoqués pour le conseil de révision, étape obligatoire avant le service militaire, incontournable sauf en cas de problème médical sérieux, l’année de leur 20 ans. Pour ceux qui vivent en Gâtine, presque toujours parce qu’ils y sont nés, le bureau de recrutement dont ils vont dépendre est celui de Parthenay. En grand majorité, ils sont alors affectés au 114e régiment d’infanterie, à la caserne Allard, ou parfois au 125e régiment d’infanterie, à Poitiers.

1Au moment de la mobilisation d’août 1914, les soldats de Gâtine appartenant à l’armée d’active, c’est à dire les classes 1911-1912-1913 sont sous les drapeaux, à Parthenay ou Saint-Maixent, au 114e régiment d’infanterie. Ils vont recevoir les renforts des classes de réservistes, de 1900 à 1910, qui arrivent dans les deux villes dès les premiers jours d’août. Comme partout ailleurs en France, le régiment est dédoublé, le 114e principalement composé de soldats sous les drapeaux au moment de la mobilisation, et le 314e RI, son régiment de réserve, rassemblant le reste des hommes.

Le 114e RI et le 125e RI de Poitiers , réunis dans la 34e brigade d’infanterie, le 68e régiment d’infanterie et le 90e régiment d’infanterie, régiments recrutés sur l’Est de la Vienne et l’Indre, au Blanc et à Châteauroux, et réunis dans la 33e brigade d’infanterie, forment la 17e division d’infanterie, au sein du 9e corps d’armée. Les quatre régiments vont avoir pendant les années 1914 et 1915 un parcours militaire identique.

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Source : Gallica – Les armées françaises dans la Grande Guerre Tome X – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63495098/f150.image

Les régiments de réserve sont regroupés différemment. C’est au sein de la 117e brigade d’infanterie, regroupée à Tours, sous les ordres du colonel Lambin, que sont réunis le 314e RI, originaire de Saint-Maixent et Parthenay, le 325e RI de Poitiers et le 232e RI de Tours. Avec la 118e brigade d’infanterie ils sont regroupés dans la 59e division de réserve, et intégrés dans le commandement du 2e groupe de divisions de réserve – 2e GDR – dont le point de ralliement se fait courant août dans la région de Nancy.

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Source : Gallica – Les armées françaises dans la Grande Guerre Tome X –
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63495098/f468.image

Tous ces points techniques sont importants quand on veut étudier le parcours d’un soldat ou d’un groupe d’hommes pendant la 1ere guerre mondiale, car l’information que l’on cherche peut se trouver mieux expliquée dans les documents concernant un des autres régiments ayant pris part aux mêmes combats. Par exemple, il n’y a pas d’archives en ligne pour le Journal des Marches et Opérations du 314e RI, mais à travers ceux du 325e RI et du 232e RI, on peut comprendre ce que le 314e a vécu.

Selon l’historique du 314e régiment d’infanterie, le régiment embarque à Parthenay, le 14 aout 1914 au matin, à destination de Nancy.
Le 20 aout, le régiment reçoit le baptême du feu, pendant la bataille de Morhange.
Du 5 au 13 septembre, il prend part à la bataille du Grand Couronné, notamment aux combats de Sainte-Geneviève.

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Par G.Garitan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31571892

Puis quelques jours plus tard, les hommes du 314e RI participent à la reprise du bois de Champenoux, sécurisant l’accès à la ville de Nancy.

Après ce difficile début de guerre, le 314e RI et ses compagnons de la 117e BI connaissent quelques mois de répit et restent stationnés dans la région du Grand Couronné, autour de Pont-à-Mousson.

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Carte réalisée à partir de Geoportail

Mais en février, la situation change brusquement.

Le signal de Xon, situé sur la colline de Xon et culminant à 356 mètres, occupé par des éléments du 325e RI, est bombardé par les Allemands le 13 février 1915. Son emplacement est important au niveau stratégique et il ne peut pas rester sous contrôle allemand.

Le général Dubail écrit dans son journal de campagne :
« Sur le front du 2e Groupe de divisions, l’ennemi a tenté une attaque sur le signal de Xon (3 kilomètres nord-est de Pont-à-Mousson). A 21 heures, on me dit que les Allemands ont pu pousser des éléments jusqu’au signal où tiennent encore certaines de nos fractions. On contre-attaque en ce moment, en partant de la lisière du bois Juré.
Ce signal de Xon a une certaine importance. Les Allemands pourraient, de là, prendre d’écharpe la droite de la 1ère Armée. Il faut les en chasser à tout prix. Je donne des ordres dans ce sens et j’envoie un officier de liaison pour me renseigner exactement. »

Source : Gallica – Quatre années de commandement, 1914-1918 (1re armée, groupe d’armées de l’Est, armées de Paris) : journal de campagne. Tome 2 / Auteur : Dubail, Edmond (1851-1934).
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5724872q

Pendant trois jours, le 314e RI va être fortement impliqué dans les combats pour la reprise du signal de Xon, avant d’être relevé dans la nuit au 16 au 17 février. Finalement le signal de Xon et les villages alentours sont repris le 18 février 1915 principalement par le 277e RI.

7Une recherche croisée sur les sites Mémoire des Hommes et MemorialGenweb m’a permis de lister les noms de 13 soldats originaires de Gâtine, tombés entre le 13 et le 17 février 1915 à Xon. Dix d’entre eux sont inhumés à la nécropole nationale du Pétant, à Montauville.

En cliquant sur la carte ci-dessous, vous verrez les lieux d’origine de chacun d’eux, quelques éléments de leur parcours militaire et les liens vers leur fiche de Mort pour la France et leur fiche matricule.

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W comme : World War (First)

Le 4ème article de Danièle Billaudeau.

World war first : un titre pour un clin d’œil aux alliés anglophones et un article pour honorer les aviateurs de Gâtine. Avec les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, le conflit a été étudié sous tous les angles ces 4 dernières années. Le Cercle généalogique des Deux-Sèvres a naturellement apporté sa contribution en s’intéressant aux aviateurs et personnels de l’Aéronautique des Deux-Sèvres, « morts pour la France ». 4 sont originaires de Gâtine. Ils étaient pilotes, moniteur Nieuport, mécanicien-mitrailleur ou observateur-mitrailleur.


émile bodinÉmile BODIN – Sergent pilote et moniteur Nieuport. Né le 15 juillet 1892 à Secondigny.  « Mort pour la France » le 17 décembre 1918 par accident d’avion, en service commandé, au Camp d’Avord (Cher). Profession avant la mobilisation : étudiant en médecine. Le brevet de pilote aviateur n° 8711, lui a été décerné le 7 mars 1918, par la Fédération Aéronautique Internationale. Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus. Il a fait la campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 16 décembre 1917.

Roger Camille MAINDRON – Pilote de l’escadrille 282. Né le 10 juillet 1898 à Parthenay. « Mort pour la France » le 3 octobre 1918 au fort de Malmaison (Aisne). Profession avant la mobilisation : charpentier. Le brevet de pilote militaire n° 9973 de la division S Bréguet, lui a été décerné le 19 novembre 1917. Grièvement blessé en combat aérien le 3 octobre 1918, il est transféré au fort de Malmaison – ambulance 12/16 où il décède le même jour des suites de ses blessures. Nous lui connaissons 4 citations dont cette dernière  : « Maréchal des Logis du 20ème régiment d’artillerie détaché à l’escadrille 282. Pilote remarquable qui à maintes reprises a fait preuve des plus belles qualités de sang froid et de témérité. Toujours prêt à voler, ne reculant devant aucun obstacle pour mener à bien les missions qui lui étaient confiées. Est tombé glorieusement le 3 octobre 1918 au cours d’un combat contre les monoplaces ennemis ». Son corps restitué à la famille est inhumé au carré des corps restitués du cimetière du Rondail à Nueil-les-Aubiers (79).

médailleClovis Delphin PLEBER – Mitrailleur et observateur stagiaire escadrille 221. Né le 28 juin 1891 au Busseau. « Mort pour la France » le 7 septembre 1917 en Haute-Alsace. Profession avant la mobilisation : employé de commerce. Incorporé à compter du 9 octobre 1912, il est maintenu sous les drapeaux en vertu du décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Clovis Delphin PLEBER est désigné pour suivre les cours de tir anti-aérien à Courmont (Aisne) du 5 au 12 mars 1918. Il est encore désigné pour suivre le cours de protection contre les gaz et devient observateur stagiaire à l’escadrille 221 le 4 septembre 1918. Il est grièvement blessé en combat aérien le 7 septembre 1918 en Haute-Alsace, puis transporté à l’hôpital auxiliaire n° 31 de Morvillars où il décède le même jour. Il a été inhumé le 9 septembre 1918 au cimetière de Morvillars (Territoire de Belfort) entre Belfort et Delle, selon une note du colonel Fosse, adjoint au colonel commandant le 319ème régiment d’infanterie. Son dossier d’officier nous dit qu’il est mort des suites de ses blessures de guerre. Sa dernière citation : « Le lieutenant Clovis PLEBER (active) du 125ème régiment d’infanterie est un officier de grand mérite, passé dans l’aviation après 4 ans de campagne dans l’infanterie. S’est distingué aussitôt par ses belles qualités d’énergie et de bravoure. A trouvé une mort glorieuse dans un combat aérien pendant une reconnaissance lointaine ». Il a reçu une décoration, la Croix de guerre avec une étoile de bronze et une étoile d’argent.

Arthur Émile RENELIER – mitrailleur de l’escadrille BM 118. Né le 16 mai 1894 à L’Absie.  « Mort pour la France » le 22 août 1918 à Mairy-sur-Marne (Marne). Profession avant la mobilisation : voyageur de commerce. Mobilisé et entré dans le service actif le 7 septembre 1914. Venu de Bordeaux le 3 septembre 1917, il est affecté au 2ème groupe d’aviation – escadrille BM 118, le 16 septembre1917. Il est tué au cours d’un accident d’avion sur le terrain de Mairy-sur-Marne (Marne) le 22 août 1918. [Alors qu’il était à bord d’un « Voisin » avec le pilote et l’observateur et que l’appareil avait atteint une hauteur de 50 à 60 m, l’appareil glissa sur l’aile et vint s’écraser sur le sol. Le pilote et l’observateur furent tués sur le coup. Arthur Renelier blessé mortellement par la mitrailleuse, vécut environ un quart d’heure.] Nous ne lui connaissons pas de blessure, pas de citation, pas de décoration non plus.


On retrouve ces 4 aviateurs de Gâtine morts pour la France dans une exposition de 22 panneaux réalisée pour être présentée lors du 3ème congrès régional de généalogie à Niort en octobre 2014. Elle a depuis été prêtée à de nombreux établissements scolaires et bibliothèques. En approfondissant nos recherches, nous avons trouvé 2 aviateurs supplémentaires. Une brochure complète évoquant leurs parcours individuels vient d’être éditée pour commémorer le centenaire de la fin du conflit. Pour certains d’entre eux, nous avons pu entrer en relations avec les familles, nous procurer quelques photos, celle de leur brevet de pilote parfois. Nous avons découvert quelques tombes, consulté les carnets de comptabilité de campagne, leurs dossiers d’officiers à Vincennes. Nous nous sommes familiarisés avec les avions, les escadrilles, leurs insignes et leurs devises. Ce fut dans tous les cas, une expérience enrichissante.


Hasard de l’actualité, le pilote Roger Maindron a maintenant un visage. Nous ne connaissions aucune photo de lui. Et hier, dans le journal local, grâce au descendant d’un cousin de cet aviateur, nous pouvons enfin le découvrir et en savoir beaucoup plus sur lui.

reger maindron
Roger Maindron devant son avion

 

V comme : Verruyes

Alain Moreau est né à Verruyes, à Saint-Rémy plus précisément et où il a passé toute sa jeunesse. C’est un vrai de vrai Gâtineau, qui vit en Maine-et-Loire désormais. Alain est le père de Vincent qui a participé à l’article « H comme Hériter en Gâtine ».

À la limite sud de la Gâtine, au centre des Deux-Sèvres, Verruyes, commune où règne douceur et sérénité.

 

Son nom latin est cité pour la première fois en 1041, Verruca, petite verrue, pour désigner un tertre, qui devient à partir de 1346, Verruye, sans s. Son prieuré, dédié à saint Martin, comme beaucoup d’autres communes de la région Ouest, dépend déjà en 1363 de l’abbaye de Saint-Maixent. L’un des premiers seigneurs connus, Simon de Verruyes, a en effet, au XIIe siècle, fait don à l’Église de terres et bâtiments.
Avant la Révolution, en 1750, Verruyes est une grosse commune comptant 331 feux, ou foyers selon notre terminologie contemporaine. En 1836, le recensement indique 1540 habitants, celui de 1906 dénombre 417 maisons, soit 436 ménages, et 1818 habitants.
Aujourd’hui (2015), les Verruyquois ne sont plus que 917… un nombre divisé par deux en moins de cent ans.

Le chemin des Chaussées

Cette commune doit certainement son développement à la présence très tôt d’une route commerciale. Elle est en effet traversée par une ancienne voie gallo-romaine, le chemin des Chaussées qui est également une ligne de partage des eaux (voie reliant Nantes et Limoges).
Selon les mémoires de la société des antiquaires de l’Ouest, « au sud de Verruye, un nom significatif indique très bien son ancienne trace, c’est le Grand-Chemin… ». La particularité de ce chemin ? La partie au nord-est de cette voie est davantage composée de vieilles familles catholiques pratiquantes et la partie au sud-ouest est plus laïque.

Après la Révolution, Verruyes fut chef-lieu du canton de 1793 à 1801.

3.pngPendant les guerres de Vendée, nous étions à la limite des troubles. Le canton de Verruyes compte une maison incendiée, 95 maisons dévastées et 75 équidés volés (12 mai 1797).
Mais, en 1832, la duchesse de Berry a soulevé quelques partisans dans la région qui s’appelèrent, en souvenir de la Révolution, « Chouans ». Ils tuèrent une personne à Mazières et une autre à Verruyes.
Selon mon père, ce dernier aurait été pendu dans le chemin en haut de Verruyes, à droite du calvaire (à vérifier pour le supplice infligé ainsi que le lieu).

En ce pays de Gâtine, Verruyes a encore quelques habitants qui parlent le patois local.

C’est bien plus qu’un patois, selon moi, on peut quasiment parler d’une langue puisque plusieurs mots sont intraduisibles en français !
Malheureusement, combien le parlent encore ? Quelques dizaines ? Quelques milliers si on est optimiste ? Mon frère, Gérard est un maître en la matière.
Combien de remarques avons-nous dû accepter des instituteurs qui nous faisaient répéter les « g » les « ch » bien gras que nous déversions en prononçant certains mots…
Combien de fois, des auditeurs de mes interventions publiques sont-ils venus me demander : « Vous êtes Canadien, vous avez leur accent… » Ma réponse : « Non, ce sont les Canadiens qui ont mon accent. » Plus particulièrement les Acadiens, des migrants européens au XVIIe siècle. En effet, nombreux d’entre eux sont originaires de notre Poitou et utilisent encore des expressions ou des mots de « notre langue » poitevine.

Les galipotes, les fadets

4.pngNous avons grandi avec les histoires de galipotes, de cheval Mallet mais aussi de fadets… Ah, ces fadets ! Notre grand-père maternel, Ernest, nous emmenait à travers champs à l’Herbaudière, voir « les creux de fadets ».
Nous n’en n’avons jamais vu…. En fait, ce trou n’est qu’une ancienne mine de plomb ou d’argent (un forage du bureau de recherches géologiques et minières, il y a quelques décennies, a classé le site insuffisant pour une nouvelle exploitation).
Et puis, n’oublions pas Mélusine, notre bonne fée poitevine qui a construit l’ancienne église et fait en sorte que la nouvelle se tienne au milieu du village, et pas sur l’ancien lieu.

La commanderie de Saint-Rémy*

5.pngMaintenant, rendons nous à 1,5 km du bourg, vers le sud. Un lieu qui a connu ses heures de gloire du XIIe siècle jusqu’au XVIIIe siècle.
La commanderie de Saint-Rémy. Je suis né à 100 m de ce lieu magique. Aujourd’hui, il ne reste que la chapelle en mauvais état malgré la réfection de la charpente par mon frère en 1982. Chapelle construite par le commandeur Antoine Charron en 1493. Une plaque atteste la date en lettres gothiques :
« L’an 1493, frère Antoine Charron, commandeur de céans fit faire cette chapelle ».
La commanderie existait déjà en 1208. Elle jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice.
Le commandeur de Saint-Rémy possédait de nombreux biens représentant des centaines d’hectares comme plusieurs droits et fiefs dans la paroisse de Clavé toute proche, ainsi que des maisons jusqu’à Parthenay au nord dont celle du commandeur de cette ville. Son pouvoir s’étendait jusqu’à la commanderie de Lavausseau à 30 km de là, à l’est, selon Claude-André Fougeyrollas*.
Avant la Révolution, les biens de la commanderie de Saint-Marc-la-Lande, à l’ouest, furent dévolus à l’Ordre de Malte et regroupés avec ceux de Saint-Rémy. Ceci fut difficile à accepter par le commandeur de Saint-Marc-la-Lande. D’ailleurs un procès pour l’emplacement d’un simple poteau devant l’église de Saint-Marc pour déterminer la limite entre les deux fiefs dura… 2 siècles !
À la Révolution, spolié de tous ses biens, l’Ordre n’a pu survivre.
Saint-Rémy a eu un commandeur important dans l’Ordre : François Marie des Bancs de Mareuil. Il fut reçu dans l’Ordre de Malte le 8 juillet 1639, devient receveur du grand prieuré d’Aquitaine en mai 1710. Il est ensuite nommé, en 1716, grand trésorier de France avec le titre de bailli et décède à la fin du mois d’août 1720. François Marie des Bancs de Mareuil, après ce parcours, est enterré dans la chapelle de la commanderie derrière l’autel.
À Saint-Rémy, le logis du commandeur fût démoli en 1912 (mon grand-père a joué à cache-cache à l’intérieur) pour produire les pierres nécessaires à la construction de la ferme et de la grande maison « bourgeoise » de la Surgère, à 2,5 km de Saint-Rémy. Ce qui explique aisément, que les encadrements de certaines portes et fenêtres soient composés de pierres « travaillées ». Sans être un château, le logis, la chapelle et l’ensemble des bâtiments étaient entourés de douves et un pont-levis était à l’emplacement du lavoir de notre enfance (comblé aujourd’hui).
Un magnifique porche reliant deux maisons, dépendances de la commanderie, à 50 m de celle-ci comprenait, en sa partie supérieure un passage couvert. Il fut démoli dans les années 70 pour permettre aux matériels agricoles « modernes » d’accéder à la ferme qui existe encore aujourd’hui.

L’Étang et les premiers « son et lumière »

6.pngAujourd’hui, lorsqu’on évoque Verruyes, de nombreux Deux-Sévriens pensent : plan d’eau. Élaboré sous l’égide de M. Georges Bobin, le maire de la commune, il fut inauguré en mai 1969. À cette occasion, un « son et lumière » y fut réalisé. J’ai passé, en compagnie de Claude Hugon de Parthenay et Claude Pelletier de Saint-Georges-de-Noisné, de nombreuses nuits aux réglages de la sonorisation et des jeux d’éclairage de ce premier grand spectacle (tous les 3).
Réparti sur plusieurs hectares, c’était le premier « son et lumière » avec une scène de cette dimension.
Malheureusement, malgré les spectacles suivants, « Les Paysans », « La Geste paysanne », en 1971, 1974 et 1976, qui ont glorifié le monde de la terre pendant plusieurs années, les représentations ont dû s’interrompre. Toute la population participait : qui cousait les costumes, qui était figurant, qui aménageait, qui distribuait les affiches, qui fournissait du matériel, qui… qui.. etc.

 

Mais, souvenons-nous aussi qu’un certain Philippe de V. était venu voir et s’inspirer de ce que nous faisions… Il a su utiliser un environnement propice à la cinéscénie ce que nous n’avions pas à Verruyes : un fond, un arrière-plan moins dépouillé que quelques champs…Chez nous, difficile d’accrocher la lumière avec pour seul décor les frondaisons gâtinaises aussi merveilleuses soient-elles !
Pour clore le spectacle et nous ramener à notre époque moderne, l’émergence de tous côtés au rythme d’une musique trépidante de ces dizaines de moissonneuses-batteuses, descendant ensemble vers l’Étang, ont laissé un souvenir impérissable pour nombre d’entre nous.
Pour plusieurs jeunes de Verruyes et des communes avoisinantes, cette période fut également la rencontre avec l’UPCP, l’Union Pour la Culture Populaire en Poitou-Charentes et en Vendée, et la collecte auprès de nos aïeux de contes, de légendes, de chants et de pas de danse.
Que de souvenirs…

*Certaines informations sont issues du document de Claude André Fougeyrollas : SAINT- RÉMY DE VERRUYES (Commanderie Hospitalière 1208 – 1994)

U comme : Unions de Gâtinais aux Montils (17)

Le 3ème article de Danièle Billaudeau.

En cette fin du 19ème siècle, le phylloxéra en a fini de dévorer les vignes saintongeaises et l’on est persuadé que l’insecte ravageur n’a laissé derrière lui que des terres impropres à toute culture. Elles ont d’ailleurs perdu beaucoup de leur valeur et les vignerons, ruinés, sont partis travailler dans les villes. L’exode rural consécutif à la crise, est encore palpable aux Montils en 1911. Le recensement, nous démontre que malgré l’arrivée de familles nombreuses dès les années 1880, la commune est encore à – 20 % de sa population initiale et 29 maisons demeurent vacantes. Il y a urgence à repeupler la commune qui manque de main-d’œuvre agricole. L’information passe la presse, les marchés et marchands de biens, aidés dans leur tâche par le chemin de fer qui dessert la commune et le tout nouveau télégraphe.

Nos paysans de Gâtine, souvent issus de très grandes familles, possèdent un savoir faire agricole, beaucoup de bouches à nourrir mais peu de moyens financiers et de terres à cultiver, en céréales ou prairies pour l’élevage des vaches laitières. Ils connaissent déjà les Charentes pour leurs emplois saisonniers des vendanges, alors, ils vont venir en nombre s’y installer définitivement, apportant avec eux d’autres méthodes de cultures, d’autres usages. Ces paysans piqueurs de choux, pratiquant la trêve dominicale en allant à la messe, ne sont pas toujours bien accueillis par les saintongeais. Alors, pour faire face à l’adversité, on s’accorde entre cousins ou « pays », on unit les familles, parfois même avant de partir : Les FLEAU aux AIGUILLON, FREMENTEAU et FLEURY, les MOINE aux CANIOT, MICHONNEAU et PUBERT, les METAYER aux METAYER, GUERRY et PILLET.

On s’unit encore au sein de coopératives, pour endiguer les prix des denrées alimentaires (L’Union saintaise est créée à Saintes en 1912).

urgence gâtine.png

On s’unit surtout pour écouler la production locale de lait et de beurre vers les villes. Le Beurre des Charentes-Poitou est né de cette série d’unions.
Parmi les familles gâtinaises recensées aux Montils en 1911, j’en ai retenu quelques unes pour illustrer le propos, le cas de Marie SOULARD par exemple, veuve avec 13 enfants est particulièrement éloquent.

Familles parties du Beugnon entre 1906 et 1911

FLEAU Jean est né le 1er mai 1852 au Beugnon (79) et décédé au même lieu le 12 octobre 1902. Il épouse le 25 janvier 1881 à Scillé (79) Marie SOULARD, couturière, née le 24 juin 1862 à Scillé (79). Leur fille aînée, Mélanie, Marie-Louise, épouse le 9 juin 1902 au Beugnon (79) François, Alexandre AIGUILLON, cultivateur, né le 30 septembre 1874 au Beugnon (79) et décédé le 27 août 1918 à Thoix (Somme) acte transcrit à Thézac (17). Les autres filles connues, sont Léontine, Célina née le 1er août 1884 au Beugnon (79), Alice, Valérie, Marcelle, née le 17 mars 1886 au Beugnon (79), Georgette, née le 8 avril 1889 au Beugnon (79) qui épouse le 26 avril 1905 au Beugnon (79) Jean Auguste FREMENTEAU dont la famille est étudiée plus loin, Anselma, née le 6 mai 1890 au Beugnon (79) décédée aux Montils (17), le 20 mars 1960. Elle avait épousé le 26 août 1909 aux Montils (17) Jean BAPTISTE, né le 19 mars 1890 aux Montils (17). Blanche, née le 6 décembre 1894 au Beugnon (79) épouse le 29 août 1911 aux Montils (17) Jules FLEURY, né en Deux-Sèvres.

Leurs fils, sont Abel, né le 24 mai 1887 au Beugnon (79, Louis , né le 31 décembre 1891 au Beugnon (79) recensé domestique chez FREMENTEAU aux Montils (17) en 1911. Il épouse le 28 mai 1912 aux Montils (17) Juliette FLEURY, Maurice, né le 2 août 1893 au Beugnon (79), Constant, Alfred, Pierre, né le 30 janvier 1896 au Beugnon (79), Célestin né le 22 avril 1898 au Beugnon (79) est décédé le 17 décembre 1980 à Floirac (17), Edmond, né le 23 juillet 1899 au Beugnon (79), épouse en premières noces le 22 juillet 1922 à Pons (17) Marie Isabelle NEBOUT, puis en secondes noces le 19 avril 1949 aux Montils (17) Anne Nadette VIOLIER. Jérôme, Théodore, né en 1901 au Beugnon (79) ne sera pas de l’aventure charentaise, puisqu’il décède au Beugnon le 1er novembre 1901. La famille au complet est recensée au Beugnon en 1901, village de la Proutière. Elle y est toujours en 1906, mais à celui de la Boninière. Malgré sa nombreuse famille, Marie SOULARD, devenue veuve, n’hésite pas à quitter son village pour s’installer aux Montils (17) où nous la retrouvons au recensement de 1911.

Entre 1906 et 1909

FREMENTEAU Jean Auguste, né au Beugnon (79) le 6 juin 1880, fils de Jean Baptiste & Marie Henriette GUERIN, est décédé le 28 janvier 1947 à Médis (17). Il avait épousé le 26 avril 1905 au Beugnon (79), Georgette, Louise, Armande FLEAU, qui précède. Nous connaissons deux fils et une fille à ce couple, Maurice né le 7 novembre 1906 au Beugnon (79), Raphaël ° 1909 aux Montils et Odette ° en 1910 aux Montils (17). La famille est recensée aux Montils (17) en 1911

Entre 1891 et 1898

METAYER Louis, né le18 avril 1842 à Fenioux (79) et décédé le 2 février 1913 aux Montils (17). Il avait épousé le 1er octobre 1867 à Secondigny (79) Marie Marguerite REVAULT, née le 25 octobre 1845 à Secondigny(79) décédée le 2 avril 1898 à Chambon (17). La famille est recensée au Beugnon en 1891, puis aux Montils en 1911. Nous connaissons plusieurs enfants à ce couple, dont trois fils : Jean, Auguste, né le 2 décembre 1868 à Chatillon sur Thouet (79), décédé le 9 mai 1947 aux Montils (17). Il avait épousé le 27 octobre 1890 au Beugnon (79) Marie Amélie PILLET, née le 7 avril 1871 à Secondigny, décédée le 22 janvier 1956 aux Montils (17). Un fils, Léon, André, est né de cette union, le 6 décembre 1907 aux Montils (17). La famille est recensée au Beugnon en 1891 et 1901, puis aux Montils en 1911. Louis, Charles (poseur SNCF), né le 26 janvier 1871 à Chatillon-sur-Thouet (79) et décédé le 28 octobre 1937 à Verrières (16). Il avait épousé le 30 janvier 1899 Chambon (17) Louise, Marie-Augustine BOITEAU, née le 21 septembre 1873 à la Meilleraye Tillay (85), fille de Louis, employé du chemin de fer & Jeanne GRELET. Nous connaissons deux fils à ce couple : Maurice né le 25 juin 1899 Chambon (17) où il est décédé le 22 septembre 1899 et Marcel, Louis, Raymond, né le 10 février 1901 Chambon (17), décédé le 11 juillet 1974 aux Montils (17). La famille est recensée aux Montils en 1906. Louis, Auguste, Flavien, est né le ° 13 mai 1883 au Beugnon et décédé aux Montils (17), le 9 mars 1962. Il avait épousé le 18 novembre 1907 à Cirières (79) Marie-Josèphe, Juliette GUERRY, née le 6 septembre 1888 à Cirières (79). Le couple demeure aux Montils en 1907.

Nous connaissons aussi deux filles : Marie-Thérèse, née le 13 septembre 1873 au Beugnon (79) et décédée le 26 janvier 1910 à Chambon (17), Marie, Léontine, Joséphine née le 27 août 1876 au Beugnon (79) est décédée le 11 juillet 1941 aux Montils (17). Elle avait épousé le 25 juin 1900 à Chambon (17), Pierre Auguste METAYER, né le 17 septembre 1874 au Beugnon (79).

Entre septembre 1892 et 1896

MOINE François, Baptiste, Désiré, né le 28 novembre 1852 à Secondigny (79) épouse le 27 Juin 1881 à Vernoux en Gâtine (79) Flavie, Mélina CANIOT, née le 12 juin 1858 à Scillé (79), fille de Gilles, vannier & de Jeanne-Marie POUSSARD, vannière. Nous connaissons quatre filles à ce couple : Marie-Louise, née le 25 novembre 1883 au Beugnon (79) décédée le 24 mars 1967 à Nercillac (17). Elle épouse François, Louis, Octave MICHONNEAU. Mélanie, Victorine, Gabrielle, née le 30 septembre 1885 au Beugnon (79), épouse Félicien, Louis, Ernest BELAUD le 11 janvier 1908 aux Montils (17). Victorine, Léontine, Mélanie, née le 30 avril 1888 au Beugnon (79) est décédée à Pérignac (17) le 15 septembre 1961. Elle avait épousé Louis, Alexandre, Eugène PUBERT le 11 septembre 1909 aux Montils (17). Enfin Baptistine, Ernestine, née le 24 septembre 1892 au Beugnon (79) est décédée le 23 août 1966 à Cognac (16). Elle avait épousé Jean Fulbert HERPIN le 11 novembre 1911 aux Montils (17). La famille est présente au Beugnon, village de Bois Brûlé au recensement de 1891. Nous la retrouvons aux Montils(17) en 1896.

Familles parties de Vernoux, entre 1891 et 1896

MICHONNEAU François, Louis, Octave, est né POUSSARD le 27 mai 1878 à Vernoux (79), fils naturel de Mélanie, Désirée POUSSARD, couturière et de MICHONNEAU Armand, Henri qui reconnaît être le père de l’enfant à son mariage à Vernoux (79), le 10 juillet 1878. Il épouse Marie-Louise MOINE, fille de François, Baptiste, Désiré & de Flavie, Mélina CANIOT Flavie Mélina, née le 24 novembre 1883 au Beugnon (79), village de Bois Brûlé. Il est décédé le 24 mars 1967 Nercillac (17). Nous connaissons deux fils à ce couple : Henri, Ernest, Octave, né le 25 août 1908 aux Montils (17), et André, Louis, né le 8 octobre 1911 aux Montils (17). François qui a 12 ans au recensement de 1891 est présent au Bas Bourg de Vernoux avec ses parents et ses frères Alphonse, 7 ans, Henri, 5 ans et Ulysse, 14 mois. La famille est recensée aux Montils en 1896 et en 1911 aux Montils (17).