F comme : Forge

Aujourd’hui, c’est Brigitte qui nous livre l’article du jour. Initiatrice du projet « ChallengeAZ spécial Gâtine », elle écrit aussi sur son propre blog de généalogie, Chroniques d’antan et d’ailleurs, où elle étudie avec obstination et méthode ses racines en partie gâtinelles. Très connectée, Brigitte est aussi active dans la communauté Geneatech, l’association qui mêle généalogie et numérique.

Vers 1775-1780, mes ancêtres, Pierre Rault et Louise Dixneuf, quittent la paroisse de Saint-Christophe-du-Bois, à proximité de Cholet, et partent vers le sud, vers la Gâtine. Avec leurs dix enfants, ils s’installent au village de la Gandonnière – ou la Gandinière – dans le sud de la paroisse de Gourgé, à proximité du Thouet qui coule en contrebas, à moins de 300 mètres des maisonnées. Sur l’autre rive du Thouet à quelques encablures en amont de la rivière se dresse la forge à fer de La Peyratte, aussi nommée la Forge de la Meilleraye.

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Carte de Cassini 067 Poitiers – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095214p

2C’est à cette époque, en 1776, que l’héritière des ducs de la Meilleraye, Jeanne de Durfort de Duras, vend le duché de la Meilleraye et toutes les terres et possessions du duché au comte d’Artois, frère de Louis XVI, le futur roi Charles X.

Lors de l’état des lieux qui est fait lors de la prise de possession, on constate que la forge à fer, qui était affermée 15 000 livres au milieu du XVIIe siècle, produit peu et ne génère que 2400 livres de revenus annuels.

D’une Visite générale du duché de Meilleraye, faite du 10 au 16 mai 1776 :
La forge à fer produit peu, en raison de la quantité prodigieuse de baliveaux laissés dans les taillis, de la mauvaise qualité de la mine, qui est fort peu riche et donne très peu de fonte, enfin du manque d’eau penant une partie de l’énnée. Le revenu est estimé à 2.400 l.
Extrait de la monographie « La Forêt d’Autin et la forge de la Meilleraye » – Gallica

Cette forge devenue peu active a pourtant une longue histoire sur le territoire des ducs de la Meilleraye.

Il est rare pour un généalogiste dont les ancêtres ont vécu au XVIIe ou XVIIIe siècle en Gâtine de ne pas avoir entendu parler du duché de la Meilleraye, dont le château était situé sur la paroisse de Beaulieu-sous-Parthenay, et dont les terres couvraient une importante partie de la Gâtine autour de Parthenay.

carteLe premier duc de la Meilleraye, Charles de la Porte, cousin germain du cardinal de Richelieu et maréchal de France, est celui à qui la famille doit sa renommée et sa prospérité. En 1645, il fait transférer la petite forge qu’il avait à proximité de son château sur les bords du Thouet, sur la paroisse de la Peyratte. La proximité de la forêt d’Autun, et une rivière dont le cours est – relativement – abondant et régulier, sont probablement les raisons pour lesquelles la forge y est déplacée.

carte2.pngÀ cette époque, c’est au charbon de bois, fabriqué par des journaliers ou des charbonniers dans les forêts, que sont chauffés les fours dans lesquels on va fondre le minerai.

Pour augmenter le débit de la rivière, le duc de la Meilleraye fait construire en travers du lit du Thouet une chute d’eau de 19 pieds et c’est une roue à palettes qui met en mouvement la soufflerie et les marteaux.

 

On bâtit une structure imposante, un long bâtiment, qu’on voit toujours aujourd’hui le long du Thouet.

Pourtant, la forge ne fonctionne vraiment que quelques mois par an. Le fer vient des gisements en surface autour de La-Ferrière-en-Parthenay, le charbon de bois vient des coupes des forêts d’Autin et de la Meilleraye. Mais le débit somme toute peu important du Thouet, malgré la chute d’eau, et la matière première – fer et charbon de bois – en trop faible quantité ne permettent pas à la forge de tourner vraiment à plein régime toute l’année. Bon an mal jusqu’à la Révolution, ma forge produit entre 50 et 80 tonnes de fer, qui servent à la production locale.

Devenu bien national en 1792, la forge, aux mains de différents propriétaires privés, va continuer à fonctionner, plus ou moins, jusqu’en 1846. Au milieu du XIXe siècle , l’essor des hauts fourneaux de l’est de la France rend la production de la forge de la Meilleraye totalement non compétitive et obsolète.

Suivant les périodes, la forge à fer de La Peyratte a employé entre 80 et 120 personnes, ce qui en fait un des employeurs et une des industries importantes de la région de Parthenay au 18ème siècle.

Aujourd’hui, un restaurant gastronomique, La Forge à Fer, s’est installé dans les bâtiments. Il est probable que ce sera un de mes lieux de promenade lors de ma prochaine visite dans la région.

Sources :

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2 commentaires sur « F comme : Forge »

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