Les pierres tombales de l’église de Saint-Gelais (1)

Le village de Saint-Gelais occupe le flanc d’un coteau dominant la Sèvre niortaise, sur sa rive gauche.

L’église Saint-Gelais a été fondée en 1109 par Raoul, seigneur du lieu, fils d’Hugues de Lusignan et de sa femme Sarrasine, et elle a été par lui donnée à l’abbaye de Cluny. Ce sera donc une église priorale, desservie par quelques moines, le curé étant nommé par le prieur jusqu’à la Révolution. Le village connut d’importants ralliements au protestantisme. Sous la menace des « dragonnades » (logement de dragons imposés aux protestants), il y eut, au moment de la révocation de l’édit de Nantes (1685), 430 abjurations en 1681-1689 [Etude de R.Durand, Saint-Gelais au péril des dragons, Niort, 1981).

Pillée lors de la Révolution, l’église était dans un état si précaire qu’elle dut être fermée en 1933. Classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, elle a fait l’objet d’importants travaux de restauration et  a été ré ouverte au culte en 1964.

L’église est située en haut du coteau qui domine la Sèvre. Son parvis et son côté Nord sont bien dégagés.

A l’intérieur, sous la voûte du clocher se trouvent les armoiries des Saint-Gelais de Lusignan avec Mélusine.

Dans le pavement du chœur, de la croisée du transept, du croisillon sud, on peut voir vingt-trois pierres tombales dont une quinzaine gardent des noms (1670-1752) relevés dans l’ouvrage « Saint-Gelais au péril des Dragons » de 1981 de René DURAND [2]. Grâce aux écrits de R.Durand, j’ai ainsi pu compléter certaines épitaphes que je n’avais pas pu déchiffrer entièrement.

Vous trouverez ci-après un plan de l’église avec les dalles numérotées dans l’ordre où je les ai découvertes et photographiées :

Les pierres tombales étant nombreuses, j’ai rédigé deux articles. Le présent article décrit les pierres tombales N°1 à 10. Les autres pierres tombales font l’objet d’un 2ème article qui sera publié prochainement.

Dans le chœur , plusieurs pierres tombales :

  • La première pierre tombale, située sous l’autel, est celle de Pierre PALLARDY procureur fiscal de Saint-Gelais, décédé en 1752.
  • La deuxième, située à la droite de la précédente, avec une croix gravée est celle de Marie Bénigne GUILLON/GUILON, femme d’André CASIMIR, décédée en 1748.
  • La troisième à droite derrière les deux tombes précédentes, est celle de Marie CASIMIR, femme de Louis CLEMANSON, décédée le 3 décembre 1740.
  • La quatrième pierre tombale située à gauche de la précédente, seul le prénom, le titre l’âge, le jour et le mois du décès sont encore lisibles.
  • La cinquième située à droite de la précédente a une épitaphe illisible (non photographiée).
  • La sixième pierre tombale, à droite de celle de Marie CASIMIR, a juste une croix gravée, le haut vers le ciel.
  • Tout à gauche de l’autel, la septième pierre tombale est celle de François GARNIER, décédé en 1729.
  • La huitième pierre tombale, à droite de la précédente, est celle de Demoiselle Angélique CLEMENSON décédée en 1751.
  • La neuvième pierre tombale, située derrière celle de François GARNIER, est celle d’André CLEMANSON, décédé en 1728.
  • La dixième pierre tombale, située à droite de la précédente, dont l’épitaphe est très difficile à lire, est celle de Perette LESTRIGOU et d’une autre personne (épitaphe illisible).
  • La pierre tombale N°18 située derrière les N°4 et 5 présente des traces indéchiffrables (non photographiée).

La première pierre tombale photographiée est située dans le chœur, sous l’autel : Pierre PALLARDY procureur fiscal de Saint-Gelais, décédé en 1752.

CY GIST LE CORPS

DE MTRE PIERRE

PALLARDY

PROCUREUR

FISCAL  DU

MARQUIZAT DE

ST GELAIS ET DE LA

CHATELANIE

DE CHERVEUX

AAGE DE 69 ANS

QUY DECEDA LE

22 JANVIER

1752 PRIEZ DIEU

POUR SON AME

Le vingt trois janvier mille sept cent cinquante deux a este inhumé dans cette église le corps de Mre Pierre PALLARDY procureur fiscal du marquisat de saint-Gellay et de la chastelanie de cherveux agé de soixante neuf ans décédé du jour  précédant après avoir reçu dans la maladie les sacrements de pénitence d’heucaristie et d’extremonction ont assistés à son enterrement les soussignés PALLARDY PALLARDY prêtre chanoine …

BMS 1734-1760 – Vue 166/236https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtacf981a98cce2c61a/daogrp/0/166

J’ai trouvé quelques informations sur cette personne : Pierre PALLARDY est né à Cherveux le 28 juillet 1683, fils de Pierre PALLARDY, (notaire, puis fermier général de Seneuil et des Loges) et de Jeanne GUILBOT. Il avait épousé le 11 mai 1716 à Azay-Le-Brûlé Renée Louise CHARLES qui est décédée le 23 aout 1762. Ils ont eu au moins 10 enfants.

Il est qualifié de :

  • de « procureur fiscal de Cherveux » lors de son mariage en 1716,
  • de « procureur fiscal de Saint-Gelais » lors de la naissance de son fils Pierre Auguste en 1717, de celle de ses filles Marie Louise et Jeanne Renée respectivement nées en 1718 et 1720,
  • de « fermier général », « fermier », lors des naissances de ses enfants à Chauray (1722 à 1730) puis à Cherveux (1735),
  • de « marchand » lors du mariage de sa fille Marie Louise avec Charles CORBIN le 01 juin 1751 à Saint-Gelais et du mariage de son fils Jacques avec Marie Elisabeth DELAPIERRE le 10 avril 1766 à Saint-Gelais,
  • de « Notaire royal et subdélégué de l’intendant au dép. de La Mothe Père » lors du mariage de son fils François avec Louise Elisabeth Bernard le 31 janvier 1758 à la Mothe-Saint-Héray
  • de « procureur fiscal du marquisat de saint-Gellay et de la chastelanie de cherveux » lors de son décès.

Son fils Louis est qualifié de « procureur fiscal de Saint-Gelais » lors de son mariage le 14 octobre 1749 à la Mothe-Saint-Héray avec Marie Emancipée MOUNIER. Est-ce lui qui assiste aux funérailles de son père avec son frère Pierre Auguste ? Francois est qualifié, lui, de « procureur fiscal et fermier » lors de son mariage en 1758.

Son fils Pierre Auguste PALLARDY, né à Saint-Gelais le 11 mars 1717, a célébré le mariage de sa sœur Marie Louise en 1751 et signe « PALLARDY prêtre par permission de Monsieur le Curé ». Selon les Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres (1888), Pierre Auguste PALLARDY, prêtre chanoine de l’église collégiale de Saint-Jean-Baptiste de Ménigoute, est désigné comme « fondé de pouvoir spécial de messieurs les honorables trésoriers et chanoynes du dit chapitre suivant leurs actes capitulaires du dix-sept du présent mois de novembre signé par commandement de mes dits sieurs, Poudret scribe, controllé en cette ville le vingt quatre du dit mois par Prioleau, lequel dit pouvoir est resté attaché à la minute des présentes après avoir été certifié véritable par le dit sieur Pallardy, d’une part, Monsieur Mathieu Rouget de Gourcez, conseiller du roy, lieutenant-criminel au siège royal et ressort de cette Ville de Niort en la sénéchaussée de Poitou, maire, colonel des milices bourgeoises de cette ville, y demeurant paroisse de Saint-André. »

Pierre PALLARDY (père) est témoin de l’inhumation dans l’église de Saint-Gelais de Marie Bénigne GUILLON (cf. tombe ci-après).

La deuxième pierre tombale photographie est située à la droite de la précédente, avec une croix gravée : Marie Bénigne GUILLON/GUILON, femme de André CASIMIR, décédée  en 1748.

CI GIST LE CORPS

DE DAMOISELLE

MARIE BENIGNE

GUILON AAGEE

DE 74 ANS

DECEDEE LE 24

AOUST 1748

PRIEZ DIEU

POUR SON AME

J’ai trouvé l’acte de décès, ainsi que quelques informations sur cette personne : il s’agit de Marie Bénigne GUILLON/GUILON, femme d’André CASIMIR (mariage à Cherveux en 1700).

André CASIMIR est un des fils de Jean CASIMIR, sieur de Tournay, sénéchal  et de Jeanne HOESSARD. Selon le livre de René DURAND « Au péril des dragons », Jean CASIMIR  est mort avant l’abjuration de sa femme et de leurs quatre enfants  le 7 septembre 1685. André meurt à 73 ans et est enterré dans l’église le 26 mars 1746. Sa femme Marie Bénigne est, elle, enterrée le 25 août 1748.

Le vingt cinq aout mille sept cent quarante huit a este inhumée dans cette église le corps de Demoiselle Marie Bénigne GUILLON veuve de Mr André Casimir décédée du jour précédent agée de soixante quinze ans après avoir reçu dans la maladie les sacrements de pénitence et d’extremonction ont assistés à son enterrement les soussignés

Signatures : P ROUGET  PALLARDY

BMS 1734-1760 Vue 131/236 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtacf981a98cce2c61a/daogrp/0/55

La troisième pierre tombale photographiée se trouve à droite derrière les deux tombes précédentes : Marie CASIMIR, femme de Louis CLEMANSON, décédée le 3 décembre 1740. Le nom est illisible mais j’ai pu retrouver l’acte grâce à la date de décès indiquée.

CY GIS LE COR

PS DE DAME M

ARIE CASIMIR V

EUVE DU SIEUR

LOUIS CLEMAN

SON AGEE DE 65

ANS DECEDEE LE

3 DECEMBRE 1740

PRIEZ DIEU POUR

SON AME

Le quatre décembre 1740 a este inhumée dans l’église de cette paroisse le corps de Melle Marie CASIMIR âgée de 65 ans décédée le trois du mesme mois en présence des soussignés

BMS 1734-1760 – Vue 055/236 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtacf981a98cce2c61a/daogrp/0/55

J’ai trouvé quelques informations sur cette famille, notamment dans le livre de René DURAND « Au péril des dragons » : Louis CLEMANSON, Sieur de La Garde, procureur à Niort, s’est marié une première fois le 7 janvier 1697 avec Catherine BASTARD qui est décédée le 26 octobre 1700 ; ils ont deux filles et un fils :

  • Marie CLEMANSON, qui a épousé le 17 janvier  1724 Pierre DISLEAU, laboureur, fils d’André DISLEAU, Sieur Descombes, fermier des Champs à Echiré et Francoise COUDRE. Pierre DISLEAU est décédé le 23 avril 1734 à 33 ans.
  • Marguerite CLEMANSON, baptisée le 30 à septembre 1700 à Niort–Saint- André, qui a épousé le 14 novembre 1724, Jean DISLEAU, sieur de la Fraignée,  marchand, fermier général de la Seigneurie de Sainte-Ouenne (il est le frère de Pierre DISLEAU ci-dessus). Ils ont été tous les deux inhumés en l’église de Sainte-Ouenne : lui le 29 septembre 1756, elle le 22 avril 1772.
  • Jacques CLEMANSON, baptisé le 24 aout 1699 à Breloux-La Créche et qui a épousé le 26 novembre 1724 Marie-Magdeleine GOBEIL.

Louis CLEMANSON a épousé en secondes noces Marie CASIMIR le 19 novembre 1703 et a légitimé deux enfants lors de ce mariage. Marie CASIMIR est la fille de Jean CASIMIR, sieur de Tournay, sénéchal  et de Jeanne HOESSARD  cités précédemment.

Selon le Livre « Au péril des dragons » de R.Durand 1981 : les notes de M.J.R : Ceci a toutes les apparences, plutôt d’un concubinage, d’un mariage illicite hors les règles catholiques, avec en 1703, la procédure habituelle de réhabilitation et de légitimation des enfants déjà reconnus, ce qui était courant à l’époque.

Louis CLEMANSON et Marie CASIMIR ont eu :

  • Louis, baptisé le 4 juillet 1702, et reconnu lors de son baptême, légitimé lors du mariage de ses parents en 1703,
  • Joseph, baptisé le 13 septembre 1703, et reconnu lors de son baptême, légitimé lors du mariage de ses parents,
  • André baptisé le 18 février 1705 et inhumé également dans cette église le 26 janvier 1728, décédé à l’âge de vingt-trois ans (Cf. Pierre tombale N°9),
  • Angélique, femme de Pierre ROUGET, fermier du Quairay, baptisée le 3 octobre 1707 à Romans et inhumée également dans cette église le 23 janvier 1751 à quarante-quatre ans (cf. pierre tombale N°8),
  • Madeleine, qui a épousé le 22 avril 1754 Nicolas GEOFFRION, chirurgien, originaire de Bourges,
  • Marie baptisée le 25 aout 1706 à Romans,
  • Louis baptisé le 25 février 1709 à Romans,
  • Jeanne, baptisée le 4 mars 1710 à Romans, qui a épousé Alexis FAVIER, docteur en médecine.
  • Louise, jumelle de Jeanne, qui a épousé Hyacinthe FAVIER, docteur en médecine, frère d’Alexis cité précédemment,
  • Suzanne Cécile baptisée le 21 mai  1711 à Romans et inhumée en l’église de Saint-Gelais le 11 juin 1751 en présence de Jacques et Joseph, ses frères, de Jacques PALLARDY, de Pierre ROUGET  et de C.CORBIN, peut-être une des pierres tombales dont l’épitaphe n’est plus lisible,
  • Elisabeth baptisée le 31 aout 1712 à Romans et inhumée en l’église de Saint-Gelais le 11 juin 1751 en présence de son frère Joseph et de son neveu Joseph LEGEAY (Ou SEGAY), peut-être une des pierres tombales dont l’épitaphe n’est plus lisible,
  • Louis baptisé le 30 juillet 1713 à Romans,
  • Françoise, née en 1714 à Saint-Romans et inhumée le 21 août 1720 à l’âge de 5 ans et demi, dans l’église de Saint-Gelais, peut-être une des pierres tombales dont l’épitaphe n’est plus lisible, située à côté de la pierre tombale suivante,
  • Joseph baptisé le 6 septembre 1716 à Romans,
  • Et Magdeleine Angélique baptisée le 28 février 1718 à Echiré.

La quatrième pierre tombale située à gauche de la précédente : seuls le prénom, l’âge, le jour et le mois du décès sont encore lisibles. Là, le livre « Au péril des dragons » de R.Durand m’a été d’une grande utilité !

CY GIST LE CORPS

DE MR PIERRE ROU

GE SIEUR DE BOIS

GROLLIER AGE

66 ANS DECEDE

6 OCTOBRE [1775]

PRIEZ POUR

SON AME

Le sept octobre 1775 a été inhumé le corps de Pierre ROUGET bourgeois demeurant habituellement dans la ville de Saint-Maixent agé de soixante huit ans époux de Dame Jeanne GUERRY ont assisté aux funérailles les soussignés

BMS 1761-1791 – Vue 077/174 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vta01d49542a5075cb3/daogrp/0/77

J’ai eu quelques difficultés à trouver qui était exactement Pierre ROUGET sieur de Boisgrollier :  R.Durand, dans son livre, écrit qu’il est fermier de Queray  et qu’il est probablement le fils de Pierre ROUGET  et de Marie-Anne PELLETIER qui décéda à 42 ans et est enterrée dans l’église de Saint-Gelais, mais la date de naissance estimée à partir de l’âge lors du décès, 1709, n’allait pas avec la date de mariage des parents présumés et leurs âges.

En faisant des recherches dans la base du Cercle Généalogique des Deux-Sèvres  et en prenant connaissance des notes de Jacques LEMAROIS [3] sur cette famille, j’ai trouvé que ce Pierre ROUGET sieur de Boisgrollier était le fils d’Etienne ROUGET, sieur de la Barbinière et de Renée VAUGUYON. Etienne ROUGET était en fait l’oncle de Pierre ROUGET, époux de Marie Anne PELLETIER puis d’Angélique CLEMANSON.

Pierre ROUGET , sieur de Boisgrollier, baptisé le 6 novembre 1710 à Niort (Saint-André) est dit « Pierre ROUGET DE BOISGROLIER » et qualifié de «  conseiller du Roi » lors de son mariage avec Marie Jeanne GUERRY le 30 aout 1751 à Verruyes; dans l’acte de décès  du 7 octobre 1775, il est qualifié de « bourgeois demeurant habituellement dans la ville de Saint-Maixent et époux de Dame Jeanne GUERRY ».

La sixième pierre tombale, à droite de celle de Marie CASIMIR, a juste une croix gravée :

La septième pierre tombale, située dans le chœur est celle de François GARNIER, décédé en 1729.

CY GIST LE CORPS DE

FRANCOIS GARNIER

SIEUR DE BOISGROLIER

AGE DE 62 ANS QUI DE

CEDA LE 28 MAI 1729

PRIEZ DIEU POUR SON

AME Ib8N

La date ou marque finale est inexpliquée

L’an mille sept cent vingt neuf et le vingt neuf de may a été inhumé dans cette église le corps de François GARNIER agé de soixante-deux ans, après avoir reçu les sacrements de notre mère la sainte église, ont assisté à ses funérailles les soussignés

BMS 1702-1733 – Vue 164/182 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtabead47cd917aaff4/daogrp/0/164

Je n’ai pas réussi à déterminer qui était ce François GARNIER sieur de Boisgrollier :

  • Dans son livre, R.Durand fait l’hypothèse qu’il serait le fils de François GARNIER, sieur de Grandmaison et de Marie MANSENIER, et qu’il aurait épousé Catherine BIRAULT .
  • Je n’ai pas retenu la 2e partie de cette hypothèse : en effet l’acte du mariage avec Catherine BIRAULT, en date du 12 janvier 1699 à Villiers en Plaine, précise qu’il est veuf de Françoise MASIGNE !
  • Et de plus l’âge lors du décès serait incohérent avec la date du 1er mariage. Par contre peut-être est-ce bien un fils du 1er mariage.

La huitième pierre tombale, à droite de la précédente, celle de Demoiselle Angélique CLEMENCON décédée en 1751, épouse de Pierre ROUGET sieur de Gandry.

CY GIST LE CORPS

DE DAMELLE

ANGELIQUE

CLEMENCON

FEMME DE PIERRE

ROUGE FERMIER

DE QUAIRAY

AAGEE DE 44 ANS

DECEDEE LE 23

JANVIER 1751

PRIEZ DIEU

POUR SON AME

Le vingt trois janvier mille sept cent cinquante et un a este inhumée dans cette église le corps de demoiselle Angélique CLEMANSON femme de Monsieur ROUGET DE GRANRY fermier de Querray agée de quarante quatre ans décédée du jour précédant après avoir reçu dans sa maladie les sacrements de pénitence et d’extremonction, ont assisté à son enterrement les soussignés

BMS 1734-1760 – Vue 149/236 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtacf981a98cce2c61a/daogrp/0/149

Selon le Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis – 1880 (4), Pierre ROUGET, Sieur de Gandry, fermier de Quairay, était fils naturel et légitimé de Pierre ROUGET, marchand, Sieur de la Goiterie en la paroisse des Aubiers. Celui-ci, se trouvant sans enfant de l’union qu’il avait eue avec Marie-Catherine MAIGNAN, reconnut son fils Pierre et lui facilita les moyens d’obtenir des lettres de légitimation que le Roy lui octroya en août 1721. Le mois suivant, il le mariait à Marie Anne PELLETIER et lui faisait donation dans le contrat de la terre de l’Isle, sise paroisse de Saint-Gelais et qui provenait des acquets de la communauté d’entre lui et sa femme, Marie-Catherine MAIGNAN. Il lui donnait également une rente annuelle de 200 livres, assigné, sur la seigneurie de Gandry. Pierre ROUGET DE GANDRY et de L’ISLE était à cette époque clerc de procureur a Niort. On le voit qualifié plus tard de garde de S.A. le prince de Conti. En secondes noces, il épousa Angélique CLEMANSON.

Il eut au moins dix enfants de sa première femme et quatre de sa seconde femme. Mort à 67 ans, il fut inhumé également dans l’église de Saint-Gelais le 13 aout 1769.

La neuvième pierre tombale, située derrière celle de François GARNIER, est celle d’André CLEMANSON, décédé le 26 janvier 1728, âgé de 23 ans ; il est le fils de Louis CLEMANSON et Marie CASIMIR, cités plus haut.

CY GIST LE CORPS DE ANDRE
CLEMANSON AGE DE 23
ANS DECEDE LE 26 JANVIER
1728 PRIEZ DIEU POUR
SON AME IE80
 
La date ou marque finale est inexpliquée

L’an mille sept cent vingt huit et le vingt six de janvier a été inhumé le corps du Sr André CLEMANSON âgé de vingt trois ans après avoir reçu les Sts sacrements de ntre mére la Ste église, ont assisté à ses funérailles les soussignés

BMS 1702-1733 – Vue 0154/182 -https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtabead47cd917aaff4/daogrp/0/154

La dixième pierre tombale, située à droite de la précédente, est très difficile à lire, elle comporte deux épitaphes, avec deux lignes courbes : selon le livre « Au péril des Dragons » de R.Durand, ce seraient les pierres tombales de Louis CLEMANSON et Perette LESTRIGOU :

CY GIST LE CORPS …

MANSON AGE …

DECEDE LE …

PRIE DIEU ..

AM…

CY GIST

DEFFUINTE … [PERR]

ETTE LESTR[IGON EN SON VIVA]

NT FEMME DE …

FRANCOIS [GARNIER]

MARCHAND [DECEDEE]

LE 2 F[EVRIER 1682]

AGEE DE …

ANS PRIEZ …

SON AME

Aujourd’hui deuxieme de février mille six cent quatre vingt deux est décédée dans la communion de la Ste Église Perrete LES… âgée de soixante ans femme de François GARNIER, marchand, laquelle a été enterrée le lendemain 3e du même moys dans l’église de cette paroisse Par moy Soussigné GIRAULT Curé de Saint-Gelais

BMS 1660-1713 – Vue 037/175 – https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/58825/vtaa9e071b618173d1c/daogrp/0/37

J’ai retrouvé l’acte de décès de Perette LESTRIGOU qui précise qu’elle était la femme de François GARNIER, marchand. J’ai trouvé vraisemblablement l’acte de décès de ce François GARNIER  en date du 5 octobre 1684 dans lequel il est qualifié d’ « Honorable homme François GARNIER marchant agé de soixante neuf ans » ainsi que la trace d’un acte notarial au nom des deux époux en date du 18 novembre 1642. Ils pourraient être les parents de François GARNIER, sieur de Grandmaison, marié à Marie MANSENIER, puis à Catherine BIRAULT (cf. plus haut).

Dans son livre, R.Durand émet l’hypothèse que Perette LESTRIGOU aurait eu pour 1er époux Louis CLEMANSON et qu’elle serait inhumée à côté de lui.

On peut situer Saint-Gelais sur la carte de Cassini [5] :

Sources :

[1] Livre de René DURAND « Au péril des dragons » 1981

[2] Mémoires de la Société de Statistique du Département des Deux-Sévres (1888)

[3] Notes de Jacques lemarois: https://www.lemarois.com/jlm/data/a23rouget.html#ROUG 

[4] Bulletin de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis – 1880

[5] Carte de Cassini : Feuille 101 La Rochelle : le sud-ouest (Niort, Mauzé, Brioux…)

[6] Saint-Gelais.pdf  © PARVIS – 2014 Réalisation : atelier HISTOIRE ET FOI Centre théologique de Poitiers http://www.poitiers.catholique.fr/parvis

6 commentaires sur « Les pierres tombales de l’église de Saint-Gelais (1) »

  1. Merci. J’ai juste présenté les résultats de mes recherches qui diffèrent effectivement des écrits de R.Durand :
    – Dans l’acte de décès de Pierre ROUGET du sept octobre 1775, il est précisé « Pierre ROUGET bourgeois demeurant habituellement dans la ville de Saint-Maixent agé de soixante huit ans époux de Dame Jeanne GUERRY ».
    – J’ai recherché et trouvé l’acte de mariage du 30 aout 1751 à Verruyes : il est dit fils du sieur Pierre Etienne ROUGET Conseiller du Roy et lieutenant général civil et criminel au siège royal de Niort et Renée VAUDION.

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